Ubirr
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Ubirr, autrefois appelé Obiri Rock, nom donné par C. P. Mountford[1] est une formation rocheuse et un parc situés dans la région d'East Alligator, dans le parc national de Kakadu, en Australie, dans le Territoire du Nord.
dans le parc national de Kakadu.
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Ce site est réputé pour son art rupestre. Il se compose d'un ensemble d'affleurements rocheux en bordure de la plaine inondable de Nadab, où se trouvent plusieurs abris naturels renfermant une collection de peintures rupestres aborigènes, dont certaines sont millénaires.
Le parc est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. La région est réputée pour son art rupestre aborigène.
Peintures rupestres
Ubirr est situé à environ 40 km de Jabiru, accessible par une route asphaltée. Toutefois, la configuration de cette voie fait que, lors d’épisodes de précipitations abondantes, l’accès au site peut être restreint. Un sentier pédestre mène les visiteurs aux principaux sites d'art rupestre.
Les rochers sont peints et repeints sans interruption depuis 40 000 av. J.-C.[2]. La plupart des dessins visibles datent des 2 000 dernières années. Certains ont été repeints plus récemment. Trois galeries principales sont ouvertes aux visiteurs. Des gardes du parc, souvent des autochtones, sont présents sur place et peuvent fournir des explications sur l’art rupestre.
Motifs animaliers
Les peintures rupestres se trouvent sur un surplomb rocheux en bordure d'une vaste plaine inondable (la plaine inondable de Nadab). Ces surplombs rocheux offrent un abri naturel. Certaines de ces peintures sont millénaires. Les scènes représentent la création du monde par les ancêtres, ainsi que des animaux locaux tels que le barramundi (Lates calcarifer), le poisson-chat, le mulet, le varan (varan australien du genre Varanus), la tortue à cou de serpent (Chelidae), la tortue à carapace molle de Nouvelle-Guinée (Carettochelys insculpta), le couscous des rochers (Petropseudes dahli) et différentes espècesde wallabies (kangourous de petite à moyenne taille). On peut également y observer une peinture du loup de Tasmanie (Thylacinus cynocephalus), espèce disparue du nord de l'Australie il y a 2 000 ans, ce qui permet de dater ces peintures rupestres.
Art des rayons X et mythes du Temps du Rêve
La plus importante de ces trois galeries abrite de nombreux exemples de ce qu'on appelle « l'art radiographique », où des motifs animaliers sont représentés comme s'il s'agissait de radiographies, les squelettes et les organes des animaux étant clairement visibles. On y trouve aussi de petits hommes blancs, l'un les mains dans les poches, tandis qu'un autre, les mains sur les hanches, tente de « dominer les Aborigènes ».
Selon la tradition aborigène, les mythes du Temps du Rêve, les esprits Mimi furent les premiers ancêtres à peindre sur les rochers. Ils transmirent leur savoir aux vivants. Parfois, ces esprits ancestraux s'incarnaient dans les rochers sous forme de peintures, les transformant en lieux sacrés. Le lieu le plus sacré est une peinture représentant le Serpent Arc-en-ciel, vieille de plus de 23 000 ans et connue des Aborigènes sous le nom de Garranga'rrelito. Pour la tribu locale, ce lieu demeure sacré, car ce serpent est le créateur des rochers, des plantes, des animaux et des êtres humains. Ce lieu est interdit aux femmes aborigènes.
Galerie principale
La galerie principale est généralement considérée comme la plus photographiée du site et présente de nombreux exemples d'« art radiographique ». Elle comprend également des représentations d'Européens, figurés les mains sur les hanches, ainsi que, dans les parties supérieures de la paroi, des esprits Mimi, silhouettes particulièrement élancées, réputées capables de se faufiler dans les fissures de la roche.
L'emplacement élevé de certaines de ces figures soulève la question des moyens techniques employés pour les réaliser, sans qu'aucune explication définitive ne puisse être avancée. Selon la tradition locale, ces peintures auraient été exécutées par les esprits Mimi eux-mêmes, qui auraient fait descendre les parois rocheuses jusqu'au sol afin de les peindre.
À l'extrémité nord de la galerie principale, on peut voir une peinture d'un thylacine, ou tigre de Tasmanie, qui a disparu de la région depuis environ 2 000 ans, et qui témoigne de l'ancienneté des peintures[3].
Galerie du Serpent arc-en-ciel
Ce site est considéré comme étant le plus sacré d'Ubirr. Selon la tradition, il est réservé aux femmes, bien que cette restriction ne soit pas appliquée aux visiteurs non autochtones.
La tradition aborigène l'associe au passage du Serpent arc-en-ciel, nommé « Garranga'rreli », lors de son parcours à travers le nord de l'Australie au Temps du Rêve. Au cours de cette traversée, l'être ancestral aurait « chanté » les rochers, les végétaux, les animaux et les humains, les faisant ainsi advenir à l'existence. L'itinéraire correspondant, désigné comme une songline (ou « ligne de chant »), demeure un axe spirituel et rituel majeur pour les populations autochtones du nord de l'Australie.
