Vassyl Porik
soldat soviétique ukrainien puis résistant en France
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Vassyl Vassylievytch Porik, aussi orthographié Vassili Porik ou Vasil Porik (en ukrainien : Василий Васильевич Порик), né le à Solomyrka (en Podolie, alors en république socialiste soviétique d'Ukraine) et mort fusillé le à Arras (France), est un officier soviétique ukrainien devenu résistant en France.
Solomyrka
| Naissance | Solomyrka |
|---|---|
| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
Василий Васильевич Порик |
| Nationalité | |
| Allégeance |
| Parti politique | |
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| Arme | |
| Grade militaire |
Lieutenant (à partir de ) |
| Conflit | |
| Distinctions |
Biographie
Jeunesse et engagement dans l'Armée rouge
Vassyl Vassylievytch Porik naît le à Solomyrka, localité de Podolie, dans l'actuel oblast de Vinnytsia. En février 1920, en pleine guerre d'indépendance ukrainienne, la zone est au cœur des combats et vient de passer sous contrôle bolchévique, après avoir fait partie de l'éphémère république populaire ukrainienne. Vassyl Porik naît dans une famille de paysans pauvres mais entame des études supérieures. Il passe un diplôme de technicien agricole puis se lance dans une carrière militaire, d'abord à l'école d'infanterie d'Odessa puis à l'académie militaire de Kharkiv[1].
Devenu lieutenant en 1941, il entre au Parti communiste de l'Union soviétique au moment où l'Allemagne nazie lance l'opération Barbarossa. Il prend part aux combats en première ligne au sein de la 6e armée du front du Sud-Ouest. Lors de la bataille d'Ouman en juillet 1941, il est blessé puis fait prisonnier par la Wehrmacht[1].
Activités de résistance en France
Vassyl Porik est enfermé dans un stalag jusqu'en 1943, puis envoyé dans le Pas-de-Calais en France (alors situé en zone interdite, administrée militairement depuis la Belgique[2]) pour travailler dans les mines de charbon de la Compagnie des mines de Drocourt. Il fait partie des milliers de Soviétiques, principalement des prisonniers de guerre, raflés par les nazis pour effectuer des tâches de travail forcé dans les territoires occupés. Leurs conditions de détention en France sont très mauvaises mais ils parviennent à sympathiser avec les mineurs français, avec l'aide d'ouvriers d'origine polonaise[1]. Cependant, des doutes subsistent sur l'arrivée en France de Vassyl Porik, il pourrait avoir été envoyé dès le printemps 1942[2] comme Ostarbeiter civil et non comme prisonnier de guerre[3].
À partir de l'été 1943, les Francs-tireurs et partisans français (FTPF ou FTP) et le Front national du PCF mènent des opérations pour faire évader de nombreux prisonniers soviétiques et les aider à échapper aux recherches allemandes. Vassyl Porik s'évade à l'automne du camp de Beaumont-en-Artois (aujourd'hui Hénin-Beaumont). Il est hébergé par un couple de militants communistes qui l'aident à rejoindre la Résistance. Sous l'autorité de Victor Tourtois des FTPF, il participe à faire évader d'autres prisonniers soviétiques pour constituer le « bataillon soviétique » qui devient très actif. Le groupe aurait tué jusqu'à 300 soldats et officiers allemands, plusieurs collaborateurs, détruit plusieurs ponts et convois militaires[1],[4].
Le , le bataillon lance une attaque contre le camp de Beaumont-en-Artois, tuant une dizaine de gardes wallons, rexistes notamment affectés à la surveillance des camps de prisonniers. Des civils ukrainiens sont libérés, mais les forces allemandes d'occupation intensifient leur répression et se mettent à leur poursuite. Le lendemain, ils encerclent les résistants dans le quartier de la Parisienne à Drocourt et des combats commencent[4]. Tandis qu'un de ses compatriotes, Vassyl Kolesnyk, meurt dans l'opération, Vassyl Porik est blessé et capturé, puis transféré à la prison Saint-Nicaise d'Arras où il est soumis à la torture. Début mai, il s'évade en égorgeant un soldat allemand à la baïonnette[1],[4]. Encore handicapé par sa blessure, il reprend ses activités dans la Résistance tout en étant activement recherché par les troupes allemandes. Il est hébergé en juin 1944 par un couple de la ville de Grenay. Il devient ami avec leur fils, qui l'aide à apprendre le français et à qui il apprend quelques notions de russe[4].
Le à Loos-en-Gohelle à proximité de Lens, une embuscade allemande met fin à sa cavale, alors qu'il circule à vélo en direction de Liévin. Il pourrait avoir été dénoncé[4]. Quelques jours plus tard, le , il est condamné à mort par le tribunal militaire d'occupation d'Arras. Fusillé le à 19 h 44 à la citadelle d'Arras[5] avec son compatriote Vassyl Dozenko, il est le dernier des 218 fusillés d'Arras. Il est alors âgé de 24 ans. La ville d'Arras sera libérée le [1].
Hommages et postérité
Alors que les soldats soviétiques capturés par l'armée allemande étaient souvent jugés coupables de « trahison » et envoyés dans les camps du goulag à leur retour de détention[6], Vassyl Porik est élevé à titre posthume au rang de Héros de l'Union soviétique. Le , un monument de granit commandé par l'URSS, commémorant la mort de Vassyl Porik, est installé dans le cimetière d'Hénin-Liétard[1].
Le à Grenay, village où il a vécu pendant plusieurs mois, est inauguré un jardin Vassyl-Porik. Deux plaques biographiques y figurent, rappelant le parcours du résistant communiste[4]. La ville soutient également la publication en 2021 d'un ouvrage qui lui est dédié, Vasil Porik, un guérillero soviétique au coeur du Pays Noir, écrit par l'historien de l'immigration Jacques Kmieciak[7]. des exemplaires sont distribués dans les établissements soclaires du département[3].
Son village natal de Podolie, qui porte désormais son nom (« Porik »), possède un musée retraçant son parcours[3]. Une avenue est également nommée d'après lui au nord-ouest de Kyïv.