Ville ouverte
ville déclarée rendue sans combat en temps de guerre
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En situation de guerre, une ville ouverte est une ville déclarée par les autorités qui la contrôlent devoir être livrée sans combat en cas d'attaque ennemie, afin de lui épargner des dévastations considérées comme inutiles. L'ennemi peut alors prendre en compte cette déclaration et procéder à une occupation sans destructions (mais il est arrivé qu'il y ait tout de même des destructions).

La question se pose notamment lorsque la ville présente un intérêt historique ou culturel, ou compte tenu du nombre de civils présents parmi la population. C'est pourquoi il s'agit souvent de capitales. Mais la ville ne doit pas non plus présenter d'intérêt stratégique dans le conflit en cours ; sa libération ne doit pas jouer dans son règlement final[pas clair].
En général, les réfugiés au courant du havre représenté par une ville réputée épargnée par les bombes, affluent dans une ville ouverte.
Quelques exemples de villes ouvertes (Seconde Guerre mondiale)
Parmi les villes déclarées ouvertes durant la Seconde Guerre mondiale ont figuré :
- Lyon en 1940[1] ;
- Oslo en 1940 ;
- Bruxelles en 1940 ;
- Paris en est brièvement ville ouverte au moment de la débâcle de 1940 pour lui éviter le sort de Rotterdam. Le gouvernement Reynaud se repliant à Bordeaux, laisse la capitale aux autorités civiles de la défense passive, sans envisager d'établir une ligne de défense avant Paris, comme en 1914 (le plan rouge allemand est à ce moment bien avancé) ;
- Belgrade en avril 1941 ;
- Penang en , après la retraite britannique à Singapour ;
- Rome le , à la suite de l'armistice de Cassibile entre le nouveau gouvernement italien (maréchal Badoglio) et les Alliés (les Italiens prévoyaient que les Allemands allaient probablement occuper Rome, ce qui a effectivement eu lieu) ;
- Chieti (dans les Abruzzes) ;
- Athènes, déclarée ville ouverte par les autorités allemandes le [2] ;
- Vienne le 2 avril 1945.
Le statut de ville ouverte lui assure une sauvegarde : en revanche, les environs de Cologne, après les bombardements stratégiques lors de l'avancée des Alliés de l'autre côté du Rhin, furent de plus un enjeu de combats : au sortir de la guerre la cité rhénane était ruinée, il ne restait alors plus guère debout que la cathédrale de Cologne.[pas clair]
Les aspects géostratégiques sont parfois le seul facteur pris en considération : Manille, abandonnée en 1942 par l'armée américaine coupée de ses arrières, est déclarée ville ouverte. Y maintenir une garnison n'avait pas de sens après le désastre de Pearl Harbor (décembre 1941), compte tenu de l'avancée des armées du Japon dans les premiers mois de guerre.
Un statut de protection imparfait

Le statut conféré à la ville ouverte n'est pas inviolable, dans la mesure où bien des villes déclarées ouvertes ont cependant été l'objet de bombardements. Théoriquement, la ville correspondant le plus à la définition devrait être Rome durant le second conflit mondial, du fait de la présence du Vatican, qui offrit à la capitale italienne le statut de ville sainte. Malgré cela, elle fut touchée par un dur bombardement de l'armée américaine le ,[pas clair] à une époque où l'armée italienne était toujours en guerre aux côtés des Allemands.
On peut considérer qu'hormis ce fait la ville fut épargnée par les combats, qui se sont déroulés de manière décisive dans la région dans les ruines du monastère de Monte Cassino. Remontant la botte italique, les Alliés ont aussi négocié avec l'armée allemande et les autorités locales afin d'épargner la ville de Florence ; il aurait été sacrilège pour le patrimoine architectural italien de risquer de voir toucher le Ponte Vecchio, symbole de la Renaissance si ce n'est de la ville tout entière[réf. nécessaire].
De même, bien que les Allemands aient reconnu Belgrade ville ouverte[pas clair], ils la bombardèrent en avril 1941 dans le cadre de la campagne des Balkans.