Veronica Lake
actrice américaine, XXe siècle
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Constance Ockelman, dite Veronica Lake, née le [1] à New York et morte le à Burlington (Vermont), est une actrice américaine.
New York (État de New York, États-Unis)
| Nom de naissance | Constance Frances Marie Ockelman |
|---|---|
| Surnom | The Peek-a-boo Girl |
| Naissance |
New York (État de New York, États-Unis) |
| Nationalité | Américaine |
| Décès |
(à 50 ans) Burlington (Vermont, États-Unis) |
| Profession | Actrice |
| Films notables |
Les Voyages de Sullivan Tueur à gages La Clé de verre Ma femme est une sorcière Le Dahlia bleu |

Sa carrière connaît son apogée dans les années 1940. Elle tourne la quasi-totalité de ses films sur une période de moins de dix ans, entre 1939 et 1949, et accède très rapidement à la célébrité.
Son style, et en particulier sa coiffure très caractéristique laissant retomber une mèche sur un œil, contribue à faire d'elle une figure emblématique du cinéma hollywoodien classique. Cette particularité servira plus tard de modèle au personnage de Jessica Rabbit.
Biographie
Jeunesse
Veronica, née Constance Ockelman à Brooklyn, New York, se classe troisième dans un concours de beauté en Floride dans sa jeunesse. Sa mère, Veronica, décide alors de tenter de faire d'elle une star de cinéma[2]. À douze ans, elle perd son père, Harry E. Ockelman, et sa mère se remarie un an plus tard. En 1938, la famille déménage à Beverly Hills, où Veronica suit des cours d'art dramatique.
Débuts au cinéma et ascension


Lake commence sa carrière d'actrice comme figurante dans Sorority House (1939) et apparaît ensuite dans plusieurs petits rôles. Lors du tournage, le réalisateur John Farrow remarque sa coupe particulière, une longue mèche de cheveux blonds qui lui cache l'œil droit, lui donnant un air mystérieux[3]. Il la présente au producteur de la Paramount, Arthur Hornblow Jr., qui lui attribue son nom de scène : « Veronica » pour son prénom et « Lake » (« lac » en anglais) pour évoquer le bleu de ses yeux[4]. En 1941, elle obtient un contrat avec la Paramount.
Veronica Lake accède à la célébrité avec le film L'Escadrille des jeunes (1941) et devient un visage emblématique de la femme fatale dans les films noirs tels que La Clé de verre, Tueur à gages ou Le Dahlia bleu, partageant souvent l'affiche avec Alan Ladd, avec qui elle tourne quatre films.
À partir de 1942, durant la Seconde Guerre mondiale, sa coiffure devient très populaire auprès des femmes américaines. Selon certaines sources, le gouvernement lui aurait demandé de modifier sa coupe pour des raisons de sécurité dans les usines d'armement, ce qu'elle fait[5].
Vie privée et difficultés personnelles
La célébrité a un effet négatif sur Veronica Lake. Elle acquiert la réputation d'être difficile et capricieuse, notamment en se querellant avec des costars et réalisateurs, en arrivant en retard ou en état d'ébriété sur les plateaux. Ces comportements ont été interprétés comme liés au manque de considération pour les jeunes actrices, jugées seulement comme « accessoires » dans l'industrie[2].
En 1943, son second enfant avec John Detlie, un directeur artistique, naît prématurément après un accident sur un plateau ; le bébé meurt une semaine plus tard. Le couple divorce six mois plus tard. Elle épouse le réalisateur André De Toth en 1944, avec qui elle a deux enfants, mais le mariage est malheureux[2].
Parmi ses relations, elle a fréquenté plusieurs hommes célèbres, dont Marlon Brando, Howard Hughes et Aristote Onassis[2]. Sa vie privée et ses épreuves personnelles contribuent à ses problèmes d'alcool et à la détérioration de sa santé.
Déclin et dernières années

En 1948, la Paramount ne renouvelle pas son contrat, et Veronica tourne de manière sporadique. Elle connaît de graves difficultés financières et plusieurs arrestations pour ivresse[2].
En 1961, un journaliste la retrouve travaillant comme serveuse dans un bar de New York et publie son histoire, ce qui lui vaut un regain de popularité et quelques apparitions télévisées. En 1970, elle publie son autobiographie, Veronica: The Autobiography of Veronica Lake[6], et participe à deux films mineurs.
En 1973, lors d'un séjour dans le Vermont, elle est hospitalisée pour des douleurs abdominales et meurt peu après d'une hépatite aiguë et de complications rénales, liées à des années d'alcoolisme[7]. Elle meurt à cinquante ans. Ses obsèques sont organisées par son fils à New York[8].
Avant sa mort, Veronica a déclaré à propos de sa vie : « Je ne la vivrais pas différemment. Comment apprendrais-je à être une personne autrement ? »[2].
Filmographie
Cinéma


- 1939 : Sorority House de John Farrow : une figurante
- 1939 : The Wrong Room de Lou Brock (court-métrage) : la mariée de l'avocat
- 1939 : Dancing Co-Ed de S. Sylvan Simon : une figurante
- 1939 : Deuxième à gauche (All Women Have Secrets) de Kurt Neumann : une figurante
- 1940 : Young as You Feel de Malcolm St. Clair
- 1940 : Forty Little Mothers de Busby Berkeley
- 1941 : L'Escadrille des jeunes (I Wanted Wings) de Mitchell Leisen : Sally Vaughn
- 1941 : Par la porte d'or (Hold Back the Dawn) de Mitchell Leisen : une actrice
- 1941 : Les Voyages de Sullivan (Sullivan's Travels) de Preston Sturges : Mary Wilson
- 1942 : Tueur à gages (This Gun for Hire) de Frank Tuttle : Ellen Graham
- 1942 : La Clé de verre (The Glass Key) de Stuart Heisler : Janet Henry
- 1942 : Ma femme est une sorcière (I Married a Witch) de René Clair : Jennifer
- 1942 : Au pays du rythme (Star Spangled Rhythm) de George Marshall : elle-même
- 1943 : Les Anges de miséricorde (So Proudly We Hail!) de Mark Sandrich : Olivia d'Arcy
- 1944 : Une heure avant l'aube de Frank Tuttle : Dora Bruckmann
- 1945 : L'Or et les Femmes (Bring on the Girls) de Sidney Lanfield : Teddy Collins
- 1945 : Un cœur aux enchères (Out of This World) de Hal Walker : Dorothy Dodge
- 1945 : Duffy's Tavern de Hal Walker : Veronica Lake
- 1945 : Épousez-moi, chérie ! (Hold That Blonde) de George Marshall : Sally Martin
- 1946 : Le Bel Espoir (Miss Susie Slagle's) de John Berry : Nan Rogers
- 1946 : Le Dahlia bleu (The Blue Dahlia) de George Marshall : Joyce Harwodd
- 1947 : Femme de feu (Ramrod) d'André de Toth : Connie Dickason
- 1947 : Hollywood en folie (Variety Girl) (1947) de George Marshall : elle-même
- 1948 : Trafic à Saïgon (Saigon) de Leslie Fenton : Susan Cleaver
- 1948 : Deux Sacrées Canailles (The Sainted Sisters) de William D. Russell : Letty Stanton
- 1948 : Les Filles du major (Isn't It Romantic?) de Norman Z. McLeod : Candy Cameron
- 1949 : La Furie des tropiques (Slattery's Hurricane) d'André de Toth : Dolores Greaves
- 1951 : Stronghold de Steve Sekely : Mary Stevens
- 1966 : Des pas sur la neige (Footsteps in the Snow) de Martin Green
- 1970 : Flesh Feast de Brad F. Grinter (en) : Dr Elaine Frederick
Télévision
- 1950-1951 et 1953 : Lux Video Theatre (en) (série télévisée) : Stormy Denton / Lou / Beverly
- 1951 : Somerset Maugham TV Theatre (série télévisée) : Valérie
- 1952 : Celanese Theatre (série télévisée) : Abby Fane
- 1952 : Tales of Tomorrow (série télévisée) : Paula
- 1952 : Goodyear Television Playhouse Theatre (série télévisée) : Judy 'Leni' Howard
- 1954 : Broadway Television Theatre (série télévisée) : Nancy Willard
Dans la culture

Plusieurs films contemporains de Veronica Lake font allusion à l'actrice au sein de leur intrigue. Dans Uniformes et Jupons courts de Billy Wilder, la scène du bal final voit ainsi apparaître un groupe de jeunes pensionnaires arborant toutes la coiffure caractéristique de Veronica Lake. Dans L'Ombre d'un doute d'Alfred Hitchcock, la jeune Ann conclut ses prières en demandant à Dieu de bénir sa famille, Veronica Lake et le président des États-Unis[réf. nécessaire].
Dans le film L.A. Confidential, adapté du roman de James Ellroy, Kim Basinger incarne un personnage conçu comme un sosie de Veronica Lake, notamment par sa coiffure emblématique. Le roman s'inscrit dans une série de quatre ouvrages dont le premier, Le Dahlia noir, évoque l'affaire criminelle du même nom et rappelle également le titre du film Le Dahlia bleu, dans lequel Veronica Lake tient l'un de ses rôles les plus connus.
À la fin du XXe siècle, l'actrice connaît un regain de notoriété indirect lorsque son image et sa coiffure servent de modèle au personnage de dessin animé Jessica Rabbit, devenu une figure majeure de la culture populaire.
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Veronica Lake » (voir la liste des auteurs).
- Géraldine Couget : Veronica Lake, la Vénus de poche
- (en) The autobiography of Veronica Lake ; Éditeur : Citadel Press, 1969 (ISBN 0-491-00181-9), (ISBN 978-0-491-00181-6)