Sourcil
zone pileuse du visage de l'Homme située au niveau de l'arcade sourcilière
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le sourcil est une zone pileuse du visage humain située sur un « coussinet adipeux »[1] au niveau de l'arcade sourcilière, au-dessus de chacun des deux yeux. Sa partie externe est appelée queue de sourcil, et sa partie interne tête de sourcil.
La partie glabre entre les deux sourcils s'appelle glabelle ou entre-sourcils et la pilosité variable qui s'y trouve est appelée « taroupe »[2],[3], si les deux sourcils se rejoignent ils sont appelés synophrys[4].
La peau du sourcil contient les follicules pileux qui donnent naissance aux poils, mais aussi des glandes sébacées ou sudoripares[5]. Ce coussinet, aussi dit ROOF par les anglophones (pour « retro-orbicularis oculus fat »[6]) a été défini comme syssarcose et en tant qu'unité anatomique et fonctionnelle (par M. Charpy en 1909[6]). Ses caractéristiques anatomiques varient selon le sujet et avec l'âge[6], de même que sa forme[7]. La reconstruction chirurgicale et par greffe d'un sourcil (par exemple à la suite d'une brûlure grave) est dite ophriopoïése[8].
Sa fonction principale est la communication et l'expression des sentiments grâce aux muscles de la mimique. Il participe à la communication non verbale. C'est l'une des parties du visage qui est traitée par la chirurgie esthétique ou à l'aide d'injections de toxines botuliques[9]. Les sourcils ont aussi comme fonction de dévier une partie de la sueur coulant du front vers les yeux, à l'instar des gouttières.
Étymologie

Le mot sourcil est une réfection linguistique du XIIIe siècle à partir du latin supercillium, composé de super « au-dessus de » et de cilium « paupière » (qui a donné « cil » en français moderne)[10].
Il existe en ancien français de très nombreuses variantes comme sorcille (1150), sorcil et surcil (1155), sourcille (1434 jusqu'en 1616). Le latin supercillium a donné en ancien wallon sobrecil et en ancien provencal sobresill ou sobrescil[10].
Le mot sourcil a été utilisé historiquement pour désigner le sommet d'une montagne ou d'un arbre ; le trait coloré qui peut se remarquer au-dessus de l'œil des oiseaux ; les poils au-dessus des yeux d'un cheval. En architecture, c'était la partie saillante supérieure d'une porte, d'une ouverture ou d'une colonne[10].
En ostéologie, sourcil reste utilisé dans sourcil cotyloïdien ou limbus de l'acétabulum pour la partie saillante qui borde la cavité cotyloïde de l'os iliaque[10].
Anatomie
Les sourcils sont des éminences pileuses bilatérales situées sur un « coussinet adipeux » au niveau de l'arcade sourcilière au-dessus de chaque région orbitaire[1]. Les poils des sourcils sont courts, épais et raides et orientés obliquement. Le diamètre des poils, leur degré de pigmentation et l’épaisseur globale des sourcils (fins, épais, broussailleux...) présentent des différences individuelles et des variations ethniques[11]. Par exemple, chez les asiatiques le poil des sourcils est généralement plus mince que les cheveux, alors que c'est le plus souvent l'inverse chez les européens[12].

Un sourcil peut être schématiquement divisé en trois parties. Le tiers interne ou tête du sourcil (proche de la ligne médiane) est généralement sous la marge orbitale avec des poils orientés verticalement. Le tiers moyen ou corps du sourcil se trouve le long de la marge orbitaire avec des poils orientés obliquement. Le tiers externe (queue du sourcil) se trouve généralement au-dessus de la marge orbitaire avec des poils orientés à l'horizontale. La queue du sourcil est normalement moins dense que la tête du sourcil, un début de perte de sourcil est donc plus visible à la queue du sourcil[11],[12].
Des fibres musculaires sont insérées dans le derme de la peau sous-jacente aux sourcils. Le contour des sourcils est mobile, contribuant fortement à l'expression faciale. Trois muscles (muscle corrugateur, muscle procerus, muscle abaisseur) permettent le froncement de sourcil, tandis que d'autres (muscle frontal, muscle releveur) permettent de hausser les sourcils jusqu'à un maximum de 5 mm[12],[13].
Les follicules pileux des sourcils commencent à se former entre les troisième et sixième mois de la vie intra-utérine. Avec l'âge, il se produit une perte progressive, osseuse et graisseuse, autour des yeux pouvant modifier la position des sourcils. La forme des sourcils est influencée par la gravité, les mouvements musculaires répétés et les interactions avec les autres muscles faciaux[11].
Fonctions
Expression
Les sourcils sont mobilisés par les muscles de la mimique (d'où le verbe sourciller) afin d'exprimer des sentiments, comme la colère, le mécontentement ou la confusion (remuer les sourcils) ; la préoccupation, l'attention ou le souci (froncer les sourcils) ; l'étonnement ou le dédain (hausser les sourcils)[10].
Selon les personnes, les sourcils sont mobiles simultanément ou indépendamment. Dans le deuxième cas, ceci permet d'exprimer une plus grande gamme d'émotions.
Le verbe sourciller est surtout employé négativement (ne pas sourciller, sans sourciller) pour indiquer l'absence de trouble et d'émotion. L'adjectif sourcilleux, -euse, qualifiait autrefois ce qui est difficile et ennuyeux, les personnes sévères, orgueilleuses ou arrogantes. Il reste utilisé pour désigner les personnes minutieuses, attentives aux moindres détails[3],[10].
Protection
Les sourcils servent à protéger les yeux de la pluie et d'autres gouttes comme la sueur et, en général, des agressions extérieures telles que la poussière ou le sable : en effet, un être humain froncera automatiquement des sourcils afin d'éviter de blesser ses yeux.[réf. nécessaire]
Pathologie
Anomalies
Certaines anomalies peuvent être d'origine génétique et liées éventuellement à une anomalie de conformation des paupières[14]. La ptôse du sourcil correspond à une position anormalement basse du sourcil, souvent accompagnée d'une ptôse de la paupière, parfois consécutive à une paralysie faciale[15]. D'autres ptôses fronto-sourcilières peuvent être induites par une anomalie dentaire (occlusion dentaire, ou même une simple malposition), car la région orbitaire et l'occlusion dentaire sont anatomiquement et biomécaniquement liées (l'os basal du maxillaire, parce qu'il abrite le sinus est « reporté plus haut en regard de la région orbitaire »[16].
Pathologies cutanées
La peau du sourcil peut subir la plupart des pathologies cutanées, dont les kystes épidermoïde ou dermoïdes (tumeurs congénitales du groupe des choristomes[5] et autres tumeurs[17],[18] ; les formes dites orbitaires sont plus sérieuses car plus proches de l'œil et plus difficiles à opérer[19],[20],[21] et plus difficiles à bien identifier par le diagnostic différentiel. Ces tumeurs sont généralement traitées par la chirurgie[22].
Alopécie des sourcils
La perte des poils du sourcil est dite « alopécie du sourcil ». Elle débute le plus souvent par la queue des sourcils et peut s'observer, de façon non spécifique, dans une hypothyroïdie, la lèpre, une dermatite atopique et autres conditions d'origine infectieuse, auto-immune, nutritionnelle, traumatique ou iatrogène[11],[12].
Sauf en cas d'alopécie péladique[23] ou de plaques d'alopécie cicatricielle fortement fibreuses[23], elle peut être traitée par des greffes folliculaires[24], de même en cas de chirurgie reconstructrice (microgreffe capillaire[25]). Des greffons composites du cuir chevelu peuvent être utilisés[8] .
Autres
Une douleur anormale au pincé-roulé du sourcil peut évoquer une céphalée cervicogénique[26].
Histoire culturelle

Au fil des temps, les sourcils ont pu être épilés, rasés, colorés, amincis ou épaissis, pour modifier leur apparence, situation ou direction. De faux sourcils ont été repeints haut sur le front ou fabriqués avec des poils d'animaux collés sur la peau. Les anciens Égyptiens favorisent les sourcils naturels pleins, mais ils pouvaient aussi les raser ou les colorer[13].
Au moyen-âge et à la Renaissance, les femmes favorisent les sourcils fins en épilant les premières lignes de cheveux pour avoir un front haut et en forme de dôme, ce qui symbolisait la pureté sexuelle et spirituelle. En Chine, les impératrices de la dynastie Ming épilaient leurs sourcils pour les replacer plus haut sur leur front[13].
Les modes de sourcils changent selon les cultures et les époques. Dans les cultures individualistes, les sourcils droits dominent pour exprimer confiance et compétence, alors que dans les cultures traditionnelles les sourcils courbes sont perçus comme un signe de bienveillance[27]. Au cours du XXe siècle, en Europe, différentes modes se sont succédé, alternant les sourcils droits ou voûtés, fins ou épais, notamment dans le monde du cinéma où des stars se distinguent par le style de leurs sourcils[13].
Certaines personnes choisissent d'accentuer leur regard en s'épilant les sourcils à l'aide d'une pince à épiler ou à la cire, donnant ainsi une forme précise, simple ou artistique aux sourcils. Contrairement à toute autre zone à épiler (aisselles, jambes, maillot), les sourcils s'épilent généralement au sortir de la douche, quand les pores sont dilatés, et en arrachant les poils dans le sens de la pousse, afin d'éviter l'apparition de poils incarnés et autres blessures peu esthétiques.
On peut également les « retracer » à l'aide de maquillage et de crayons spécialisés. D'autres personnes choisissent de décorer leurs sourcils en y ajoutant des piercings. Ceux-ci peuvent être dangereux car à l'origine de rejets ou d'infections de la zone oculaire.


Dans la littérature
- Plus symboliquement, dans la poésie persane (Hafez, Omar Khayyam), les sourcils et les cils jouent un rôle important dans la séduction, au même titre que le regard.
- On retrouve aussi un poème médiéval célèbre qui fait office de blason : Le sourcil, par Maurice Scève.
Quelques personnages célèbres à sourcils remarquables
- Sourcils fins à front haut (rasage de la ligne antérieure des cheveux : Anne de Danemark, Élisabeth Ier.
- Sourcils droits et noirs : Audrey Hepburn.
- Sourcils courbes et pleins : Marilyn Monroe, Elizabeth Taylor, Greta Garbo.
- Sourcils épais et broussailleux : Groucho Marx, Georges Pompidou.
- Monosourcil : Frida Kahlo dans des auto-portraits.