Téteghem

ancienne commune française du département du Nord From Wikipedia, the free encyclopedia

Téteghem [tetɡɛm] (Tetegem en néerlandais de Tatinga haim ou résidence du chef Tato) est une ancienne commune française située dans le département du Nord, en région Nord-Pas-de-Calais, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Téteghem-Coudekerque-Village.

Faits en bref Administration, Pays ...
Téteghem
Téteghem
Une entrée de la commune.
Blason de Téteghem
Blason.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Intercommunalité Communauté urbaine de Dunkerque Grand Littoral
Statut Commune déléguée
Maire délégué
Mandat
Michel Pesch
2020-2026
Code postal 59229
Code commune 59588
Démographie
Gentilé Téteghemois
Population 6 952 hab. (2013)
Densité 378 hab./km2
Géographie
Coordonnées 51° 01′ 10″ nord, 2° 26′ 41″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 10 m
Superficie 18,41 km2
Élections
Départementales Coudekerque-Branche
Historique
Fusion
Intégrée à Téteghem-Coudekerque-Village
Localisation
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Téteghem
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Téteghem
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    Géographie

    Localisation

    Commune située dans le Blootland.

    Paysages

    La commune s'inscrit dans les « paysages des dunes de la mer du Nord » tels qu’ils sont définis dans l’atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)[Note 1],[1].

    Ces paysages concernent 23 communes du Nord et du Pas-de-Calais avec trois pôles d’attraction que sont Calais à l'ouest et Dunkerque à l’est et, dans une moindre mesure, Gravelines au centre où se trouve le delta du fleuve côtier l’Aa. On y distingue trois parallèles : la frange côtière avec son cordon dunaire ; l'ancienne route nationale 1 et l'Autoroute A16.

    Ces paysages sont composés d’un cordon dunaire de 60 km typique des paysages nordiques et que l’on retrouve aux Pays-Bas et en Belgique. Ce cordon littoral datant du VIIIe siècle s’est constitué durant la dernière transgression marine et joue un rôle de digue en protégeant la plaine maritime de l’invasion de la mer. Sa taille n’excède pas, en largeur, quelques centaines de mètres et, en hauteur, une dizaine de mètres.

    Une particularité de ces paysages est la présence de moëre (marais en flamand), point le plus bas du territoire français, avec une altitude de - 4 m. leur assèchement est entrepris dès 1619 par 23 moulins à vent qui vont pomper l’eau et l’acheminer vers la mer par des watringues. Ces polders, terres gagnées sur la mer, ainsi constitués sont les plus anciens de l’Europe du Nord.

    Les cultures ne représentent que 35 % de ces paysages des dunes de la mer du Nord.

    Concernant l'activité humaine, à l’ouest de ces paysages se trouve : la région de Calais, avec le tunnel sous la Manche et l'activité portuaire de Calais tournée vers l’Angleterre ; à l’est, la zone urbaine de Dunkerque et ses installations portuaires et, au centre, la zone de Gravelines avec son port de plaisance et sa centrale nucléaire.

    Sur le plan de la biodiversité, on y observe de nombreux déplacements d’oiseaux marins, côtiers ou terrestres ainsi que des phoques veau-marin installés sur les bancs de sable[2].

    Toponymie

    Téteghem est l’une des communes se terminant en HEM. Ce suffixe signifiant demeure, habitation, village…est devenu ghem. Tete viendrait d’un ancêtre du nom Tatto, peut-être de Théodore ou Théodoric, personnifié par le géant de la commune. Il s'agirait peut être de la résidence de Théodoric d’Haverskerque.

    Histoire

    Téteghem se trouvait sur le tracé d'une ancienne voie antique, peut-être voie romaine, menant de Cassel à la mer vers l'actuelle Zuydcoote[3].

    Aux Xe et XIe siècles, le territoire dépend de la puissante châtellenie de Bergues jusqu’à l’annexion du territoire avec le rachat de la Flandre aux Anglais par Louis XIV en 1662. Téteghem dépendra alors de Dunkerque.

    En 1115, le comte de Flandre Baudouin VII de Flandre donne à l'abbaye Saint-Vaast d'Arras, en présence du roi de France Louis VI le Gros, un domaine situé à Lampernesse (Lampernisse?), qu'il échange ensuite contre un autre se trouvant à Téteghem[4].

    Leffrinckoucke semblait dépendre à l'origine de Téteghem : en 1176, Didier évêque de Thérouanne érige Leffrinckoucke en paroisse distincte avec l'accord de curé de Tetingehem[5].

    En 1182, Guillaume aux Blanches Mains, archévêque de Reims, confirme que l'évêque des Morins, (ou de Thérouanne), Didier a donné aux chanoines d'Ypres la possession de l'église de Tetinghem[6]. Didier avait fait cette donation en récompense du zèle des religieux d'Ypres[6]. En 1184, à la demande du prévôt et des frères d'Ypres, le pape Lucius III confirme à son tour la possession de l'église de la paroisse par les gens d'Ypres[7]. En 1191, le pape Clément III fera de même[8].

    En 1197, l'abbé Alard et les religieux de Fémi (? à Ypres ou près d'Ypres?), cèdent à l'abbaye Saint-Winoc de Bergues moyennant un cens annuel de 6 deniers tout ce qu'ils possédaient à Téteghem[9].

    Il semble que la possession de l'église de Tétegehm ait été disputée, entre Ypres et sans doute l'abbaye de Saint-Winoc : en 1201, l'évêque De Thérouanne Lambert, sur les injonctions de Guillaume archévêque de Reims, confirme à l'église d'Ypres la possession de l'église[10], ce qu'accepte le doyen Baudouin et le chapitre d'Ypres[10]. Néanmoins, l'abbaye de Bergues continue de s'implanter sur Téteghem : en 1202, elle achète au chapitre saint Barthélémy de Béthune et à son prévôt Guillaume leurs revenus de la paroisse (et de celle d'Uxem) contre le versement d'une rente annuelle[11], ce qu'approuve Pierre évêque d'Arras et Mathilde, avoueresse d'Arras, dame de Béthune et de Termonde[11]. En 1220, nouveau litige, entre l'église d'Ypres et le curé de Tétinghem cette fois, pour la possession de la dîme de la paroisse : des arbitres (venant de Voormezele, Lo et Éversam) désignés pour trancher la donnent à l'église d'Ypres[12].

    Du point de vue religieux, Téteghem relève du diocèse de Thérouanne puis du diocèse d'Ypres, doyenné de Dunkerque[13].

    Avant la Révolution française, on retrouve parmi les principaux dirigeants communaux (le magistrat) de Bergues, soit poortmestre ou chef des bourgeois soit chef de la Loi, plusieurs personnes dites de Téteghem : Jacques de Téteghem entre 1431 et 1444, Wouter de Téteghem en 1457 et 1471, Allain de Téteghem en 1487, Bouden ou Boudin de Téteghem en 1512 et 1519[14].

    Au XVIIIe siècle, en 1744, est retrouvé en tant que possesseur d'un fief dans la châtellenie de Bourbourg, Jean-Baptiste Daeten, avocat et greffier héréditaire de Bourbourg, époux de Louise van Téteghem. le fief passera ensuite à leur fils Jean-Baptiste Daeten, conseiller pensionnaire près le Magistrat (organisation municipale) de Bourbourg, marié à Marie Thérèse Buret[15].

    Le , fut installé à Téteghem le quartier général du duc d'York (Frederick d'York) commandant des troupes alliées coalisées contre la France assiégeant Dunkerque[16]. L'opération prit fin avec la bataille de Hondschoote le remportée par la France ce qui mit fin au siège de Dunkerque et au repli des troupes anglaises sur Furnes.

    En 1866, on exploite encore au moins une tourbière située sur la commune[17].

    Première guerre mondiale

    Pendant la Première guerre mondiale, en 1917-1918, Téteghem est le siège d'un commandement d'étapes, c'est-à-dire un élément de l'armée organisant le stationnement de troupes, comprenant souvent des chevaux, pendant un temps plus ou moins long, sur les communes dépendant du commandement, en arrière du front. Relèvent du commandement d'étapes et ont accueilli des troupes, les communes de Malo-les-Bains, Coudekerque-Village, Leffrinckoucke, Zuydcoote, Uxem, Rosendaël, Coudekerque-Branche, Ghyvelde, Bray-Dunes, Saint-Pol-sur-Mer, Cappelle-la-Grande, Spycker, Armbouts-Cappel, Mardyck, Petite-Synthe, Grande-Synthe[18]. La commune dépend elle-même en 1916 du commandement d'étapes de Hondschoote[18].

    Lorsque les troupes cantonnent ici dans les différentes localités, dans les fermes, hangars, maisons individuelles, dès lors qu'une infection se déclare (oreillons, scarlatine,...), les lieux sont quittés par les soldats et l'armée assure la désinfection[18].

    Le , par suite d'une panne moteur, un avion de l'escadrille de Saint-Pol a atterri à deux km de Téteghem. La gendarmerie a assuré la garde de l'appareil[19].

    Le , une rixe entre soldats ivres a dégénéré à Teteghem. À l'arrivée des gendarmes, les soldats, des artilleurs dont trois considérés comme dangereux, ont tiré sur la maréchaussée. Celle-ci a riposté et un des hommes a été atteint puis évacué sur l'hôpital, deux autres ont été conduits en prison[20].

    L'aviation anglaise possède un terrain sur Téteghem[21]. Le, vers 18 h, une bombe allemande (« boche ») est tombée sur un champ à environ 600 m de l'aviation anglaise, il n'y a eu ni victimes ni dégâts[22].

    Le , plusieurs projectiles allemands sont tombés sur Téteghem, Rosendaël, Malo-les-Bains. À Téteghem, une torpille est tombée route de Furnes sur un magasin de grains près du passage à niveau du chemin de fer de Dunkerque à Furnes[23].

    Parmi les troupes cantonnées à Téteghem, figurent un escadron d'un régiment de chasseurs d'Afrique. Le , il est constaté que les chevaux d'une ferme de Téteghem sont atteints de la gale. Toutefois les chevaux du 2erégiment des chasseurs d'Afrique cantonnés dans cette ferme ne sont pas atteints[24].

    Le , le commandement d'étapes de Téteghem est transféré à Leffrinckoucke[25] puis revient à TéteghemLe , vers 11h30, un avion en panne (moteur) s'est posé sur le territoire de Téteghem, face à la ferme Vandromme, près de la route du canal de Furnes. Il se rendait à Châlons. Quatre hommes assurent la garde de l'appareil[26].

    Seconde Guerre mondiale

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville de Téteghem a été prise à revers par les Allemands, durant la bataille de Dunkerque, en mai et .

    Après 1945

    Téteghem allait jusqu'à la mer, sa superficie était de 1 924 ha de laquelle il faut retirer le territoire du Rosendal, devenu Rosendaël en 1860, ainsi que celui de la place d’Uxem, rattachée à Uxem en 1996. La superficie est alors passée à 1 884 ha.

    Entre 2008 et 2015, plusieurs centaines de migrants n’arrivant pas à embarquer au port de Dunkerque pour rejoindre le Royaume-Uni, se replient sur l’aire de Téteghem-Nord de l’A16 pour tenter de grimper sur les camions, y formant un camp de réfugiés.

    Politique et administration

    Tendances politiques et résultats

    L'ancienne mairie de Tétéghem

    Liste des maires

    Maire en 1881 et 1883 : L. Kyndt[27],[28].

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    Liste des maires successifs
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    1802 1803 Jean Devulder[29]    
    1806 1807 Crépin    
    1817   Pierre Jacques Kyndt    
    ca. 1836   Pierre Depoers    
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    1854   Daullé[30]    
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    1887 1892 L. Kyndt[31],[32]    
    1892 1904
    (décès)
    Arthur Lebecque[33]
    (1863-1904)
      Cultivateur et distillateur
    1904 1910 M. Delcourt[34]    
    1910 1912 H. Ponseel[35]    
    1912 1914 L. Leuregans[36]    
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    1919 mai 1925 Auguste Baës[37]    
    mai 1925 mai 1929 Gaston Vandenbavière[38]    
    mai 1929 janvier 1937
    (décès)
    Léon Baës[39]
    Fils d'Auguste Baës
       
    1937 1939 Romain Poublanc[40]   Ancien premier adjoint
    Les données manquantes sont à compléter.
    Marcel Carton    
    Joseph Dequeker    
    Pierre Catry    
    Émile Baës   Vice-président de la CUD (1971 → 1977)

    (démission)
    Jean-Pierre Top
    (1936-2010)
    DVD Administrateur territorial
    Conseiller communautaire à la CUD[41],[42] (1977 → 1991)
    Franck Dhersin DVD Juriste d'entreprise
    Député du Nord[43] (13e circ.) (1998 → 2002)
    Conseiller général de Dunkerque-Est (1998 → 2004)
    Lucien Barras[44]
    (1937-2018)
    DVD Retraité de la BNP
    Mandat écourté après la démission de plus d'un tiers
    des membres du conseil municipal
    Franck Dhersin UMP-LR Juriste d'entreprise
    Vice-président de la CUD[45] (2014 → 2023)
    Élu à la suite d'une élection municipale partielle
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    Liste des maires délégués successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    Franck Dhersin LR Juriste d'entreprise
    Vice-président de la CUD[45] (2014 → 2023)
    en cours Michel Pesch   Cadre retraité
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    Population et société

    Démographie


    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[46]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[47],[Note 2].

    En 2013, la commune comptait 6 952 habitants, en évolution de −3,62 % par rapport à 2008 (Nord : +1,23 %, France hors Mayotte : +2,49 %).

               Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    1 5001 5501 6031 8791 9332 0762 2262 3532 369
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    2 4371 2401 3631 3831 4551 4961 4821 5701 585
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    1 6411 7031 7811 7051 6281 6061 6111 2391 536
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2013
    1 6851 8012 8745 1655 8397 2377 3607 0726 952
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[48] puis Insee à partir de 2006[49].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Sports et loisirs

    Le ministère des sports a décompté 29 équipements sportifs sur le territoire de la commune en 2013[50]. En 2022, Téteghem à réussi à aller au 7e tour de Coupe de France.

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    Le monument aux morts.
    • L'église.
    • Le monument aux morts.

    Personnalités liées à la commune

    Héraldique

    Les armes de Téteghem se blasonnent ainsi : Échiqueté d'argent et d'azur à la bande de gueules brochant sur le tout

    Galerie

    Pour approfondir

    Bibliographie

    • "Téteghem de 1939 à 1945" (éditions J et L Denière) est un livre écrit à partir du journal personnel du directeur et de l'institutrice de l'école, Victor Denière et Gratienne Denière-Soyez. Il raconte des épisodes de la vie de tous les jours des habitants et surtout des enfants pendant la guerre.

    Articles connexes

    Liens externes

    Sur les autres projets Wikimedia :

    Site officiel de la ville de Téteghem

    Notes et références

    Related Articles

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