Stanislas du Lac

jésuite et fondateur de l'action catholique de la jeunesse française From Wikipedia, the free encyclopedia

Le père Stanislas du Lac (de son nom complet Stanislas du Lac de Fugères), né à Paris le et décédé dans la même ville le , est un prêtre jésuite français, directeur du lycée privé Sainte-Geneviève. Son nom est souvent lié à l'affaire des fiches.

Nom de naissance
Stanislas Paul Maurice Marie du Lac de Fugères
Nationalité
française
Faits en bref Recteur Lycée Sainte-Geneviève, 1871-1880 ...
Stanislas du Lac
Le père Stanislas du Lac
Fonction
Recteur
Lycée Sainte-Geneviève
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Stanislas Paul Maurice Marie du Lac de Fugères
Nationalité
française
Activités
Autres informations
Ordre religieux
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Biographie

Origine

De par son père, Louis Paul Albert du Lac de Fugères, le père du Lac appartenait à une famille aristocratique. Sa mère était Camille de Rouvroy de Lamairie. Entré au noviciat de la Compagnie de Jésus à Issenheim en Alsace, le , il travailla d'abord au collège Saint-François-Xavier, de Vannes, où il fut notamment le maître d'étude du jeune Octave Mirbeau, qui dans son roman autobiographique "Sébastien Roch"[1] le prit pour modèle pour son personnage de fiction, le Père de Kern. Plus tard il étudia la théologie au théologat jésuite de Laval jusqu'en 1869. Il fut ordonné prêtre le par Casimir Wicart.

Enseignement

L'été suivant en 1870, il est nommé recteur du nouveau collège Sainte-Croix du Mans où, pendant la Guerre franco-allemande de 1870, il organise un service hospitalier efficace. Pendant les dix mois de son rectorat au Mans, vingt-deux mille soldats sont ainsi passés dans son collège.

En , il succède au père Léon Ducoudray en tant que recteur du lycée privé Sainte-Geneviève, généralement appelée École des Postes, de 1871 à 1880, institution qui prépare les candidats aux grandes écoles militaires et scientifiques de France. Durant son rectorat, de 1872 à 1881, 213 de ses élèves furent admis à l'École Centrale, 328 à l'École polytechnique et 830 à Saint-Cyr.

Exil

En 1880, à la suite des décrets expulsant les congrégations religieuses, le père du Lac part en exil en Angleterre où il fonde un collège français, le "St.Mary's", à Canterbury. Il y reste 9 ans en tant que recteur.

Retour

Les vingt dernières années de sa vie se passent à Paris et à Versailles, comme prédicateur, directeur de conscience, et fondateur en 1892 du syndicat de l'Aiguille, un ensemble de sociétés de prêt et de bienfaisance pour les couturières, en particulier les jeunes filles petites mains de la mode (dites "midinettes").

Le père Stanislas du Lac meurt à Paris le [2].

Énigmatique personnage

Cet énigmatique personnage voit son nom revenir fréquemment dans les fiches et dans les écrits de l’époque. Confesseur d’Albert de Mun, du général de Boisdeffre, du journaliste Saint-Genest, ou encore de l'écrivain et journaliste d'extrême droite Édouard Drumont[3], il est mêlé malgré lui à l’affaire Dreyfus et attise la haine des radicaux.

Il est considéré comme le responsable de l’avancement dans les écoles militaires. Le capitaine Henri Mollin nomme à plusieurs reprises le père du Lac qui selon lui « exerça une véritable dictature sur les commissions » et « présidait à la confection des tableaux d’avancement et des tableaux de concours ». Un manifeste du Grand Orient de France affirme qu’au sein de l’armée aucune décision n’était prise « sans avoir demandé, préalablement, les instructions du jésuite Du Lac ou des représentants du Pape italien. » Anatole France n’échappe pas à cette phobie en parlant des intrigues menées par le jésuite et de l’annuaire militaire sur sa table de nuit dans la préface de Une campagne laïque d'Émile Combes, en 1904. Enfin, Robert Nanteuil, dans son dossier Jean Guyot de Villeneuve, nomme ce conspirateur et explique que même après l’affaire des fiches, en 1905, « c’est l’ombre railleuse du père du Lac qui inspire encore ceux qui élaborent les tableaux d’avancement ».

Adrien Dansette indique pourtant que « en réalité, le Père du Lac, le moins mystérieux des hommes et fort peu doué pour le rôle que lui prête la légende vite répandue, ne jouit même pas d’une autorité particulière au sein de son Ordre ». Albert de Mun dénonce quant à lui l’idée toute faite d’une mainmise sur l’armée par l’enseignement congréganiste et montre qu’un dixième seulement des élèves des écoles militaires provient de la rue des Postes. De même, en 1898, selon Dansette, et en dépit de la déclaration du général Billot, l’état-major général n’a rien d’une « jésuitière » puisque les élèves de l’école ne représentent qu’un septième des officiers. L’absence d’élèves des jésuites dans l’état-major particulier de Boisdeffre, chez les généraux et les juges de l’affaire Dreyfus, n’empêche pas les radicaux de voir dans l’Affaire un coup monté par les Jésuites.

Le père Stanislas du Lac a par ailleurs entretenu, pendant des années, une importante correspondance avec Édouard Drumont, dont il a été le confesseur et avec lequel ses relations ont alterné des hauts et des bas. Le père du Lac a plusieurs fois manifesté sa désapprobation quant à certaines positions outrancières du polémiste, dont il ne semblait pas partager les opinions antisémites[3]. Il aurait néanmoins incité Drumont à rédiger La France juive et contribué à en financer la réalisation, ainsi que le journal antisémite La Libre Parole.

Publications

  • France (Paris, 1888), qui décrit vivement les relations affectueuses entre le Recteur de St. Mary, Canterbury, et ses garçons français[Quoi ?]
  • Jésuites, Paris, Plon-Nourrit, , 408 p. (lire en ligne)

Références

Voir aussi

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