Suite Binant
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La suite Binant (Scènes de la vie civile et militaire) est une série de tableaux commandée par le marchand de couleurs parisien Alfred Binant (1822-1904) au lendemain du siège de Paris (1870-1871). Elle comprend 36 peintures à l'huile grand format exécutées par treize artistes, constituant un précieux témoignage sur la guerre franco-prussienne et la Commune de Paris. Exposées en 1872, seules treize œuvres ont été retrouvées à ce jour, conservées au Musée Carnavalet.
Scènes de la vie civile et militaire
| Date | |
|---|---|
| Type |
Huiles sur toile |
| Localisation |
En juin 2017, les 36 exemplaires modello ont été découverts à Digne-les-Bains, dans les réserves du musée Gassendi.
Histoire




En janvier 1871, Louis Alfred Binant[1], marchand de tableaux et de fournitures (papiers, crayons, peintures, etc.) pour les peintres à Paris, ayant boutiques rue de Cléry et boulevard Rochechouart (actuel boulevard Marguerite-de-Rochechouart) [2], commande à treize artistes 36 huiles sur toile de grand format — certaines font deux mètres sur quatre —, pour documenter le siège de Paris. Il veut ainsi faire, selon lui, « œuvre de mémoire, car ni le livre si bien informé soit-il, ni la gravure, ne parlent aux yeux et par conséquent à l'esprit aussi nettement qu'une peinture ». Les tableaux sont présentés de novembre 1871 à février 1872 chez Durand-Ruel[3], rue Le Peletier, sous le titre Le Siège de Paris 1870-71. Exposition des peintures des épisodes civils et militaires de la défense. En septembre 1898, Binant lègue les 36 peintures et le livret détaillant chaque toile à la ville de Paris. Actuellement, s'il n'en reste que treize, toutes conservées au musée Carnavalet, il n'existe aucune certitude sur le sort des vingt-trois autres toiles, portées disparues[4],[5]. Les dites treize toiles rentrèrent officiellement à Carnavalet en février 1914, les autres demeurèrent dans les réserves du Petit Palais, où, dit-on, elles auraient été détruites durant l'Occupation (1940-1944), sans qu'aucune preuve matérielle ne vienne attester ce fait[3].
Conservatrice au musée d'Art et d'Histoire Paul Éluard de Saint-Denis, Sylvie Gonzalez a tenté de les retrouver ; en juin 2017, les 36 exemplaires modello, c'est-à-dire, les miniatures au format 22 sur 35 cm, ayant servi de maquette préparatoire, sont localisés dans les réserves du musée Gassendi de Digne-les-Bains. L'ensemble, qui avait été acquis par ce musée en 1900 par le biais de Binant, est restauré grâce aux efforts de la conservatrice Nadine Gomez, puis confié en 2019 à la garde du musée d'art et d'histoire de Saint-Denis qui possède un fonds important sur la Commune de Paris[4].
Artistes commandités
La plupart de ces artistes travaillèrent en société sur différentes toiles en même temps. Le plus âgé de tous, Jacques Guiaud, collaborant à 27 toiles, il semble avoir été aussi le plus actif[3].
- Georges Bellenger
- Émile-Henri Brunner-Lacoste
- Auguste Carliez
- Eugène Carpezat
- Jules Didier
- Alfred Decaen
- Armand-Dumaresq
- Henri-Louis Dupray
- Henri Germain (1842-1898 ?)
- Jacques Guiaud
- Georges-François Guiaud fils (1840-1893 ?)
- Aubin Hervier (1851-1905 ?)
- Émile-Henri Laporte
Liste des toiles
Avant la redécouverte des modellos, la totalité des peintures nous était connue grâce à l'album d'Armand Dayot, intitulé L’Invasion ; le Siège de 1870 d’après des peintures, gravures, photographies, sculptures, médailles autographes, objets du temps ; suivi de La Commune 1871, édité chez Ernest Flammarion en 1902, et qui contient des reproductions photographiques[3].
- Le Palais du corps législatif après la dernière séance
- Ovation à la statue de la ville de Strasbourg
- Le Viaduc du Point-du-Jour
- Rentrée dans Paris des habitants de la banlieue
- Marche de l'armée prussienne sur Paris
- L'Artillerie campée dans le jardin des Tuileries
- Départ de M. Gambetta sur le ballon "L'Armand-Barbès"
- Combat de Châtillon, offensive de l'artillerie
- Attaque du village de Bagneux
- Le roi Guillaume à Versailles
- Maraudeurs de légumes rentrant dans Paris
- Les enrôlements de volontaires sur la place du Panthéon
- Combat de Rueil et de La Malmaison
- Envahissement de l'Hôtel-de-Ville par les bataillons de Belleville
- La Queue à la porte d'une épicerie [Félix Potin]
- Une séance au club Valentino
- Les pigeons messagers
- Transcription des dépêches à la télégraphie centrale
- Le Bastion Quarante armé de la Joséphine
- Prise et occupation du plateau d'Avron
- Les ambulances de la presse à Joinville-le-Pont
- Débarquement des blessés de Champigny quai de La Mégisserie
- Les fusiliers marins à l'attaque du Bourget
- Réunion du bataillons de marche sur la place du nouvel opéra
- Une garde aux remparts
- Habitants de la rive gauche fuyant le bombardement
- Famille réfugiée dans une cave pendant le bombardement
- Le Pensionnat des frères de Saint-Nicolas rue de Vaugirard
- Une cantine municipale
- Une boucherie municipale
- Un chantier de bois à brûler
- Prise de la redoute de Montretout
- La Mairie Drouot, lecture d'une dépêche
- Délivrance des prisonniers de Mazas par les émeutiers
- Émeute du 22 janvier, fusillade place de l'Hôtel-de-Ville
- Bombardement du fort de la Briche