Taironas
groupe culturel de Colombie
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Les Taironas (ou Tayronas[1]) constituent un important groupe amérindien précolombien — aujourd’hui disparu — occupant le territoire de l'actuel département de Magdalena en Colombie, dans la Región Caribe.

Les Taironas, au moment de la conquête espagnole, vivent sur la face nord de la Sierra Nevada de Santa Marta ainsi que dans la plaine côtière, notamment le long des fleuves Guachaca, Don Diego et Buritaca, et sur l'actuel Parc national naturel de Tairona.
Le nom de ce peuple est en relation avec les mots teyuna, teiruna ou tairuna, qui se retrouvent dans les langues des peuples indigènes vivant aujourd'hui dans cette région, et qui descendent des Taironas survivants de la colonisation espagnole au XVIe siècle.
Leur langue appartient à la filiation des langues chibchanes.
Histoire
Les Taironas furent découverts par les Espagnols peu après que le conquistador Rodrigo Galván de las Bastidas eut débarqué sur cette partie de la côte caraïbe et fondé la cité de Santa Marta le .
À la suite de nombreux affrontements et massacres, les Taironas furent décimés. En 1550, 80 % de leur population avait sans doute disparu. Les survivants furent intégrés par métissage ou bien se dispersèrent et se retirèrent sur les hauteurs de la Sierra Nevada de Santa Marta, où leurs descendants directs vivent encore dans les tribus des Kogis (ou Koguis), Arhuacos (ou Ikas), Sankás, Kankuamos, Wiwas, etc. (voir les Taironas sur le wiki espagnol).
- Plaque pectorale en pierre finement polie culture Tairona - Musée des Amériques
Ciudad Perdida
Une des plus grandes cités Taironas, à l'époque de la splendeur de cette civilisation (XIe – XVIe siècles), dominant commercialement les autres sites de Bonda, Chengue et Pueblito, se trouvait être ce que l'on nomme aujourd'hui Ciudad Perdida (cité perdue), ayant subi au cours des siècles de multiples pillages et expéditions archéologiques d'amateurs. Les travaux des archéologues Luisa Fernanda Herrerra en 1976, et Santiago Giraldo à partir de 2006, permettent aujourd'hui de mieux apprécier la culture et l'architecture de la région.

Abritant environ 10 000 habitants à son apogée, la cité vivait grâce aux intenses échanges entre les autres cités de ce peuple, mais également grâce à de grandes terrasses à flanc de montagne, largement défrichées, où étaient cultivés le maïs et le manioc. Dirigés par de grands caciques, qui s'appuyaient sur un système de chefferies complexes, les Taironas constituaient un peuple riche, maintenus dans une relative stabilité par des rituels communs comme les banquets rituels et des cérémonies religieuses avec des prêtres ou des chamanes. Quarante six terrasses en rempart mènent au sommet d'un "axe central", desservi par dix huit routes à travers la ville, et consistant en une zone résidentielle et rituelle pour l'élite locale. Les contemporains conquistadors décrivent le peuple Tairona comme couvert de bijoux très variés (la plupart du temps fait d'alliages), peu importe le rang social du porteur ; l'archéologie n'a pour l'instant que peu exhumé de bijoux en or dans les sites urbains[2]..
Annexes
Bibliographie
- Anne Legast, El Animal en el mundo mítico Tairona, Banco de la República, Bogotá, 1987, 121 p.
- (es) Alvaro Soto Holguín, La ciudad perdida de los Tayrona : historia de su hallazgo y descubrimiento, Neotrópico, 1988, 187 p. (ISBN 958-95158-0-0)
Articles connexes
- Kogi, Wiwa, Arhuacos, Kankuamos
- Autochtones d'Amérique, Peuples indigènes d'Amérique du Sud, Amérindiens dans la société latino-américaine au XXe siècle
- Liste des peuples indigènes des Amériques, Civilisations précolombiennes en Colombie
- Ethnies de Colombie, Peuples indigènes en Colombie (en)
- Langues chibchanes, langues amérindiennes
- Parc national naturel de Tairona