Suzume

film réalisé par Makoto Shinkai et sorti en 2022 From Wikipedia, the free encyclopedia

Suzume (すずめの戸締まり, Suzume no tojimari?, littéralement « Le verrouillage [de la porte] par Suzume ») est un film d'animation japonais produit par le studio CoMix Wave Films. Réalisé par Makoto Shinkai, il est sorti en 2022[1].

Réalisateur
Scénariste
Studio d’animation CoMix Wave Films
Faits en bref Genres, Réalisateur ...
Suzume
Image illustrative de l'article Suzume
Logo original du film.
すずめの戸締まり
(Suzume no tojimari)
Genres Animation, aventure,
drame, fantastique
Film d'animation japonais
Réalisateur
Scénariste
Studio d’animation CoMix Wave Films
Compositeur
Radwimps
Kazuma Jinnouchi
Licence (ja) Toho
(fr) Eurozoom
Durée 122 min
Sortie
Manga
Cible
éditoriale
Shōnen
Scénariste Makoto Shinkai
Dessinateur Amashima Denki
Éditeur (ja) Kodansha
(fr) Pika
Prépublication Drapeau du Japon afternoon
Sortie initiale
Volumes 3
Fermer

L'histoire s'inspire du séisme de Tōhoku de 2011 et vient clore une trilogie informelle de films du réalisateur Makoto Shinkai explorant les catastrophes naturelles, initiée avec Your Name (2016) centré sur une météorite et poursuivie avec Les Enfants du temps (2019) qui aborde le réchauffement climatique[2].

Le film suit Suzume Iwato, une lycéenne de 17 ans, et Sōta Munakata, un mystérieux jeune homme, qui unissent leurs forces pour empêcher une série de catastrophes naturelles à travers le Japon. Ensemble, ils doivent sceller des portes surnaturelles à travers lesquelles un ver colossal, source de puissants tremblements de terre, menace d'être libéré à plusieurs reprises. Ce périple, qui les conduit à travers plusieurs préfectures du pays, prend la forme d'un road movie mêlant aventure, fantastique et émotion.

Synopsis

Suzume Iwato, une lycéenne de 17 ans qui vit avec sa tante Tamaki dans la ville portuaire de Miyazaki, fait un cauchemar récurrent dans lequel elle erre enfant dans un paysage dévasté à la recherche de sa mère. Un matin, sur le chemin du lycée, elle croise un jeune homme, Sōta Munakata, qui dit chercher des ruines contenant une porte. Elle lui indique l'existence d'un ancien complexe thermal non loin ; par la suite, intriguée, elle s'y rend elle-même et découvre une porte solitaire menant sur un autre monde, une vaste plaine sous un ciel étoilé. Incapable d'y entrer, elle libère par inadvertance une stèle qui se transforme en chat : celui-ci prend vie et s'enfuit.

Peu après, un tremblement de terre secoue la région. Suzume, seule à voir une immense colonne de fumée s'élever depuis le complexe thermal, regagne les lieux. Elle y retrouve Sōta, qui tente de refermer la porte dont s'échappe la colonne  qui est en réalité un ver surnaturel. Ensemble, ils parviennent à sceller le portail, prévenant ainsi une catastrophe. Sōta s'étant blessé durant l'opération, Suzume le conduit chez elle pour le soigner : il lui révèle qu'il est un « Verrouilleur », chargé d'empêcher que le ver, source de séismes, n'émerge de failles dissimulées dans des lieux abandonnés (les « Portes »).

Le duo est retrouvé par le chat, surnommé Daijin[note 1] : par un tour de magie, il enferme l'esprit de Sōta dans une chaise d'enfant à trois pieds, un objet construit autrefois par la mère de Suzume. L'animal s'échappe aussitôt : à sa suite, Suzume et la chaise-Sōta entament une course-poursuite à travers le Japon, au cours de laquelle Daijin se dirige vers de nouvelles Portes qui s'ouvrent et menacent d'autres régions. À Ehime, le duo est aidé par Chika, une lycéenne énergique, et verrouille une Porte dans un collège désaffecté. À Kobe, ils trouvent refuge chez Rumi, une mère de famille, avant de découvrir une Porte dans un parc d'attractions abandonné. À chaque étape, Suzume joue un rôle croissant dans la fermeture des Portes, entendant les voix des anciens habitants et prononçant la formule rituelle « okaeshi shimasu » (expression de gratitude signifiant « je vous rends la pareille »[note 2]).

Arrivée à Tokyo avec la chaise-Sōta, Suzume apprend que deux « pierres de voûte » (kaname-ishi (en)) sont nécessaires pour maintenir le ver scellé sous terre : l'une d'elles était Daijin, qui ne remplit désormais plus son rôle, et l'autre ne pourra retenir le ver à elle seule. De fait, celui-ci se libère soudain et surgit d'un tunnel sous une forme gigantesque, susceptible d'entraîner un cataclysme comparable au séisme de 1923 du Kantō. Alors qu'il tente de le maîtriser, le duo prend conscience qu'en enfermant Sōta dans la chaise, Daijin lui a transmis son statut de pierre de voûte : Sōta se change alors lui-même en stèle. Pour sauver la ville, Suzume est contrainte de le sacrifier en le plantant dans le corps du ver pour le sceller. Il disparaît alors dans le « monde éternel », ou Tokoyo (en), le royaume des morts.

Refusant de perdre Sōta, Suzume apprend auprès du grand-père de celui-ci, également Verrouilleur, que pour le chercher dans le Tokoyo, elle ne peut utiliser que la première Porte qu'elle ait empruntée au cours de sa vie. Fouillant dans sa mémoire, elle se rend compte qu'elle a déjà franchi une Porte enfant, dans sa ville natale du Tōhoku, le jour où elle a perdu sa mère lors du séisme de 2011. Accompagnée de Daijin, de Sadaijin (la seconde pierre de voûte, qui les accompagne sous la forme d'un grand chat noir) et de sa tante Tamaki, elle se rend sur les lieux, retrouve la Porte en question et pénètre dans le Tokoyo, où s'agite toujours le ver. Tandis que Sadaijin combat ce dernier, Suzume libère Sōta de son état de stèle, ce qui le dissocie également de la chaise et lui rend sa forme humaine. Daijin, comprenant la gravité de la situation, reprend son rôle de pierre de voûte et se sacrifie pour contenir de nouveau le ver.

Une fois le calme revenu, Suzume aperçoit, errant dans la plaine du monde éternel, l'enfant en larmes qu'elle était douze ans plus tôt. Elle comprend que la silhouette qu'elle poursuivait dans ses rêves n'était pas sa mère, mais elle-même, venant de vaincre le monstre. Elle remet à l'enfant sa chaise et lui assure, en tant que « Suzume de demain », qu'elle doit dépasser sa tristesse présente car son avenir vaudra la peine d'être vécu. La petite Suzume repart alors avec sa chaise par la Porte d'où elle est venue ; la Suzume lycéenne l'emprunte à son tour pour quitter le Tokoyo avec Sōta, avant de la verrouiller en déclarant « au revoir et à bientôt » (ittekimasu, littéralement « je pars, mais je reviendrai »).

De retour à une vie normale, Suzume retrouve Sōta sur le chemin du lycée, l'endroit même où ils s'étaient rencontrés. Elle l'accueille en souriant et lui déclare « okaeri » bon retour à la maison »).

Terminologie

Porte

Les Portes  (tobira?)  apparaissent dans des lieux abandonnés où toute trace d'activité humaine a soudainement disparu. Elles prennent généralement la forme d'encadrements architecturaux (portails, portes d'entrée ou passages délabrés), mais ce qui les rend actives, c'est leur lien avec le monde éternel, le Tokoyo (en) (cf. infra). Ces Portes servent d'entrée à un ver surnaturel, incarnation du chaos sismique. Leur fermeture empêche la survenue de catastrophes naturelles. Sōta Munakata, issu d'une lignée de « Verrouilleurs » (Tojimari), parcourt le Japon pour localiser et sceller ces portails, un rituel qui nécessite la récitation d'une prière et l'usage d'une « pierre de voûte » (cf. infra).

La chaise de Suzume

C'est une petite chaise en bois, fabriqué artisanalement par la mère de Suzume, Tsubame, pour son anniversaire. Malgré sa taille modeste et son pied manquant, elle symbolise la mémoire, le lien familial et la résilience. Lorsqu'une malédiction lancée par Daijin enferme l'esprit de Sōta dans cette chaise animée, cet objet devient un compagnon de route à travers le Japon. Plus tard, après que Sōta est devenu lui-même une « pierre de voûte » (cf. infra), Suzume est contrainte de le planter dans le sol pour sauver Tokyo. Dans une scène poignante, elle confie finalement cette chaise à l'enfant qu'elle a été, perdue dans le Tokoyo (cf. infra), accomplissant ainsi un geste de transmission et de guérison symbolique.

Pierre de voûte

Les pierres de voûte  要石 (kaname-ishi?), littéralement « Pierre essentielle » , souvent en forme de stèles, sont utilisées pour sceller les Portes menant au Tokoyo (cf. infra) et empêcher les désastres. Elles sont enfouies ou fixées dans des lieux stratégiques à travers le Japon et changent d'emplacement au fil des époques. Au début du film, Suzume retire par inadvertance la pierre de voûte de l'Ouest, libérant le ver et l'esprit Daijin. Par la suite, ce dernier transmet son rôle de pierre de voûte à Sōta, le transformant en objet sacrificiel. Les deux pierres de voûte, Daijin (Ouest) et Sadaijin (Est), sont indispensables pour contenir le ver dans les dernières scènes du film.

Le ver

Entité gigantesque, rouge-noir et serpentine, le ver  ミミズ (mimizu?)  est une manifestation surnaturelle annonciatrice de tremblements de terre. Il s'échappe du Tokoyo (cf. infra) par les Portes abandonnées, se dresse vers le ciel dans un mouvement spiralé, puis s'effondre violemment vers le sol à cause des fils dorés qui le retiennent à la Terre, déclenchant des séismes. Invisible pour la plupart des humains, il peut être perçu par les Verrouilleurs, les humains ayant déjà franchi une Porte dans leur vie  comme Suzume  et les animaux. Il apparaît successivement à Miyazaki, Ehime, Kobe et Tokyo, avant d'être enfermé définitivement dans le Tokoyo grâce au sacrifice conjoint de Daijin et Sadaijin.

Tokoyo

Le Tokoyo (常世), appelé « monde éternel » dans la version française, est un monde parallèle réservé aux âmes des morts. Inaccessible en temps normal, il se trouve au-delà des Portes. On n'y pénètre que par la première Porte qu'on a empruntée pour s'y rendre, comme c'est le cas pour Suzume enfant lors du séisme de 2011, et son apparence varie selon la personne qui l'observe. Pour Suzume, le Tokoyo prend la forme d'un champ infini sous un ciel étoilé, où toutes les saisons et toutes les époques semblent coexister. C'est là que réside le ver et que les pierres de voûte doivent être plantées pour maintenir l'équilibre du monde des vivants.

Les trésors de Suzume

Les trésors de Suzume  すずめのだいじ (Suzume no daiji?)  sont des souvenirs d'enfance placés par Suzume dans une boîte métallique : un journal intime, des jouets et des objets de sa vie passée. Enterrée près des ruines de sa maison natale dans le Tōhoku, la boîte symbolise son passé brisé par la catastrophe du . Les pages du journal s'interrompent brutalement après cette date du , marquées par des gribouillis noirs, témoins du traumatisme qu'elle a subi.

Fiche technique

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Distribution

Voix originales

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Voix françaises

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  • Lévanah Solomon : Suzume Iwato[4]
    • Diane Darrasse : Suzume jeune
  • Benjamin Jungers : Sōta Munakata
  • Marie Giraudon : Tamaki Iwato
  • Clément Moreau : Tomoya Serizawa
  • Césarée Genêt-Bonnet : Daijin
  • Lana Ropion : Chika Amabe
  • Marie Bouvier : Rumi Ninomiya
  • Jean Rieffel : Minoru Okabe
  • Laure Filiu : Miki
  • Igor de Savitch : Hitsujirō Munakata

Production

Genèse et développement

Le film est produit par le studio CoMix Wave Films et réalisé par Makoto Shinkai. La conception des personnages est l'œuvre de Masayoshi Tanaka, l'animation est dirigée par Kenichi Tsuchiya et la direction artistique donnée par Takumi Tanji[1],[5].

Une phase de planification du projet a d'abord lieu entre janvier et . Ensuite, entre avril et août de la même année, le studio se consacre à l'écriture des scripts, puis aux storyboards entre et . La production de l'animation commence en [6],[7].

Animation

Comme pour les autres films de Makoto Shinkai, les personnages et les arrière-plans sont dessinés à la main en 2D, puis complétés par de l'animation 3D. Dans ce film, un effort particulier est effectué sur les couleurs et l'éclairage. Au lieu d'utiliser les trois palettes habituelles  matin, journée et nuit , chacune des 2 000 scènes du film est travaillée individuellement pour s'approcher des petites variations observées au moindre mouvement dans la réalité[8].

Attribution des voix

Une Japonaise habillée en blanc et un homme avec des lunettes rondes habillé en costume
Nanoka Hara (gauche) et Makoto Shinkai (droite) à la Berlinale 2023.

L'héroïne, Suzume, est doublée par l'actrice Nanoka Hara, tandis que Sōta Munakata est doublé par l'idol Hokuto Matsumura. Tous deux réalisant leurs débuts en tant que doubleurs avec ce rôle. Nanoka Hara est sélectionnée parmi 1 700 candidates[9].

Musique

La composition des musiques de la série est réalisée par Radwimps (voir Suzume (album) (en)), qui a déjà travaillé sur Your Name. et Les Enfants du Temps, deux autres films réalisés par Makoto Shinkai, en collaboration avec le compositeur japonais Kazuma Jinnouchi. Le thème musical du film, Suzume, est quant à lui interprété par la TikTokeuse Toaka[3].

Postproduction

La production est officiellement terminée le [10].

Accueil

Sortie et promotion

Médias externes
Images
Affiche du film, France sur la site Allociné
Affiche du film, Japon sur le site Allociné
Vidéos
Bande-annonce officielle, France sur le compte YouTube de Crunchyroll Fr

Le , les douze premières minutes du film sont diffusées sur la chaîne de télévision japonaise ntv[10]. Au Japon, le long-métrage sort en salle près d'un mois plus tard, le [7]. Dès minuit, onze cinémas de l'archipel ont le privilège de débuter les projections. Par ailleurs, les spectateurs des salles japonaises peuvent demander un livret exclusif sur le film, intitulé « Shinkai Makoto Hon », contenant « une interview du réalisateur, ses premières idées pour le film, ainsi que pour Les Enfants du temps et Your Name. ; et un entretien entre Shinkai et les comédiens de doublage Nanoka Hara et Hokuto Matsumura »[11].

Début , Crunchyroll, Sony Interactive Entertainment, Wild Bunch et Eurozoom annoncent la diffusion du film d'animation dans les salles de cinémas (hors Asie) pour le printemps 2023, entre le (France, Malte) et le (Belgique, Canada, etc.)[12]. Tous les pays éligibles à la diffusion du long-métrage n'ont pas été confirmés. Les quatre sociétés se sont réparti les zones de diffusions : Crunchyroll s'occupe par exemple de l'Amérique du Nord et s'associe aux autres pour la diffusion en Europe francophone et germanophone[12]. En France, ce sont Crunchyroll et Eurozoom qui distribuent le film sur l'ensemble du territoire[13].

Accueil critique

Faits en bref Site, Note ...
Suzume
Score cumulé
SiteNote
Allociné 3,8/5 étoiles
Filmweb 7,6/10 étoiles
Internet Movie Database 7,6/10 étoiles
The Movie Database 79%
Compilation des critiques
PériodiqueNote
Écran Large 4/5 étoiles
Première 5/5 étoiles
IGN France 7/10 étoiles
Le Journal du geek 3,5/5 étoiles
Fermer

En France, le site Allociné propose une moyenne de 3,85, fondée sur 29 critiques de presse[14].

Pour Sylvestre Picard (Première), « Suzume est avant toute chose un fabuleux road trip adolescent ». Le critique salue la « vraie leçon de cinéma » donnée par le réalisateur qui ne se retrouve pas piégé par son scénario, mais au contraire « surfe » sur l'idée de base. « De la même façon, Suzume désamorce la hantise de la destruction, qui n'est plus vue comme un châtiment ». Le critique estime que le film permet à son réalisateur de dépasser définitivement son précédent Your Name. pour se réinventer totalement, en racontant « quelque chose de très compliqué de la façon la plus simple qui soit »[15].

« En fin de compte, Suzume se suffit à lui-même et n'a pas besoin de nos longs commentaires alambiqués : le film affirme tout simplement que la force créatrice est autant question de création que de destruction. Autant nigimitama qu'aramitama. »[15]

 Sylvestre Picard

Déborah Lechner (Écran Large) s'est montrée très enthousiaste à l'égard du long-métrage, et résume sa critique ainsi : « Si Your Name. a tout de l'œuvre matricielle de Makoto Shinkai, Suzume est, dans la continuité, un aboutissement plus lumineux, qui laisse entrevoir un renouveau artistique qu'on a déjà hâte de découvrir. »[16].

Erwan Lafleuriel (IGN France), y voit un bon film. Il résume sa critique ainsi : « N'oublions pas que nous allons mourir. En attendant, on peut passer un bon moment au cinéma avec le dernier Makoto Shinkai, toujours aussi beau visuellement, et soufflant un vent de liberté qui charrie toute la tendresse pour un peuple et son pays. »[17].

Pour Arthur Nicolle (Le Journal du Geek), « Sans être un chef-d'œuvre inégalé, Suzume est une belle surprise qu'il serait dommage de rater. Makoto Shinkai est un expert de la corde sensible et propose un voyage onirique doublé d'un beau récit de passage à l'âge adulte qui nous touche en plein cœur. »[18].

Box-office

Davantage d’informations Pays ou région, Box-office ...
Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau de la France France 543 466 entrées[19] 16 août 2023 17
Drapeau du Japon Japon 109 682 979 $[20] en cours en cours
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
10 725 161 $[20] en cours en cours
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 24 074 897 entrées[19] n/a n/a
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 5 484 725 entrées[19] n/a n/a
Monde Total mondial +174 129 053, USD[20] n/a n/a
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Japon

La semaine de sa sortie, Suzume ravit la première place du box-office japonais à One Piece Film: Red. Après trois jours de projection — le film sort le vendredi —, le film a réalisé 1,33 million d'entrées pour 1,88 milliard de yens générés, soit 38,7 % d'entrées et 47,4 % de bénéfices de plus que Your Name., autre film de Makoto Shinkai, sur la même période[21].

Après 87 jours d'exploitation, Suzume franchit la barre symbolique des 10 millions d'entrées au Japon, pour plus de quatre milliards de yens de recette. Le film est alors en 4e position du box-office de l'année et devient le « 22e film le plus lucratif du Japon, et le 10e film d'animation le plus lucratif de tous les temps au Japon. » ; il parvient à égaler les records déjà établis par Les Enfants du temps et Your Name., précédents films du même réalisateur[21].

France

Pour son premier jour d'exploitation en France, Suzume a réalisé 44 210 entrées, dont 22 127 en avant-première, pour un total de 891 séances proposées[22]. En comptant pour ce premier jour les avant-premières, le film se positionne en troisième place du box-office des nouveautés pour sa journée de démarrage, derrière 10 jours sans maman (50 836) et devant Les Complices (12 106)[23].

Au bout d'une première semaine d'exploitation dans les salles françaises, le long-métrage totalise 181 032 entrées, pour une sixième place au box-office, derrière le drame français Je verrai toujours vos visages (199 416) et devant Sur les chemins noirs (108 694)[24]. À l'issue de sa deuxième semaine, le long-métrage d'animation passe en huitième place du box-office français avec 128 662 entrées supplémentaires, derrière Je verrai toujours vos visages (166 148) et devant Le Royaume de Naya (92 831)[25].

Un mois et demi après sa sortie, le film atteint les 500 000 entrées en France, soit deux fois plus que Your Name., et est un record pour Makoto Shinkai[26].

Chine

Après 10 jours d'exploitation dans les salles chinoises, Suzume devient le plus gros succès de l'animation japonaise sur ce territoire, engrangeant plus de 11 milliards de yens, soit près de 80 millions de dollars américains. S'il est le plus gros succès japonais en termes d'animation, il reste à ce moment-là le second long-métrage japonais, toutes catégories confondues, ayant rencontré le plus de succès en Chine[27].

Au bout de trois semaines, le film dépasse les 105 millions de dollars américains pour 21,64 millions d'entrées sur le territoire de la Chine continentale[28].

Corée du Sud

En Corée, le film devient le plus rentable de l'année 2023 (dès la mi-avril), avec plus de 5 millions d'entrées et environ 39 millions de dollars de recette. Il est alors le film japonais ayant vendu le plus de tickets sur le territoire[29].

Distinctions

Autour du film

Idée d'une nouvelle romance entre les personnages

Une chaise pour enfant jaune à trois pieds
La chaise avec laquelle Suzume vit une histoire d'amour.

L'histoire devait initialement être celle de deux filles voyageant ensemble sur fond de romance homosexuelle, et non celle de deux personnages de sexes opposés. Makoto Shinkai se dit « fatigué des romances classiques entre un garçon et une fille et estime en avoir fait le tour avec Your Name. ». Toutefois, son producteur refuse, arguant que l'audience japonaise n'est pas prête pour un tel scénario. Contraint de modifier son histoire, Makoto décide de changer l'histoire en un voyage d'une fille et d'une chaise, afin de rester suffisamment éloigné d'une romance classique[8],[34],[35].

Un film inspiré par les séismes de 2011

Le film se déroule dans un Japon hanté par le souvenir du séisme subi en 2011, catastrophe naturelle ayant fait près de 19 000 morts et provoqué l'accident nucléaire de Fukushima. La protagoniste, Suzume, est elle-même une survivante de ce drame : elle a perdu sa mère lors du séisme et vit depuis avec sa tante. Pour Makoto Shinkai, ce film représente une tentative de faire face à ce traumatisme collectif à travers la fiction.

Dans une interview accordée au magazine Pen, le réalisateur revient sur la manière dont cet événement a bouleversé sa perception du monde :

« En 2011, j'ai vécu le séisme de la côte Pacifique du Tōhoku, et cela a été un choc si fort que j'ai eu l'impression que moi-même et le monde avions été complètement réécrits. J'ai ressenti que la société japonaise elle-même avait changé, et que l'endroit sur lequel je me tiens pouvait disparaître facilement, à tout moment[36]. »

Ce sentiment d'instabilité et de perte imprègne toute la narration de Suzume. Le film transpose ce traumatisme dans une dimension symbolique : un ver colossal, issu du Tokoyo (en), un monde invisible réservé aux morts, tente de s'introduire dans le monde des vivants à travers des portes anciennes disséminées à travers le Japon. Chaque fois qu'il s'échappe, un tremblement de terre menace de se produire. La mission de Suzume et de Sōta est de refermer ces portes avant qu'un désastre ne survienne[37].

Certains survivants du séisme de 2011 ont exprimé leur gratitude envers Makoto Shinkai pour avoir abordé cet événement dans son film, tandis que d'autres lui reprochent de traiter un drame aussi marquant sous une forme destinée au divertissement[38]. Dans une interview, le réalisateur évoque la difficulté de représenter une telle tragédie sans raviver la douleur des personnes directement touchées. Il souligne que la fiction lui permet de transmettre des émotions indicibles  le choc, la peur, les souvenirs fragmentés ou encore les objets porteurs de mémoire, comme la chaise d'enfance que Suzume emporte avec elle. L'histoire devient ainsi un récit de deuil et de résilience, une manière de préserver une mémoire sensible tout en ouvrant un chemin vers la reconstruction.

Thème de la mère décédée

La mort des parents est un ressort tragique courant dans l'animation japonaise. Ce thème se retrouve dans Suzume, où la mort de la mère de Suzume, introduite dès le début du film, occupe une place importante dans l'histoire, bien que peu de scènes soient montrées. Suzume entretient un lien fort avec sa mère et souhaite suivre ses pas en devenant une infirmière comme elle. Elle hérite de sa mère une volonté de se sacrifier pour les autres, celle-ci ayant perdu la vie en partant aider les victimes du séisme. Ce désir est ce qui la motive à suivre Sōta à travers le Japon pour fermer les Portes[39].

Références au Studio Ghibli

Lors du voyage en voiture, les personnages écoutent la chanson du service de livraison Kiki issue du film Kiki la petite sorcière du Studio Ghibli[8].

Lorsque Sota et Suzume regardent les photos de Daijin sur Twitter pour le retrouver, un commentaire le compare au film Si tu tends l'oreille, une autre production du studio[40].

Tout au long du périple, on peut voir le chemin parcouru à plusieurs reprises lorsque Suzume vérifie sa géolocalisation avec son portable. Or il s'avère que la ville côtière où débute l'histoire, nommée plusieurs fois à travers la radio et des écrans dans le film, est Miyazaki. Difficile de ne pas y voir un clin d'œil subtil à Hayao Miyazaki, l'un des deux créateurs du studio Ghibli.

Notes et références

Voir aussi

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