Spirit AeroSystems

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Spirit AeroSystems est une entreprise américaine, basée à Wichita dans le Kansas, producteur d'aérostructures telles que des fuselages, ailes, supports de réacteurs.

Faits en bref Création, Disparition ...
Spirit AeroSystems
logo de Spirit AeroSystems
illustration de Spirit AeroSystems

Création 2005
Disparition 2026
Forme juridique Société du Delaware[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Action New York Stock Exchange (SPR)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Wichita (Kansas)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Coordonnées 37° 37′ 21″ N, 97° 17′ 15″ O
Activité composants aéronautiques
Produits aérostructures
Société mère Onex Corporation
Site web http://www.spiritaero.com/

Capitalisation US$ 2626 millions (juillet 2011)
Chiffre d'affaires US$ 4863 millions (2011)
Résultat net US$ 192 millions (2011)
Fermer

Spirit AeroSystems se classait en 2025 au 92e rang mondial pour la production d'armement[2].

Historique

Site de l'aéroport de Glasgow-Prestwick.
Usine d'assemblage de Saint-Nazaire.

La société Spirit AeroSystems est née de la vente par Boeing en 2005 de sa filiale Wichita Division au fonds d'investissement canadien Onex Corporation[3] et est le fruit de toute l'histoire de l'aéronautique depuis les années 1920.

En 1927, la Stearman Aircraft Company quitte la Californie pour s'installer à Wichita (Kansas), ville nommée aujourd'hui la Capitale de l'Aéronautique. En 1930, Stearman s'installe sur le site où est bâti l'actuel siège social de Spirit AeroSystems. En 1929, la maison mère de Boeing rachète Stearman Aircraft et forme la United Aircraft and Transport Corporation.

La United Aircraft and Transport Corporation est un groupe intégré verticalement, présent dans tous les secteurs d'activité de l'aéronautique. En 1934, une loi anti-trust vise à séparer les constructeurs d'avions des compagnies de transport du courrier, et force la société à se scinder en 3 entités,

L'usine de Wichita a produit 8 584 avions d'entraînement Stearman Kaydet durant les années 1930. Puis la Wichita Division a produit 1 644 bombardiers B-29 Superfortress pendant la Seconde Guerre Mondiale, et 1 390 bombardiers B-47 et 467 bombardiers B-52 dans les années 1950.

En 1996, Boeing rachète Rockwell International et hérite des usines de Tulsa, Oklahoma et de McAlester, Oklahoma, qu'il apporte à sa filiale Wichita Division[3].

En 2005, Boeing revend la Wichita Division au fonds d'investissement canadien Onex Corporation qui la rebaptise Spirit AeroSystems. Spirit AeroSystems devient un sous-traitant de Boeing pour l'ensemble de ses appareils.

En 2006, Spirit rachète l'activité Aerostructures de BAE Systems avec les usines de Prestwick (Écosse) et de Samlesbury (Angleterre). Spirit s'implante ainsi au Royaume-Uni et devient fournisseur d'Airbus.

En , Onex réalise une IPO sur Spirit AeroSystems : Spirit est coté à New York sur le New York Stock Exchange.

Spirit cherche ensuite à diversifier sa clientèle. En 2007, Spirit est sélectionné par Sikorsky pour fournir la structure en composite de son nouvel hélicoptère lourd, le CH-53K. C'est le premier contrat militaire pour Spirit. En 2008, Spirit gagne un contrat pour le fuselage et les ailes de l'Airbus A350. La même année, Spirit signe avec Gulfstream pour les ailes des jets d'affaires G650 et G250, et pour les nacelles du réacteur Rolls-Royce BR725 de ces avions. Toujours en 2008 Spirit remporte le contrat pour les supports des réacteurs du nouveau Mitsubishi Regional Jet. En 2009, Spirit gagne encore un client avec les nacelles des Bombardier CSeries.

En 2007, Spirit choisit un site en Malaisie pour implanter une usine en Asie. En 2010, Spirit ouvre une nouvelle usine en Caroline du Nord. Et ouvre en 2009 son usine de Saint-Nazaire en France pour travailler sur l'A350 : l'usine de Saint-Nazaire doit réceptionner les tronçons de fuselage conçus et fabriqués dans l'usine de Caroline du Nord et apportés par bateau, les assembler à Saint-Nazaire et finalement fournir Airbus à Toulouse.

En 2010, Spirit est sélectionné par Boeing pour participer au marché des avions ravitailleurs du Pentagone. Boeing le gagne en 2011 et Spirit se diversifie à nouveau dans le secteur de la défense[3].

En , Bombardier vend sa filiale spécialisée dans les pièces détachées d'avions présente en Irlande du Nord et au Maroc pour 865 millions de dollars à Spirit AeroSystems[4],[5],[6].

En juin 2024, Boeing annonce l'acquisition de Spirit AeroSystems pour 4,7 milliards de dollars hors reprise de dettes, dans un contexte d'importants problèmes de fiabilité notamment dus à des pièces issues de Spirit AeroSystems. En parallèle, Airbus reprend les activités de Spirit AeroSystems dont il est le principal client, pour un dollar symbolique, car elles sont déficitaires[7],[8].

En décembre 2025, Airbus et Boeing annonce la finalisation de ce rachat. Cela, après avoir obtenu le feu vert des autorités de la concurrence concernées. L’opération, annoncée en mars 2024, passe par le démantèlement de Spirit Aero, les deux géants de l’aéronautique se partageant ses activités industrielles et commerciales.

Boeing rachète cinq usines et les activités d’après-vente travaillant pour ses programmes d’avions commerciaux, pour 4,7 milliards de dollars (l’opération est valorisée à 8,3 milliards, avec la reprise des dettes). Environ 15 000 salariés vont intégrer les effectifs du constructeur. Seules les activités militaires, regroupées dans Spirit Defense, une nouvelle filiale rattachée à Boeing Défense & Espace (BDS), conservent une gouvernance et des opérations indépendantes[9] .

Les installations et sites industriels liés à la production d'avions Airbus seront transférés à Airbus  :

  • Emplacement de Kingston (sections de fuselage de l'A350)
  • Localisation de Saint-Nazaire (tronçons de fuselage A350)
  • Site de Casablanca (composants A321 et A220)
  • Production des ailes d'A320 et d'A350 à Prestwick
  • Production de pylônes A220 à Wichita
  • Production d'ailes d'A220 à Belfast.

Activité

Spirit AeroSystems fabrique des aérostructures pour l'aviation civile : fuselages et cockpits, ailes, supports de réacteurs. La fabrication de fuselages et cockpits a représenté en 2011 50 % de son chiffre d'affaires (2425 millions de US$), les nacelles 25 % (1221 millions), les ailes 25 % (1 208 millions)[10].

Spirit AeroSystems, chiffres en millions de dollars US
2007 2008 2009 2010 2011 2022
Chiffre d'Affaires38613772407941724864 5000
Résultat Opérationnel419406303357356
Résultat Net297265192219192
Dépenses de R&D5248575236
Endettement59558889411971201

De par son histoire, Spirit participe à la construction de tous les Boeing. Spirit n'est un sous-traitant d'Airbus que depuis 2006, quand la société a racheté l'activité Aérostructures du britannique BAE Systems. Spirit a réalisé en 2011 85 % de son chiffre d'affaires avec Boeing (4 157 millions de US$), 10 % avec Airbus (497 millions), et 5 % avec Gulfstream (modèles G280 et G650), Bombardier (modèles CSeries), Mitsubishi Heavy Industries (Mitsubishi Regional Jet), et Sikorsky (hélicoptères CH-53K). Sikorsky est la première diversification de Spirit dans le secteur de l'aéronautique militaire.

Les principaux sites de production de Spirit sont à Wichita (Kansas), Tulsa (Oklahoma), McAlester (Oklahoma), Prestwick (Ecosse), Preston (Angleterre), Kinston (Caroline du Nord), Subang Jaya (Malaisie) et Saint-Nazaire (France), Casablanca (Maroc)[5].

Spirit a développé un savoir-faire dans les matériaux composites avec le Boeing 787, qu'il a pu proposer à Airbus pour son programme A350.

En 2023, la société emploie 18 000 salariés dans le monde[11].

Controverses

La société est mise en cause par Boeing pour avoir fourni des cloisons de pressurisation de mauvaise qualité sur certains des appareils 737 MAX[12] avec des trous de rivets ne respectant pas les spécifications du client[12],[13]. Des problèmes de qualité sur les 787 sont également constatés[14].

Le 30 avril 2024, Josh Dean, employé de Spirit AeroSystems, fournisseur de Boeing, et lanceur d'alerte qui avait signalé des problèmes de sécurité et des allégations d'inconduite de la part de l'avionneur, est décédé des suites d’une infection soudaine et grave. Josh Dean est le deuxième lanceur d’alerte lié à Boeing à mourir au cours des deux derniers mois, alors que l'entreprise fait l'objet d'une surveillance accrue[15],[16],[17],[18].

Lien externe

Références

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