UN Watch

ONG pour les droits de l'Homme basée en Suisse From Wikipedia, the free encyclopedia

UN Watch, ou United Nations Watch, est une organisation non gouvernementale qui se donne pour mission « d’assurer que l’ONU respecte sa propre Charte et que les Droits de l’Homme soient accessibles à tous ».

Faits en bref Fondation, Type ...
UN Watch
(en) Monitoring the United Nations, Promoting Human RightsVoir et modifier les données sur Wikidata
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaines d'activité
Siège
Pays
Organisation
Fondateur
Président
Alfred H. Moses (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Directeur
Site web
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Elle est considérée comme un lobby pro-israélien[1],[2],[3].

Présentation

Fondée en 1993 par l'ambassadeur américain auprès de l'ONU, Morris Abram, elle est basée à Genève (Suisse). Elle est accréditée du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies et est une organisation non-gouvernementale associée au Département de l'Information publique des Nations unies (en) depuis 2005[4].

UN Watch est financée par des dons privés et des fondations caritatives[5].

Affiliée au Congrès juif mondial de 1993 à 2000 puis à l’American Jewish Committee de 2001 à 2013, l'organisation affirme désormais être « pleinement indépendante »[1].

Le directeur exécutif de l'organisation est l'avocat Hillel Neuer, qui intervient régulièrement au Congrès des États-Unis pour y analyser les activités du Conseil des droits de l’homme de l'ONU[6].

Conseil d'administration

Les membres du Conseil d'administration sont[7] :

Actions

L'ONG UN Watch se donne pour mandat de veiller à ce que l’Organisation des Nations unies (ONU) respecte des normes élevées de sa Charte et de défendre les Droits de l’homme pour tous et partout dans le monde[8],[9]. Représentant la diplomatie mondiale, l'ONU est tenue à ce respect et doit s'interdire de faire un usage abusif ou injuste de son autorité morale, notamment lorsqu'une équivalence morale entre victime et agresseur est suggérée.

Le directeur d'UN Watch, Hillel Neuer, possède un accès privilégié au Congrès américain où il se rend régulièrement pour dresser un état des lieux des activités du Conseil des droits de l’homme[6].

UN Watch mène des campagnes contre des personnalités qu'elle juge critiques à l'égard de la politique de l’État israélien, comme le sociologue suisse Jean Ziegler ; l’Égyptienne Mona Seif (nommée au Prix Martin Ennals – récompensant à Genève un défenseur des droits de l’homme) ; Richard Falk rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, ou encore Richard Goldstone et Christine Chinkin, tous deux désignés par l’ONU pour enquêter sur la guerre menée par l’armée israélienne sur la bande de Gaza en 2008[6].

UN Watch a critiqué les violations des droits de l'homme en République démocratique du Congo[10],[11], au Darfour[12],[13] ou en Haïti, et a fait entendre sa voix contre des abus de régimes tels que la Chine, l'Iran[14], le Venezuela, Cuba et la Russie. L'ONG profite régulièrement du temps qui lui est alloué lors des séances du Conseil des droits de l'homme des Nations unies pour permettre à des dissidents et des défenseurs des droits de l'homme de témoigner ou s'exprimer publiquement.

UN Watch  parfois conjointement avec d'autres ONG comme Freedom House  s'oppose régulièrement depuis des années à la candidature au Conseil des droits de l'homme de l'ONU de pays qui bafouent eux-mêmes les droits de l'homme dans leur propre pays ou aux antécédents lugubres en matière de droits de l'homme[15]. Elle dénonce ainsi la candidature des pays suivants : Angola, Biélorussie, Égypte et Qatar (2007)[16], également Bahreïn, Gabon, Pakistan, Sri Lanka et Zambie (2008), aussi Chine, Cuba et Arabie saoudite que l'ONG qualifie de « pires des pires » (2009[17] et 2014[18]), Syrie (2011)[19] ; dans une moindre mesure : Bolivie, Inde, Indonésie, Nicaragua, Philippines, Afrique du Sud, Azerbaïdjan, Cameroun, Djibouti, Russie, Bangladesh, Jordanie, Kenya, Kirghizistan, Nigéria et Sénégal et également Iran qui avait postulé[20]. L'ONG rappelle régulièrement que la résolution de l'ONU de 2006 qui ordonnait la création de l'institution, stipule que lors de la sélection des pays pour le Conseil des droits de l'homme, les États membres de l'ONU « tiendront compte de la contribution des candidats à la promotion et à la protection des droits de l'homme ».

UN Watch publie en 2022 un rapport accusant l'UNRWA (organe des Nations unies pour les réfugiés palestiniens) d'incitation à l'antisémitisme et au terrorisme et de publier des contenus néo-nazis dans ses écoles. Malgré les appels de l'organisation suisse, l'UNWRA ne prend aucune mesure contre les enseignants incriminés[21]. UN Watch a également accusé le syndicat de l'UNRWA à Gaza et son directeur d'avoir rejeté avec véhémence le projet de la direction de l'UNRWA d'introduire l'enseignement de la Shoah dans ses écoles palestiniennes[22]. UNWatch se joint en 2023 au gouvernement israélien pour accuser des membres du personnel de l'UNRWA d’être impliqués dans les attaques en Israël du 7 octobre.2023 ; le directeur d'UNRWA licencie alors une douzaine de membres du personnel accusés par Israel[1].

En 2022, UN Watch publie de nombreuses accusations de violations des droits de l'homme et d'utilisation de la torture contre les personnes LGBT en Palestine (territoires palestiniens et bande de Gaza) par l'Autorité palestinienne et le gouvernement du Hamas, et affirme qu'elles sont souvent confrontées à la menace de la mort, à la torture et sont contraintes de fuir - notamment en Israël où dans les pays où leur nature et mode de vie sont respectés[23],[24].

Le directeur d'UNW, Hillel Neuer, reproche pendant des années à l'ONU un biais antisioniste et antisémite, ce qu'il appelle un « traitement sélectif et politisé d'Israël » par de nombreux organes de l'ONU, qui donne lieu à un traitement déséquilibré et injuste d'Israël[25].

UN Watch accuse en 2024 le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de « parti pris » anti-israéliens et pro-Hamas, violant ainsi son principe de neutralité. Celle-ci défend sa neutralité et pointe des erreurs factuelles dans les allégations d'UN Watch[1].

Réception

Le groupe UN Watch est salué par l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan : « J'apprécie profondément le travail précieux effectué par UN Watch. Je crois qu'une évaluation informée et indépendante des activités des Nations unies s'avérera une source vitale alors que nous cherchons à adapter l'Organisation aux besoins d'un monde qui change »[26].

Martin Peretz (en) de The New Republic décrit en 2007 l'organisation comme « une organisation qui dit la vérité »[27]. Claudia Rosett (en), journaliste en résidence à la Foundation for Defense of Democracies (en), qualifie également UN Watch de « fidèle et inestimable »[28].

L'Agence France-Presse (AFP) décrit UN Watch à la fois comme un groupe « de pression ayant des liens étroits avec Israël » et comme « défendant les droits de l'homme dans le monde entier »[9]. L'Agence télégraphique juive (JTA) décrit UN Watch comme une organisation pro-israélienne[29]. The Economist voit également cette ONG comme un « moniteur pro-israélien »[30].

Critiques

Ian Williams, ancien président de l'Association des correspondants des Nations unies (en)[31] et auteur de The UN For Beginners[32], écrit en 2007 que l'objectif principal de UN Watch « est d'attaquer les Nations unies en général, et son conseil des droits de l'homme en particulier, pour parti pris présumé contre Israël ». Williams soutient la condamnation par UN Watch du Conseil des droits de l'homme de l'ONU comme une organisation hypocrite, mais accuse également UN Watch lui-même d'hypocrisie pour ne pas avoir dénoncé ce qu'il a appelé « les transgressions israéliennes manifestes contre les droits humains des Palestiniens »[33].

La journaliste et militante politique américaine, membre de BDS, Phyllis Bennis, décrit en 2013 UN Watch comme une « petite organisation de droite basée à Genève » qui est « peu connue en dehors du siège de l'ONU » mais « anti-droits de l'homme » et « anti-ONU »[34]. Elle souligne que « saper et délégitimer » Richard Falk[35] par des « accusations calomnieuses » était une « obsession d'UN Watch » « soutenu par (l'ONG internationale) Human Rights Watch », lorsque Falk est devenu rapporteur spécial[34].

Des méthodes jugées « agressives » de l'organisation ont fait l'objet de critiques[6] ; d'après Cornelio Sommaruga, ancien président du CICR, le fondateur d'UN Watch Morris Berthold Abram, « a voulu créer une organisation pour critiquer l’ONU. Mais dès le départ, derrière son projet, c’est la question d’Israël à l’ONU qui le préoccupait. Or ce n’est pas la tâche d’une ONG de plaider la cause d’un État »[6].

Le politologue américain David Forsythe soutient que « UN Watch n'est pas objectif. UN Watch n'est pas neutre... Et UN Watch publie beaucoup de commentaires erronés »[1].

Notes et références

Voir aussi

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