Antônio Carlos Jobim

musicien brésilien, cofondateur du style « bossa nova » (1927-1994) From Wikipedia, the free encyclopedia

Antônio Carlos Brasileiro de Almeida Jobim, né le , à Tijuca, dans la partie nord de Rio de Janeiro, et mort le à New York (États-Unis), est un musicien brésilien, cofondateur du genre bossa nova.

Surnom Tom Jobim
Nom de naissance Antônio Carlos Brasileiro de Almeida Jobim
Décès (à 67 ans)
New York Drapeau des États-Unis États-Unis
Faits en bref Surnom, Nom de naissance ...
Antônio Carlos Jobim
Description de cette image, également commentée ci-après
Antônio Carlos Jobim en 1965.
Informations générales
Surnom Tom Jobim
Nom de naissance Antônio Carlos Brasileiro de Almeida Jobim
Naissance
Rio de Janeiro Drapeau du Brésil Brésil
Décès (à 67 ans)
New York Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale compositeur, chanteur, pianiste, parolier
Genre musical Bossa nova
Instruments guitare, piano, voix
Années actives 1956-1994
Labels Verve, Elenco, CTI, Warner, Reprise, Philips
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De nombreuses compositions d'Antônio Carlos Jobim sont devenues des classiques de la musique populaire brésilienne et du jazz. Comparé à George Gershwin[1], il a profondément influencé des générations de musiciens brésiliens et internationaux. Dans les pays francophones, il est généralement appelé « Carlos Jobim », tandis que dans les pays lusophones, il est connu sous le nom de « Tom Jobim ».

Biographie

Jeunesse et débuts

Le grand-père paternel d'Antônio Carlos Jobim, José Martins da Cruz Jobim, est brésilien, originaire de Rio de Janeiro. La famille s'installe ensuite dans le quartier d'Ipanema, alors en plein développement[2].

Très jeune, Jobim apprend la guitare et l'harmonica[3]. À partir de 1941, il s'oriente plus sérieusement vers la musique et commence des cours de piano auprès de Hans-Joachim Koellreutter, musicien allemand installé au Brésil, connu pour son travail autour du dodécaphonisme[4].

Après la Seconde Guerre mondiale, Jobim entreprend des études d'architecture, qu'il abandonne rapidement pour se consacrer à la musique[2]. Il travaille alors comme pianiste dans des bars et des établissements nocturnes de Rio de Janeiro, où il développe son style[5],[6].

Rencontre avec Vinícius de Moraes et premiers succès

Au milieu des années 1950, le Brésil connaît une période de modernisation sous la présidence de Juscelino Kubitschek, élu en 1956. Son programme de développement, résumé par le slogan « Rattraper cinquante années en cinq ans »[réf. nécessaire], conduit notamment à la construction de la nouvelle capitale, Brasilia.

Antônio Carlos Jobim et Vinícius de Moraes, 1962.

C'est dans ce contexte, en 1956, que Jobim rencontre le poète et diplomate Vinícius de Moraes. Ce dernier cherchait un compositeur pour mettre en musique sa pièce Orfeu da Conceiçao (pt), transposition du mythe d'Orphée dans une favela de Rio. La première a lieu au théâtre municipal de Rio de Janeiro[6].

L'œuvre connaît un important succès et est adaptée au cinéma par le réalisateur français Marcel Camus sous le titre Orfeu Negro (1959), qui remporte la Palme d'or au Festival de Cannes la même année, ainsi que l'Oscar du meilleur film étranger en 1960. Ce film contribue à faire connaître la musique de Jobim à l'international et inspire notamment le compositeur français Michel Legrand.

Antônio Carlos Jobim et Chico Buarque, 1968. Archives Nationales du Brésil.

Progressivement, de jeunes musiciens se regroupent autour du duo formé par Jobim et Vinícius de Moraes. Parmi eux figurent le chanteur et guitariste João Gilberto, la chanteuse Nara Leão, le guitariste Baden Powell, ainsi que Carlos Lyra, Roberto Menescal, Newton Mendonça ou encore Ronaldo Bôscoli.

Ce mouvement prendra le nom de bossa nova  expression signifiant littéralement « manière nouvelle »  et désignera une esthétique musicale caractérisée par un chant plus intimiste, des harmonies sophistiquées et un rythme issu de la samba.

Scénario harmonique à la façon de Jobim.
Antônio Carlos Jobim en 1972.

La bossa nova ne naît toutefois pas ex nihilo. Les influences de Jobim sont multiples. Au Brésil, il admire notamment Ary Barroso, auteur de Aquarela do Brasil (également connue sous le titre Brazil), et s'inspire du chorinho traditionnel, dont il intègre les harmonies complexes[7].

Son écriture est également marquée par la musique classique européenne, en particulier Frédéric Chopin, Claude Debussy et Maurice Ravel, ainsi que par la musique brésilienne de Pixinguinha[3]. Il reçoit par ailleurs l'influence du compositeur de samba-canção Dorival Caymmi et du pianiste Johnny Alf, qui contribue à le familiariser avec le jazz[réf. nécessaire].

Au début des années 1960, Jobim collabore avec le saxophoniste de jazz américain Stan Getz pour l'album Getz/Gilberto, qui devient un véritable succès international et remporte plusieurs Grammy Awards. On y retrouve notamment The Girl from Ipanema, ainsi que d'autres morceaux emblématiques tels que Corcovado et Desafinado.

Le coup d'État militaire de 1964 au Brésil marque un tournant pour Jobim : la censure se renforce et la musique devient plus engagée. Il se produit de plus en plus à l'international, comme ses proches Vinícius de Moraes et João Gilberto, pour échapper aux restrictions imposées par le régime[6].

Dans les années 1970, Jobim confirme sa renommée avec l'album Elis et Tom, enregistré en duo avec la chanteuse brésilienne Elis Regina. Le disque s'ouvre avec le légendaire Águas de Março, repris en français par Georges Moustaki sous le titre Les Eaux de Mars.

Fin de vie et décès

Le , Antônio Carlos Jobim meurt à New York, à l'hôpital Mount Sinai, où il avait été admis pour une intervention chirurgicale à la suite de complications liées à l'athérosclérose. Il succombe à une défaillance cardiaque à l'âge de 67 ans[2].

Sa disparition intervient quatorze ans après celle de Vinícius de Moraes, son principal collaborateur artistique.

Postérité

Œuvre et reconnaissance internationale

Antônio Carlos Jobim a composé et interprété plusieurs centaines de chansons et enregistré plus d'une cinquantaine d'albums[8].

Parmi ses compositions les plus célèbres figurent Chega de Saudade (1958), mise en musique par Jobim sur des paroles de Vinícius de Moraes, dont la version enregistrée par João Gilberto est souvent considérée comme l'un des actes fondateurs de la bossa nova[8], Desafinado (1959), enregistrée notamment par João Gilberto, Samba de uma nota só (One Note Samba) et Garota de Ipanema (1962-1963).

Garota de Ipanema est devenue l'un des standards les plus repris de la musique populaire internationale, avec plusieurs centaines d'interprétations recensées. Selon l'historien Ludovic Tournès, elle constitue l'un des grands succès discographiques du XXe siècle[9].

À partir de la fin des années 1960, la bossa nova perd en visibilité face à la montée de la musique populaire anglo-américaine, mais elle demeure une référence majeure du jazz et de la musique brésilienne.

Publications biographiques

Plusieurs biographies consacrées à Jobim ont été publiées, parmi lesquelles :

  • Antônio Carlos Jobim, um Homem Iluminado, par sa sœur Helena Jobim ;
  • Carlos Jobim – Uma Biografia, de l'écrivain et journaliste Sérgio Cabral ;
  • Tons sobre Tom, de Márcia Cezimbra, Tárik de Souza et Tessy Callado.

Influence et reprises

L'influence de Jobim s'étend au-delà de la bossa nova. Son titre Go Down Dying est notamment samplé par Björk dans Human Behaviour (en), extrait de l'album Debut (1993).

Hommages

Statue d'Antônio Carlos Jobim, plage d'Ipanema, .

En mai 1996, George Michael dédie son album Older à Anselmo Feleppa, son compagnon décédé en 1993, ainsi qu'à Antônio Carlos Jobim. Le chanteur a évoqué l'influence du jazz et de la bossa nova sur l'atmosphère de cet album.

En 2007, la chanteuse brésilienne Claudette Soares publie un album intitulé Foi A Noite, conçu comme un hommage à Jobim[10].

En 1999, l'aéroport international de Rio de Janeiro-Galeão est officiellement renommé « Aéroport International de Rio de Janeiro – Antônio Carlos Jobim », à la suite d'une décision du Congrès national brésilien. Cette initiative est soutenue par un comité réunissant notamment Chico Buarque, Oscar Niemeyer, João Ubaldo Ribeiro, Antônio Cândido, Antônio Houaiss, Edu Lobo et Ricardo Cravo Albin[11].

Discographie

  • 1954 : Sinfonia do Rio de Janeiro
  • 1956 : Orfeu da Conceição
  • 1957 : O Pequeno Príncipe
  • 1958 : Canção do Amor Demais - Elizete Cardoso
  • 1959 : Amor de gente moça - Silvia Telles
  • 1959 : Chega de Saudade - João Gilberto
  • 1959 : Por tôda a minha vida - Lenita Bruno
  • 1960 : Brasília - Sinfonia da Alvorada
  • 1960 : O Amor, o Sorriso e a Flor - João Gilberto
  • 1961 : João Gilberto - João Gilberto
  • 1963 : Getz/Gilberto - Stan Getz, João Gilberto e Antônio Carlos Jobim
  • 1963 : The Composer of Desafinado Plays
  • 1964 : The Wonderful World of Antonio Carlos Jobim
  • 1965 : A Certain M.. Jobim
  • 1965 : Caymmi Visita Tom
  • 1967 : Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim - Frank Sinatra/Antonio Carlos Jobim
  • 1967 : Wave
  • 1969 : Estrada branca
  • 1970 : Stone Flower
  • 1970 : Tide
  • 1971 : Sinatra & Company - Frank Sinatra/Antonio Carlos Jobim
  • 1972 : Disco de bolso - O Tom de Tom Jobim e o tal de João Bosco, Tom Canta Vinícius
  • 1972-73 : Águas de Março, chanson traduite en français Les eaux de mars par Georges Moustaki
  • 1973 : Matita Perê
  • 1974 : Elis & Tom, avec Águas de Março en duo mixte
  • 1975 : Urubu
  • 1977 : Miúcha & Antonio Carlos Jobim - vol. I
  • 1977 : Tom, Vinicius, Toquinho, Miúcha - gravado ao vivo no Canecão, Rio de Janeiro
  • 1979 : Miúcha & Tom Jobim - vol. II
  • 1980 : Terra Brasilis
  • 1981 : Edu & Tom
  • 1983 : Gabriela
  • 1985 : O Tempo e o Vento
  • 1987 : Passarim
  • 1987 : Tom Jobim Inédito
  • 1994 : Antonio Brasileiro
  • 1995 : Antonio Carlos Jobim : Composer
  • 2015 : Um encontro no Au bon gourmet[12] - avec João Gilberto, Vinicius de Moraes et Os Cariocas

Notes et références

Liens externes

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