Sōhei Kamiya

homme politique japonais From Wikipedia, the free encyclopedia

Sōhei Kamiya (神谷 宗幣, Kamiya Sōhei?), né le 12 octobre 1977 à Takahama, est un homme politique japonais, fondateur et secrétaire général du parti Sanseitō. Il est membre de la Chambre des Conseillers depuis 2022 en étant élu dans la circonscription proportionnelle de la Chambre des conseillers.

PrédécesseurParti créé
Élection10 juillet 2022
Réélection20 juillet 2025
CirconscriptionProportionnelle
Faits en bref Fonctions, Secrétaire général du Sanseitō ...
Sōhei Kamiya
神谷 宗幣
Illustration.
Sōhei Kamiya en 2025.
Fonctions
Secrétaire général du Sanseitō
En fonction depuis le
(6 ans et 4 jours)
Prédécesseur Parti créé
Conseiller du Japon
En fonction depuis le
(3 ans, 7 mois et 23 jours)
Élection 10 juillet 2022
Réélection 20 juillet 2025
Circonscription Proportionnelle
Biographie
Date de naissance (48 ans)
Lieu de naissance Takahama (Chūbu, Japon)
Nationalité Japonaise
Parti politique PLD (2012-2015)
Indépendant (2015-2020)
Sanseitō (depuis 2020)
Diplômé de Université du Kansai
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Théoricien du complot, il promeut la désinformation sur la pandémie de Covid-19 et est anti-vaccin[1]. Il attire l'attention des médias internationaux alors qu'il fait campagne pour les élections à la Chambre des conseillers de 2022 en raison de sa rhétorique antisémite lors d'apparitions publiques et de rassemblements de campagne[2]. Son parti est parfois décrit comme une secte par les experts et ses adversaires politiques[3],[4].

Enfance et formation

Kamiya naît à Takahama, dans la préfecture de Fukui. En 1996, il est diplômé du lycée préfectoral de Wakasa de Fukui, avec une spécialisation en sciences et mathématiques. Il entre ensuite à la faculté de lettres de l'université du Kansai, au département d'histoire et de géographie (aujourd'hui appelé département des sciences humaines générales). Il déménage à Suita, dans la préfecture d'Osaka, après avoir obtenu son diplôme en 2001. Il devient professeur au lycée préfectoral Wakasa Higashi de Fukui. En 2002, il devient employé de Kamiya Store, une entreprise dirigée par ses parents, et occupe le poste de directeur de magasin. En 2003, il fait un bref retour en tant que professeur au lycée préfectoral Wakasa Higashi de Fukui. En 2004, il s'inscrit au cours de formation professionnelle juridique de la faculté de droit de l'université de Kansai et termine ses études en 2007 avec un diplôme de Juris Doctor[5].

Carrière politique

Les premières années

Lors des élections municipales japonaises de 2007, Kamiya est élu au conseil municipal de Suita[6]. Kamiya fonde le parti politique régional Suita Shinsengai la même année. En juin 2010, il crée l'Association nationale du projet Ryoma et en assume le poste de président. En 2011, Kamiya est réélu membre du conseil municipal de Suita. Il est ensuite élu vice-président du conseil municipal[6].

En novembre 2012, Kamiya rejoint le Parti libéral-démocrate et il devient le chef de la branche du parti du 13e district d'Osaka (Higashiōsaka)[7], en remplacement d'Akira Nishino. Il démissionne ensuite de son siège au conseil municipal de Suita pour se présenter aux élections générales japonaises de 2012, avec le président du PLD de l'époque, Shinzō Abe, faisant personnellement campagne au nom de Kamiya[8], mais il perd contre Koichi Nishino du Parti de la restauration du Japon[4].

En 2013, Kamiya crée une chaîne YouTube nommée « ChGrandStrategy ». Il y défend des idées politiques d'extrême droite, le révisionnisme historique et des théories du complot[5]. En juin 2023, la chaîne compte 338 000 abonnés et plus de 3 000 vidéos.

Lors des élections locales de 2015, Kamiya se présente à l'Assemblée préfectorale d'Osaka en tant que candidat indépendant pour la circonscription électorale de Suita, mais il est battu, en se classant 6e sur 6 candidats[5].

L'ère Sanseitō

Sōhei Kamiya (en noir) en campagne pour les élections de 2025

En 2019, Kamiya lance une organisation politique en ligne, « 政党DIY » (Parti politique DIY). Un an plus tard, en mars 2020, il fonde le parti politique « Sanseitō » aux côtés de Manabu Matsuda, Yuya Watase et Tsuneichiro Shinohara, et assume le poste de secrétaire général.

Le 10 juillet 2022, Kamiya dépose sa candidature pour l'élection des conseillers de 2022 pour le bloc de représentation proportionnelle et il est élu[9],[10]. Il entre en fonction le 26 juillet 2022.

Le 30 janvier 2023, cinq membres du Sanseitō, dont Kamiya, sont poursuivis en justice par le parti NHK pour fraude[11]. Lors d'un discours prononcé à Shimonoseki le 31 janvier 2023, Kamiya attaque le parti NHK, affirmant que « le parti NHK a des dirigeants qui ont des liens avec des groupes de gauche radicaux et des forces anti-japonaises ». En réponse à cela, le parti NHK déposé une autre plainte le 2 février 2023, réclamant 100 millions de yens de dommages et intérêts contre Sanseitō et Kamiya[11].

Les élections à la Chambre des conseillers du Japon de 2025 voient la montée en popularité de plusieurs partis ultraconservateurs qui portent une ligne nationaliste, populiste et anti-immigrationniste. Ces derniers parviennent à faire de l'immigration un enjeu majeur de la campagne électorale. Confronté au vieillissement de sa population et à l'importante baisse de sa population active qui en découle, le Japon a en effet de plus en plus recours à l'accueil de travailleurs étrangers. Ces derniers atteignent 3,5 millions en 2024, soit 2,8 % de la population, un record sur un archipel réputé pour son faible taux d'immigration[12].

Cette montée est plus particulièrement incarnée par le dirigeant du Sanseitō, Sōhei Kamiya, qui fait campagne sur le thème du « problème des étrangers », la comparaison avec la politique migratoire de l'Union européenne jugée « incontrôlée », ainsi que la mise en avant d'une « préférence nationale » sous le slogan « Les Japonais d'abord ! ». Son discours xénophobe touche une partie de l'électorat, qui estime normal « d'exiger que les immigrés respectent nos règles et que nous, les Japonais, bénéficiions d'une discrimination positive par rapport à eux »[13],[14].

Controverses

Antisémitisme

Lors de sa campagne pour le Sanseito aux élections de la Chambre des conseillers japonaise de 2022, Kamiya déclare publiquement devant des passants que le « Sanseito ne vendrait pas le Japon au capital juif », une remarque accueillie par des applaudissements à l'époque, mais qui a donné lieu à une couverture médiatique internationale et à une condamnation ultérieure[15].

Dans l'une de ses propres publications, Kamiya déclare que « les puissants, qui visent à créer d'énormes profits en vendant des vaccins et des médicaments, appellent activement au port de masques en utilisant les médias de masse tels que les journaux et la télévision afin d'attiser excessivement la peur de la pandémie de Covid-19. » et il explique que « les puissants » font référence au capital financier international et aux multinationales mondiales. Dans le même livre, Kamiya décrit ces capitaux financiers et ces multinationales mondiales comme « juifs ». Lorsque Kamiya apparait dans une interview à la télévision le 18 août 2022 après avoir été élu à la Chambre des conseillers, il déclare : « Il est vrai que le capital juif est impliqué, mais je pense que c'était mal de l'écrire de telle manière que cela puisse être mal interprété comme si tout était fait par des Juifs, donc je devrai le corriger à l'avenir. » [16],[17].

Opinions politiques

Politique extérieure

Politique de défense et de sécurité

Politique économique

Politique sociale

  • Kamiya s'oppose à la légalisation du mariage homosexuel[18],[19].
  • Kamiya s'oppose à ce que les membres d'un couple adoptent des noms de famille différents[18],[19].
  • Kamiya s'oppose à ce qu'il y ait une femme comme héritière dans la famille impériale du Japon[18],[19].
  • En ce qui concerne la vaccination contre la COVID-19 au Japon, Kamiya estime que le gouvernement n'a « rien à voir avec la vie des individus », et il s'oppose aux programmes financés par l'État visant à encourager la vaccination de la population[22].
  • À propos du port du masque pendant la pandémie de Covid-19, Kamiya déclare que « les gens ont le droit de ne pas porter de masque »[23]. Mais il explique également qu'il ne viole pas les protocoles de santé : « Je porte des masques dans les avions »[24].

Vie personnelle

En 2017, Kamiya est le mari de Fumi Kamiya, une ancienne membre du personnel de son bureau alors qu'il était conseiller municipal de Suita. Le couple a un fils et une fille[25].

Notes et références

Liens externes

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