Via Arverna

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La Via Arverna (ou route de l'Auvergne) est l'un des chemins contemporains du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui part de Clermont-Ferrand, remonte la vallée de l'Allagnon, franchit les Monts du Cantal, puis redescend la vallée de la Cère jusqu'à Rocamadour et enfin rejoint à Cahors l'itinéraire principal de la via Podiensis ; cette dernière se prolonge jusqu'au col de Roncevaux et, de là, à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il offre une alternative aux quatre chemins principaux décrits dès le XIIe siècle dans le Codex Calixtinus, à savoir (du nord au sud) : la via Turonensis, la via Lemovicensis, la via Podiensis et la via Tolosane.

Le pèlerin de Saint-Jacques, par Éloy Chapsal (Musée d'Aurillac)
Itinéraires du pèlerinage de Saint Jacques

Les chemins anciens

Les villes de départ comme Le Puy-en-Velay, Vézelay ou Arles n’étaient en fait que des villes étapes abritant des sanctuaires incontournables.

Dans les pas de Gerbert d'Aurillac

On sait que le comte de Barcelone passait par Aurillac lorsqu'il faisait des voyages pour Rome. C'est à cette occasion que Borrell II fit la connaissance de Gerbert d'Aurillac et que, émerveillé par ses talents, il repartit avec lui en Catalogne. Par la suite, ce dernier fit plusieurs fois le voyage à Rome avant de devenir pape, tandis que les comtes de Barcelone devinrent vicomtes de Carlat.

Il faut aussi mentionner le pèlerinage du comte de Rouergue en 961, Raymond II, qui fut tué en cours de route par les Sarrazins.

Les pèlerins au Moyen Âge

Les attributs du Pèlerin de Saint-Jacques : le bourdon et la coquille posés à l'étape contre un mur en andésite.

Les hôpitaux Saint-Jacques sur la via Arverna

Façade romane de l'ancienne hôtellerie de l'abbaye d'Aurillac
Coquilles Saint-Jacques sur le tympan de la porte de l'hôtel consulaire d'Aurillac

Au Moyen Âge, le terme « hôpital » désignait un lieu d'assistance et d'asile plutôt qu'un établissement de soins. On y recevait les « pauvres du lieu et pauvres passants », c'est-à-dire tous les voyageurs, dont les pèlerins, pauvres « spirituels », qui, même riches, s'étaient dépouillés volontairement pour prendre la route et « suivre pauvres le Christ pauvre. » Le vocable sous lequel l'hôpital était placé n'est pas sans importance : on pense que celui de « saint Jacques » recevait essentiellement une clientèle de pèlerins venant de Galice sans que la porte ait été fermée aux autres voyageurs.

L'abbaye d'Aurillac avait cette particularité de posséder des prieurés dans toute l'Aquitaine jusqu'en Espagne, de telle sorte qu'on pouvait y descendre à chaque étape jusqu'à hôpital de Sainte-Marie-du-Mont-Cebreiro à O Cebreiro qui lui appartenait, sur le Camino francés de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le Guide du Pèlerin décrit l’accueil à faire aux pèlerins de Saint-Jacques : « Les pèlerins pauvres ou riches qui reviennent de Saint-Jacques ou qui y vont doivent être reçus avec charité et entourés de vénération. Car quiconque les aura reçus et hébergés avec empressement aura pour hôte non seulement saint Jacques, mais Notre Seigneur lui-même, ainsi qu’il l’a dit dans son évangile : qui vous reçoit, me reçoit. »

À chaque passage difficile (rivière, montagne), les asiles assuraient de surcroît le service d’un bac, l’entretien d’un pont ou la protection de ceux qui passaient les cols. Les hospices étaient d’autant plus modestes qu’ils étaient nombreux. Ils ne pouvaient héberger habituellement que de trois à vingt-cinq personnes ; chaque pèlerin ne pouvait y rester qu’une ou deux nuits à moins d’être malade et les pauvres n’y étaient admis que s’ils n’avaient pas la force de mendier.

Le personnel était réduit : le « maître » nommé à vie ou pour un temps (souvent trois ans) et un ou deux frères, une ou deux sœurs pour l’entretien, la préparation des repas et le travail des terres attenantes. Sous le contrôle et la protection des évêques, des municipalités ou des souverains, ils jouissaient de privilèges, telle l’exemption d’impôts. Legs et dons accroissaient leur patrimoine aux revenus duquel pouvaient s’ajouter le produit des quêtes et le bénéfice tiré de différents droits.

Ainsi, se trouvent sur la via Podiensis des hôpitaux Saint-Jacques à Murat, Saint-Jacques-des-Blats, Aurillac, Figeac, Varaire, Cahors, Moissac, La Peyronelle (à l'entrée de Lectoure), Lectoure, Condom (hôpitaux de Saint-Jacques de Teste et de Saint-Jacques de la Bouquerie).

Ils constituent des jalons incontestables du passage des pèlerins d'antan dans ces localités.

Autres traces de chemins anciens

La présence de coquilles Saint-Jacques, d'étoiles de Compostelle ou de bâtons de pèlerins sculptés est interprétée comme l'indice des étapes des pèlerins sur le chemin de Compostelle, par exemple à Riom (Puy-de-Dôme)[1].

Le chemin actuel

Sacs de pèlerins modernes sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle

L'itinéraire moderne a été créé à partir de 2005 par l'Association Chamina[2], association qui gère la randonnée dans le Massif-Central à partir de 1974.

En 2008 le département du Puy-de-Dôme supprime les subventions attribuées à cette association au motif que la vente des topoguides prend le pas sur le premier objectif de valorisation et d’entretien des sentiers et itinéraires. Les autres collectivités territoriales qui travaillent avec Chamina suivent cette décision. C’est l’association nationale de la Fédération Française de Randonnée qui reprend la majorité des actions menées par Chamina dans le Massif-Central mais sans reprendre la gestion de la Via Arverna car non classée en sentier de Grande Randonnée[3]. L'association Chamina disparaît en 2014.

Dans ce contexte, le département du Cantal est précurseur en matière de revalorisation à partir de 2015. La Haute-Loire et le Puy-de-Dôme organisent pour leur part cette mission avec l’association Colportage créée en 1993, une association proche de Chamina, qui a vocation d’agir pour les « arts du chemin ». Pour remédier à l'absence de gouvernance sur l'ensemble de l'itinéraire, mettre en place et financer une nouvelle dynamique, les acteurs répondent à un appel à projet de 2017 « Soutien aux grandes itinérances » du Groupement d’intérêt Public Massif-Central, et du Commissariat général à l'Égalité des territoires : c'est l’agence Cantal Destination qui est désignée[3].

En 2025, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a créé une nouvelle identité visuelle pour promouvoir les Chemins de Saint-Jacques, en particulier ceux en amont du Puy-en-Velay[4]. La carte touristique mentionne la Via Arverna[5].

Dans le Puy-de-Dôme

En Haute-Loire

Dans le Cantal

Dans le Lot

À partir de cette étape, plusieurs possibilités permettent de rejoindre la Via Podiensis ou voie du Puy, en vue de poursuivre le chemin jusqu'en Espagne.

Davantage d’informations Certains vont au sud-ouest, en vue d'atteindre Condom, D'autres piquent vers le sud, pour rejoindre Cahors. ...
Certains vont au sud-ouest,
en vue d'atteindre Condom
  D'autres piquent vers le sud,
pour rejoindre Cahors.
 
puis, sur la via Podiensis
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En Tarn-et-Garonne

Davantage d’informations Sur la variante sud-ouest se dirigeant vers Condom, Sur la via Podiensis, déjà rejointe depuis Cahors ...
Sur la variante sud-ouest
se dirigeant vers Condom
  Sur la via Podiensis,
déjà rejointe depuis Cahors
 
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En Lot-et-Garonne

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Sur la variante sud-ouest
se dirigeant vers Condom
   
   
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Dans le Gers

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    Sur la via Podiensis,
déjà rejointe depuis Cahors
   
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À La Romieu la variante sud-ouest venant directement de Rocamadour rejoint l'itinéraire principal venant de Cahors par la via Podiensis

Dans les Landes

Au départ d'Aire-sur-l'Adour les pèlerins peuvent passer par :

Ou par :

  • Miramont-Sensacq, l'église autrefois placée sous l'invocation de Saint Jacques.

Ils se retrouvaient finalement à :

  • Pimbo, sa collégiale Saint-Barthélemy.

Dans les Pyrénées-Atlantiques

Saint-Jean-Pied-de-Port, enseigne sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle
  • Morlanne,
  • Arthez-de-Béarn et la chapelle de l'ancien hôpital de Caubin.
  • Sauvelade et son abbaye cistercienne.
  • Navarrenx, ses remparts, son église Saint-Germain.
  • Charre et le château de Mongaston.
  • Aroue, l’église Saint-Étienne.
  • Saint-Palais.
  • Lieudit Le Carrefour de « Gibraltar » là ou on a placé au XXe siècle la rencontre symbolique de trois chemins. Il ne doit rien à Tariq ibn Ziyad, c’est simplement une déformation phonétique du sanctuaire de Saint-Sauveur, sur la colline. Chabaltore en basque, est devenu par glissement Chibaltare, Chibraltare et enfin Gibraltar, quartier sud de Saint-Palais.
  • Ostabat-Asme, la chapelle Saint-Nicolas, le hameau d'Harambeltz et son prieuré-hôpital dédiée à saint Nicolas.
  • Larceveau-Arros-Cibits, le hameau d'Utziat, son prieuré-hôpital dédiée à saint Nicolas.
  • Saint-Jean-le-Vieux, l’église de Sainte Marie-Madeleine de la Recluse ou de Betbéder, le hameau d'Apat-Ospitale et son prieuré-hôpital.
  • Saint-Jean-Pied-de-Port, la citadelle, la porte Notre-Dame, le pont Notre-Dame, l’église Notre-Dame du Bout du Pont, cette fois on doit tenir le bon bout.

Deux variantes sont alors possibles :

  • Valcarlos, par mauvais temps ou sol très enneigé

ou

Pour atteindre, en Espagne, le

Enfin les Pyrénées sont franchies. Les actions de grâce fusaient jadis dans toutes les langues de l'Europe. « E Ultreia, e suseia, Deus aida nos » (Plus oultre ! - Plus haut, Plus loin, Dieu aide-nous).

Le pèlerinage continue par le Camino navarro et le Camino francés jusqu'à Compostelle.

Notes et références

Voir aussi

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