Un prophète (film, 2009)
film sorti en 2009
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Un prophète est un film français réalisé par Jacques Audiard, sorti en 2009.
Thomas Bidegain
Nicolas Peufaillit
Abdel Raouf Dafri
Niels Arestrup
Adel Bencherif
Hichem Yacoubi
Reda Kateb
| Réalisation | Jacques Audiard |
|---|---|
| Scénario |
Jacques Audiard Thomas Bidegain Nicolas Peufaillit Abdel Raouf Dafri |
| Musique | Alexandre Desplat |
| Acteurs principaux |
Tahar Rahim Niels Arestrup Adel Bencherif Hichem Yacoubi Reda Kateb |
| Sociétés de production |
Why Not Productions Page 114 Chic Films France 2 Cinéma Union Générale Cinématographique (UGC) Celluloid Dreams BIM Distribuzione |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame, film de gangsters |
| Durée | 155 minutes |
| Sortie | 2009 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Présenté en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2009, il y obtient le Grand prix du jury. Quelques mois plus tard, il reçoit le Prix Louis-Delluc. Lors de la cérémonie des César de 2010, il gagne neuf récompenses, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur.
Synopsis
Malik El Djebena, un délinquant de 19 ans, est condamné à six ans de prison. Dès son arrivée en maison centrale, il est confronté aux codétenus. Il est par exemple rapidement menacé par des prisonniers qui lui volent ses chaussures et le rouent de coups lorsqu'il veut les récupérer. Il rencontre aussi Reyeb qui, dans les douches, lui fait des avances sexuelles en lui proposant du haschich contre une fellation.
Des mafieux corses profitent de sa vulnérabilité : ils lui promettent leur protection s'il assassine Reyeb, qui s'apprête à témoigner contre eux, et ils le menacent de le tuer s'il refuse. Malik accepte et les Corses le conseillent et l'entraînent pour le passage à l'action. Faisant semblant d'accepter la proposition de prostitution de Reyeb, Malik le rejoint dans sa cellule. Sa future victime fait preuve de bonté envers lui, lui donne des livres et lui conseille d'apprendre à lire. Malik exécute toutefois les ordres et égorge Reyeb avec une lame de rasoir en maquillant la mort du détenu en suicide.
Il devient le protégé et le domestique de César Luciani, qui contrôle l'ensemble de la prison, les petits et gros trafics, avec l'aide de surveillants soudoyés. Malik gagne la confiance de César qui lui confie des missions. L'assassinat de Reyeb hante Malik dans ses rêves ou par hallucinations au cours desquelles Malik lui parle. Il se lie d'amitié avec un autre détenu, Ryad, qui lui apprend à lire.
À la moitié de sa peine, Malik obtient des permissions de sortie d'une journée par l'intermédiaire de César, qui le charge de ses affaires mafieuses à l'extérieur. Malik lui est indispensable, au moment où l'influence de ce dernier s'amenuise au sein de l'établissement pénitentiaire sous le double effet du transfert de prisonniers corses près de leur famille et de la montée en puissance des Maghrébins religieux musulmans.
Durant ses permissions Malik monte en parallèle des missions corses son propre réseau de trafic en prison avec l'aide de Ryad (qui est sorti entre-temps) et de Jordi, un prisonnier gitan, puis des « barbus » (surnom donné aux détenus musulmans).
César, trahi dans ses affaires à l'extérieur, reprend le pouvoir en négociant avec Brahim Lattrache, un concurrent marseillais lié aux Italiens, et en éliminant des traîtres au sein de son clan. Il confie à Malik la mission de s'allier localement avec Lattrache pour le partage du territoire puis de trouver une équipe pour exécuter un rival.
Malik devient à son tour un prisonnier influent, alors que César est désormais isolé. Ryad, condamné par un cancer des testicules, confie à Malik le soin de s'occuper de sa femme et de son fils lorsqu'il aura purgé sa peine. À sa libération, celle-ci l'attend devant la prison.
Fiche technique

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- Titre original : Un prophète
- Titre italien : Il profeta
- Réalisation : Jacques Audiard
- Scénario : Jacques Audiard et Thomas Bidegain, d'après un premier scénario d'Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, lui-même d'après une idée originale d'Abdel Raouf Dafri
- Musique : Alexandre Desplat
- Direction artistique : Etienne Rohde
- Décors : Michel Barthélémy
- Costumes : Virginie Montel
- Photographie : Stéphane Fontaine
- Son : Brigitte Taillandier, Marc Doisne, Jean-Paul Hurier, Francis Wargnier, Stephane Rabeau
- Montage : Juliette Welfling
- Production : Marco Cherqui, Pascal Caucheteux, Lauranne Bourrachot, Martine Cassinelli
- Production exécutive : Antonin Dedet
- Sociétés de production[1] :
- France : Why Not Productions, Page 114, Chic Films, France 2 Cinéma, Union Générale Cinématographique (UGC) et Celluloid Dreams, avec la participation de France 2, Canal+ et CinéCinéma, en association avec Sofica UGC 1, Sofica Soficinéma 4 et Soficinéma 5, avec le soutien de la région Île-de-France, le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et le CNC
- Italie : BIM Distribuzione
- Sociétés de distribution[2] : UGC Distribution (France) ; Bim Distribuzione (Italie) ; Cinemien BE (ex ABC Distribution ; Belgique) ; Métropole Films Distribution (Québec) ; Filmcoopi (Suisse romande)
- Budget : 12,48 millions d’€[3]
- Pays de production :
France,
Italie - Langue originale : français
- Format[4] : couleur - 35 mm / D-Cinema - 1,85:1 (Panavision) - son DTS | Dolby Digital
- Genre : drame et film de gangsters
- Durée : 155 minutes
- Dates de sortie[5] :
- France : (Festival de Cannes) ; (sortie nationale)
- Belgique : [6]
- Suisse romande : [7]
- Québec : [8]
- Italie : (sortie nationale) ; (Biografilm Festival)
- Classification[9] :
- France : interdit aux moins de 12 ans[10],[Note 1]
- Italie : tous publics (T - film per tutti)[11]
- Belgique : tous publics (Alle Leeftijden)[6]
- Québec : 16 ans et plus (violence) (16+ / 16 years and over)[8]
- Suisse romande : interdit aux moins de 14 ans[12]
Distribution
- Tahar Rahim : Malik El Djebena
- Niels Arestrup : César Luciani
- Adel Bencherif : Ryad
- Reda Kateb : Jordi, le gitan
- Hichem Yacoubi : Reyeb, la première « mission » de Malik
- Jean-Philippe Ricci : Vettori, un homme de Luciani
- Gilles Cohen : Prof
- Pierre Leccia : Sampierro, l'avocat de Luciani
- Antoine Basler : Pilicci
- Foued Nassah : Antaro
- Jean-Emmanuel Pagni : Santi
- Frédéric Graziani : le chef de détention
- Leïla Bekhti : Djamila, la femme de Ryad
- Rabah Loucif : l'avocat de Malik
- Slimane Dazi : Brahim Lattrache, le caïd de Marseille
- Serge Onteniente : le juge d'application des peines
- Hervé Temime : le procureur
- Taha Lemaizi : Hassan
- Mohamed Makhtoumi : Tarik
- Karim Leklou : un prisonnier musulman
- Farid Larbi : un prisonnier musulman
- Mamadou Minte : Latif, dit « l'Égyptien »
- Guillaume Verdier : Michka
- Pascal Henault : Ceccaldi
- Cindy Danel : Sophie, la prostituée
- Hedi Bouchenafa : un prisonnier rebelle (non crédité)
- Alaa Oumouzoune : un prisonnier rebelle (non crédité)[réf. nécessaire]
- Demon One : le prisonnier racketteur (non crédité)[réf. nécessaire]
Bande originale
La musique originale est composée par Alexandre Desplat. La bande originale commercialisée inclut également des titres préexistants utilisés dans le film, ainsi que certains dialogues et bruitages mixés avec la musique de Desplat :
- Le Dépôt - répliques de Tahar Rahim et Niels Arestrup
- Runeii - Talk Talk
- Interlude - répliques de Tahar Rahim et Niels Arestrup
- Bridging The Gap - Nas feat. Olu Dara
- Corner of my Room - Turner Cody
- Interlude bis - répliques de Tahar Rahim et Niels Arestrup
- Take Me Home With You, Baby - Jessie Mae Hemphill
- Récite - répliques de Tahar Rahim et Niels Arestrup
- Un prophète
- Les Rêves
- La Neige
- La Sortie
- Le Respect
- Visions
- Le Ciel
- Du Drahan Pour l'Imam
- Le Pouvoir
- Gunfight
- Vie et Mort
- La Prophétie
- Fouille
- Mack the Knife - Jimmie Dale Gilmore
Accueil
Accueil critique
| Site | Note |
|---|---|
| Metacritic | 90/100[13] |
| Rotten Tomatoes | 97 %[14] |
| Allociné |
| Périodique | Note |
|---|
Lors de sa présentation à Cannes, Un prophète reçoit un accueil critique triomphal lors de sa projection de la part des spectateurs et de la presse, notamment grâce à la prestation de Tahar Rahim dont c'est le premier rôle au cinéma, plaçant le film comme l'un des favoris pour la Palme d'or[16],[17],[18],[19],[20]. Il reçoit finalement le Grand Prix du Jury.
Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, le film cumule 97 % d'opinions favorables pour 158 critiques[14]. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de 90⁄100 pour 31 critiques[13].
En France, le site Allociné propose une note moyenne de 4,6⁄5 à partir de l'interprétation de critiques provenant de 24 titres de presse[15].
Box-office
Distinctions
Entre 2009 et 2018, Un prophète a été sélectionné ou nommé plus de 120 fois dans diverses catégories et a remporté une cinquantaine de récompenses[23],[24].
Distinctions 2009
- 2009 : Grand Prix du Jury au 62e Festival de Cannes
- 2009 : Prix du meilleur film au Festival du film de Londres[25]
- 2009 : Prix Louis-Delluc
- 2009 : Prix Méliès du Syndicat français de la critique de cinéma
- 2009 : Prix du meilleur acteur européen pour Tahar Rahim
Distinctions 2010
Distinctions 2011
| Festivals de cinéma | Catégorie / Récompense | Nommé(es) / Lauréat(es) | |
|---|---|---|---|
| Alliance des femmes journalistes de cinéma | Meilleur film en langue étrangère | Jacques Audiard | Nomination |
| Association des critiques de cinéma du centre de l'Ohioa | Meilleur film en langue étrangère | Un prophète | Nomination |
| Association des écrivains cinématographiques d'Andalousie (ASECAN - Asociación de Escritores Cinematográficos de Andalucía) |
Prix ASECAN du meilleur film étranger | Jacques Audiard | Lauréat |
| Association du cinéma et de la télévision en ligne | Prix OFTA du meilleur film en langue étrangère | Un prophète | Lauréat |
| Meilleure révélation masculine | Tahar Rahim | Nomination | |
| Bodil | Meilleur film non américain | Jacques Audiard | Nomination |
| Cadres argentés | Prix Cadres Argentés du meilleur film étranger | Jacques Audiard | Lauréat |
| Cercle des critiques de cinéma d'Australie | Meilleur film en langue étrangère | Jacques Audiard | Nomination |
| Cercle des critiques de cinéma de Vancouver | Meilleur film en langue étrangère | Un prophète | Nomination |
| Grands Prix de la vidéo et de la VOD | Prix des professionnels - Meilleur DVD | Jacques Audiard | Lauréat |
| Prix du cinéma et de la télévision irlandais | Meilleur film international | Un prophète | Nomination |
| Meilleur acteur international | Tahar Rahim | ||
| Prix du cinéma polonais (Polish Film Awards) |
Meilleur film européen | Un prophète | Nomination |
| Prix Gopo | Meilleur film européen | Jacques Audiard | Nomination |
| Prix Goya | Meilleur film européen | Un prophète | Nomination |
| Prix Guarani (Prêmio Guarani) |
Meilleur film en langue étrangère | Jacques Audiard | Nomination |
| Prix internationaux du cinéma en ligne (INOCA) (International Online Cinema Awards (INOCA)) |
INOCA du meilleur film en langue étrangère | Jacques Audiard | Lauréat |
| Meilleur film | Un prophète | Nomination | |
| Meilleur acteur | Tahar Rahim | ||
| Meilleur acteur dans un second rôle | Niels Arestrup | ||
| Roberts - Prix du cinéma danois | Meilleur film non américain | Jacques Audiard | Nomination |
| Société des critiques de cinéma internationale (International Cinephile Society Awards) |
Prix ICS du meilleur film | Un prophète | Lauréat |
| Prix ICS du meilleur réalisateur | Jacques Audiard | ||
| Prix ICS du meilleur acteur dans un second rôle | Niels Arestrup | ||
| Prix ICS du meilleur film en langue étrangère | Un prophète | ||
| Meilleur scénario adapté | Jacques Audiard, Abdel Raouf Dafri, Thomas Bidegain et Nicolas Peufaillit | Nomination | |
| Meilleur acteur | Tahar Rahim | ||
| Société des critiques de films en ligne | Meilleur film en langue étrangère | Un prophète | Nomination |
| Société nationale des critiques de cinéma | Meilleur film en langue étrangère | Un prophète | Nomination |
Autour du film
- Antonin Peretjatko a réalisé un documentaire de 71 minutes sur le tournage du film intitulé Derrière les barreaux.
- Le , le scénariste Abdel Raouf Dafri annonce que le film sera bientôt décliné en série télévisée et qu'il se chargera lui-même de l'écrire, accompagné de Nicolas Peufaillit[26]. La diffusion est prévue en 2024.
- En 2026 Canal + diffuse la série Un prophète, spin-off[27] du film de Jacques Audiard. À la tête du projet le trio Abdel Raouf Dafri, Nicolas Peufaillit et Marco Cherqui, qui avaient déjà travaillé sur le film d'Audiard. Le nouvel héros est interprété par Mamadou Sidibé, avec aussi Sami Bouajila, Ouassini Embarek, Salim Kechiouche ou encore Nailia Harzoune.