Spire Global
société américaine appartenant au secteur spatial
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Spire est une société américaine appartenant au secteur spatial qui a été créée en 2012 et qui gère une constellation de nanosatellites équipée d'instruments répondant à des objectifs météorologiques et de suivi du trafic aérien et maritime. Courant 2026 la société a placé en orbite plus de 200 satellites, qui sont majoritairement des Lemur-2 de type CubeSat 3U.
| Spire Global Constructeur de satellites | |
| Création | 2012 |
|---|---|
| Action | New York Stock Exchange (SPIR) |
| Siège social | San Francisco, Californie |
| Activité | Industrie spatiale |
| Produits | Nano-satellites, données satellitaires |
| Site web | spire.com |
| Chiffre d'affaires | 89 millions US$ (2024) |
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Historique


La société Spire est fondée initialement sous l'appellation NanoSatisfi en juin 2012 à San Francisco par Peter Platzer, Jeroen Cappaert et Joel Spark, diplômés de l'International Space University (Strasbourg, France), dans le cadre d'ArduSat, un projet ayant pour but de démocratiser l'accès à l'espace. Les fonds proviennent en partie d'un financement participatif qui permet de collecter plus de 100 000 dollars. En novembre, la société signe un accord avec NanoRacks pour la réalisation de deux satellites qui doivent être déployés depuis la Station spatiale internationale. En février 2013, Spire parvient à lever des fonds à hauteur de 1,5 million de dollars. Un an après la signature de son contrat avec NanoRacks, le 19 novembre 2013, les CubeSats ArduSat-1 (1U) et ArduSat-X (2U) sont déployés avec succès depuis le module japonais Kibo de la Station spatiale internationale. A la suite de ces expérimentations, les ingénieurs de Spire choisissent de recentrer leur développement sur les nanosatellites de type 3U pour pouvoir y placer des charges utiles plus complexes. Un prototype Lemur-1 est placé en orbite par une fusée Dnepr en juin 2014. Fort de ce succès initial, Spire parvient à lever 25 millions de dollars sur le marché financier. Le mois suivant, la société annonce qu'elle filialise ArduSat qui reprend les applications éducatives en partenariat avec des lycées américains tandis que Spire recentre ses activités sur la collecte et la commercialisation de données relevant de l'observation de la Terre. Peu après, fin 2014, Spire ouvre un bureau à Singapour et commence à étendre son réseau de stations de réception au sol[1].
En juin 2015 Spire réussit une nouvelle levée de fonds de série B de 40 millions de dollars qui sont utilisés pour développer les premiers lots de satellites Lemur-2 opérationnels. Les premiers d'entre eux sont placés en orbite en septembre 2015 par le lanceur indien PSLV-XL. Pour pouvoir produire des satellites en masse et compte-tenu des contraintes d'espace de ses bureaux de San Francisco, Spire ouvre un bureau à Glasgow en février 2015 puis lance une chaine de fabrication de satellites en décembre 2015. Glasgow est choisie pour tirer parti de l'expertise locale dans le domaine des nano-satellites. Parallèlement, Spire ouvre un nouvel établissement à Boulder, dans le Colorado, en janvier 2016 pour développer ses compétences dans le domaine du recueil des données météorologiques. Cette démarche lui permet de participer au programme pilote de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) de septembre 2016 dont l'objectif est de confier au secteur privé une partie de la mission de recueil des données météorologiques. Cette collaboration est élargie en septembre 2018[1].
Fin 2017 la société réussit une levée de fonds de série C de 70 millions de dollars grâce à une campagne menée par le gouvernement luxembourgeois et inaugure son deuxième campus européen dans la ville de Luxembourg. En 2019 Spire place en orbite son centième satellite. La société entre en bourse au troisième trimestre 2021 avec une valorisation initiale de 1,6 milliard US$ (379 millions US$ au 2 février 2026)[1]. Courant 2024 la société avait lancé plus de 200 satellites majoritairement de type Lemur-2[2] et son chiffre d'affaires annuel était de 89 millions US$[3].
Caractéristiques techniques des satellites
Les satellites Lemur-2 sont lancés en tant que charge utile secondaire sur une orbite héliosynchrone. Leur altitude (entre 400 et 600 km) et leur inclinaison orbitale (proche de 90°) est imposée par les charges utiles principales emportées par le lanceur spatial. Une grande variété de fusées ont été mises en oeuvre : PSLV, Antares, Atlas V, Soyouz, Vega mais depuis 2021 presque tous les lancements sont pris en charge par le lanceur Falcon 9. Plusieurs Lemur-2 ont été déployés dans l'espace depuis le module Kibo de la Station spatiale internationale ou depuis le cargo spatial Cygnus[2].
Précurseurs : Ardusat et Lemur-1
Lemur-1 (Low Earth Multi-Use Receiver) est un prototype et le premier satellite développé et placé en orbite par la société Spire. C'est un CubeSat 1U qui est placé en orbite par une fusée russe Soyouz[2].
Lemur-2 3U
Les Lemur-2 sont des CubeSats 3U qui constituent l'essentiel de la constellation de satellites de la société Spire. Ils prennent en charge deux types de besoin. D'une part le suivi des navires via l'équipement STRATOS qui leur permet de détecter les signaux AIS (fourni les caractéristiques du navire ainsi que des informations sur sa route et son chargement) émis par tous les bateaux au-dessus d'une certaine taille. D'autre part la collecte de profils verticaux de l'atmosphère pour des besoins météorologiques via l'instrument d'occultation radio SENSE qui analyse le décalage Doppler des signaux émis par les satellites de navigation GPS. Le premier satellite a été lancé en 2015 et plus de 200 Lemur-2 ont été placés en orbite début 2026. A compter du n°78 les Lemur-2 disposent de panneaux solaires de plus grande taille et sont équipés de l'instrument AirSafe ASD-B qui permet le suivi des avions en vol[4].
Lemur-2 6U
Cinq satellites de format CubeSat 6U ont été placés en orbite entre 2022 et 2023. Ils emportent les trois instruments des Lemur-2 auxquels s'ajoutent une caméra infrarouge développée par la société Orora Technologies[5].
Skylark
Les nanosatellites Skylark sont des nano-satellites de type CubeSat 16U développés par Spire our le compte de la société canadienne NorthStar Earth. Ils sont conçus pour la détection de débris spatiaux dont la taille est trop réduite pour pouvoir être observés depuis le sol. Ils sont équipés d'une caméra capable de détecter des objets dont le diamètre est inférieur à 5 centimètres en orbite basse et à 40 centimètres en orbite géosynchrone. Un premier lot de 4 satellites a été déployé le 31 janvier 2024[6].
Historique des lancements
| Satellite(s) | Date lancement | Lanceur | Type | Masse | Charge utile | Statut | Remarque |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ardusat-1 | 3/8/2013 | H-IIB/HTV-4 | CubeSat 1U | 1 kg | ? | ¹ | |
| Ardusat-X | |||||||
| Ardusat-2 | 9/1/2014 | Antares 120 | CubeSat 2U | 2 kg | ? | ||
| Lemur-1 | 19/6/2014 | Dnepr | CubeSat 3U | 4 kg | ? | ||
| Lemur-2 n°1,2,3,4 | 28/9/2015 | PSLV-XL | |||||
| Lemur-2 n°5,6,7,8 | 23 mars 2016 | Atlas V 401 | ¹ | ||||
| Lemur-2 n°9,10,11,12,13 | 23 juin 2016 | Atlas V 401 | ²Échec du déploiement | ||||
| Lemur-2 n°14,15,16,17 | 18 octobre 2016 | Antares 120/Cygnus | ² | ||||
| Lemur-2 n°18,19,20,21 | 9 décembre 2016 | H-IIB/HTV-6 | ¹ | ||||
| Lemur-2 n°22,23,24,25,26,27,28,29 | 15 février 2017 | PSLV-XL | |||||
| Lemur-2 n°30,31,32,33 | 18 avril 2017 | Atlas V 401 | ² | ||||
| Lemur-2 n°34,35,36,37,38,39,40,41 | 23 juin 2017 | PSLV-XL | |||||
| Lemur-2 n°42,43,44,45,46,47,48,49 | 14 juillet 2017 | Soyouz-Fregat | Déployé à une altitude de 475 km | ||||
| Lemur-2 n°50,51,52,53,54,56,57 | 23 juin 2017 | Antares 120/Cygnus | ²,Altitude 450 km² | ||||
| Lemur-2 n°58,59,60,61,62,64,65,66,67 | 28 novembre 2017 | Soyouz-Fregat | Échec du lancement | ||||
| Lemur-2 n°68,69,70,71 | 12 janvier 2018 | PSLV-XL | |||||
| Lemur-2 n°72,73 | 21 janvier 2018 | Electron | |||||
| Lemur-2 n°74,75,76,77 | 1 février 2018 | Soyouz-Fregat | |||||
| Lemur-2 n°78,79,80,81 | 21 mai 2018 | Antares 230/Cygnus | ², altitude 480 km | ||||
| Lemur-2 n°82,83 | 11 novembre 2018 | Electron | |||||
| Lemur-2 n°84,85,86,87 | 29 novembre 2018 | PSLV-CA | |||||
| Lemur-2 n°88,89,90,91,92,93,94,95 | 27 décembre 2018 | Soyouz-Fregat | |||||
| Lemur-2 n°96,97,98,99 | 4 avril 2019 | PSLV-QL | |||||
| Lemur-2 n°100,101,102,103,104,105,106,107 | 5 juillet 2019 | Soyouz-Fregat | ³ | ||||
| Lemur-2 n°108,109,110,111 | 11 décembre 2019 | PSLV-QL | |||||
| Lemur-2 n°112,113,114,115,116,117,118,119 | 3 septembre 2020 | Vega | |||||
| Lemur-2 n°120,121,122,123 | 28 septembre 2020 | Soyouz-Fregat | |||||
| Lemur-2 n°124,125 | 3 octobre 2020 | Antares 230+/Cygnus NG | |||||
| Lemur-2 n°126,127,128,129 | 7 novembre 2020 | PSLV-D | |||||
| Lemur-2 n°130,131,132,133,134,135,136,137 | 24 janvier 2021 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 n°138,139 | 29 avril 2021 | Vega | |||||
| Lemur-2 n°140,141,142,143,144,145 | 30 juin 2021 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 n°146,147 | 13 janvier 2022 | Falcon 9 | CubeSat 6U | 8 kg | |||
| Lemur-2 n°148,149,150 | 13 janvier 2022 | Falcon 9 | CubeSat 3U | 4 kg | |||
| Lemur-2 n°153,154,155,156 | 25 mai 2022 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 n°157,158,159,160,161,162 | 3 janvier 2023 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 n°164,165 | 14 avril 2023 | Falcon 9 | CubeSat 6U | 8 kg | |||
| Lemur-2 n°166,167,168 | 12 juin 2023 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 n°169,170 | 18 juillet 2023 | Electron | CubeSat 3U | 4 kg | |||
| Lemur-2 x 8 et n°179,180,181 | 11 novembre 2023 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 x 4 | 31 janvier 2024 | Electron | CubeSat 16U | 18 kg | Détecteur de débris spatial | Type Skylark | |
| Lemur-2 n°188,189 | 4 mars 2024 | Falcon 9 | CubeSat 3U | 4 kg | |||
| Lemur-2 n°191,192,193,194,195,196 | 16 aout 2024 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 n°197,198,199,200,201,202 | 14 janvier 2025 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 x 7 | 15 mars 2025 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 x 2 | 23 juin 2025 | Falcon 9 | |||||
| Lemur-2 n°233,234,235 | 28 novembre 2025 | Falcon 9 | |||||
| ¹Largué dans l'espace depuis le module Kibo de la Station spatiale internationale quelques mois après le lancement. ² Largué depuis le cargo spatial Cygnus après son départ de la Station spatiale internationale et avoir remonté son orbite à une altitude comprise entre 450 et 500 km. ³ Deux de ces satellites peuvent traiter les données des autres satellites et en tirer les informations principales avant de les transmettre au sol permettant ainsi de libérer de la bande passante. | |||||||
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