Trumpisme
idéologie politique associée à Donald Trump
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le trumpisme, ou mouvement Make America Great Again (MAGA) est une idéologie politique, un style de gouvernance[1] et un mouvement politique[2] associés au 45e et 47e président des États-Unis, Donald Trump.
| Fondation |
|---|
| Type | |
|---|---|
| Pays |
| Idéologie | |
|---|---|
| Positionnement |
Extrême droite (d), droite, extrême droite |
En tant que courant politique, le trumpisme dépasse la personne de Donald Trump et correspond à des transformations profondes de l'électorat du Parti républicain et de la vie politique américaine[3]. S'il emprunte ses thématiques à divers courants conservateurs, c'est un style particulier de populisme cherchant à s'affranchir de tout intermédiaire politique qui en fait la spécificité de Donald Trump[4].
Aux États-Unis, la question de savoir si le trumpisme est néofasciste fait l'objet d'un débat important, notamment dans la presse et les milieux universitaires[5],[6],[7]. Les partisans de cette caractérisation mettent souvent en avant le rôle de Trump dans l'insurrection du 6 janvier, ainsi que sa rhétorique sur les immigrés et ses déclarations selon lesquelles ils « empoisonnaient le sang de notre nation » dans un entretien de campagne pour 2024[8]. Quant aux détracteurs, ils affirment que le trumpisme ne répond pas à la définition stricte du néofascisme.
Pour le journaliste Thomas Legrand, lors du second mandat de Donald Trump, le trumpisme se caractérise par une convergence idéologique hétéroclite combinant des éléments d'un libertarianisme inspiré d'Ayn Rand, du techno-monarchisme de Curtis Yarvin, de l'extractivisme prôné par Peter Thiel, du conservatisme religieux traditionnel, du techno-populisme, de la droite tech, du national-conservatisme et de l'anarcho-capitalisme. Selon Legrand, ce courant politique, soutenu par des intellectuels aux positions simultanément libertariennes et illibérales, remet explicitement en question les fondements démocratiques. Legrand conteste toutefois sa cohérence doctrinale et l'interprète davantage comme une stratégie d'influence économique menée par des industriels fortunés, s'apparentant à ce que Murray Bookchin qualifiait de propriétarianisme, c'est-à-dire un système au sein duquel la liberté est définie comme le pouvoir d'appropriation et de marchandisation de l'espace public[9].
En novembre 2025, le mouvement MAGA connaît des tensions internes majeures qui révèlent ses fractures idéologiques. Les dissensions portent notamment sur la politique étrangère de Trump, notamment vis-à-vis d'Israël, et sa proximité avec les magnats du numérique. Marjorie Taylor Greene, longtemps fidèle à Trump, rompt publiquement avec lui sur l'affaire Epstein. Parallèlement, la mouvance néonazie des Groypers menée par Nick Fuentes gagne en influence auprès des jeunes conservateurs. Cette radicalisation divise le mouvement MAGA entre ses composantes traditionnelles pro-israéliennes et cette frange extrémiste qui rejette ce soutien. Le vice-président J. D. Vance se trouve dans une position délicate, devant naviguer entre ces courants antagonistes tout en étant lui-même ciblé par les éléments racistes du mouvement en raison de son épouse d'origine indienne[10].
