Slacktivisme
Forme de militantisme
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le slacktivisme (littéralement « militantisme paresseux »[note 1]) ou clictivisme[1] est une forme de cybermilitantisme qui se développe dans les années 2000 avec l'avènement des réseaux sociaux et qui consiste à cliquer pour participer à un mouvement collectif virtuel sans s'engager plus activement et concrètement. En dehors d'Internet, le slacktivisme peut se manifester sous la forme de port d'un habit d'une couleur en particulier, d'un bracelet coloré, voire d'un badge ou d'un pin's.
Lors de la crise sanitaire du Covid-19, le slacktivisme sur les réseaux sociaux est devenu par défaut la seule solution pour les rassemblements populaires[2].
Typologie
Cela inclut :
- signer des pétitions en ligne,
- partager, relayer ou liker une publication de soutien sur un réseau social,
- changer un élément visible de son profil sur un réseau social, par exemple son image de profil.
En dehors d'Internet, le slacktivisme peut se manifester sous la forme de port d'un habit d'une couleur en particulier, d'un bracelet coloré, voire d'un badge ou d'un pin's[3].
Histoire du terme
Le terme est créé en 1995 par Dwight Ozard et Fred Clark[2].
Bien qu'Internet soit un moyen de mobilisation massive pour soutenir activement une cause, le terme « slacktivisme » est souvent utilisé péjorativement (il avait à l'origine une connotation positive[4]) pour distinguer cet engagement « de canapé » par lequel l'internaute se donne une bonne conscience au rabais, alors que les personnes physiques pratiquant l'activisme IRL s'impliquent dans des actions concrètes[5]. Un effet de substitution est même noté : les slacktivistes s'arrêtent à leur mobilisation en ligne et s'engagent encore moins, ayant l'impression d'avoir aidé au même titre que s'ils donnaient de l'argent ou manifestaient dans les rues[6].
Influence
Ce néo-militantisme est cependant considéré avoir eu une influence sur des événements comme l'affaire Kony 2012, Movember ou le Printemps arabe[7], et a des experts qui analysent le taux d'engagement d’une pétition (le nombre de personnes qui la font suivre à leurs contacts), ou le taux de transformation en real life (le nombre de personnes qui passent à l’action physiquement)[3],[8].
Cette forme de militantisme est considérée comme une solution pour impliquer les jeunes dans la vie politique et les faire participer aux élections[2]. Selon un article de CNN de 2018, le slacktivisme ne peut cependant pas remplacer l'impact d'une foule de manifestants envahissant les rues pour protester[9].
Réseaux sociaux
Voici des publications notables massivement likées et partagées sur les réseaux sociaux dans le cadre d'un épisode de slacktivisme :
- Un carré noir, dans le cadre du Blackout Tuesday en 2020.
- Un carré bleu clair pour sensibiliser au génocide culturel des Ouïghours en 2020.
- All eyes on Rafah, après l'offensive israélienne sur Rafah en 2024.
Le , sur Twitter, Facebook et Instagram, de nombreux internautes partagent et republient un carré noir dans le cadre du Blackout Tuesday, et certains remplacent leur photo de profil par une image noire[12],[13],[14],[15],[16],[17].
Des images bleu ciel sont partagées de la même manière en pour sensibiliser au génocide culturel des Ouïghours[18],[19],[20],[21],[22],[23].