Scream 2
film sorti en 1997
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Scream 2 (litt. « Hurlement 2 »), ou Frissons 2 au Québec[1], est un film d'horreur américain réalisé par Wes Craven, écrit par Kevin Williamson, sorti en 1997. Il fait partie de la saga Scream, dont il est le second volet, débutée l'année précédente par Scream.
| Titre québécois | Frissons 2 |
|---|---|
| Réalisation | Wes Craven |
| Scénario | Kevin Williamson |
| Musique | Marco Beltrami |
| Acteurs principaux |
Neve Campbell David Arquette Courteney Cox Liev Schreiber Jamie Kennedy |
| Sociétés de production |
Konrad Pictures Miramax Maven Entertainment Craven-Maddalena Films Dimension Films |
| Pays de production |
|
| Genre | Horreur |
| Durée | 120 minutes |
| Sortie | 1997 |
Série Scream
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Comme le premier film, Scream 2 combine le slasher, la comédie noire, le whodunit, la métafiction et la mise en abyme, et constitue cette fois-ci une satire des suites cinématographiques. Le film est également un commentaire sur le rapport du public à la violence du cinéma horrifique et à sa transformation en spectacle.
L'intrigue du film se concentre sur l'arrivée d'un nouveau tueur en série, caché sous le costume de Ghostface, sur le campus universitaire de Windsor, là ou Sidney Prescott, survivante du premier massacre, est désormais étudiante en art dramatique et aspire à une vie de comédienne. Bien que Sidney reste la principale cible et alors que les meurtres s'accumulent, le plan du tueur dévoile un lien avec le massacre de Woodsboro.
Doté d'un budget de 24 000 000 $, Scream 2 rapporte 172 363 301 $ à travers le monde, dont 2,1 millions d'entrées en France. Il réalise la prouesse de bénéficier quasiment du même succès que le premier film (seulement 683 362 dollars de moins). Il reçoit un accueil globalement positif de la critique et s'impose comme l'une des suites les plus notables du cinéma d'horreur des années 1990. Il fait encore partie aujourd'hui des meilleurs résultats de tous les temps dans la liste du box-office des slashers.
Synopsis
Quelque temps après la tragédie de Woodsboro, le film Stab, inspiré des assassinats de Billy Loomis et Stu Macher, fait son avant-première sur les chapeaux de roues : cette dernière est un succès puisqu'elle accueille une foule d'adolescents déchaînés. Parmi tous ces spectateurs déguisés avec la réplique du costume du tueur en série Ghostface, l'un d'eux assassine Phil Stevens (Omar Epps) puis sa petite amie Maureen Evans (Jada Pinkett Smith) qu'il poignarde à de nombreuses reprises sous les yeux de la foule qui ne réagit pas, plongée dans le délire collectif et pensant à un coup publicitaire. Maureen finit d'agoniser devant l'écran géant, face à la salle entière qui réalise ce qui vient d'arriver[2].
Nous retrouvons Sidney le lendemain à l'université de Windsor : étudiante pleine d'ambitions, elle s'est fait une nouvelle bande d'amis et sort avec Derek Feldman (Jerry O'Connell)[2]. Mais les récents événements la replongent dans son passé douloureux, surtout lorsqu'une étudiante, Cici Cooper (Sarah Michelle Gellar), est assassinée au sein même du campus universitaire[2]. Dans la même soirée, Sidney est attaquée à son tour mais est sauvée in extremis par l'arrivée de Derek, qui est blessé, et Dewey Riley (David Arquette), arrivé en ville le jour même pour veiller sur elle à la suite de l’événement du cinéma. À l'hôpital, Derek se fait soigner le bras tandis que Dewey commence à avoir des doutes sur le jeune homme, seulement blessé au bras alors que le tueur avait largement le temps de lui porter un coup fatal. Conscient de la situation à haut risque, le shérif Lewis Hartley confie Sidney à la surveillance de deux de ses meilleurs agents, Andrews et Richards (Phillip Pavel et Chris Doyle). Mickey Altieri (Timothy Olyphant), un nouvel ami de Sidney, commence également à douter de Derek et fait part de son ressenti à Sidney qui elle-même commence à se poser des questions.
En collaboration avec Dewey et le shérif Hartley, Gale Weathers (Courteney Cox) trouve un lien entre les victimes récentes et celles de Woodsboro : elles ont le même prénom (Maureen Evans pour Maureen Prescott, Phil Stevens pour Steven Orth et Casey « Cici » Cooper pour Casey Becker)[2]. Randy Meeks (Jamie Kennedy), étudiant lui aussi au Collège de Windsor, rappelle les règles des suites de films d'horreurs à Dewey et fait une liste des suspects dans l'affaire dont Gale[2]. Après une énième attaque de Ghostface sur Sidney, cette fois-ci en pleine répétition de sa pièce de théâtre et à la vue de tous, Sidney décide de s'éloigner de Derek, ne sachant plus à qui faire confiance. Dans la journée, c'est le choc : Randy est à son tour assassiné sur le campus en plein jour[2].
Menacée de mort, Sidney est mise à part lorsqu'elle tombe sur Cotton Weary (Liev Schreiber), qui lui propose une interview avec Diane Sawyer pour parler de leur histoire, proposition qu'elle décline. Après la mort de Randy, Sidney fait le choix de quitter la ville avec ses deux gardes du corps ainsi qu'Hallie McDaniels (Elise Neal), une très bonne amie et colocataire de chambre. Le cameraman de Gale, Joel, décide de laisser tomber la journaliste après le meurtre de Randy tandis que Gale a l'idée d'observer les vidéos tournées sur les scènes de crimes, en espérant apercevoir le tueur. À l'intérieur de la salle de projection du campus, Gale et Dewey ne trouvent aucune trace de Ghostface sur les cassettes. Ils profitent de ce moment intime pour s'embrasser mais sont brusquement stoppés lorsqu'une autre vidéo se met en marche : elle y montre Maureen, Phil, Cici et Randy quelques minutes avant leur mort. Il s'agit d'une vidéo réalisée par le tueur qui se trouve avec eux dans la salle. Il attaque très vite Gale avant de s'en prendre à Dewey qu'il poignarde à plusieurs reprises[2]. Gale arrive à se barricader dans une pièce tandis que le tueur prend la fuite. Sidney et Hallie partent comme convenu le soir même avec les gardes du corps en voiture, et au même moment Derek est enlevé. Le tueur surgit ensuite soudainement derrière l'une des vitres de la voiture de police et assassine le chauffeur, l'un des officiers. Le tueur prend ensuite le volant et en perd le contrôle alors qu'il essaye de tuer le second officier. Dans l'accident, Sidney et Hallie sont légèrement blessées tandis que l'officier est tué. Profitant que le tueur soit assommé, les deux jeunes femmes arrivent à sortir de la voiture. Voulant à tout prix connaître l'identité du tueur, Sidney retourne à la voiture mais trop tard : le tueur a été plus rapide. Il arrive à s'attaquer à Hallie et la poignarde à mort tandis que Sidney, terrifiée, s'échappe vers le campus.
Gale, qui s'est décidée à sortir de la salle d'archives, tombe sur Cotton qui a les mains couvertes de sang. Prise de panique, elle court téléphoner et surprend Debbie Salt (Laurie Metcalf), une journaliste avec qui elle est en concurrence, au téléphone. Elle lui arrache l'objet des mains et téléphone à la police en accusant Cotton d'être l'assassin sous le regard choqué de Debbie. Pendant ce temps, Sidney se réfugie au théâtre du campus où elle trouve Derek ligoté et bâillonné par des étudiants en guise de bizutage. Au moment où elle s'apprête à le détacher, le tueur fait son apparition et dévoile son identité : Mickey. Il fait croire à Sidney que Derek est son complice avant de le tuer d'une balle. Le complice véritable de Mickey fait son apparition : Debbie Salt alias Mme. Loomis, la mère de Billy, tueur du premier film[2]. Après une discussion houleuse entre Sidney, Mickey, Gale tenue en joue par Debbie et cette dernière, une fusillade éclate : Debbie tire sur Mickey pour faire croire qu'il s'agit de l'unique tueur, alors que ce dernier tire en même temps sur Gale qui tombe de la scène. Debbie explique ensuite à Sidney qu'elle a elle-même assassiné Randy et qu'elle a fait tout ça pour venger son fils. Les femmes se battent tandis que Sidney est sauvée par l'arrivée de Cotton qui tire sur Debbie[2]. Sidney tire une dernière balle sur elle pour être sûr qu'elle ne se relève pas tandis qu'elle et Gale abattent définitivement Mickey qui s’était relevé et se jetait sur elles. Le film se termine avec l'entrée à l'hôpital de Dewey, qui a survécu une nouvelle fois, accompagné cette fois de Gale qui préfère partir avec lui que réaliser son reportage tandis que Sidney qualifie Cotton de héros, nous faisant comprendre qu'elle est définitivement passée à autre chose le concernant[2].
Personnages
- Sidney Prescott : une fois de plus, Sidney est l'héroïne de ce second volet. Deux ans après les évènements du premier film, Sidney est désormais étudiante à la fac de Windsor auprès de Randy, ses nouveaux amis Mickey et Hallie ainsi que son nouveau petit ami Derek et tente de laisser son passé derrière elle[3]. Selon Neve Campbell, il est intéressant de voir comment Sidney a pu évoluer depuis le premier film : elle ne reste pas une victime et est beaucoup plus forte et passionnée qu'auparavant[4]. Ce sont ses traumatismes qui l'ont rendu brave telle que l'on peut la voir dans le second opus[5].
- Dewey Riley : après les deux premiers meurtres, Dewey débarque au campus de Windsor pour protéger Sidney, veillant sur elle comme un grand frère[6]. Il traîne encore derrière lui les traumatismes du premier massacre dont sa blessure physique[5].
- Gale Weathers : au début du film, nous apprenons que Gale a écrit un nouveau bouquin qui a inspiré le film Stab[5]. Après la tuerie dans le cinéma lors de l'ouverture du film, une peuplée de journalistes arrivent sur le campus pour couvrir l'évènement. Parmi eux, Gale fait son apparition et ramène avec elle Cotton Weary, l'homme que Sidney avait fait accusé du meurtre de Maureen Prescott[6].
- Randy Meeks : également survivant du premier film, Randy est aujourd'hui étudiant à l'université de Windsor avec Sidney et est toujours un fin connaisseur des films d'horreur[6]. Selon Jamie Kennedy, Randy est plus mature et plus audacieux mais reste encore vierge[4]. Physiquement, le personnage porte une barbiche alors qu'il était totalement imberbe dans le premier film[4].
- Derek Feldman : il est le nouveau petit ami de Sidney. Son interprète Jerry O'Connell le qualifie comme « gentil »[5] tandis que le personnage est une figure masculine volontairement ambiguë, conçue pour détourner les attentes de slasher en plaçant un partenaire bienveillant au centre du soupçon narratif[7],[8].
- Hallie McDaniel : elle est présentée comme une étudiante à l'université de Windsor, ainsi que la colocataire et amie proche de Sidney. Soutien rationnel et solidaire de l'héroïne, le personnage est analysé comme une évolution des figures féminines secondaires du slasher, rompant avec les archétypes passifs du genre[9],[10].
- Cotton Weary : selon Wes Craven, le personnage de Cotton était un personnage désinvolte dans le premier film qui a beaucoup évolué[4]. Vu comme une espèce de « hareng rouge » dans le premier film[4] Liev Schreiber il révèle que la production met tout en œuvre pour qu'il garde un aspect effrayant et dangereux auprès du public[4].
- Debbie Salt / Nancy Loomis : alors qu'elle se fait passer pour une journaliste tout au long du film, la mère de Billy Loomis est en réalité l'un des deux tueurs qui ne cherche qu'à venger son fils[3].
- Mickey Altieri : étudiant à la fac de Windsor et ami de Sidney, Mickey est en réalité l'un des deux tueurs du film qui pense s'en sortir grâce à son futur procès[3].
- Cici Cooper : élève à l'université de Windsor, Cici fait partie d'une sororité d'étudiante, sororité dans laquelle elle est assassinée par Ghostface[11],[12].
- Maureen Evans : une étudiante qui déteste les films d'horreur et qui part voir le film Stab avec son petit ami lors de l'ouverture du film[5].
- Murphy : il s'agit d'une étudiante qui essaie tant bien que mal de recruter de nouvelles jeunes femmes pour la rejoindre au sein de la sororité dont elle fait partie à la fac de Windsor. Portia de Rossi la qualifie de « méchante »[5].
- Casey Becker (Stab) : il s'agit d'un personnage inspiré de l'une des victimes de Woodsboro, Casey Becker, dans le film Stab cette fois-ci interprété par Heather Graham[13].
Fiche technique
Sauf mention contraire ou complémentaire, les données de cette section sont issues des sites : IMDb[14], Allociné[15] et AFI Catalog[16]
- Titre original et français: Scream 2
- Titre québécois : Frissons 2[1]
- Réalisation : Wes Craven
- Scénario : Kevin Williamson
- Musique : Marco Beltrami
- Musiques additionnelles : Danny Elfman
- Orchestration : Pete Anthony, Marco Beltrami, William Boston et Kevin Manthei
- Montage musical : Bill Abbott
- Direction artistique : Ted Berner
- Décors : Bob Kensinger et Bob Ziembicki
- Costumes : Kathleen Detoro
- Maquillage : Jane Galli
- Coiffure : Dugg Kirkpatrick
- Photographie : Peter Deming
- Son : Andy D'Addario, Todd Toon
- Montage : Patrick Lussier
- Production : Cathy Konrad et Marianne Maddalena
- Production déléguée : Bob Weinstein, Harvey Weinstein et Kevin Williamson
- Production associée : Daniel K. Arredondo, Nicholas Mastandrea et Julie Plec
- Coproduction : Daniel Lupi
- Coproduction déléguée : Cary Granat, Richard Potter et Andrew Rona
- Sociétés de production : Konrad Pictures, Miramax et Maven Entertainment, en association avec Craven-Maddalena Films, présenté par Dimension Films
- Sociétés de distribution : Dimension Films (États-Unis), BAC Films (France), Kinepolis Film Distribution (KFD) (Belgique), Alliance (Canada)
- Budget : 24 millions de $[17],[18]
- Pays de production :
États-Unis - Langue originale : anglais
- Format : couleur - 35 mm - 2,39:1 (Panavision) - son Dolby
- Genre : épouvante-horreur, slasher, mystère
- Durée : 120 minutes
- Dates de sortie[19] :
- États-Unis, Québec : [1],[17]
- France, Belgique, Suisse romande : [20],[21],[22]
- Classification :
- États-Unis : interdit aux moins de 17 ans (R – Restricted)[N 1]
- France : interdit aux moins de 12 ans[23]
- Belgique : potentiellement préjudiciable jusqu'à 16 ans (KNT/ENA : Kinderen Niet Toegelaten / Enfants Non Admis)[21],[24],[N 2]
- Suisse romande : interdit aux moins de 16 ans[25]
- Québec : 16 ans et plus lors de sa sortie en salles (16+ / 16 years and over), réévalué en 2008 en 13 ans et plus (violence) (13+ / 13 years and over)[1]
Distribution
- Neve Campbell (VF : Dominique Léandri ; VQ : Lisette Dufour) : Sidney Prescott
- David Arquette (VF : Arnaud Arbessier ; VQ : Sébastien Dhavernas) : Dwight « Dewey » Riley
- Courteney Cox (VF : Céline Monsarrat ; VQ : Anne Bédard) : Gale Weathers
- Jamie Kennedy (VF : Cyril Aubin ; VQ : Gilbert Lachance) : Randy Meeks
- Jerry O'Connell (VF : Fabrice Josso ; VQ : Denis Roy) : Derek Feldman
- Elise Neal (VF : Annie Milon ; VQ : Viviane Pacal) : Hallie McDaniel
- Liev Schreiber (VF : Pierre Tessier ; VQ : Pierre Auger) : Cotton Weary
- Timothy Olyphant (VF : Boris Rehlinger ; VQ : Jacques Lussier) : Mickey Altieri
- Laurie Metcalf (VF : Josiane Pinson ; VQ : Chantal Baril) : Debbie Salt / Nancy Loomis
- Sarah Michelle Gellar (VF : Claire Guyot ; VQ : Charlotte Bernard) : Casey « Cici » Cooper
- Jada Pinkett Smith (VF : Marjorie Frantz ; VQ : Hélène Mondoux) : Maureen Evans
- Omar Epps (VF : Éric Etcheverry ; VQ : Louis-Philippe Dandenault) : Phil Stevens
- Duane Martin (VF : Christophe Peyroux ; VQ : Antoine Durand) : Joel Jones
- Lewis Arquette (VF : Michel Fortin ; VQ : Ronald France) : le chef Lewis Hartley
- Rebecca Gayheart (VF : Ludivine de Jouannet ; VQ : Camille Cyr-Desmarais) : Loïs
- Portia de Rossi (VF : Olivia Dalric ; VQ : Caroline Dhavernas) : Murphy
- Philip Pavel (VF : Pascal Casanova) : l'officier Andrews
- Chris Doyle : l'officier Richards
- Marisol Nichols : Dawnie
- Joshua Jackson (VF : Julien Sibre) : un étudiant dans la classe de cinéma (crédité comme Josh Jackson)
- Roger L. Jackson (VF : Boris Rehlinger ; VQ : Éric Gaudry) : Ghostface
- Tori Spelling (VF Stéphanie Murat ; VQ : Geneviève De Rocray) : elle-même / Sidney (dans Stab)
- Heather Graham (VF : Caroline Victoria ; VQ : Isabelle Leyrolles) : elle-même / Casey (dans Stab)
- Luke Wilson (VF : Julien Sibre ; VQ : Sylvain Hétu) : lui-même / Billy (dans Stab)
- Nancy O'Dell (VF : Chantal Baroin) : la journaliste qui interview Tori Spelling
- Selma Blair : l'amie de Cici Cooper au téléphone (non créditée)
- Matthew Lillard : un invité à la soirée (non crédité)
- Photos des Acteurs Principaux
- David Arquette (Dewey Riley)
- Courteney Cox (Gale Weathers)
- Jamie Kennedy (Randy Meeks)
- Jerry O'Connell (Derek Feldman)
- Elise Neal (Hallie McDaniel)
- Liev Schreiber (Cotton Weary)
- Timothy Olyphant (Mickey Altierri)
- Laurie Metcalf (Nancy Loomis)
- Sarah Michelle Gellar (Cici Cooper)
- Jada Pinkett Smith (Maureen Evans)
- Version française réalisée par Alter Ego ; direction artistique : Béatrice Delfe ; adaptation des dialogues : Olivier Peyon
- Version québécoise réalisée par Cinélume ; direction artistique : Sébastien Dhavernas ; adaptation des dialogues : Bérengère Rouard et Thibaud de Courrèges
Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage[26]
Source et légende : version québécoise (VQ) sur Doublage.qc.ca[27]
Production
Genèse et développement
Contrairement à certaines franchises développées de manière strictement sérielle, la franchise Scream est conçue dès l'origine avec une vision à plus long terme. Kevin Williamson confirme dans plusieurs entretiens ultérieurs, avoir envisagé très tôt la possibilité de suites, en particulier en raison de la structure du récit et de l'identité du tueur dans le premier film. Cette anticipation ne prend toutefois pas la forme d'un scénario complet de Scream 2 rédigé avant la sortie du premier film, mais plutôt celle d'éléments narratifs et de directions thématiques déjà réfléchis[11].
La confusion entourant l'existence supposée d'un scénario complet du film avant la sortie du premier volet provient en partie des déclarations de Williamson sur son intention initiale de concevoir Scream, premier du nom, comme le premier volet d'une trilogie. Cette approche relève davantage d'une planification narrative générale que d'une écriture scénaristique détaillée, distinguant clairement les intentions créatives des documents de production effectifs[8]. Le scénariste joint donc les scripts de deux suites possibles à Scream lorsqu'il recherche des acheteurs potentiels. L'écriture de ces suites se réalise en un bloc de 5 pages chacune attachées au script du premier film dans l'espoir d'attirer des acheteurs potentiels avec comme accroche le fait qu'ils n'allaient pas acheter seulement un film, mais une trilogie[28],[29].
Après une projection test couronnée de succès pour Scream, où des dirigeants de Miramax sont présents, Wes Craven reçoit un contrat à signer pour diriger deux futurs films[29]. Courteney Cox dévoile en 1997 que la production a toujours parler d'une potentielle trilogie, même à l'époque ou elle avait lu le scénario du premier film[5]. Lorsque Scream connaît un énorme succès financier à sa sortie, Dimension Films prend réellement la décision de commencer le développement de Scream 2 en janvier 1997, plus précisément après que le premier film ait réussi à obtenir 50 millions de dollars de recettes en un mois sur le sol américain[30]. Le développement maintenant sur les rails, Kevin Williamson rédige le scénario complet, intégrant et développant certaines idées antérieures, mais en les adaptant à un nouveau concept : celui d'un public désormais conscient des codes métafictionnels de la franchise et d'une exposition médiatique accrue autour du film. Les thèmes de cette suite, à savoir la médiatisation, la célébrité et la répétition de la violence, s'inscrivent ainsi dans une continuité conceptuelle plutôt que dans une continuité scripturale stricte[31]. Dès les premières phases de développement, Scream 2 est pensé non comme une simple répétition du premier film, mais comme une réflexion explicite sur la notion même de suite cinématographique. À différent moments de la production, plusieurs titres pour cette suite sont envisagés comme « Scream Again » (« Crie encore »), « Scream Louder » (« Crie plus fort ») et « Scream : The Sequel » (« Scream : La Suite »)[32].
Scénario

Tout en écrivant le scénario de Scream, Kevin Williamson développe deux blocs de 5 pages d'écriture pour deux possibles suites[33],[34]. Dès les premières phases de développement, Scream 2 est pensé non comme une simple répétition du premier film, mais comme une réflexion explicite sur la notion même de suite cinématographique. Le scénariste intègre au récit une conscience accrue des attentes du public, désormais familier des mécanismes métafictionnels de la franchise. Cette intension se traduit par une volonté de commencer les règles implicites des suites de films d'horreur, notamment l'augmentation du nombres de victimes, l'intensification de la violence et la multiplication des fausses pistes[8].
L'écriture de Scream 2 débute dans un délai extrêmement court, imposé par la volonté du studio de sortir le film moins d'un an après le premier volet. Le budget, le casting et la date de sortie sont verrouillées avant même la finalisation du script[8]. Kevin Williamson est ainsi confronté à une contraire inhabituelle pour un projet de cette ampleur : concevoir un récit complexe, intégrant de nouveaux personnages et développant des thématiques élargies, tout en respectant un calendrier serré. Cette rapidité d'exécution a un impact direct sur la structure du scénario, qui privilégie une narration plus éclatée et un cadre spatial élargi, en l'occurrence un campus universitaire. Selon plusieurs analyses, ce choix permet d'augmenter mécaniquement le nombre de personnages et de suspects, tout en renforçant la dimension collective et médiatisée de la violence[31]. Les premières versions du scénario, rédigées par Williamson après la mise en chantier officielle de la suite, établissent déjà les grands axes narratifs du film : cadre universitaire, réflexion sur les suites, médiatisation des crimes et retour des personnages issus du premier film. Ces versions incluent une révélation finale précise concernant l'identité des tueurs, pensée pour créer un effet de continuité thématique avec Scream, notamment à travers une logique de filiation et de vengeance. Ces premières moutures s'inscrivent dans une structure relativement classique du whodunit, avec une résolution clairement identifiée dès l'écriture, avant toute intervention extérieure liée à la production ou au public[8].
Dimension Films décide de poursuivre la production de cette suite en mars 1997. À ce moment-là, Kevin Williamson avait plus de quarante-deux pages du script développées[35] qui mettaient en scène plus de 4 serial killers différents dont les personnages de Derek Feldman, Hallie McDaniel, Mme Loomis et Cotton Weary[36]. En juillet 1997, alors que le tournage du film bat son plein, Kevin Williamson transmet son script d'une quarantaine de pages à la production qui se retrouve ensuite divulgué sur internet dès le lendemain[5], phénomène encore rare à la fin des années 1990[8]. Une majeure partie de l'intrigue est dévoilée, dont l'identité des tueurs[37]. Cette contrainte pousse la production à continuer le tournage avec seulement une partie du scénario pendant que Williamson s'occupe de réécrire celles manquantes. Plusieurs scènes sont changées, dont une bonne partie du final ainsi que l'identité des tueurs, tandis que les personnages de Randy Meeks et Joel Jones sont radicalement modifiés[37]. Williamson en vient même à rédiger différentes versions alternatives du scénario, notamment pour les scènes de révélation finale. Certaines séquences sont tournées avec plusieurs variantes, sans certitude quant à leur utilisation définitive. Plusieurs commentateurs soulignent que cette instabilité scénaristique influence directement la caractère fragmenté et parfois imprévisible du film, renforçant involontairement sa thématique centrale de la répétition et de la variation propres aux suites cinématographiques[8],[11].
Pour éviter un autre incident de ce type et empêcher que des détails majeurs de l'intrigue ne soient révélés par d'autres moyens, les acteurs reçoivent les dernières pages du scénario des semaines avant le tournage et les pages révélant l'identité du tueur ne sont fournies que le jour où les dites scènes sont tournées. Seuls les acteurs inclus dans ces scènes sont informés de l'identité du serial killer[38]. En 2017, Kevin Williamson déclare que le script divulgué vingt ans plutôt était un « scénario factice », spécialement conçu pour éviter une éventuelle fuite des détails de l'intrigue. Il affirme qu'il existait à l'époque trois scénarios factices différents : « Ils craignaient que l'identité du tueur ne soit divulguée, nous avons donc écrit plusieurs fins. Trois en tout, si ma mémoire est bonne. Et lorsque des acteurs et des membres de la production demandaient de lire le script, nous envoyions le script avec la fin factice … Il y avait même une fausse fin où Dewey était le tueur. Ces fins existaient en tant que fausses pistes et rien de plus. Des mesures extrêmes, mais nous voulions vraiment garder secrète l'identité du tueur[39] » Après la fuite du scénario en début de tournage, la sécurité autour de la production est considérablement augmentée. Un accent est mis sur la fermeture des plateaux de tournages et des restrictions sur les entrées sur le tournage et l'accès au scénario. Le scénario lui-même est réimprimé sur papier spécial pour empêcher toute sorte de photocopie et est détruit après avoir été utilisé[28]. Adam Rockoff note que Scream 2 est l'un des premiers films d'horreur grand public à intégrer, consciemment ou non, les effets de la culture numérique émergente sur son processus de création, anticipant des problématiques qui deviendront courantes dans les décennies suivantes[11]. Le calendrier de production de Scream 2 étant relativement serré et son travail sur d'autres projets lui prenant énormément de temps, le script final de Williamson est détaillé dans certains passages mais pas dans sa globalité. Wes Craven est contraint de finir de développer lui-même certaines scènes pendant le tournage même de celles-ci[40].
Choix des interprètes
Retour des acteurs principaux

L'attribution des rôles dans Scream 2 repose d'abord sur une logique de continuité avec le film précédent. Le retour du personnage de Sidney Prescott est une évidence dans le scénario de Scream 2, le personnage étant le seul avec la garantie de revenir dans un nouvel opus avant même le tournage du premier film. Sous contrat, Neve Campbell devait donc déjà à la base reprendre son rôle dans une potentielle suite si le premier film était un succès[5],[41]. Sans savoir réellement ce qu'avait prévu de faire Kevin Williamson dans le développement de Sidney, l'actrice exprime des réserves quant à la répétition du personnage, souhaitant éviter une simple reproduction des enjeux du premier film. Williamson et Wes Craven lui présentent alors une évolution plus marquée de Sidney, axée sur le traumatisme et la méfiance. Elle accorde ensuite une totale confiance au scénariste ainsi qu'à Wes Craven, désireux de faire du personnages une véritable héroïne beaucoup plus forte que dans le film précédent et non pas une victime constante[5],[8]. Par ailleurs, Campbell est engagée simultanément sur plusieurs projets à la fin des années 90, ce qui impose des ajustements de planning lors du tournage. Cette contrainte influence certaines décisions de mise en scène, notamment la répartition du temps d'écran du personnage au cours du film[31].
Le début de la production du second film paraît inévitable en raison de l'énorme succès planétaire de Scream, la société Dimension Films s’attelle à plusieurs options de suite pour les personnages ayant survécu également dans le premier film, en l’occurrence Gale Weathers, la journaliste ambitieuse interprétée par Courteney Cox, David Arquette en tant qu'ancien shérif adjoint Dewey Riley, Jamie Kennedy en tant qu'ami et passionné de films Randy Meeks et Liev Schreiber qui interprète Cotton Weary, l'homme disculpé du meurtre de Maureen Prescott, la mère de Sidney[4]. Le retour de Courteney Cox dans le rôle de Gale s'accompagne d'une modification notable de l'apparence et du statut du personnage. Contrairement au premier film, Gale est désormais une auteur à succès, évolution qui reflète à la fois la trajectoire du personnage et la notoriété croissante de l'actrice à la télévision grâce à la série Friends[11]. Quant à David Arquette, son retour dans le rôle de Dewey Riley n'est pas initialement garanti lors des premières phases de développement. Dans le premier film, le sort du personnage reste volontairement ambigu, laissant planer un doute sur sa survie[31].
En ce qui concerne les retours de Campbell, Arquette et Cox, leur retour est considéré comme essentiel par la production afin de préserver l'ancrage émotionnel de la saga. Ces personnages constituent le socle narratif de la franchise et permettent au public de maintenir un lien direct avec les évènements de Woodsboro. Le maintien de ce trio participe à la crédibilité de la suite, en évitant l'effet de rupture souvent reproché aux suites horrifiques des décennies précédentes. Cette continuité permet également de déplacer l'enjeu dramatique : le suspense ne repose plus uniquement sur l'identité du tueur, mais sur la capacité des survivants à échapper à une violence récurrente et médiatisée[11]. Le retour de Jamie Kennedy dans le rôle de Randy Meeks est motivé par la popularité du personnage auprès du public après le premier film. Randy devient dans Scream 2 un porte-parole encore plus explicite des règles du genre, en particulier celles propres aux suites. Cependant, la décision scénaristique de tuer Randy suscite des débats en interne et une réaction notable du public lors de la sortie du film. Plusieurs sources rapportent que cette décision est assumée par les auteurs comme un moyen de signaler que la franchise ne garantit aucune protection narrative aux personnages appréciés[8].
Le retour de Liev Schreiber s'inscrit dans une logique de continuité narrative amorcée dans Scream, où son personnage, Cotton Weary, est présenté comme un suspect injustement condamné pour le meurtre de Maureen Prescott, la mère de Sidney. Contrairement aux personnages centraux du film, le retour de Schreiber ne s'accompagne pas d'une présence accrue à l'écran. Le personnage de Cotton Weary occupe une fonction narrative périphérique mais symboliquement importante. Le retour de l'acteur est également marqué par une évolution notable de son statut professionnel. Entre la sortie du premier et du second opus, l'acteur voit sa carrière progresser, ce qui influe sur la perception de son personnage par le public. Cette reconnaissance accrue renforce l'ambivalence de Cotton Weary, désormais perçu comme une figure à la fois familière et potentiellement suspecte, conformément au dispositif de fausses pistes du film[31]. Du point de vue de la production, le retour de l'acteur ne fait pas l'objet d'auditions ou de remise en concurrence. Le personnage est explicitement écrit pour être réinterprété par le même acteur, afin de préserver la cohérence émotionnelle et narrative avec le premier film[8]. Roger L. Jackson revient également prêter sa voix pour le tueur en série Ghostface[41]. Sans pour autant révéler si elle était au courant ou non à l'origine si son personnage allait revenir pour le second film, l'actrice Courteney Cox accepta volontiers de revenir lorsqu'il a été annoncé les retours de Wes Craven, David Arquette et Neve Campbell[5]. De même pour David Arquette, c'est lorsqu'il entend parler des retours des acteurs du premier film et du réalisateur qu'il signe pour reprendre son rôle[42].
Introduction de nouveaux personnages
Après le retour de tous les acteurs « survivants » du premier film, la production se charge de trouver un nouveau groupe d'acteurs pour la suite du casting de Scream 2. L'attribution des rôles aux nouveaux personnages répond à une stratégie précise visant à multiplier les fausses pistes. Contrairement au premier film, où les suspects étaient majoritairement issus d'un cercle restreint, ce second volet introduit un ensemble plus large de personnages secondaires, chacun susceptibles d'endosser le rôle du tueur. Les recherches se penchent surtout vers des acteurs établis, doués et populaires, surtout dans le milieu de la télévision. Cette reconnaissance partielle joue un rôle central dans la construction du suspense : la notoriété relative des interprètes incite le spectateur à anticiper une importance narrative qui n'est pas toujours confirmée[8]. En interview, le personnel de la production affirme avoir trouvé plus facile l'approche et la sécurité auprès des acteurs que lorsqu'ils étaient à la recherche du casting de Scream, sûrement dû au succès commercial et critique du premier film mais aussi grâce à l'implication de Drew Barrymore qui avait prêté au genre un élément de crédibilité, donnant envie à certains acteurs reconnus de participer au film[35]. Selon Lisa Beach, la directrice de casting, le casting de Scream 2 est très facile à effectuer[4].

Le rôle de Derek Feldman, petit ami de Sidney, est attribué à Jerry O'Connell alors principalement associé à des rôles sympathiques et positifs. Ce choix est fréquemment analysé comme une décision délibérée visant à subvertir les attentes du public. En confiant ce rôle à un acteur perçu comme bienveillant, la production renforce l'ambiguïté narrative et place une figure affective au centre du soupçon. Plusieurs commentateurs notent que cette attribution participe à une redéfinition de la masculinité dans le slasher postmoderne, en opposant apparence bienveillante et potentiel de danger[8]. Pour obtenir le rôle de Derek, Jerry O'Connell et les autres personnes ayant auditionné devaient jouer la scène où le personnage chante I Think I Love You dans la cafétéria[13]. Pour le rôle de Mickey Altieri, c'est Timothy Olyphant qui est choisi et ce choix s'inscrit dans une logique inverse de celle appliquée à Derek : en confiant le rôle à un acteur moins identifié, la production limite les attentes du spectateur. Cette relative neutralité médiatique permet au personnage de se fondre plus aisément dans le groupe de suspects, tout en facilitant la révélation finale. L'attribution du rôle de Mickey est ainsi perçue comme un exemple de casting fonctionnel, au service de la mécanique du whodunit[11]. Jamie Kennedy révèlera quelques années plus tard que le rôle avait tout d'abord été proposé à Tobey Maguire avant que ce dernier ne décline l'offre[43].
L'attribution des rôles féminins secondaires dans le film fait l'objet d'une attention particulière. Les personnages de Cici Cooper et de Hallie McDaniel sont confiés à des actrices issues de registres différents, afin de renforcer la diversité des figures féminines à l'écran. Le casting de Cici Cooper repose sur la notoriété de son interprète, Sarah Michelle Gellar, alors associée à des rôles emblématiques dans la culture populaire. En 1997, Sarah Michelle Gellar est une figure montante à Hollywood : au moment ou elle commencer le tournage, l'actrice travaille entre deux plateaux dont celui de Scream 2 et celui de la série Buffy contre les vampires tandis qu'elle vient de finir quelques semaines auparavant le tournage du film d'horreur Souviens-toi... l'été dernier, écrit également par Kevin Williamson. Cette reconnaissance contribue à créer une attente de durabilité du personnage, immédiatement déjouée par sa mort précoce. Malgré la production pour le moins agitée, Sarah admet dans une interview qu'elle fut intéressée pour participer à Scream 2 sans avoir eu à lire le script mais en se basant sur le succès de Scream[44]. Son personnage fut écrit spécialement pour elle. À l'inverse, le rôle d'Hallie est attribué à une actrice moins exposée médiatiquement (Elise Neal), ce qui renforce sa fonction de figure de soutien discrète mais centrale dans la trajectoire émotionnelle de Sidney[11]. L'actrice n'avait pas lu le script lorsqu'elle est engagée pour Scream 2 et qualifie les acteurs du premier film présents sur le tournage du second de très sympathiques, en lui ayant permis de vite s'intégrer, les acteurs sortant non loin d'Atlanta certains soirs après le tournage pour décompresser ensemble, notamment dans beaucoup de restaurants et de clubs, ce qui les a rapprochés[5].
Laurie Metcalf est choisie pour jouer le rôle de Debbie Salt, journaliste intrusive se révélant être en réalité Nancy Loomis. Reconnue pour ses performances dramatiques, l'attribution de l'actrice est souvent citée comme un choix stratégoque visant à masquer l'importance narrative du personnage sous une apparente banalité. La crédibilité dramatique de l'actrice permet de rendre la révélation finale plus efficace, en conférant au personnage une épaisseur émotionnelle qui dépasse le simple archétype de la figure vengeresse[8]. Laurie Metcalf venait de terminer 9 années au sein de la sitcom Roseanne lorsqu'elle commence à travailler sur Scream 2. Wes Craven est alors sûr de ses capacités à jouer une Mme Loomis dérangée. Malgré les difficultés au sein de la production, Wes Craven prit l'envie des acteurs de participer au film malgré leur charge de travail comme un véritable compliment à la qualité du film[35].
Le reste du casting secondaire se composent de Lewis Arquette, père de David dans la réalité, qui joue le rôle du shérif local qui prend en charge l'affaire[13], Duane Martin joue le nouveau cameraman de Gale Weathers, Joel, et enfin Portia de Rossi et Rebecca Gayheart qui jouent les sœurs de sororité Murphy et Lois. Rebecca Gayheart avait déjà auditionné pour le rôle de Tatum Riley dans Scream puis pour les rôles de Cici Cooper, Hallie McDaniel et Maureen Evans avant d'obtenir le rôle secondaire de Lois[44]. Des rôles beaucoup moins importants comme les officiers Richards et Andrews sont joués par Chris Doyle et Phillip Pavel, l'acteur vétéran David Warner joue le rôle du professeur d'art dramatique de Sidney et Nancy O'Dell joue le rôle d'une journaliste qui reprendra ce petit rôle dans les deux suites de Scream 2. Tori Spelling, Luke Wilson et Heather Graham jouent leur propre rôle (pour Tori) mais aussi les rôles de Sidney, Billy Loomis et Casey Backer dans le film "Stab" qui s'inspire de l'affaire de Woodsboro. L'apparition de Tori Spelling est due à une remarque sarcastique provenant du personnage de Sidney dans Scream. Cette dernière fut ravie de participer au film[13]. Enfin Matthew Lillard, après avoir joué le rôle de Stu dans le premier film, fait une apparition en tant qu'invité dans celui-ci lors de la scène de fête au début du film[5]. Très tôt dans le développement du film, les actrices Alicia Silverstone et Liv Tyler sont approchées pour apparaître dans la scène d'ouverture[45]. Les acteurs Eric Mabius, Natasha Gregson Wagner et Paula Marshall ont quant à eux auditionné pour des rôles inconnus, sans succès[46].
Tournage
Fuite du scénario
Le tournage du film est fortement affecté par les fuites d'une des trois versions du scénario sur Internet survenues avant même le début des prises de vues, un phénomène inédit à l'époque pour un film d'horreur grand public. Ces divulgations interviennent dans un contexte particulier : le succès commercial et critique du premier film suscite une attente médiatique inhabituelle pour une suite de film d'horreur, entraînant une circulation accrue des documents de travail liés au projet[47]. Les fuites concernent principalement des premières moutures complètes et des scripts de travail, diffusé sur des forums et des groupes de discussions spécialisées[47]. La diffusion rapide de ces documents, facilitée par l'essor des usages d'internet à la fin des années 90, surprend la production, peu préparée à ce type de situation. Les fuites sont d'autant plus problématiques qu'elles concernent un film dont le suspense repose en grande partie sur l'effet de surprise et la révélation finale[48].
En réponse, le réalisateur et le studio prennent rapidement des mesures destinées à limiter la diffusion de nouvelles informations. La production met en place des mesures de sécurité accrues sur le plateau : la circulation des scripts est drastiquement réduite sur le plateau, certaines pages du script sont volontairement modifiées ou remplacées par des variantes et l'identité définitive des tueurs n'est pas communiquée à l'ensemble de l'équipe dès le départ[13],[48]. Cette situation conduit également à une fragmentation volontaire de l'information : tous les membres de l'équipe n'ont plus accès à l'intégralité du scénario, et certains acteurs travaillent à partir de scènes isolées, sans connaître l'ensemble des développements narratifs[13]. Plusieurs scènes clés, notamment celles liées à l'acte final, sont tournées avec des dialogues alternatifs ou sans indications précises sur leur résolution. Cette méthode vise à limiter les risques de nouvelles fuites et à préserver l'effet de surprise jusqu'à la sortie du film[8].
Un tournage avec plus d'ambitions
Le tournage a eu lieu entre le et le , soit sur une période de neuf semaines avec un budget de 24 millions de dollars. Cette période estivale est choisie afin de permettre l'utilisation de décors universitaires tout en limitant les contraintes liées à la présence d'étudiants. Plusieurs scènes sont tournées dans un ordre non chronologique, en fonction de la disponibilité des lieux et des acteurs[31]. Contrairement au premier Scream, principalement tourné dans un environnement suburbain, Scream 2 adopte un cadre universitaire plus vaste et plus ouvert. La majorité du tournage a lieu en Californie, principalement dans la région de Los Angeles[48],[47].
Pour les séquences se déroulant dans la salle de cinéma lors de la scène d'ouverture, elles sont tournées sur une durée de 3 jours dans un cinéma déjà existant, le Vista Theatre sur Sunset Drive à Hollywood modifié pour les besoins du tournage, afin de restituer l'ambiance d'une avant-première bondée. L'extérieur du cinéma est représenté quant à lui par le Rialto Theatre à South Pasadena[49]. Le tournage de la scène d'ouverture fait l'objet d'une attention particulière. Celui-ci nécessite la présence d'un grand nombre de figurants, souvent dirigés pour exagérer les réactions afin de renforcer le contraste entre l'excitation collective et la violence réelle[13]. Plusieurs prises sont nécessaires pour coordonner les cris, les mouvements de foule et l'action du tueur sans interrompre la lisibilité de la scène. Cette séquence est tournée relativement tôt dans le planning, afin de donner le ton général du film dès le début de la production et de tester les dispositifs de sécurité mis en place afin d'éviter toute fuite d'informations concernant l'intrigue[13],[31]. Pour la séquence du meurtre de Casey Becker reprise dans le film Stab, la production se dirige aux côtés de l'actrice Heather Graham dans quartier chic de Malibu[13].

La production se dirige vers l'université Agnes Scott College, juste en dehors d'Atlanta ou le tournage dure un mois[13],[50] et l'université de Calfornie à Los Angeles qui servent de décor pour représenter la fac de Windsor[13]. Plusieurs extérieurs emblématiques, notamment les allées, les bâtiments universitaires et certaines scènes de rassemblement d'étudiants y sont filmés. Les prises de vues sont organisées tôt le matin ou en fin de journée afin de limiter la présence d'étudiants et de figurants non prévus. Les séquences ou le personnage de Sidney se déplace à travers le campus sont filmées sur plusieurs jours différents puis assemblées au montage pour donner l'illusion d'une continuité temporelle. Les figurants sont souvent repositionnés entre les prises afin d'éviter toute reconnaissance répétitive à l'écran[31]. Les scènes avec la maison de la sororité d'étudiantes ou le personnage de Cici trouve la mort sont tournées à Pasadena[49]. Cette fameuse scène mettant avant Sarah Michelle Gellar est tournée en grande partie de nuit, sur un plateau combinant décors réels et éléments reconstruits en studio. Le décor de la maison est conçu pour permettre des mouvements de caméra fluides, notamment lors des déplacements entre les étages. La scène est répétée plusieurs fois afin de régler précisément le timing des appels téléphoniques, des déplacements de l'actrice et de l'apparition de Ghostface. Le tournage s'étale sur plusieurs nuits, principalement en raison des contraintes d'éclairage et de la nécessité de maintenir une continuité atmosphérique[31],[13].
La scène ou les personnages de Sidney et Hallie sont prisonnières dans la voiture de police est découpées en plusieurs prises courtes, filmées sous différents angles, afin de garantir la sécurité des actrices tout en maintenant une continuité visuelle crédible. Le rythme de la scène est ajusté directement sur le plateau, certaines prises étant rallongées ou raccourcies pour renforcer la sensation d'équilibre précaire et de lenteur contrôlée[13]. Pour les scènes d'appels téléphoniques, elles sont tournées dans des conditions techniques contrôlées. Les dialogues de Ghostface ne pas sont pas toujours enregistrées sur le plateau : certaines répliques sont ajoutées ultérieurement en postproduction afin de préserver la confidentialité du scénario. Dans certains cas, les acteurs jouent face à un assistant de plateau lisant des répliques neutres, remplacées ensuite par la voix définitive. Cette méthode permet également d'ajuster le rythme et le contenu des dialogues après le tournage[8]. La scène de la mort de Randy est tournée volontairement en plein jour et dans un espace ouvert, afin de rompre avec les conventions habituelles du slasher et de surprendre visuellement le spectateur. Le tournage de la scène nécessite plusieurs prises pour coordonner les déplacements des acteurs, des figurants et des véhicules, tout en évitant de rendre immédiatement visible l'attaque[13].
L'acte final de Scream 2, situé dans un théâtre universitaire, est conçu comme un espace modulable permettant d'articuler révélations, confrontations et déplacements rapide entre scène, coulisses et gradins. Le lieu est choisi pour des raisons à la fois pratiques et narratives, le théâtre offrant une structure claire tout en autorisant des variations de niveaux, d'entrées et de sorties. Le tournage de l'acte final se déroule en grande partie sur un décor contrôlé, combinant un théâtre réel et des éléments reconstruits en studio. Cette configuration permet de gérer l'éclairage, les mouvements de caméra et la sécurité des acteurs, tout en maintenant une continuité spatiale crédible à l'écran. Les séquences sont tournées de manière non chronologique, des ajustements encore en cours sur le scénario. En raison des fuites du script survenues avant le tournage, plusieurs scènes de l'acte final sont filmées avec des dialogues alternatifs ou partiellement modifiés. Wes Craven indique que certaines répliques clés ne sont pas communiquées à l'ensemble de l'équipe dès le départ, afin de limiter les risques de divulgation de l'identité des tueurs. Cette méthode implique un travail supplémentaire au montage, où la version définitive des scènes est arrêtée[13]. La séquence finale est également tournée avec une attention particulière portée à la circulation des personnages dans l'espace. Les déplacements entre la scène principale, les coulisses et les zones hors champ sont minutieusement planifiés afin de maintenir la tension tout en évitant toute confusion spatiale pour le spectateur. Plusieurs prises sont nécessaires pour ajuster le rythme des confrontations et la clarté des révélations finales. La séquence es tournée sans chercher à multiplier les effets spectaculaires. L'accent est mis sur la lisibilité des actions et sur la performance des acteurs lors des confrontations verbales, certaines scènes étant volontairement filmées de manière plus statique afin de laisser place au dialogue[13].
Effets visuel et design
Les effets spéciaux maquillage et les effets gore sont réalisés une nouvelle fois par la société KNB Effetcs, spécialisée dans les effets pratiques et déjà reconnu pour leur travail sur le premier film. Le travail est supervisé par Greg Nicotero, Howard Berger et Robert Kurtzman. La société est chargée de la conception et de la fabrication des blessures visibles à l'écran, des prothèses, des mécanismes de couteaux truqués et de la gestion du sang factice. Les effets sont pensés pour être appliqués rapidement sur le plateau et remplacés entre les prises, afin de s'adapter à un calendrier de tournage particulièrement resserré[48].
Les blessures infligées aux personnages sont réalisées à l'aide de prothèses localisées, généralement limitées à une zone précise du corps comme le torse, le cou, le dos ou le bras. Cette méthode permet de maintenir la continuité visuelle tout en réduisant le temps nécessaire à la remise en état des maquillages entre les prises. Les prothèses sont fabriquées à partir de matériaux souples (latex et mousse), puis peinte à la main afin de correspondre précisément à l'éclairage de chaque scène. Le sang factice est appliqué séparément, au moment du tournage afin d'en contrôler la quantité et la dispersion à l'image[47]. Contrairement à certaines producrions de la même période, KNB Effetcs opte pour très peu d'effets numériques visibles : ceux-ci sont utilisés pour effacer des éléments techniques (câbles ou encore mécanismes), ajuster des raccords de sang ou corriger des détails mineurs sur les prothèses et les décors. Ces interventions restent invisibles à l'écran et ne remplacent jamais les effets pratiques filmés sur le plateau[48]
Le retour de Ghostface

Le traitement de Ghostface dans Scream 2 repose sur une continuité volontaire avec le premier film, tout en intégrant des ajustements techniques liés à l'ampleur accrue de la production. Wes Craven explique que le costume du tueur doit rester immédiatement reconnaissable, indépendamment du lieu, de l'éclairage ou de la scène, ce qui impose une rigueur particulière dans la gestion du costume, du masque et des mouvements. Le costume en lui-même est toujours composé d'une cape noire ample conçue pour masquer entièrement la morphologie de l'interprète. Cette ampleur n'est pas seulement esthétique : elle permet de dissimuler les différences physiques entre acteurs et cascadeurs, rendant impossible toute identification du tueur par sa silhouette. Plusieurs costumes identiques sont utilisés pendant le tournage. Certains sont réservés aux scènes propres, d'autres aux scènes impliquant du sang ou des déchirures. Cette duplication permet de tourner plusieurs prises sans interrompre le rythme du plateau et garantit une continuité visuelle entre des scènes filmées à des moments différents[48].
Le masque utilisé dans cette suite conserve le design établi dans le premier film, mais plusieurs versions de ce dernier sont employées selon les besoins des scènes. Certaines versions sont plus rigides, destinées aux plans larges et aux cascades, tandis que d'autres sont légèrement modifiés pour les gros plans afin d'éviter des reflets excessifs ou des déformations à l'image. Le masque impose des contraintes spécifiques aux acteurs et cascadeurs. L'absence d'expressions faciales visibles oblige la mise en scène à s'appuyer sur l'inclinaison de la tête, les pauses et la gestuelle. Ces mouvements sont répétés afin d'assurer une cohérence d'une scène à l'autre[13]. Le tueur n'est pas interprété par une seule personne tout au long du film. Des cascadeurs spécialisés portent le costume dans les scènes impliquant des chutes, des poursuites ou des mouvements rapides. Certains acteurs ne revêtent le costume que pour des plans statiques ou des scènes nécessitant une interaction précise avec d'autres personnages. Cette alternance est rendue invisible grâce à l'uniformité du costume et à la standardisation des gestes. Le travail de répétition est essentiel pour Wes Craven, afin que chaque interprète adopte la même posture et le même rythme de déplacement[42].
Craven explique que les attaques de Ghostface sont chorégraphiées avec précision avant le tournage. Les coups de couteau sont toujours simulés à distance, à l'aide de couteaux truqués ou rétractables. Les effets de sang sont déclenchés au moment exact du contact suggéré, afin de maintenir une illusion de violence sans sanger réel[48]. L'arme principale du tueur reste le couteau, utilisé dans l'ensemble du film. Plusieurs versions du couteau sont employées durant le tournage, chacune correspondant à un usage précis : couteau rétractables pour les plans rapprochés, couteaux en caoutchouc ou en résine pour les cascades et des couteaux rigides non tranchants pour les plans larges ou statiques. Cette multiplicité permet d'adapter l'arme aux contraintes de chaque scène tout en garantissant la sécurité des acteurs. Les lames ne sont donc jamais affûtées et les mécanismes rétractables son testés avant chaque prise[13],[48]. Des retouches numériques sont également pensées, comme lorsque Ghostface apparaît derrière le personnage incarné par Sarah Michelle Gellar lorsque ce dernier s'infiltre dans la sororité. L'une des étudiantes étant au téléphone avec le tueur, ce dernier ne tient pourtant pas de téléphone dans sa main quand il apparaît au second plan. L'idée d'une retouche avec image de synthèse pour que le bras du tueur soit « tordu » comme si il parlait au téléphone est donc mise sur la table, ce qui aurait pu laissé penser aux spectateurs qu'il n'y a qu'un seul tueur, mais l'idée est rapidement abandonnée[13].
Pour la scène se déroulant avec Sidney et Hallie dans la voiture de police, celle-ci est conçue comme une scène de suspense reposant presque exclusivement sur des contraintes physiques et spatiales. La scène est pensée très tôt comme un moment de tension silencieuse, sans dialogue explicatif, afin de recentrer l'attention sur les gestes, l'équilibre et la proximité avec la menace. Le tournage de la séquence nécessite un dispositif technique spécifique. Le véhicule utilisé est modifié pour permettre le retrait partiel de certaines sections, facilitant le positionnement de la caméra et les mouvements des actrices. La scène est tournée avec une équipe technique réduite, afin de limiter l'encombrement autour du décor et préserver la fluidité des déplacements à l'intérieur de l'habitacle[13].
Post-production
Censure

À l'issue du tournage; le film entre en phase de post-production sous la direction de Wes Craven, avec Patrick Lussier au montage. Cette étape s'inscrit dans un contexte de pression industrielle particulièrement forte, le film devant respecter une date de sortie dékà fixée par le studio, tout en préservant l'équilibre tonal caractéristique de la franchise, fondé sur l'alternance entre suspense, violence et commentaire méta cinématographique. Craven et Lussier soulignent que le montage constitue une phase décisive pour ajuster le rythme global, notamment afin de maintenir la tension tout en laissant respirer les séquences dialoguées où se déploie le discours réflexif du film[13].
Le montage est également influencé par le climat de confidentialité entourant le projet. À la suite des fuites de scénario durant la pré-production et le tournage, la post-production devient un espace stratégique de contrôle narratif. Kevin Williamson explique, dans des entretiens rétrospectifs, que la structure finale du film a été pensée pour limiter la prévisibilité des révélations, notamment par l'agencement des scènes menant à l'acte final. Cette gestion du suspense passe autant par l'ordre des séquences que par la durée accordée à certaines pistes narratives volontairement ambiguës[51],[52].
Un enjeu central de la post-production concerne la classification du film par la MPAA. Wes Craven avait déjà eu de nombreux soucis d'interdiction sur l'âge des spectateurs venant de la MPAA lors de la post-production de Scream, ce dernier recevant le classement R pour aider le film à rester fiable au box-office[53]. Il avait alors envoyé plus de 8 prises différentes à la MPAA nécessitant l'intervention du fondateur de Dimension Films, Bob Weinstein, pour finalement sortir sous une bonne interdiction, sans avoir eu à couper trop de passages[54]. N'ayant pas envie de revivre la même expérience pour Scream 2, Craven tente de manipuler la MPAA en leur envoyant une version du film où le gore et la violence sont retravaillés, améliorés et augmentés comparé à ce qu'il voulait réellement dans le film, incluant la scène ou le personnage d'Omar Epps meurt poignardé à 3 reprises dans l'oreille, contre une seule fois dans la version finale du film, ainsi qu'une version plus longue de la scène avec Randy Meeks qui se fait égorger. Le raisonnement de Wes Craven fut le suivant : envoyer des scènes beaucoup trop gores pour que la MPAA le contraigne à retirer la version gore et ne garder finalement que la version du film que Wes comptait avoir. Cependant, la MPAA accorde le classement R au film pour les scènes coupées les plus violentes car ils pensaient que le message sous-jacent du film justifiait déjà assez la violence[44]. Cette stratégie influe directement sur le montage final, notamment par la réduction de la durée de certains plans, l'atténuation visuelle de blessures ou la suppression d'insertions jugées excessivement explicites[30],[47].
Bande originale
La musique joue un rôle déterminant dans la phase de post-production, en particulier dans la modulation de la tension et dans la continuité stylistique avec le premier film. Marco Beltrami est de nouveau chargé de la composition de la partition musicale après son travail sur la BO de Scream. Il explique notamment que le travail sur Scream 2 s'effectue en étroite collaboration avec le montage, certaines séquences ayant été temporairement accompagnées de musiques issues d'autre films (temp tracks) lors des projections de travail. L'un des cas les plus notables concerne l'utilisation provisoire d'un extrait de Broken Arrow (musique de Hans Zimmer), dont l'impact lors des projections testes conduit à son maintien partiel dans le montage final, au détriment d'un thème original initialement composé pour le personnage de Dewey[55],[56],[57].
Cette partie musicale inclut également l'intégration tardive d'un élément choral distinctif pour la séquence du théâtre, connu sous le nom de « Cassandra Aria ». Ce morceau, attribué à Danny Elfman, confère au dernier acte une dimension plus opératique et solennelle, en rupture volontaire avec le registre musicale dominant du film. Ce choix est présenté par Craven comme une manière de souligner la caractère ritualisé et théâtral de la confrontation finale, renforçant ainsi la portée symbolique de la séquence[47],[58]. Les décisions prises en post-production ont également des répercussions sur l'histoire éditoriale du film. La bande originale connaît d'abord une diffusion partielle, regroupée avec celle du premier Scream, avant de faire l'objet d'éditions ultérieures plus complètes destinées aux collectionneurs. Ces rééditions témoignent des choix opérés lors de la finalisation du film, notamment en ce qui concerne les morceaux composés mais non utilisés ou remplacés au montage[59].
En soi, Marco Beltrami n’apporte rien de réellement nouveau à sa partition, hormis l’intégration de passages à la guitare fortement inspirés de Broken Arrow[60]. En revanche, la musique de Scream 2 s’impose une nouvelle fois par la force de ses morceaux de terreur, à commencer par « Stage Fright Requiem ». Ce dernier reprend une idée déjà esquissée à la fin du prologue de Scream, pour magnifier le prologue de Scream 2. Il s’agit d’un requiem déchirant pour chœur et orchestre, accompagnant la scène du meurtre dans la salle de cinéma, véritable métaphore semblant directement renvoyer le spectateur à sa propre responsabilité face à la violence à l’écran[60]. Après un bref intermède aux accents pop modernes, la musique bascule rapidement dans une terreur pure, marquée par le retour du thème du tueur, absent de la sélection officielle de Scream mais déjà présent dans son prologue, ici violemment malmené par des trompettes aiguës et dissonantes générant une sensation d’horreur saisissante. Le tout culmine dans un requiem poignant, où chœur et orchestre semblent hurler leur désespoir face à un monde ravagé par la bêtise humaine[60]. Le titre « Cici Creepies », entendu lors de la scène où le tueur harcèle Cici, interprétée par Sarah Michelle Gellar, se distingue par l’usage de violons en glissandi, de textures atonales et d’effets de cordes pizzicato et col legno, générant un suspense progressif et oppressant[60]. Les morceaux « Hairtrigger Lunatic » (confrontation finale) et « Dewpoint and Stabbed » illustrent les séquences de violence les plus marquées, en s’appuyant sur des cordes stridentes, des cuivres dissonants et des percussions martelées, souvent utilisés dans des registres extrêmes afin de créer un climat de terreur[60].
Sortie de l'album Scream/Scream 2 (1998)
| Sortie | |
|---|---|
| Durée | 29:52 |
| Genre | musique de film, musique électronique |
| Format | CD, téléchargement et vinyle |
| Compositeur | Marco Beltrami |
| Label | Varèse Sarabande |
| Critique |
SensCritique 7,7/10[61] |
Albums de Marco Beltrami
Bandes originales de Scream
La bande originale de Scream et Scream 2 est globalement bien accueillie par la critique spécialisée. L'album des compositions est commercialisé par le label Varèse Sarabande le 14 juillet 1998, avec un CD nommé Scream/Scream 2, qui contient également la bande originale du premier film. La bande originale du second volet contient neuf pistes, formant une bande-son de 15 minutes[59]. Cette sélection limitée suscite des critiques de la part de plusieurs chroniqueurs spécialisés, qui regrettent à la fois la courte durée de l’album et l’omission de nombreux morceaux. Ces choix éditoriaux sont alors attribués aux coûts élevés des droits de publication, nécessitant le versement de redevances aux compositeurs, ainsi qu’à la réticence du label à en assumer le montant[62],[63]. Le critique musical Mikael Carlsson qualifie la partition de « l’une des bandes originales de films d’horreur les plus intrigantes de ces dernières années »[62]. Le site spécialisé Filmtracks estime quant à lui que la bande originale a acquis un « statut culte » et lui attribue une note de trois étoiles sur cinq[59].
Les musiques des deux films font l’objet de plusieurs rééditions en vinyle au fil des années. Le 16 septembre 2016, elles sont proposées dans des éditions limitées en vinyle blanc (« bone white ») et en vinyle à effet éclaboussé (« splatter »). Une édition en vinyle rouge est ensuite commercialisée le 19 juillet 2019[64].
Le 10 octobre 2016, la partition complète de Scream 2 est publiée sous la forme d’une édition deluxe, limitée à 2 000 exemplaires[65],[66]. Cet album comprend 32 pistes pour une durée totale d’environ 77 minutes, et inclut cette fois le « Cassandra Theme » composé par Danny Elfman[66]. La bande originale est de nouveau rééditée le 7 janvier 2022 dans un coffret collector réunissant l’ensemble des musiques de la franchise Scream, composées par Marco Beltrami[67],[68]. Une version équivalente en coffret vinyle est également mise en vente le 10 juin suivant[69],[70].
| Liste des titres | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Auteur | Durée | ||||||
| 1. | Sidney's Lament | 1:37 | |||||||
| 2. | Altered Ego | 2:46 | |||||||
| 3. | Trouble in Woodsboro | 1:49 | |||||||
| 4. | A Cruel World | 1:52 | |||||||
| 5. | Chasing Sidney | 1:28 | |||||||
| 6. | NC-17 | 3:05 | |||||||
| 7. | Stage Fright Requiem | 2:06 | |||||||
| 8. | Love Turn Sour | 4:44 | |||||||
| 9. | Cici Creepies | 1:13 | |||||||
| 10. | Deputy for a Friend | 2:19 | |||||||
| 11. | Hollow Parting | 1:49 | |||||||
| 12. | Dewpoint and Stabbed | 2:15 | |||||||
| 13. | Hairtrigger Lunatic | 1:11 | |||||||
| 14. | Sundown Search | 0:52 | |||||||
| 15. | It's Over, Sid | 0:46 | |||||||
| 29:52 | |||||||||
Scream 2: Music from the Dimension Motion Picture
La bande originale du film d’horreur Scream 2, réalisé en 1997, comprend un album de chansons distinct de la musique originale orchestrale. L’album regroupe 15 titres interprétés par divers artistes, principalement issus des genres RnB, rap et rock. Parmi ces morceaux, seuls 13 apparaissent effectivement dans le film, les titres « One More Chance » et « The Race » étant absents du montage final[71].
Intitulée Scream 2: Music from the Dimension Motion Picture, la bande originale est publiée le 18 novembre 1997 par le label Capitol Records[71]. L’album rencontre un succès commercial notable, atteignant la 50ᵉ place du classement Billboard 200 et s’y maintient pendant plus de dix semaines[72]. Il obtient par la suite une certification disque d’or décernée par l'association Recording Industry Association of America, attestant de ventes supérieures à 500 000 exemplaires sur le territoire américain[73].
Le critique musical Stephen Thomas Erlewine du site spécialisé AllMusic se montre particulièrement critique à l’égard de l’album. Il estime que son contenu cherche à compenser l’absence de bande originale à succès du film précédent, une tentative qu’il juge toutefois infructueuse. Selon lui, le résultat est un album inégal, composé de titres qui ne seraient « pas suffisamment bons pour figurer sur les albums respectifs de leurs interprètes ». Il attribue à la bande originale une note de deux étoiles sur cinq[74].
| Liste des titres | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Auteur | Interprètes | Durée | |||||
| 1. | Scream | Master P | Master P feat Silkk Tha Shocker | 3:30 | |||||
| 2. | Suburban Life | Kottonmouth Kings | Kottonmouth Kings & AK Brothers | 3:34 | |||||
| 3. | Rivers | Sugar Ray, McG | Sugar Ray | 2:50 | |||||
| 4. | She's Always in My Hair | Prince | D'Angelo | 6:19 | |||||
| 5. | Help Myself | Dave Matthews | Dave Matthews Band | 4:31 | |||||
| 6. | She Said | Ed Roland | Collective Soul | 4:51 | |||||
| 7. | Right Place, Wrong Time | Dr. John | Blues Explosion | 3:16 | |||||
| 8. | Dear Lover | Foo Fighters, Dave Grohl | Foo Fighters | 4:33 | |||||
| 9. | Eyes of Sand | Tonic, Emerson Hart | Tonic | 4:16 | |||||
| 10. | The Swing | Everclear, Art Alexakis | Everclear | 2:59 | |||||
| 11. | I Think I Love You | Tony Romeo | Less than Jake | 2:03 | |||||
| 12. | Your Lucky Day in Hell | Mark Oliver Everett, Mark Goldenberg | Eels | 4:26 | |||||
| 13. | Red Right Hand | N.Cave, M.Harvey, T.Wydler | Nick Cave & the Bad Seeds, DJ Spooky | 8:23 | |||||
| 14. | One More Chance | Kelly, T Smoov | Kelly | 4:13 | |||||
| 15. | The Race | Gabe Cowan, Sammy Music | Ear2000 | 2:19 | |||||
| 59:23 | |||||||||
Accueil
Avant-première et sortie en salle
Lors du tournage du film, Jerry O'Connell déclare que si le premier long-métrage met en scène des étudiants analysant les films d'horreurs, cette suite analyse les suites de films d'horreur par le biais d'un nouveau groupe d'étudiants qui veulent se servir de leurs connaissances pour déjouer les futurs plans du tueur[5]. Toujours durant le tournage du film, Wes Craven dévoile au micro de MTV News que le film démarre lorsqu'un film surnommé Stab sort au cinéma, inspiré d'un bouquin écrit par Gale Weathers[5].
La première du film se déroule le au Grauman's Chinese Theatre à Hollywood suivie d'une sortie dans les salles de cinéma nord-américaines à partir du 12 décembre, moins d'un an après la sortie de Scream. Après le succès inattendu de Scream durant l'année 1997, Scream 2 fut considéré comme un grand succès potentiel au cinéma à tel point que les films Demain ne meurt jamais et Titanic furent déplacés du 12 au 19 décembre pour ne pas être en compétition avec Scream 2.
Accueil critique
Comme le premier film, Scream 2 a reçu beaucoup de critiques positives[75]. Il obtient un score de 82 % sur 132 votes sur le site Rotten Tomatoes[76].
Pour le magazine Télérama, il s'agit d'« un Wes Craven toujours terrifiant, mais moins inventif »[77].
Box-office
Le film fait son entrée directement dans plus de 2 663 cinémas à travers les États-Unis et le Canada et engrange plus de 32 millions de dollars lors de son premier weekend d'exploitation, soit plus de 27 millions de dollars de plus que son prédécesseur lors de son premier weekend en décembre 1996. Le film finit sa course avec plus de 101,3 millions de dollars au box-office américain et plus de 172,3 millions de dollars à travers le monde soit pratiquement les mêmes résultats que Scream.
De par ses résultats aux États-Unis, seulement 2 millions de dollars de moins que Scream, Scream 2 devient le second plus gros succès de la saga jusqu'à ce jour[78] et le 14e meilleur film au box-office nord-américain de 1997. En France, Scream 2 frappe fort avec 2,1 millions d'entrées, seulement 1 000 entrées de moins que le premier film. Il est le troisième plus gros succès de la saga derrière Scream et Scream 3 mais devance Scream 4 qui dépasse de très peu le million d'entrées en France. Par ailleurs, il se classe au 17e rang du box-office annuel français de 1998.
Scream 2 est le second plus grand succès de tous les temps du genre slasher derrière le premier volet[79]. Avec presque 33 millions de dollars de recettes pour son week-end d'ouverture, Scream 2 obtient le record du plus gros démarrage de décembre de tous les temps avant que ce record ne revienne à Ce que veulent les femmes le .
| Pays ou région | Box-office |
Rang annuel |
|---|---|---|
| 101 334 374 $
22 874 000 entrées |
13e | |
| 2 153 587 entrées | 17e | |
| 1 550 099 entrées | 28e | |
| 172 334 374 $ | 22e |
Distinctions
Source : Internet Movie Database[14]
Récompenses
- ASCAP Film and Television Music Awards : ASCAP Award des meilleurs films au box-office pour Marco Beltrami
- Blockbuster Entertainment Awards :
- Blockbuster Entertainment Award de l'acteur préféré dans un film d’horreur pour David Arquette
- Blockbuster Entertainment Award de l'actrice préférée dans un film d'horreur pour Neve Campbell
- Blockbuster Entertainment Award de l'acteur de second rôle masculin préféré dans un film d‘horreur pour Jamie Kennedy
- Fangoria Chainsaw Awards :
- Chainsaw Award du meilleur film avec une large diffusion
- Chainsaw Award de la meilleure actrice dans un second rôle pour Courteney Cox
- Chainsaw Award du meilleur scénario pour Kevin Williamson
- MTV Movie & TV Awards : MTV Movie Award de la meilleure performance féminine pour Neve Campbell
Nominations
- Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films - Saturn Awards :
- Blockbuster Entertainment Awards :
- Actrice préférée dans un film d'horreur pour Courteney Cox
- Actrice de second rôle féminin préférée dans un film d‘horreur pour Jada Pinkett Smith
- Fangoria Chainsaw Awards :
- Meilleure actrice pour Neve Campbell
- Meilleur acteur dans un second rôle pour Liev Schreiber
- International Film Music Critics Award (IFMCA) : meilleure musique originale pour un film d'horreur / thriller pour Marco Beltrami
- International Horror Guild Awards : meilleur film
- Motion Picture Sound Editors : meilleur montage musical dans un film (Etranger et National)
- Online Film and Television Association :
- Meilleur film de science-fiction / fantastique / d'horreur pour Cathy Konrad et Marianne Maddalena
- Meilleure actrice dans un film de science-fiction / fantasy / horreur pour Neve Campbell
- Razzie Awards : pire révélation pour Tori Spelling
Analyse
La suite
Ce second volet s'inscrit dans la continuité directe du premier opus tout en élargissant sa réflexion méta filmique. Le film déplace l'intrigue du cadre suburbain vers l'univers universitaire, espace traditionnellement associé à la production du savoir et au débat critique, afin d'interroger plus frontalement les mécanismes de représentation, de médiatisation et de réception de la violence contemporaine. Il y a également une réflexion sur la façon dont Hollywood est une bête toujours affamée qui consomme des tragédies pour recracher du divertissement, transformant la douleur de n'importe qui en un moyen de faire du profit. Ce sont des questions que nous nous posons encore plus de vingt ans plus tard, et le fait qu'elles soient si présentes dans Scream 2 témoigne de la façon dont les cinéastes ont toujours lutté contre les limites de l'industrie culturelle[81]. Il transcende également l'intérêt du film original à discuter et à critiquer d'autres œuvres en discutant et en se critiquant lui-même ainsi que le film original ». Le meurtre brutal du couple afro-américain dans la scène d'ouverture juste après avoir fait référence à une écriture de slasher bâclée et clichée, et la propre conscience du film de la répétition, reflètent la conscience globale du film qu'il sera considéré comme une suite inférieure au succès commercial et critique du film original. Plus qu'à n'importe quel moment, le scénario dévoile une insécurité certaine, comme si Williamson était conscient lors de l'écriture de son scénario de son incapacité à égaler le choc et la nouveauté du film qu'il à créé l'année précédente[82].
Bien que Scream 2 n'hésite pas à aborder de nombreux sujets complexes, il se concentre sur son existence en explorant les règles d'une suite de film d'horreur. Tout comme le premier film de la franchise, Scream 2 veut que le public fasse partie du jeu, ce qui signifie que le film indique exactement les règles qu'un tel film devrait suivre, pour ensuite nous couper l'herbe sous le pied à chaque tournant et à chaque rebondissement. Ainsi, alors que Scream aurait pu en surprendre plus d'un, quiconque regarde Scream 2 sait déjà à quoi s'attendre. Et cela n'empêche pas la suite de Craven de recréer la même atmosphère de paranoïa, chaque personnage étant à la fois une victime potentielle ou le tueur déguisé[81]. Alors que le métalinguisme est le jeu préféré de Craven, Scream 2, tout comme le premier film, construit un mystère qui laisse les fans dans l'expectative jusqu'à la fin, même après avoir expliqué les indices que nous devrions chercher. Scream 2 mélange brillamment la comédie autoréférentielle avec la nature de l'intrigue en faisant de la suite de Scream l'histoire d'un imitateur qui tente de recréer les meurtres de Woodsboro perpétrés par Ghostface. Cela permet également au film de discuter du lien entre les crimes réels et la normalisation de la violence dans les médias. Il est facile de blâmer un film pour les actes horribles que certaines personnes peuvent commettre, mais en fin de compte, un produit artistique ne peut qu'inspirer des personnes qui souhaitent déjà libérer quelque chose de sombre qui se cache en elles. La violence ne naît pas dans les films, mais chez les personnes qui utilisent l'art comme une excuse pour se protéger des regards[81]. Le premier Scream traitait de l'obsession du tueur à créer le film d'horreur parfait et à s'en tirer. Scream 2 est plutôt l'histoire d'un tueur qui veut plaider coupable et devenir une star. Il y a quelque chose qui ne va pas dans le fait de transformer des tueurs en série en stars, et c'est là que réside le vrai problème, pas dans un film ou une autre œuvre d'art[81].
Le film reconnaît à plusieurs reprises sa propre place dans la lignée des suites cinématographiques, à la fois dans et hors du genre de l'horreur, tout en réaffirmant constamment sa propre exigence de se conformer à la tradition de la suite de film lambda consistant à reprendre les éléments essentiels de l'original, souvent sans ironie. Dans ce sens, la relation entre Sidney Prescott et Gale Weathers avait évoluée tout au long de Scream, passant d'une relation avec animosité a un respect mutuel et une entraide à la fin du premier film. Leur relation dans le second volet repart une nouvelle fois sur de l'hostilité dans le but de convenir au public qui avait apprécié leurs échanges houleux dans le précédent volet. Le scénario s'efforce également d'impliquer le nouveau petit ami de Sidney, Derek Feldman, depuis le massacre de Woodsboro alors que le personnage de Randy Meeks énonce à nouveau des règles pour survivre mais cette fois-ci dans une suite de film d'horreur. Ces règles sont respectées ou non, et dans ce dernier cas, le film lui-même ne les respecte pas. À nouveau, Dewey Riley survie à plusieurs coups de couteau qui auraient dû normalement le tuer alors que certaines références dans le scénario de l'œuvre vise directement la série télévisée de Neve Campbell de l'époque et les costars de Courteney Cox dans la série Friends. Comme dans le premier film, deux tueurs sont dévoilés à la fin du second volet, dont l'un d'entre eux est un fan de Quentin Tarantino qui recherche la célébrité par ses meurtres directement inspirés de ceux de Billy Loomis et Stuart Macher du film original[82].
Dès la scène d'ouverture de Scream 2, le film nous pose la question de la représentation raciale dans les films d'horreur, bien avant qu'Hollywood ne discute de la présence de personnes de couleur devant et derrière les écrans. Et alors que nous associons actuellement la fièvre des fans dans les cinémas à un phénomène lié aux films de super-héros, en 1997, Craven matérialisait déjà à quel point le fandom peut être toxique et aveugle[81].
Traumatisme et mémoire de la violence

Contrairement aux représentations traditionnelles de la final girl dans le genre du slasher, Sidney Prescott est décrite comme une survivante durablement affectée par les évènements du premier film. Etudiante, suivie psychologiquement et réticente à toute exposition médiatique, elle incarne une mémoire vivante de la violence subie. Son identité est indissociable du traumatisme , qui structure ses comportements, ses relations sociales et son rapport à l'espace publique. Le film refuse ainsi toute lecture héroïque ou triomphante de la survie, au profit d'une représentation marquée par vulnérabilité et la peur persistante[10]. La parcours universitaire de Sidney constitue un élément central de cette représentation du traumatisme. L'université, lieu traditionnellement associé à l'émancipation et à la construction de soi, devient pour elle un espace de tension et d'insécurité. Sa volonté de préserver son anonymat et de limiter son exposition médiatique traduit une stratégie de protection face à la répétition potentielle de la violence. Le film montre ainsi que le traumatisme ne se limite pas à un souvenir du passé, mais influence activement les choix et les comportements présents de la survivante[31].
Le rapport conflictuel de Sidney à la scène théâtrale occupe une place symbolique importante. Le théâtre, espace de représentation, de regard, et de mise en visibilité, agit comme un rappel constant de l'exposition médiatique qu'elle subit depuis les meurtres de Woodsboro. Sa peur de monter sur scène traduit une angoisse liée au regard des autres et à la perte de contrôle de son image. Le film utilise ainsi la métaphore théâtrale pour matérialiser le poids de la médiatisation sur sa psyché[83].
Le film met en évidence la persistance du traumatisme au-delà de l'évènement initial, soulignant que la survie ne constitue pas une résolution narrative en soi. Les peurs de Sidney ne disparaissent pas avec le temps, mais se réactivent au contact de nouveaux évènements violents et de rappels symboliques du passé. Cette approche rompt avec une logique narrative classique du cinéma d'horreur, dans laquelle la survivante est supposée avoir surmonté l'épreuve une fois le danger éliminé[10]. L'œuvre insiste également sur la dimension répétitive du traumatisme, renforcée par la médiatisation constante des évènements. Chaque nouveau meurtre agit comme un rappel des violences passées, empêchant toute forme de mise à distance psychologique. Sidney est ainsi confrontée à une réactivation permanente de son expérience traumatique, accentuée par la circulation d'images, de récits et de représentations inspirées de son propre vécu[84]. Cette représentation du traumatisme contribue à complexifier la figure de la survivante dans le cinéma d'horreur contemporain. En mettant l'accent sur les conséquences psychologiques à long terme de la violence extrême, Scream 2 s'inscrit dans une évolution du genre, attentive aux dimensions émotionnelles et psychiques des personnages féminins. Sidney Prescott n'est plus seulement une figure fonctionnelle du récit, mais un sujet marqué par une expérience irréversible, dont la mémoire de la violence structure l'ensemble du parcours narratif[7].
Finalement, en inscrivant durablement le traumatisme au coeur du personnage de Sidney, le film propose une réflexion plus large sur la mémoire de la violence dans la culture populaire. La survivante devient le vecteur d'une mémoire collective, rappelant que les actes violents ne se résolvent pas par leur simple élimination narrative, mais laissent des traces durables sur les individus. Scream 2 suggère ainsi que la mémoire du traumatisme constitue un enjeu central de la représentation de la violence au cinéma[31].
Rôle des médias et sensationnalisme
Au sein de ce second volet, la question des médias et du sensationnalisme constitue l'un des axes thématiques majeurs du récit. Le film propose une analyse critique du rôle joué par les médias dans la transformation de la violence criminelle en spectacle, en soulignant la manière dont les faits divers sont reformulés, amplifiés et intégrés à une logique industrielle et marchande. Contrairement au premier film, où la médiatisation restait en arrière-plan, cette suite place explicitement les médias au cœur du dispositif narratif, faisant d'eux des acteurs à part entière du drame[31].
Le succès du livre de Gale Weathers sur les meurtres de Woodsboro représente une première illustration de cette dynamique. Présenté comme une œuvre de non fiction, l'ouvrage devient rapidement un produit culturel à fort potentiel commercial, dont la valeur repose sur sa capacité à condenser la violence en un récit accessible et spectaculaire. Cette transformation du réel en narration vendable implique une simplification des événements, une hiérarchisation des victimes rt une focalisation sur les éléments les plus choquants. Le film suggère ainsi que la médiatisation ne se contente pas de relater les faits, mais participe activement à leur reconfiguration symbolique[84]. L'adaptation cinématographique de ce livre sous la forme de Stab, radicalise cette logique. En transposant les crimes dans un langage visuel codifié, le film dans le film efface la frontière entre témoignage et fiction. Les meurtres deviennent des scènes rejouables, reconnaissables et consommables, soumises aux mêmes attentes de divertissement que n'importe quelle production hollywoodienne. Cette mise en abyme permet à Scream 2 de montrer comment la violence réelle, une fois médiatisée, se détache de son contexte humain pour devenir un objet culturel autonome[10].
Le personnage de Debbie Salt incarne de manière particulièrement explicite les dérives du journalisme sensationnaliste. Présentée comme une reporter spécialisée dans les affaires criminelles, elle adopte une posture intrusive, cherchant à obtenir des réactions émotionnelles immédiates et à s'imposer sur les lieux des meurtres. Son comportement met en évidence une pratique médiatique fondée sur la rapidité, l'exploitation de la peur et la recherche de déclarations choc, au détriment de toute réflexion éthique. A travers ce personnage, le film critique une presse qui privilégie l'impact émotionnel et la visibilité au détriment de la compréhension des évènements[83].
Scream 2 insiste également sur la répétition et la saturation médiatique. Les crimes ne sont jamais isolés : ils sont immédiatement relayés, commentés et intégrés à un flux continu d'informations. Cette omniprésence médiatique contribue à créer un climat de panique généralisée, mais aussi une forme de familiarité avec la violence. Le film suggère que la surabondance d'images et de récits violents finit par produire une forme de banalisation, dans laquelle l'horreur perd progressivement sa capacité à choquer[85]. Cette représentation rejoint les analyses de la société du spectacle, telles que formulées par Guy Debord, selon lesquelles les évènements sont vécus indirectement, à travers leur médiatisation, et transformés en images destinées à la consommation[85]. Dans le film, le meurtre cesse d'être un acte singulier pour devenir un élément d'un récit collectif standardisé, soumis à des logiques de concurrence médiatique et de rentabilité[85],[86]. Le film établit par ailleurs un lien direct entre médiatisation et construction de la figure du criminel. Les tueurs ne sont pas seulement des agents de la violence, mais aussi des produits narratifs façonnés par les médias. Leur identité se construit en partie à travers la manière dont ils sont racontés, nommés et mis en scène. Cette dimension est particulièrement visible chez le personnage de Mickey Altieri, dont la motivation repose largement sur l'obtention d'une reconnaissance publique. Son projet de procès médiatisé révèle une conscience aiguë des mécanismes médiatiques et de leur capacité à conférer une forme de célébrité[84]. Dans une époque mettant en avant l'affaire O. J. Simpson et le film Tueurs nés, le personnage de Mickey Altieri est pleinement conscient de l'impact et du statut de célébrité qu'il va acquérir après les meurtres, pendant son incarcération, et il sait déjà en amont à quel sujet il s'en prendra pour se défendre : l'effet de la violence des films sur notre société. Comme le note Annalee Newitz : « Nous voyons des personnages tenter de prendre le contrôle des récits dans lesquels ils se sont retrouvés... Mickey espère devenir célèbre pour ses meurtres, qu'il a d'ailleurs reproduits à partir du film Stab et a tenté de faire mieux. Il est conscient d'essayer d'avoir du contrôle sur de la culture populaire de masse[82]. » Cinéphile pervers en plus d'être un psychopathe, Mickey Altieri est également un admirateur des plus célèbres tueurs en série américain qui sont eux-mêmes très médiatisés à l'époque. Mickey dit lui-même qu'« il a travaillé dur pour donner au public ce qu'il veut » et que, par conséquent, il mérite les honneurs des médias[3]. A travers ce personnage, Scream 2 suggère que la médiatisation peut agir comme un facteur d'incitation indirecte, en offrant aux criminels une perspective de visibilité et de postérité symbolique. Le film ne se contente pas de dénoncer les médias comme de simples relais passifs de la violence, mais les présente comme des éléments intégrés à un système circulaire, dans lequel la couverture sensationnaliste alimente les comportements qu'elle prétend condamner[84].
Enfin, la critique des médias s'étend au public lui-même, implicitement inclus dans ce dispositif. Les spectateurs de Stab au début du film, bruyants et costumés, incarnent une réception active et participative de la violence médiatisée. Le film établit ainsi une continuité entre producteurs de contenus, relais médiatiques et consommateurs, suggérant une responsabilité collective dans la transformation du crime en spectacle. Scream 2 propose de ce fait une réflexion globale sur l'écosystème médiatique contemporain, dans lequel la violence circule comme une marchandise culturelle, façonnée par les attentes du public et les impératifs de l'industrie[11]. Au cours du récit, Wes Craven impose lui-même la scène ou Sidney joue le rôle de Cassandre dans une pièce de théâtre. Cette séquence renvoie à la tragédie grecque, une manière pour le réalisateur de rappeler que montrer des assassinats dans les films aux spectateurs n'est ni quelque chose de gratuit ni de nouveau[3].
De la fiction à la réalité
Le film dans le film : Stab

Dans l'univers de Scream 2, les personnages au même titre que les spectateurs, connaissent les références cinéphiliques ainsi que les règles et les clichés du genre. Le scénario est doté des ingrédients qui ont fait le succès de Scream un an auparavant. L'exemple le plus révélateur de ce procédé est l'ajout du film Stab dans le scénario de Scream 2 qui retrace les évènements du film Scream et utilise le concept du film dans le film[3]. D'ailleurs, l'un des personnages trouve la mort dans le cinéma diffusant le film : ce personnage est poignardé pour ensuite venir mourir devant l'écran géant de la salle alors que les images de Stab sont encore projetées au second plan. De l'autre côté, les spectateurs, qui sont pour la plupart affublés du costume et du masque des tueurs de Stab mais aussi de Scream renvoie directement à la salle de cinéma ou les spectateurs de Scream 2 se trouvent[3].
Le second volet fait donc passer l'autoréflexivité au niveau supérieur logique en commentant en quelque sorte le succès du premier film. Dans le monde de Scream 2, les évènements du premier film sont bien réels et dans le scénario, c'est le film médiocre Stab, qui sort dans les salles de cinéma, qui en est la preuve la plus flagrante car il reprend les évènements survenus dans l'œuvre originale avec en plus la mention au début du film « Basé sur des évènements réels », une phrase bien connue du grand public aujourd'hui avec la sortie de multiples films tourné en found footage dans les années 2000 qui intègrent de façon récurrente ce terme. La phrase d'accroche du film Stab présent dans Scream 2 est This is gonna Hurt, qui veut littéralement dire « Ca va faire mal », un slogan sérieux mais totalement dénué de compassion et de sensibilité à l'égard des « réelles » victimes de Billy Loomis et Stu Macher. Il est également mentionné dans le générique de Stab que le film est tourné dans les studios Stab-O-Vision dans une présentation faisant penser au style « William Castle ». Scream 2 s'efforce dans son scénario d'être sans relâche en avance sur son public averti des clichés de film d'horreur et des codes qui en résultent tout en « remplissant son contrat de suite » consistant à reprendre tout ce qui a fonctionné dans le film original, même l'utilisation de la musique Red Right Hand du groupe Nick Cave and the Bad Seeds qui avait fait le succès de l'album des compilations des musiques entendues dans Scream, que l'on peut entendre lors de l'avant-première de Stab[87].
Dans la séquence d'ouverture de Scream 2, Wes Craven reprend en quelque sorte la séquence d'ouverture de son propre film, Scream, mais d'une façon beaucoup plus maladroite et moins travaillée. Les scènes de Stab sont représentées par Williamson comme l'exemple même du mauvais film d'horreur : des bruitages grossiers, une scène de douche gratuite et non importante dans l'histoire comportant également de la nudité, un mauvais jeu d'acteur et des personnages débiles qui aurait pu provoqués de la moquerie et de l'exaspération auprès du public si cette scène avait été celle du premier film. Aussi, les acteurs présents dans la salle pour représenter le public venu voir Stab à l'avant-première portent les masques et costumes de Ghostface tout en agitant des couteaux en plastique dans l'air dans une frénésie telle que lorsqu'un personnage se fait véritablement assassiner dans la salle, personne ne s'en rend compte. Il s'agit d'une tentative de poser la question que le premier film posait déjà un an auparavant : est-ce que le public est inspiré et soumis à ce genre de film ?[87]
Filiation et responsabilité parentale
La révélation de Mme. Loomis, mère de Billy Loomis, constitue l'un des axes thématiques majeurs de Scream 2 et introduit une réflexion approfondie sur la responsabilité parentale face à la violence. En se présentant avant tout comme une mère endeuillée, le personnage refuse toute remise en question de son rôle dans la trajectoire criminelle de son fils et reporte intégralement la culpabilité sur Sidney. Cette posture de déni permet de légitimer la vengeance et d'inscrire la violence dans une logique de continuité familiale, où l'acte criminel est perçu comme une réponse justifiée à une injustice supposée[7]. Le film met en évidence un mécanisme de rationalisation par lequel Mme. Loomis transforme la figure de son fils en victime d'un système qu'elle estime injuste. En niant la responsabilité individuelle de Billy et en externalisant la faute, le personnage illustre une forme de victimisation inversée, dans laquelle l'agresseur est reconstruit comme une victime de circonstances. Cette relecture des évènements permet au personnage de maintenir une cohérence morale interne et d'éviter toute remise en cause personnelle[84].
Cette dynamique familiale s'inscrit dans une réflexion plus large sur la transmission intergénérationnelle de la violence. Le film suggère que l'absence de reconnaissance des responsabilités parentales peut contribuer à la reproduction de comportements violents, en inscrivant cers derniers dans un récit familial justificateur. La violence n'apparaît pus comme un acte isolé, mais comme l'aboutissement d'un discours hérité, structuré autour de la rancœur, du ressentiment et du refus de la culpabilité[7]. Le personnage de Mme. Loomis se distingue par ailleurs des figures parentales traditionnellement absentes ou effacées dans le slasher classique. Sa présence active et son implication directe des les meurtres confèrent à la filiation un rôle narratif central. Le film inverse ainsi un trope du genre en faisant de la figure maternelle non pas un simple élément du passé du tueur, mais un agent direct de la violence, capable de la prolonger et de la rationnaliser[11].
Scream 2 associe également cette thématique à une réflexion sur la responsabilité morale et sociale. En refusant toute analyse des causes profondes des actes de son fils, Mme. Lommis déplace systématiquement les causes structurelles de la violence vers des figures extérieures, en particulier Sidney. Ce mécanisme narratif souligne la difficulté, voire l'impossibilité, pour certains personnages de reconnaître la part de responsabilité individuelle et familiale dans l'émergence de comportements criminels[83]. La révélation de Mme. Loomis permet au film d'inscrire la violence dans un cycle narratif fermé, fondé sur la répétition et la filiation. En liant directement les évènements de Scream 2 à ceux du premier film par un lien familiale explicite, le récit suggère que l'absence de reconnaissance et de la responsabilité parentale contribue à perpétuer la violence plutôt qu'à la résoudre. Cette lecture confère à la filiation une dimension tragique, dans laquelle la vengeance se transmet comme un héritage moral et narratif[7].
Impact

À sa sortie en 1997, le film s'inscrit dans un contexte ou la notion de suite dans le cinéma d'horreur est largement associée à une perte de qualité artistique et à une logique strictement sérielle. Le film apparaît cependant comme un cas singulier, en ce qu'il parvient à prolonger un succès critique et commercial tout en développant une réflexion explicite sur son propre statut de continuation. Cette position contribue à son inscription durable dans les études consacrées à l'évolution du slasher contemporain[88],[89]. Avec le recul, le film est régulièrement mobilisé comme un point de référence dans les analyses portant sur la capacité des suites de films d'horreur à maintenir une cohérence thématique et formelle. Contrairement à de nombreuses franchises antérieures, dont les seconds volets sont souvent vus comme des variations appauvries du modèle initial, Scream 2 conserve une reconnaissance critique durable et une place stable dans les classements et rétrospectives consacrés aux suites du genre[90],[91]. La scène d'ouverture, située dans un espace de projection cinématographique et intégrant un film inspiré des évènements du premier film, occupe une place centrale dans la postérité de l'œuvre. Cette séquence met en relation directe la violence fictionnelle, sa représentation médiatique et la réception par le public, inscrivant le film dans une réflexion plus large sur la consommation des images violentes. Cet aspect contribue à renforcer l'impact culturel de Scream 2, en dépassant la seule dimension narrative pour interroger le rôle du spectateur[92],[93]. Dans le cadre de la franchise en elle-même, ce second opus est fréquemment considéré comme un épisode charnière. Il consolide les bases thématiques posées par le film original tout en établissant un modèle narratif qui influencera les développements ultérieurs de la saga. À ce titre, il participe à la stabilisation d'une identité de franchise fondée sur l'autoréflexivité, la conscience des codes génériques et leur mise en question systématique[94]. Plus largement, la postérité du film s'inscrit dans l'histoire du slasher post-moderne de la fin du XXe siècle. Le film est régulièrement convoqué dans les travaux consacrés au renouveau du cinéma d'horreur des années 1990, en tant qu'exemple de suite capable de conjuguer succès populaire, continuité narrative et réflexion critique sur le genre. Cette capacité à maintenir une pertinence analytique sur le long terme explique sa place durable dans les études consacrées aux suites de films d'horreur[95].
Après le succès mondial de Scream 2, ce dernier est parodié dans quelques œuvres comme Scary Scream Movie, La Fiancée de Chucky (l'affiche des deux films est la même) mais la plus connue reste Scary Movie[96]. Le film est également référencé dans plusieurs œuvres dans les années suivant sa sortie comme Masterminds (1997), dans les séries Le Petit Malin (1998) et Le Loup-garou du campus (1999), Halloween, 20 ans après (1998), La Loi de la rue (1999), Père et Fille (2004), dans la série The Office (2008), The Dark Chronicles (2011), Paranormal Activity: The Marked Ones (2014) ou encore The Blackening (2022)[96]. Le film est également mentionné dans le documentaire Reflexions on Titanic (2012) et l'émission web The Nostalgia Critic (2019)[96].
Les fuites de scénario de Scream 2 ont des conséquences durables sur la manière dont les films suivants de la franchise seront développés. Par la suite, les différents scénaristes, réalisateurs et productions adoptent des méthodes de confidentialité renforcées, limitant la diffusion des scripts et privilégiant des processus d'écriture plus cloisonnés. Cet épisode est régulièrement cité, dans les sources spécialisées, comme un moment charnière dans la prise de conscience par les studios des risques liés à la circulation numérique des documents de travail[30].