Trudon
moine bénédictin belge, considéré comme l’apôtre de la Hesbaye
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Saint Trudon ou Trond ou Trudo (mort v. 693, Saint-Trond, Austrasie ; fête le 23 novembre[1]) appartient à la première génération de missionnaires ayant œuvré en Belgique. Il est considéré comme l’apôtre de la Hesbaye.
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Saint canonisé (d) |
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Biographie
Fils de nobles francs (sa mère Adela appartenant à la maison royale d’Austrasie), il surprend ses camarrades en déclarant qu'il veut se tourner vers la religion. Ceux-ci, préférant la chasse, se moquent de lui. Trudon part prendre conseil auprès de Remacle de Stavelot à Metz. Celui-ci l'envoie à l’école cathédrale pour y étudier. À la fin de ses études, il est ordonné prêtre (sans doute en 650) par saint Cloud (ou Clodulf) évêque de Metz. Revenu dans sa région natale de la Hesbaye, il prêche l’Évangile aux populations encore païennes et construit vers 656 une petite église sur ses terres, en y attachant un prieuré monastique, faisant office de halte pour des moines missionnaires. Cette église est dédiée à saint Quintin et saint Remigius, mais plus tard elle sera rebaptisé saint Trudon. Des nobles viennent au prieuré et demandent à devenir moine à sa suite. Un monastère se construit pour les accueillir et il s'agrandit avec les années. Trudon dirige la communauté monastique, et se rend fréquemment dans les églises voisines de Velm et de Zepperen pour y prier. Il meurt en Hasbain (Hesbaye) en 693[2],[3],[4].
Au IXe siècle ce prieuré adoptera la règle bénédictine et deviendra un monastère prospère, à l’origine de la ville de Saint-Trond, en Belgique. Trudon est également le fondateur d'un couvent de moniales établi à Assebroek près de Bruges qui a porté son nom par la suite[5].
Notoriété et culte
Culte
Trudon meurt vers 693 et il est enterré dans son église. Son tombeau devient rapidement un lieu de pèlerinage. Pépin de Herstal s'y rend pour y prier. A cette occasion il fait des donations au monastère. Le monastère abritait également les reliques de saint Eucher d'Orléans (mort en exil), en conséquence de cela, les deux saints ont souvent été associés. Ils sont d'ailleurs proclamés saint ensemble, puis en 880 leurs reliques sont transférées de l'église à la crypte. Cette translation sauva les reliques du pillage réalisés par les vikings en 883. Au cours du Moyen Age, le culte de saint Trudon se répand en Flandre et aux Pays-Bas[4].

Au début du XIIe siècle, un nouveau tombeau est érigé dans le chœur de l'église et ses reliques y sont transférées le . Ces reliques, au cours des siècles suivants, vont subir divers déménagements et donner lieu à la création de magnifiques reliquaires en l'honneur du saint. Elles échappent aux destructions et pillages lors de la Révolution française, et en 1806, elles sont transférées dans la cathédrale de Liège[4].
Considéré comme Saint par les Églises catholiques et orthodoxe, sa mémoire est célébrée le 23 novembre[3] (Église catholique) ou le 6 décembre (Église orthodoxe)[6]. Il est célébré en particulier dans le diocèse de Liège[4].
Notoriété

La vie de ce saint du haut Moyen Age a connu plusieurs éditions de publications qui sont relativement remarquables tant par leurs nombres que leurs anciennetés. La première éditions rédaction date de la fin du VIIIe siècle (soit moins d'un siècle après sa mort), par le diacre Donat de l’Église de Metz qui était peut-être originaire de Hesbaye. L'ouvrage a été écrit à la demande de l'évêque de Metz, saint Enguerrand de Metz. Il a été rédigé « avec une grande précision et dans un latin raffiné ». Il s'appuie sur la tradition orale. Une seconde rédaction est faite vers 1055, puis une autre vers 1085. Enfin une quatrième rédaction a lieu en 1539, elle est publiée en 1540[4].
Toponymie
Trudon a donné son nom à la ville de Saint-Trond[4], et vraisemblablement au village proche de Trognée (Hannut), dont l'étymologie serait "Domaine de Trudon".
De nombreuses églises dans la Hesbaye (province de Limbourg, de Brabant et de Liège) portent le patronyme de Saint Trudon[4].