Substack
plateforme de publication en ligne de lettres d'informations
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Substack est une plateforme en ligne américaine lancée en 2017 qui fournit une infrastructure de publication, de paiement, d'analyse et de conception pour prendre en charge des lettres d'information fonctionnant par abonnement[3].
| Adresse | substack.com |
|---|---|
| Description | Plate-forme d'autoédition diffusant des infolettres sur abonnement |
| Commercial | oui |
| Écrit en | JavaScript, Ruby[1] |
| Publicité | non |
| Langue | multilingue |
| Inscription | facultative et gratuite, des contenus sont payants |
| Siège social | San Francisco |
| Propriétaire | Substack Inc. |
| Lancement | |
| Revenus | 9 millions de dollars (2021)[2] |
| modifier |
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La plateforme est disponible en ligne ou dans l'application mobile iOS et permet de créer, lire ou réagir à des lettres d'informations[4].
Histoire

Substack est fondé en 2017 par Chris Best, Jairaj Sethi et Hamish McKenzie. Chris Best et Jairaj Sethi avaient travaillé ensemble au préalable sur un autre projet, Kik, une application de messagerie instantanée similaire à Whatsapp. De son côté, Hamish McKenzie est journaliste[5]. Substack se présente comme un outil permettant de pallier les problèmes du monde journalistique confronté aux réseaux sociaux et à leurs algorithmes ; l'entreprise assure ne pas être un média mais une simple plateforme technologique[6]. Les internautes peuvent s'abonner à des lettres d'information payantes, et Substack empoche une commission de 10% sur les revenus ainsi générés tandis que les auteurs et autrices touchent le reste[7]. Le site développe ainsi un outil similaire à des outils préexistants tels que TinyLetter, Lede ou encore Ghost (qui n'est pas commercial)[8].
Début 2021, l'entreprise lance le programme Substack Pro, qui offre un financement substantiel à des auteurs potentiels (jusqu'à 250 000 dollars) afin de les inciter à quitter leur emploi pour se consacrer à la rédaction de lettres d'information sur Substack[9]. Le même programme offre à certains auteurs l'accès à des correcteurs, à une assurance de santé et à un programme de protection juridique[7].
Fin 2021, Substack compte environ 500 000 utilisateurs payants abonnés à des lettres d'information, et compte des figures telles que le lanceur d'alerte Edward Snowden, le rockeur Jeff Tweedy et la chroniqueuse culinaire Emily Nunn[5]. Le site attire des journalistes et des écrivains[7]. À cette même période, les dix comptes les plus populaires gagnent au total environ 7 millions de dollars américains[5]. Substack atteint alors une valorisation en bourse de 650 millions de dollars[10].
En 2023, Substack affirme compter environ 2 millions d'abonnements payants[10].
À partir de 2023, le site se dote de fonctionnalités similaires à celles d'un réseau social : la fonctionnalité Notes qui permet de poster messages et commentaires publics en incluant images ou vidéos ou d'inclure ces médias dans un article[11], puis des messages privés en 2024[12]. Courant 2024, le site passe un partenariat avec Spotify afin que les podcasteurs de Substack puissent diffuser leurs podcasts sur Spotify[13]. La fonctionnalité Chat crée une communauté réservée aux abonnés d'un compte, et qui permet à partir de 2024 de diffuser des vidéos[14]. En août 2024, Substack permet désormais à n'importe qui de publier, même sans avoir créé une lettre d'information[15].
Une fonctionnalité de diffusion en direct sur Internet de vidéos est ajoutée en janvier 2025, sur le modèle de ce qui se fait sur d'autres réseaux comme TikTok et Instagram[16].
Substack lance le Creator Accelerator Fund, un nouveau programme d'aide au financement de nouveaux auteurs, en janvier 2025, avec des fonds s'élevant à 20 millions de dollars, dans le but d'attirer des auteurs en provenance de plateformes concurrentes telles que Patreon ou Supercast et de réseaux comme TikTok et Instagram[17].
En juillet 2025, Substack réalise une levée de fonds d'environ 100 millions de dollars, qui proviennent d'investisseurs tels que BOND, The Chernin Group (TCG Capital Management, LP), avec notamment des participations d'Andreessen Horowitz, de Rich Paul (fondateur et PDG de Klutch Sports Group) et de Jens Grede (co-fondateur et PDG de Skims)[10]. À cette période, l'entreprise affirmer compter environ 5 millions d'abonnements payants[10].
Une fonctionnalité de vérification d'identité employant les technologies Persona et Paravision est mise en place pour les usagers au Royaume-Uni et en Australie et annoncée par Substack en décembre 2025[18].
Le site est affecté par une fuite de données concernant les adresses email et les numéros de téléphone de ses utilisateurs en octobre 2025, piratage que l'entreprise confirme en février 2026[19].
Critiques
Opacité du programme Substack Pro
En mars 2021, lors du lancement du programme Substack Pro qui propose des aides financières et divers avantages à certains auteurs pour les inciter à se consacrer à plein temps à Substack, l'offre suscite des accusations d'opacité financière, car Substack ne dit pas quels auteurs bénéficient de ce programme et peuvent donc se trouver en conflit d'intérêt au moment d'émettre des avis au sujet de Substack[9].
Diffusion de discours de haine et de théories du complot
En 2020, durant les débuts de la pandémie de covid-19, les réseaux comme Facebook, Youtube et Twitter prennent des mesures pour lutter contre la désinformation et les théories du complot au sujet de la pandémie. Certains comptes diffusant de fausses informations sur ce sujet déménagent alors vers Substack, notamment ceux des hommes d'affaires complotistes Joseph Mercola et Steve Bannon[20].
En janvier 2022, le Center for Countering Digital Hate, une organisation non gouvernementale britannique luttant contre les discours de haine sur Internet, accuse Substack de tirer des profits substantiels en hébergeant des contenus qui menaçaient la santé publique, notamment des discours antivaccins Le Centre estime à ce moment que Substack gagne plus de 2,5 millions de dollars américains par an rien qu'avec les cinq comptes antivax les plus consultés[20]. Les trois fondateurs de Substack répondent que le site a une politique consistant à limiter au maximum la censure de contenus[21].
En novembre 2023, Substack essuie une vague de critiques parce que la plate-forme héberge du contenu nazi, antisémite et relevant du suprémacisme blanc. Plus de 100 créateurs de contenu, rejoints par d'autres jusqu'à être près de 250, dénoncent cela dans une lettre ouverte et menacent de quitter Substack[22],[23].Le PDG de Substack, Hamish MacKenzie, refuse en arguant que tenter de supprimer ces contenus ne ferait qu'aggraver le problème[24]. Des créateurs tels que le bloggeur informatique Casey Newton et les journalistes Molly White et Ryan Broderick quittent le site en conséquence[25]. En janvier 2024, dans le magazine américain The Atlantic, Jonathan M. Katz estime que Substack « a un problème de nazisme » à cause de sa modération laxiste[26]. Dans le même magazine, Jacob Stern déplore le fait qu'en dépit des plaintes des internautes, le site « était une bombe à retardement » en termes de problèmes de modération qui a permis à des contenus explicitement nazis, néo-confédérés ou suprémacistes blancs de proliférer[23]. Le débat médiatique autour de ces problèmes entraîne ue vague de départs[27].
En février 2026, le quotidien britannique The Guardian publie une enquête montrant que Substack tire des profits de ces contenus, y compris des contenus négationnistes et complotistes, et démontrant que l'algorithme du site promeut ces contenus ; Substack indique ne pas souhaiter répondre[28].