Union des étudiants juifs de France

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L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) est une association issue de la Résistance juive en France créée en 1944, qui souhaite représenter les étudiants juifs en France.

Fondation
Origine
Étudiants issus de la Résistance juive en France
Zone d'activité
enseignement supérieur, éducation nationale, international
Faits en bref Fondation, Origine ...
Union des étudiants juifs de France
Logo de l'Union des étudiants juifs de France.
Histoire
Fondation
Origine
Étudiants issus de la Résistance juive en France
Cadre
Zone d'activité
enseignement supérieur, éducation nationale, international
Type
Forme juridique
Siège
Pays
Organisation
Effectif
15 000 étudiants
Fondateur
Dely Tecuciano
Président
Yossef Murciano
Affiliation
EUJS (European Union of Jewish Students)
Site web
Fermer

Histoire

Fondation

L'UEJF est née à l'initiative d'un groupe d'étudiants juifs issus de la Résistance dirigé par Dely Tecuciano. Sa première vocation est la réinsertion dans la vie sociale, en recouvrant notamment leurs droits d'étudiants, de jeunes juifs revenus de déportation.

Des années 1960 aux années 1990

Pendant la guerre d'Algérie le mouvement est déchiré entre les sections de la métropole qui soutiennent l'indépendance et les sections algériennes qui y sont opposées. Mais après 1962, l'UEJF participe à l'intégration des juifs d'Algérie « rapatriés » en France.

À la suite de la guerre des Six Jours en 1967 et des évènements de Mai 1968, le mouvement est au bord de la disparition. Une partie des cadres décide de faire leur aliyah en Israël tandis que d'autres s'engagent dans le militantisme d'extrême gauche (ainsi la section strasbourgeoise qui « s'autodissout dans le peuple » en 1968).

Au milieu des années 1980, l'UEJF participe à la création du mouvement SOS Racisme[1].

En même temps, l'UEJF commence à s'implanter dans les universités. Le mouvement se transforme progressivement et noue des liens avec l'UNEF (surtout dans sa période UNEF-ID) et la MNEF.

Années 2000 et suivantes

Au début des années 2000, sous la houlette de Patrick Klugman et pour faire face au déclenchement de la nouvelle Intifada et des troubles antisémites en France, l'UEJF publie Les antifeujs, livre blanc des violences antisémites en France, puis Le sionisme expliqué à nos potes où elle se déclare « sioniste » et « propalestinienne ».

L'UEJF s'implique dans la transmission de la mémoire de la Shoah et la lutte contre le négationnisme et le révisionnisme. En 2002, L'UEJF organise un tour d'Europe de la mémoire, avec pour thème majeur la place de la mémoire de la Shoah dans la construction de l'identité européenne. Depuis, chaque année, l'UEJF organise un voyage similaire, où des étudiants ont l'occasion de visiter les camps d'extermination.

Dans la continuation de ce travail de mémoire, sous l'impulsion de Benjamin Abtan, l'UEJF s'est engagé pour un « dialogue des mémoires ». L'objectif de ce dialogue est de dépasser la concurrence des mémoires génocidaires. Ceci a eu pour premier aboutissement, l'organisation par l'UEJF d'un voyage au Rwanda en février 2006 et la publication d'un ouvrage Rwanda pour un dialogue des mémoires. De même, depuis 2004, l'UEJF organise chaque année en partenariat avec SOS Racisme le spectacle « Rire contre le racisme », qui a lieu depuis ses débuts dans la salle du Zénith à Paris. Depuis 2009, le spectacle est retransmis chaque année sur France 2.

Toujours en 2004, l'UEJF est fondatrice du programme Coexist, module pédagogique de déconstruction des préjugés en milieu scolaire, qu'elle mène avec SOS Racisme et la Confédération étudiante[2].

Le 15 mars 2009, elle organise les premières assises nationales de la lutte contre les préjugés, qui réuniront un grand nombre d'acteurs associatifs. En avril 2009, Raphaël Haddad[3] s'illustre en lançant un nez rouge au chef d'État iranien à la tribune de l'ONU à Genève, à l'occasion de la conférence mondiale contre le racisme, Durban 2[4].

L’UEJF crée Soutien J, une équipe d’étudiants bénévoles qui donnent un peu de leur temps en aidant des élèves en difficultés scolaire et financière[5][source insuffisante].

En janvier 2011, sous la présidence d'Arielle Schwab, un voyage en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés avec les représentants nationaux des organisations de jeunesse des partis politiques (Jeunes Populaires, MJS, Jeunes Démocrates et Jeunes Centristes)[6] est organisé.

En septembre 2011, l’UEJF demande à Apple France de retirer l’application « Juif ou pas juif » de l'App Store, renseignant sur l’identité juive de personnages connues. Un mois plus tard, après sa remise en ligne, l’UEJF dépose une plainte contre Apple, pour constitution d’un fichier illicite[7].

En janvier 2012, l'UEJF et SOS Racisme alertent la classe politique sur la participation de Marine Le Pen à un bal viennois organisé par des corporations ouvertement nazies, antisémites et négationnistes. En réponse à cela, l’association organise un bal antiraciste avec SOS Racisme devant le siège du Front national[8],[9].

Le 19 mars 2012, jour de l’attentat antisémite dans l’école Ozar Hatora de Toulouse, l’UEJF appelle à une grande marche silencieuse allant de République à Bastille. Elle réunira près de 20 000 personnes. Le 25 mars, une seconde marche silencieuse en solidarité avec les Toulousains est organisée par l’UEJF, SOS Racisme, la LICRA et l’Association des victimes du terrorisme[10].

Du 28 mars au 1er avril 2012, l’UEJF organise son voyage de la mémoire annuel qui a pour but d’emmener des étudiants en Pologne visiter des lieux d’extermination afin de mieux comprendre la spécificité de la Shoah. Cette année-là, la délégation est composée de Juifs de France et d’Iraniens afin de lutter contre le négationnisme et les discours de haine.

Du 22 au 29 avril 2012, l’UEJF accueille pour la première fois une délégation d'étudiants israéliens lors d’un projet appelé « Avoir 20 ans en Israël », destiné à réduire la prégnance des préjugés et amalgames sur Israël, au profit de la connaissance de l’autre et du dialogue. Cette délégation se rend dans des facultés et écoles de Paris et de province pour parler de culture israélienne (Sciences Po Paris, Polytechnique, Lyon 2, Nanterre, l’ESJ Lille et Toulouse-Le Mirail). Lors de leur passage à Toulouse, des appels à la haine antisémite et au meurtre des juifs visent ces étudiants dans l’enceinte de l’université[11].

En mai 2012, Jonathan Hayoun porte plainte contre Google à la suite d'un problème dans son moteur de recherche, plaçant systématiquement le terme « juif » après celui d’une personnalité[12],[13].

Juillet 2012 marque l’anniversaire des 70 ans de la rafle du Vel d’Hiv. L’UEJF publie un sondage réalisé avec l’institut CSA : la majorité des jeunes déclarent n’avoir jamais entendu parler de cet événement[14].

Sacha Reingewirtz en compagnie de Yossi Gal, ambassadeur d’Israël en France le 17 février 2015 à Sarre-Union.

Début octobre 2012, un record de propos antisémites accompagne le mot-dièse « #unbonjuif ». Jonathan Hayoun prend position contre Twitter et demande un rendez-vous avec Twitter France. Après cette rencontre, Twitter s’engage à retirer les tweets antisémites et racistes signalés par l’UEJF. N'acceptant pas de donner les éléments d'identification des auteurs, l’UEJF assigne Twitter France devant le tribunal de grande instance de Paris le 8 janvier 2013[15]. La décision de justice sera en faveur de l’UEJF. Twitter devra communiquer « les données en sa possession de nature à permettre l’identification de quiconque a contribué à la création des tweets manifestement illicites » et aussi « mettre en place dans le cadre de la plateforme française du service Twitter un dispositif facilement accessible et visible permettant à toute personne de porter à sa connaissance des contenus illicites, tombant notamment sous le coup de l’apologie des crimes contre l’humanité et de l’incitation à la haine raciale[16]. »

Le 20 mars 2013, l’association étudiante attaque au pénal Twitter ainsi que son président Dick Costolo pour ne pas avoir appliqué la décision de la justice française : Twitter avait deux semaines à compter de la décision du TGI de Paris rendue le 24 janvier pour révéler l’identité des auteurs des tweets antisémites. L’UEJF dénonce également le refus de Twitter à mettre en place une plateforme qui permettrait aux utilisateurs de signaler les messages illégaux[17].

Depuis mai 2014, l’UEJF fait venir l’équipe de football d’Abou Gosh, une équipe de 11 jeunes, Juifs israéliens et Arabes israéliens, qui vont à la rencontre d’équipes françaises dans plusieurs banlieues parisiennes telles que Sarcelles, Massy ou Saint-Denis[18].

En avril 2014, de même qu'en 2016, l’UEJF organise à nouveau « Avoir 20 ans en Israël » : une délégation d’étudiants israéliens de l’association WhatIsRael participe à une semaine de rencontres dans les universités de France[19].

En 2015, l'UEJF et SOS Racisme portent plainte contre 10 candidats aux élections départementales du mois de mars[20] pour des propos racistes et antisémites tenus sur le net[21].

En 2017, l'UEJF lance une campagne d'affichage contre le Front national ; pour l’UEJF, « l’art et la culture, que le Front national souhaite museler, est un moyen d’expression fort pour lutter contre un parti qui remettrait en cause les libertés fondamentales des citoyens français[22]. » Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen à Emmanuel Macron, l'UEJF appelle à voter contre la candidate FN[23].

Le 28 septembre 2023, l'UEJF publie un sondage Ipsos montrant que neuf étudiants juifs sur dix subissent de l'antisémitisme durant leurs études[24].

À la suite de la nomination de Gabriel Attal comme Premier ministre à hôtel de Matignon en janvier 2024[25], l'UEJF se plaint d'attaques antisémites puis homophobes, notamment sur X[26],[27], dénonçant aussi une vague de haine à l'égard de Gabriel Attal dans certains titres de presse étrangers ainsi que sur les réseaux sociaux[28],[29],[30]. Elle réclame globalement des sanctions, notamment contre le site Égalité et Réconciliation d'Alain Soral, accusé régulièrement de faire la promotion du complotisme, contre les propos antisémite (tels ceux d'Elon Musk) ;elle demande à ce que soit mis en application le règlement sur les services numériques, qui a cours depuis le 19 octobre 2022[31],[32].

Depuis l'attaque du Hamas d'octobre 2023

Le 9 octobre 2023, l'UEJF rejoint l'appel du CRIF pour la marche soutenant Israël, malgré la présence du RN, à la suite des attentats du 7 octobre[33].

Le 22 octobre, l'UEJF appelle à une manifestation pour la libération des otages face à la cour de l’École militaire. Une table est mise en place avec 200 chaises et couverts vides pour montrer le manque que les otages procurent[34].

Le 12 mars 2024, une étudiante membre de l'UEJF est exclue d’un amphithéâtre, renommé « amphithéâtre Gaza » pour l’occasion, lors d’une occupation organisée par le Comité Palestine à Sciences Po Paris. Cette exclusion aurait été motivée par son identification en tant que « sioniste ». La direction de Sciences Po et la ministre de l'Enseignement supérieur Sylvie Retailleau condamnent ces agissements, la ministre les qualifiant d'« intolérables » et de « choquants »[35],[36],[37],[38]. Le lendemain, Gabriel Attal dénonce les propos tenus dans le cadre de cette mobilisation et dit saisir la justice[39],[40].

Controverse

Le , l'UEJF publie un tweet indiquant que leurs militants ont été victimes de violences et « traînés à terre » à la suite d'une action qui visait à perturber un colloque sur les évènements du 7 octobre organisé à Pantin par le collectif Urgence Palestine et le média Paroles d'Honneur[41]. Alors que les organisateurs nient avoir porté des coups aux membres de l'UEJF, une vidéo montre l'un des militants de l'UEJF[42] se déplacer seul au sol en hurlant « Me tapez pas ! » puis « On me tape », sans que personne ne le frappe[43]. La vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, semble discréditer les propos de l'UEJF qui est accusée d'avoir simulé une agression[44]. Critiqué, le militant, par la suite identifié comme Kevin Cohen, conseiller municipal de Romainville (Seine-Saint-Denis), remet sa démission fin octobre[45]. Le maire de Romainville, François Déchy, réagit : « Ensemble, nous avons convenu que l’action qu’il avait menée n’était pas compatible avec ses devoirs et ses responsabilités d’élu municipal[44]. »

Présidents

  • Théo Klein (1945-1950)
  • Léon Ashkenazi (1950-1955)
  • Éric Ghebali[46] (1984-1985)
  • Marc Roshman (1990-1991)
  • Yariv Abehsera[47] (1995-1996)
  • Patrick Klugman (2001-2003)
  • Yonathan Arfi (2003-2005)
  • Benjamin Abtan (2005-2007)
  • Raphaël Haddad (2007-2009)
  • Arielle Schwab (2009-2011)
  • Jonathan Hayoun (2011-2013)
  • Sacha Reingewirtz (2013-2016)
  • Sacha Ghozlan (2016-2019)
  • Noemie Madar (2019-2021)
  • Samuel Lejoyeux (2021-2024)
  • Yossef Murciano (depuis 2024)

Références

Voir aussi

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