Thomas Legrand

journaliste, animateur radio, présentateur audiovisuel, chroniqueur, éditorialiste et ancien grand reporter français From Wikipedia, the free encyclopedia

Thomas Legrand, né le à Paris, est un journaliste, animateur radio, présentateur audiovisuel, chroniqueur, éditorialiste et ancien grand reporter français.

Faits en bref Naissance, Nationalité ...
Thomas Legrand
Thomas Legrand en avril 2009.
Biographie
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(62 ans)
Paris (France)
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Après avoir débuté sur RMC puis sur RTL, il est employé par France Inter de 2008 à 2025. À la télévision, il a été chroniqueur au Grand Journal de Canal+ et dans 28 minutes sur Arte. En presse écrite, il a collaboré ponctuellement à Slate.fr, Lui et Paris Match, puis de manière régulière au quotidien national Libération à partir de 2022. Il est également l'auteur d'une dizaine d'ouvrages politiques depuis 1991.

Biographie

Famille

Son père venait de la bourgeoisie catholique du Nord et était à la fois patriote et proche d'un parti catholique favorable à la République[1]. En 1940, il est aspirant dans l'armée puis fait prisonnier par les Allemands et enfermé cinq ans dans un camp de prisonniers, à l’est de l’Allemagne, dont il tente de s'échapper, épisode que son fils racontera dans une bande dessinée, Les évasions perdues[1].

Scolarité et formation

Thomas Legrand commence sa scolarité à l'école privée catholique Saint-Thomas d'Aquin dans le 7e arrondissement de Paris, où il reçoit des cours de catéchisme du père Jean-Michel Di Falco[2]. Il est diplômé d'une maîtrise d’administration économique et sociale à l'université Paris 1 – Panthéon Sorbonne.

Carrière radiophonique

RMC (1988-1993)

En 1988, Thomas Legrand commence sa carrière à RMC, où il est journaliste politique jusqu'en 1993[source insuffisante]. Il débute en couvrant l'actualité politique du Front national[3] et s'intéresse à son histoire.

RTL (1993-2008)

Recruté par la rédaction de RTL en 1993, Thomas Legrand devient en 1996 grand reporter au service étranger. Correspondant à New York de 2001 à 2005, il couvre en direct les attentats du 11 septembre 2001. De retour en France, il est chef du service étranger à partir de 2006. C'est l'époque où il plaide pour que la presse se dote de son propre système de comptage des manifestations car il n'est pas satisfait les écarts de calcul entre préfecture et organisateurs[4], ce qui est critiqué dans le monde syndical.

Thomas Legrand est nommé chef du service politique de RTL en 2007. Il remplace durant l'été 2008 Alain Duhamel à la présentation de l'éditorial politique matinal[5]. Peu après, en septembre 2008, quand il s'apprête à rejoindre France Inter pour y signer l'éditorial politique dans la matinale, Télérama y voit une erreur de casting, le magazine le jugeant « un peu roquet, un peu moqueur », puis estimant deux ans après, qu'il fait partie d'un groupe trop restreint de chroniqueurs, « symboles et symptômes d'un système qui se condamne à la sclérose »[4].

France Inter (depuis 2008)

Du au 15 juillet 2022[6], il est éditorialiste politique[7] dans la matinale assurée successivement par Nicolas Demorand, Patrick Cohen, et à nouveau par Nicolas Demorand ; il est co-intervieweur des invités. À partir de mars 2018, il tient la chronique Les Bobinos, constituée d'archives en lien avec l'actualité, qu'il commente.

Il présente l'émission politique dominicale de la station Dimanche Soir Politique, Radio France Politique, Tous politiques[pas clair].

Il est commentateur politique dans d'autres émissions, telles que Comme on nous parle de Pascale Clark. Il est à l’initiative d'une méthode de comptage, indépendante des pouvoirs publics et des organisations revendicatrices, utilisée par une vingtaine de médias français pour déterminer le nombre de personnes présentes à un rassemblement. « La tradition démocratique française passe aussi par l’expression directe de la rue, il faut donc avoir une exigence de vérité sur l’ampleur des manifs ! Il s’agit d’utiliser une méthode qui pourrait, au fil des semaines, déterminer si un conflit s’amplifie ou s’il s’essouffle »[8].

De à , dans l'émission hebdomadaire En quête de politique, il explique l'histoire et la doctrine des courants politiques. Les deux premières saisons, l'émission est d'abord disponible en podcast, puis sur les ondes le samedi à 18 h 10[9]. À la rentrée 2024, l'émission est reportée au dimanche à la même heure[10],[11] ; certains numéros sont diffusés en direct, d'autres sont comme auparavant enregistrés et disponibles en podcast avant l'émission. Estimant avoir fait le tour de la question, le journaliste cesse son émission en [12]. Une autre émission, Face à Thomas Legrand, prévue pour la rentrée suivante, est interrompue après un seul épisode en raison de l'éviction de Thomas Legrand[13].

France Inter suspend temporairement le journaliste le suite à la diffusion quelques jours jours plus tôt de deux vidéos par le mensuel conservateur proche de l'extrême droite L'Incorrect. Puis il arrête son émission hebdomadaire mais continue à intervenir en tant qu'éditorialiste de Libération[14]. Dans ces vidéos captées début juillet de la même année, il est visible avec le journaliste Patrick Cohen et deux responsables du Parti socialiste Pierre Jouvet, et Luc Broussy, alors que des propos litigieux sont tenus à l'encontre de l'élue Les Républicains Rachida Dati. Si Thomas Legrand se défend de toute connivence[15] et met en cause le montage de la vidéo[16], il est critiqué par des personnalités politiques de La France insoumise au RN et des médias issus du groupe Bolloré[17] qui y voient la preuve d'une forme d'entente entre des journalistes de la radio publique et de certains partis politiques[18]. L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), saisie, se déclare incompétente[19],[20].

Suite au deuxième enregistrement d'une conversation privée à son insu relayé par des médias Bolloré, il porte plainte en décembre 2025 pour captation illégale, contre Europe 1 et CNews pour détention d’enregistrement illicite, et contre cette radio et cette chaîne télévisée pour diffusion de fausses informations[21]. En janvier 2026, une enquête, confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes[22], est ouverte pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" par le parquet de Paris[23]. Les enregistrements ont été effectués par un journaliste d’Europe 1[24].

Presse écrite et autres médias

Thomas Legrand collabore à partir de 2009 à plusieurs médias de presse écrite, sous forme de piges et chroniques.

Média en ligne

De 2009 à 2013, il a écrit pour le média en ligne Slate.fr[25].

Les Inrockuptibles en 2010-2012

De septembre 2010 à juillet 2012, il est responsable des pages politiques du magazine Les Inrockuptibles, dont il signe chaque semaine une chronique politique[26]. L'hebdomadaire est alors, depuis son rachat en 2009, la propriété de Matthieu Pigasse.

Il en démissionne le 18 juillet 2012 après l'arrivée d'Audrey Pulvar comme directrice éditoriale[27]. Audrey Pulvar est depuis peu la compagne du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg ; Thomas Legrand estime que les conflits d'intérêts de sa nouvelle directrice l'empêcheraient de collaborer sereinement[28]. Peu avant la venue d’Audrey Pulvar, Thomas Legrand avait rédigé dans l'hebdomadaire un éditorial qui était, selon le journaliste, en défaveur du ministre[29].

Émissions de télévision

Dans les années 2010, Thomas Legrand participe régulièrement au club de la presse du vendredi du Grand Journal sur Canal+, l'un des programmes phares de la chaîne, créé et présenté par Michel Denisot et produit par Renaud Le Van Kim[30],[4]. Il est conseiller de la rédaction du Supplément Politique sur la même chaîne, à partir de septembre 2013[Jusqu'à quand ?].

Il participe régulièrement à 28 minutes présenté par Élisabeth Quin sur Arte.

Éditorialiste à Libération à partir de 2022

En , il rejoint la rédaction de Libération où il rédige une chronique politique quotidienne[31].

Œuvres

La Main droite de Dieu est une enquête publiée en 1994 avec deux autres journalistes, Emmanuel Faux d'Europe 1, et Gilles Pérez, de Radio France International. Ensemble ils révèlent les liens que François Mitterrand entretenait avec l’extrême droite ; le président de la République a favorisé la percée du Front national en se présentant comme un bouclier face à ce parti, afin de diviser la droite pour se maintenir au pouvoir[32],[33],[34]. « Bordé de citations multiples, assis sur une profusion de sources », cette enquête aurait pu être réalisée « bien avant l’élection présidentielle de 1981 », selon Le Monde diplomatique[35]. Un autre essai sur le même thème est paru trois semaines avant : Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947, de Pierre Péan[36],[37].

Parmi les plusieurs ouvrages coécrits avec sa femme, La République bobo paru aux éditions Stock, une analyse sociologique et distanciée de la bourgeoisie bohème parisienne, considéré comme « le petit dictionnaire de la boboïtude »[38]. Ils ont aussi écrit Les 100 mots des bobos aux éditions Que sais-je ?.

Vie privée

Thomas Legrand est père de trois enfants et domicilié en Seine-Saint-Denis. Il est marié à l’écrivaine et journaliste Laure Watrin, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) et du Centre de formation des journalistes. Il a rencontré son épouse dans les années 2000 à la station de radio où cette dernière a travaillé pendant 12 ans comme reporter radio, et notamment couvert l’actualité médicale et les questions familiales.

Publications

  • Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, Plumes de l'Ombre : Les Nègres des hommes politiques, Paris, Éditions Ramsay, , 265 p. (ISBN 978-2-85956-939-6)
  • Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez, La Main droite de Dieu : Enquête sur François Mitterrand et l'extrême droite, Paris, Éditions du Seuil, coll. « L'Épreuve des faits », , 261 p. (ISBN 978-2-02-021102-4)
  • Thomas Legrand, Ce n'est rien qu'un président qui nous fait perdre du temps, Paris, Éditions Stock, , 157 p. (ISBN 978-2-234-06413-3)
  • Thomas Legrand, Petit dictionnaire énervé de la politique, Paris, Éditions L'Opportun, coll. « Petit dictionnaire énervé », , 224 p. (ISBN 978-2-36075-007-8)
  • Thomas Legrand et Philippe Bercovici, J'aurais voulu faire Président, Paris, Éditions 12bis, , 54 p. (ISBN 978-2-35648-272-3)
  • Laure Watrin et Thomas Legrand, La République bobo, Éditions Stock, 5 février 2013, 270 p. (ISBN 9782234075474)
  • Thomas Legrand, Arrêtons d’élire des présidents !, Éditions Stock, 26 novembre 2014, 144 p. (ISBN 9782234078963)
  • Thomas Legrand, Chronique de l'imprévu, Éditions Stock, 5 septembre 2017, 208 p. (ISBN 9782234083646)
  • Thomas Legrand et François Warzala, L'Histoire de la Ve République, Les Arènes, BD, 2018, 170 p. (ISBN 9782352049241)
  • Thomas Legrand (auteur), François Warzala (illustrateur), Les évasions perdues, Stablak, l'université de la collaboration, Rue de Sèvre, BD, 2024, 136 p. (ISBN 9782810208777)

Notes et références

Liens externes

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