Seneferibrê Senousert
pharaon d'Égypte, XIIIe ou XVIe dynastie
From Wikipedia, the free encyclopedia
Seneferibrê Senousert IV (ou Sésostris IV) est un roi d'Égypte de la Deuxième Période intermédiaire.
Attestations
Attestations contemporaines
Les attestations contemporaines du roi sont les suivantes[1],[2] :
- une statue colossale de 2,75 m de haut (sans les pieds ni le socle, hauteur initiale estimée à 3 m), sculptée en granit rose et découverte près du VIIe pylône du temple d'Amon-Rê à Karnak ; elle est aujourd'hui conservée au Musée égyptien du Caire (JE 35642 = CG 42026)[3],[4],
- l'angle supérieur droit d'une stèle (K 767) découverte en 1907 par Georges Legrain dans la zone du lac sacré ou dans la « cour de la cachette » à Karnak et sur laquelle est inscrite la date 1re année, 2e mois de Chémou, 1er jour du règne de Seneferibrê Senousert IV[5],
- un bloc du temple de Montou à Tôd.
D'autres attestations sont plus douteuses, attribuées au roi pour des raisons stylistiques[1],[2] :
- un linteau d'Edfou inscrit simplement au nom de Sa-Rê Senousert,
- une lame de hache portant le nom de Sa-Rê Senousert conservée au Musée Petrie (UC 16324)[6],
- une statue découverte dans la « cachette » de Karnak et conservée au Musée égyptien du Caire (CG 42025).
Attestations ultérieures
Le Canon royal de Turin ne le mentionne pas, probablement affecté par la grosse lacune qui suit Merkaourê Sobekhotep dans la colonne 8[7]. Seneferibrê Senousert est attesté sur la liste de Karnak sous son nom Senefer[...]rê, à la position 56[8].
Position chronologique
Selon Jürgen von Beckerath[9], Claude Vandersleyen[10] et Julien Siesse[11], Seneferibrê Senousert appartenait à la fin de la XIIIe dynastie, tandis que Kim Steven Bardrum Ryholt[12] le classe comme un roi de la XVIe dynastie avec une position incertaine dans la dynastie, ou bien Detlef Franke[13] et Norbert Dautzenberg[14] propose que Seneferibrê Senousert fasse partie de la XVIIe dynastie.
Dautzenberg fonde cette hypothèse sur sa lecture de l'entrée 11.4 du Canon royal de Turin comme se référant à Seneferibrê Senousert. Il attribue également à ce roi des graffitis sur une porte du temple de Montou à Médamoud mentionnant un roi Senousert, puisque la porte a été décorée par Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf Ier, qui vivait, selon lui, au début de la XVIIe dynastie[14]. Les deux arguments sont rejetés par Ryholt : tout d'abord, Ryholt note que le nom à la position 11.4 du Canon royal de Turin n'est pas compatible avec celui de Seneferibrê Senousert et deuxièmement, il observe que la porte du temple de Montou à Médamoud a été construite par Sésostris III ; les graffitis sont donc susceptibles de se référer à ce roi plutôt qu'à Seneferibrê Senousert IV. Ryholt privilégie la XVIe dynastie du fait de la lame de hache qui serait à dater plutôt vers la fin de la Deuxième Période intermédiaire[15].
Siesse privilégie la XIIIe dynastie pour plusieurs raisons[16] :
- les attestations exclusivement thébaines du roi ne permettent pas de situer chronologiquement plus précisément ce roi car cet état de fait est valable à partir de Mersekhemrê Neferhotep jusqu'à la fin de la XVIIe dynastie,
- la hache n'est pas une exclusivité de la fin de la Deuxième Période intermédiaire car ce type de haches existe dès la XIIIe dynastie,
- la statue monumentale du roi, de par sa taille, son matériau et son style (notamment le sourire), la rapproche indéniablement des statues de la XIIIe dynastie,
- la titulature royale du roi s'inspire de ceux des rois de la XIIe dynastie, pratique attestée pour d'autres rois de la XIIIe dynastie, alors que les rois thébains suivants des XVIe et XVIIe dynasties privilégient plutôt les rois de la XIe dynastie et les plus glorieux rois de la XIIIe dynastie.
