Toamasina

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Toamasina (en français Tamatave), est une grande ville portuaire d'environ 379 000 habitants[3] dans l'est de Madagascar, chef-lieu de la région d'Atsinanana Est » en français) et de la province de Toamasina. La cité est située à 353 km au nord-est de la capitale, Antananarivo. Sa superficie de 28 km² correspond au district de Toamasina-I ; son aire urbaine est estimée à 458 000 habitants en 2021[4], ce qui en fait la deuxième ville du pays.

Faits en bref Administration, Pays ...
Toamasina
Tamatave
Blason de Toamasina
Héraldique
De haut en bas et de gauche à droite : l'avenue de l'indépendance, l'Hôtel de ville, le port, et l'usine d'Ambatovy.
Administration
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Province Toamasina
Région Atsinanana
District Toamasina-I
Maire
Mandat
Alain Andriafanomezantsoa[1] (IRMAR)
2025–2030
Code postal 501
Démographie
Gentilé Tamatavien/ne [2]
Population 378 966 hab. (2022)
Densité 13 535 hab./km2
Géographie
Coordonnées 18° 08′ 50″ sud, 49° 23′ 43″ est
Superficie 2 800 ha = 28 km2
Localisation
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Toamasina
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Toamasina
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    Géographie

    Sur le plan géographique, Tamatave est située entre d'un côté, à l'est, l'océan Indien, territoire des requins, et de l'autre, à l'ouest, une forêt dense, tandis que deux fleuves encradrent aussi la ville avec l'Ivoloina au nord et l'Ivondro au sud. On y trouve également des marais, dans la plupart des quartiers périphiques (notamment dans la partie occidentale et méridionale). Cette configuration la rendant assez difficile d'accès depuis l'intérieur des terres, puisque seule la RN 2 venant d'Antananarivo aboutie au sud-est de la ville.

    Climat

    Le climat est de type tropical : températures chaudes et des pluies fréquentes tout au long de l'année (avec pour Tamatave une température moyenne de 24°C pour 3 500 mm de pluie par an[5]). Les températures minimales se rencontrent en juillet et août avec 17°C, tandis les maximales sont en janvier et février avec 31°C. En ce qui concerne les précipitations, le mois d'octobre est le plus sec avec seulement 108 mm de pluie, tandis que le mois de mars est le plus humide avec 384 mm.

    De janvier à avril, la saison chaude est rythmée par des tempêtes tropicales qui peuvent parfois évoluées en cyclones extrêmement violents.

    Toponymie

    Sur les cartes du XVIIe siècle apparaît le nom de « Port-aux-Prunes »[réf. souhaitée]. De nos jours, le nom d'« Île aux Prunes » est porté par un îlot inhabité à 10 milles nautiques au nord-nord-est de Tamatave et sur lequel se trouve un phare.

    Le sieur de Flacourt est le premier à mentionner Tamatave en 1655, dans son ouvrage Histoire de la grande île Madagascar :

    « Depuis la baie d'Antongil que l'on nomme ici Manghabei, jusqu'au Port-aux-Prunes, qu'ils [les Malgaches] nomment Tamatavy. »

    Au cours du XVIIIe siècle ces deux noms de « Port-aux-Prunes » ou « Tametavi » figurent sur les cartes, avec parfois une variante : « Port-Tametavi ».

    Sur la Chart of part of the east coast of Madagascar, établie par le chevalier Grenier en 1768 et publiée en 1782 à Londres, figure pour la première fois le nom de la ville sous sa forme actuelle[réf. souhaitée], Tamatave. Ce nom remplace définitivement celui de « Port-aux-Prunes », qui n'apparaît plus par la suite en cartographie.

    Le toponyme malgache Toamasina semble n'apparaître dans aucun document d'origine européenne avant Histoire et géographie de Madagascar de Henry Descamps (1884). L'interprétation traditionnelle de ce nom est la suivante : le roi merina des Hauts-Plateaux, Radama Ier, découvrant la mer pour la première fois lors de sa conquête de Madagascar, aurait porté un peu d'eau à sa bouche et se serait exclamé : Toa masina ! C'est salé ! »).

    La ville et sa province portent officiellement seul le nom de Toamasina, mais le nom français de Tamatave est toujours autant utilisé.

    Histoire

    La ville prend son essor sous le règne de Radama Ier (1816-1828), qui l’utilise comme plateforme commerciale pour la traite des esclaves avec les puissances occidentales[6].

    La présence de deux lignes de récifs coralliens protège la rade de Toamasina contre la haute mer et lui assure une sécurité relative[7].

    Avec la colonisation française à la fin du XIXe siècle, elle devient, au détriment de Majunga, le premier port de l’île et donc la principale fenêtre maritime du pays. La majorité du commerce avec les Britanniques transite alors par Toamasina. On y trouve également des maisons de négoce américaines, allemandes et suisses. Les Indiens sont aussi très nombreux, quant aux Chinois, ils possèdent à cette époque une centaine de magasins dans lesquels ils vendent surtout des denrées à l'usage des Européens, mais aussi du riz. La présence de plus en plus nombreuse de ces derniers porte préjudice à l'activité commerciale des autochtones, au point où l'administration coloniale finit par prendre des mesures, comme les taxes de capitation élevées, afin d'atténuer les effets de cette concurrence[7].

    Toujours à la fin du XIXe siècle, un entrepreneur français prend l'initiative de construire un appontement d'une longueur de 200 à 500 mètres qui, éclairé la nuit, facilite les opérations d'embarquement et de débarquement tant des marchandises que des passagers, notamment durant les fortes houles[7].

    Mais, résultat de constructions sommaires et fragiles, la ville est presque totalement détruite par le cyclone tropical du . La volonté de ses habitants et une aide financière conséquente de l’île Maurice permettent de reconstruire une ville plus moderne et mieux organisée[8].

    Tamatave doit à la période coloniale son plan en damier autour de l'avenue de l'Indépendance, qui débute par l'hôtel de ville à l'ouest et se termine à l'est par la place de la République s'ouvrant sur la mer.

    En 1929, le premier port en eau profonde permettant de décharger directement à terre marchandises et passagers est construit par un consortium franco-allemand.

    En janvier 1994, la ville fut de nouveau détruite à 80 % par le cyclone Geralda.

    Le 10 février 2026, survient un nouveau cyclone dévastateur baptisé Gezani qui détruit entre 75% et 90 % de la ville[9]. Le bilan au pour Madagascar est d'un minimum de 59 morts et plus de 425 000 sinistrés, dont la majorité est signalée dans la région de Toamasina (41 décès)[10].

    Politique et administration

    Situation administrative

    Le territoire de la commune de Tamatave correspond à celui du district de Tamatave I. La commune compte 138 fokontany[11].

    Jumelage

    Population et société

    Démographie

    Toamasina est une ville cosmopolite, majoritairement peuplée par les Betsimisaraka. En plus des autres ethnies de l'île, elle abrite aussi une très importante communauté chinoise (le plus souvent métissée), indo-pakistanaise, ainsi qu'une minorité européenne.

    Avec sa population d'environ 379 000 habitants, elle est la deuxième agglomération de Madagascar, derrière Antananarivo la capitale, mais devant Antsirabe, Mahajanga et Fianarantsoa. Elle est aussi la capitale économique du pays.

    Éducation

    Lycée J. Rabemananjara de Toamasina
    Lycée J. Rabemananjara
    Enseignement primaire privé à Toamasina
    Enseignement primaire privé

    La ville compte une université, fondée en 1977. Son campus se trouve aux limites occidentales de la ville.

    Il n'y a qu'un seul lycée public pour toute la ville, nommé « Jacques Rabemananjara » et regroupant quelque 4 000 élèves. Les autres lycées sont des établissements privés, en grande partie ecclésiastiques, par exemple : le « lycée Stella Maris ». Un Lycée français existe également.

    Au sein du primaire, les écoles privées combinant maternelle et élémentaire (la dernière classe s'appelant la 7e) foisonnent ; elles mettent souvent en avant un accent sur l'expression française ou anglaise.

    Toamasina abrite le seul centre d'apprentissage post-bac à proprement parler sur le sol malgache – « Épigasy ». Situé dans le quartier de Tanamakoa, proche du Lycée français, il forme des jeunes issus de couches défavorisées au métier de boulanger et pâtissier. Cette institution remonte à l'engagement d'une association suisse avec laquelle un échange est maintenu.

    Lieux de culte

    Économie

    Grues du port de Tamatave.

    Agriculture, industrie et ressources minières

    Capitale de l’est, au débouché du canal des Pangalanes (axe majeur de transport des marchandises le long de la côte est malgache), Tamatave est le principal port maritime de Madagascar qui permet d'exporter les produits agricoles de la région : vanille, girofle, litchi, café. C'est aussi par la voie maritime que le pays importe ses besoins en hydrocarbures et c'est pour cette raison que la ville possède une importante raffinerie de pétrole assurant l’approvisionnement de la capitale.

    Depuis 2007, le grand projet minier d'Ambatovy, situé à moins de 250 kilomètres au sud-ouest de la ville et conduit par un consortium étranger (Sherritt, SNC Lavallin, Sumitomo Corporation), incite celui-ci à construire une usine de traitement de minerais de cobalt et de nickel dans la banlieue sud de la ville (le minerai est alors acheminé par pipeline depuis le site minier). Ainsi traité, il est transporté par train de marchandises jusqu'au port de Toamasina pour y être exporté. Ce projet a métamorphosé l'économie de la région en réduisant sensiblement le taux de chômage, et permis de réhabiliter plusieurs infrastructures.

    Coopération et humanitaire

    Depuis 2004, la ville accueille le siège du PPRR financé par le FIDA.

    Ce programme, d'une durée de vie de huit ans, englobe les régions de l'Est et d'Analanjirofo et a pour objectif de réduire la pauvreté rurale par l'accroissement des revenus des producteurs et le renforcement des communautés de base à prendre en charge leur développement.

    Dans la partie est de Madagascar, plus de 75 % de la population vit sous le seuil de pauvreté[13].

    Transports

    Tranports interurbains

    La ville est reliée par voie aérienne avec l'aéroport Ambalamanasy, situé à la périphérie nord de la ville.

    Elle est aussi desservie par voie ferrée via la ligne Tananarive-Côte Est, dont la gare de Toamasina, formellement son terminus, a repris de l'activité jusqu'à Moramanga pour le service voyageur, le [14],[15],[16].

    Elle est également accessible par les routes nationales 2 (vers Antananarivo) et 5 (vers le nord, par exemple : Foulpointe, Fénérive-Est, Soanierana Ivongo  désservant l'île Sainte-Marie , Mananara Avaratra et Maroantsetra). La première autoroute malgache actuellement en construction doit relier Antananarivo à Toamasina en 2 h 30.

    Transports urbains

    Malgré le fait que Toamasina est la deuxième agglomération la plus peuplée du pays, elle ne possède plus aucun réseau de transports en commun (analogues aux taxis be encore en circulation à Antananarivo), ceux-ci ayant été supprimés depuis la pandémie de Covid-19. La majorité de la population ne disposant pas de moyens de locomotion personnels fait alors appel aux très nombreux cyclo-pousses et tuk-tuks qui parcourent la ville.

    Transports maritimes

    Le port autonome de Toamasina est le plus grand port du pays absorbant 80% du fret maritime malgache avec le monde extérieur. En 2016, l'Agence de coopération internationale du Japon (JICA), débloque un prêt concessionnel de 411 millions de dollars, représentant 65 % des 638 millions de dollars nécessaires à la modernisation et à l’extension du port. L'ambition du gouvernement malgache est de quadrupler la capacité du port et faire de Toamasina une plateforme portuaire de redistribution des marchandises supranationale[17].

    Patrimoine

    Culture et patrimoine

    Personnalités liées à la commune

    Devise

    • "Lakana tsara voha manafak'onja" (« Un bon bateau ouvre les vagues »).

    Le Port de Toamasina Le Port de Toamasina est le principal port maritime de Madagascar. Il est situé dans la ville de Toamasina, sur la côte est de l’île, au bord de l’océan Indien. Ce port joue un rôle essentiel dans l’économie du pays car il assure la majorité des échanges commerciaux internationaux de Madagascar. toamasina-port.com +1 Le port traite une grande partie du trafic maritime national et permet l’exportation de plusieurs produits importants tels que la vanille, le café, le poivre, les clous de girofle et le graphite. Il sert également à importer différents produits comme les machines, les textiles et les denrées alimentaires nécessaires au pays. Encyclopedia Britannica Le port de Toamasina est considéré comme un port d’intérêt national et est géré par la Société du Port à Gestion Autonome de Toamasina (SPAT). Il couvre une superficie d’environ 63 hectares et constitue la principale porte d’entrée maritime de Madagascar. toamasina-port.com Historiquement, la rade de Toamasina était déjà utilisée pour le commerce maritime dès le début du XIXᵉ siècle, notamment pour les échanges avec l’Europe. Le port a été officiellement établi en 1896 et a connu plusieurs phases de modernisation au cours du XXᵉ siècle afin d’améliorer ses infrastructures et ses capacités d’accueil des navires. toamasina-port.com Aujourd’hui, le port de Toamasina reste le centre logistique le plus important du pays et constitue un point stratégique pour le commerce international de Madagascar.


    Références du port de toamasina

    .Encyclopaedia Britannica .Site officiel du port de Toamasina .World Bank reports sur les ports de Madagascar .Encyclopedia Britannica +3

    Voir aussi

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    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Related Articles

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