Sion Assidon

militant des droits de l'homme marocain From Wikipedia, the free encyclopedia

Sion Assidon, en arabe : سيون أسيدون, de son nom complet Sion Shimon Harim Baroch Assidon, né le à Safi (Maroc) et mort le à Casablanca (Maroc)[1] est un militant des droits de l'homme marocain et une figure éminente de la gauche marocaine et de la cause palestinienne.

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
CasablancaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
ⵙⵉⵢⵓⵏ ⴰⵙⵉⴷⵓⵏVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Sion Shimon Harim Baroch AssidonVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Sion Assidon
En .
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
CasablancaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
ⵙⵉⵢⵓⵏ ⴰⵙⵉⴷⵓⵏVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Sion Shimon Harim Baroch AssidonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Biographie

Issu d'une famille marocaine juive de commerçants, Sion Assidon dit s'exprimer publiquement en tant que « citoyen marocain, amazigho-arabe » et non en tant que Juif[2],[3].

Sa famille déménage de Safi à Agadir puis à Casablanca après le tremblement de terre d'Agadir de 1960. Lui-même s'installe ensuite en France où il étudie les mathématiques à Paris et est influencé par les idées marxistes. Il décide de retourner au Maroc en 1967, après avoir terminé ses études[4].

Logo du PCM.

Mathématicien de formation, il devient professeur dans cette discipline[5]. Engagé en politique, il est membre du Parti communiste marocain[6]. Il rejoint le mouvement Li-nakhduma-al-shaab[7]. Il est cofondateur du Mouvement marxiste-léniniste du 23 mars dans les années 1970[8].

Pendant les années de plomb sous Hassan II, il critique le régime en place et s'investit dans la lutte pour l'instauration de la démocratie dans son pays, ce qui lui vaut d'être condamné et emprisonné avec d'autres dissidents politiques à la prison de Ghbila à Casablanca puis à celle de Kénitra de 1972 à 1984, où il bénéficie d'un traitement favorable les dernières années[5],[9]. Il parle de « joie de vivre » et de « bénédiction » mais souffre de la promiscuité. Durant son incarcération, il se passionne pour l’histoire du Maroc et les dynasties qui s'y sont succédé, ainsi que pour l'histoire de l'islam, étudie Ibn Khaldoun dans le texte et jardine. Il se distingue toutefois par une vaine tentative d’évasion avec d'autres camarades au cours d’un séjour à l’hôpital, en 1979[5].

À sa libération, il refuse de dépendre de sa famille ou de quiconque, afin de retrouver son autonomie. Il habite seul puis est employé par un industriel, proche de la gauche, qui engage volontiers d'anciens politiques de la prison de Kénitra, auxquels il trouve des qualités[5].

En 1986, Sion Assidon fonde sa société d'informatique puis reprend en 1989 l'entreprise familiale de négoce et d’industrie employant une centaine de personnes[5].

Logo de Transparency international.

Il est coordinateur de BDS Maroc qui prône le boycott d'Israël[10]. Il est également membre de la direction du Front marocain pour le soutien à la Palestine et contre la normalisation (avec Israël)[11]. Il fonde avec Ahmed Herzenni Servir le peuple, « le groupe maoïste le plus radical »[5].

En 1996, il fonde « Transparency Maroc » pour lutter contre la corruption dans son pays et l'impunité dont bénéficient les anciens tortionnaires, association dont il devient le directeur, puis membre du Bureau exécutif et du Conseil d'administration de Transparency International, jusqu'en 2000[9],[4].

Militant infatigable participant à toutes les manifestations, keffieh autour du cou et drapeau palestinien en banderole, Sion Assidon meurt en novembre 2025, des suites d'une chute accidentelle en août, à son domicile à Mohammedia, après avoir été transporté à la clinique de la ville puis à l’hôpital Cheikh Khalifa de Casablanca[12],[1],[13].

Vie privée

Sion Assidon se marie à une Américano-Palestinienne ; le couple a en 2004 un fils prénommé Milal[4].

Positions

Outre ses engagements de gauche et contre la corruption, Sion Assidon est un « défenseur résolu de la cause palestinienne »[14],[15].

Opposant farouche à la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, Sion Assidon est ainsi un antisioniste radical[16],[11]. En 2014, il estime que les Israéliens, « ne sont pas des civils : ils sont tous soumis au service militaire et se rendent donc coupables de crimes de guerre »[17]. Pour autant, il refuse le qualificatif d'« antisémite »[2]. Selon lui, « le sionisme engendre l'antisémitisme dans le monde arabe d'aujourd'hui »[3]. Parallèlement, il considère que « l'antisémitisme au Maroc et dans d'autres pays arabes est alimenté en partie par la résurgence des théories du complot (juif) nées dans l'Europe du XIXe siècle et renforcée par « l'impunité totale accordée à Israël » malgré ses politiques de « répression sanglante » censurée à de nombreuses reprises par les Nations Unies »[3].

En 2011, il proteste contre la chanteuse marocaine Hindi Zahra qui avait décidé de donner un concert à Tel Aviv[18] et l'année suivante, contre la participation lors du tournoi international à Fès de la joueuse de tennis israélienne Shahar Peer[19]. En 2019, il participe à une manifestation à Casablanca contre la tenue d'un concert du chanteur Enrico Macias pour protester contre ses positions pro-israéliennes[3].

En revanche, il soutient en 2019 le déplacement du Raja Club Athletic de Casablanca en Palestine pour affronter le club Hilal Al Quds dans le cadre de la Coupe Mohammed VI, au motif qu'il ne s'agit pas d'une normalisation avec les « autorités sionistes » puisque l'événement implique seulement « deux parties arabes » : « Ce match permettra de renforcer les relations entre les Marocains et les Palestiniens », déclare-t-il[20].

Références

Voir aussi

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