Villerville
commune française du département du Calvados
From Wikipedia, the free encyclopedia
Villerville est une commune française, ancien village de pêcheurs, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de 620 habitants[Note 1].
| Villerville | |
L'église Notre-Dame (XIIe siècle). | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Calvados |
| Arrondissement | Lisieux |
| Intercommunalité | Communauté de communes Cœur Côte Fleurie |
| Maire Mandat |
Michel Marescot 2020-2026 |
| Code postal | 14113 |
| Code commune | 14755 |
| Démographie | |
| Gentilé | Villervillais |
| Population municipale |
620 hab. (2023 |
| Densité | 188 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 24′ 03″ nord, 0° 07′ 43″ est |
| Altitude | Min. 0 m Max. 144 m |
| Superficie | 3,30 km2 |
| Type | Petite ville |
| Unité urbaine | Dives-sur-Mer (banlieue) |
| Aire d'attraction | Trouville-sur-Mer (commune du pôle principal) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Honfleur-Deauville |
| Législatives | Quatrième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.villerville.info |
| modifier |
|
La commune a longtemps abrité un casino, en bois, situé devant l'estacade. Il est aujourd'hui transformé en hôtel-restaurant. Une moulière existe au large de la plage, sur le banc du Ratier, à environ 3 km.
Géographie
Localisation
La commune est située au nord du pays d'Auge, sur la côte de Grâce, littoral de la Manche entre Trouville-sur-Mer et Honfleur. Son bourg est à 5 km au nord-est de Trouville-sur-Mer, à 9 km à l'ouest de Honfleur et à 17 km au nord de Pont-l'Évêque[1].
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le cours d'eau 01 de la commune de Villerville[4],[Carte 1].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[7] et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an) ; forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents[8]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 2,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 732 mm, avec 11,5 jours de précipitations en janvier et 7,7 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Gatien-des-Bois à 7 km à vol d'oiseau[11], est de 11,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 920,4 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,4 °C, atteinte le ; la température minimale est de −17,8 °C, atteinte le [Note 3].
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[14], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme
Typologie
Au , Villerville est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[15]. Elle appartient à l'unité urbaine de Dives-sur-Mer, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue[16],[17]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Trouville-sur-Mer, dont elle est une commune du pôle principal[Note 4],[17]. Cette aire, qui regroupe 35 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[18],[19].
La commune, bordée par la baie de Seine, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[20]. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit[21].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (75,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (60,7 %), zones urbanisées (19,7 %), forêts (14,7 %), terres arables (2,8 %), zones agricoles hétérogènes (1,4 %), zones humides côtières (0,7 %)[22]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous la forme Willervilla en 1195[23].
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville dans son sens originel de « domaine rural » (le nom commun ville est issu du latin villa rustica « grand domaine rural »), et dont le premier élément est un anthroponyme[23] selon le cas général.
C'est pourquoi le premier élément du toponyme Viller- est un faux-ami : il représente non pas l'appellatif viller, mais un nom de personne germanique tel que Wil-hari[23] ou Vilhari[24].
Remarque : le composé Wil-hari d'Albert Dauzat devient Vilhari chez René Lepelley (comprendre Wilhari). En réalité, les noms de personnes germaniques continentaux bien attestés sont Williheri[25], Willarius, Wil[le]harius (formes latinisées)[26] et il existe un nom de personne anglo-saxon Wilhere[27]. Les noms de personnes anglo-saxons sont fréquents dans la toponymie normande[28] et Villerville se situe dans la zone de diffusion de la toponymie anglo-scandinave.
Le gentilé est Villervillais.
Histoire
La commune a connu une occupation ancienne comme en témoignent sur les terrains de la ferme de la Bergerie d'un grand menhir de 2,50 m de haut appelé la Grosse Pierre et de deux autres plus petits mégalithes. Il s'agit de blocs de poudingue (pierre provenant d'un banc de pierre situé à 1 km de là). Sur ce site ont été découverts divers outils de pierre polie, ainsi que des ossements.
La légende locale veut que saint Roch (1295–1326) ait là fait reculer la peste, mais en attrapant lui-même cette maladie (la statuaire traditionnelle le représente avec son bâton et son chien lui léchant les plaies. Il figure (statue en bois du XIXe siècle) dans l'église Notre-Dame de Villerville : il est devenu le saint patron des Villervillais.
L'histoire religieuse a également retenu le nom de Thomas Jean Monsaint, né à la Ferme de la Bergerie, devenu prêtre et ayant refusé de renier ses convictions lors de la Terreur. Il fut pour cela emprisonné puis exécuté le à Paris. Il a été canonisé par Pie XI (en 1926) et une plaque commémore son souvenir dans la tour du clocher.

La commune a longtemps aussi été un village de pêcheurs qui, sur les « plattes de Villerville »[29] (barques à fond plat), allaient pêcher harengs, soles ou turbots. Une pêche dite « aux guideaux » se faisait au filet tendu sur la moulière. La pêche à pied était également pratiquée (moules, crabes, crevettes…), par les « picoteux » (femmes et enfants le plus souvent). Le produit de la pêche (moules notamment) était ramené à terre dans des charrettes dites « banneaux », tirées par des chevaux.

En 1893, une baleine s'échoue sur la plage. Elle est achetée par Nicolas-Marie Simon, dit Simon-Max, chansonnier et ténor à Paris (opéra bouffe), alors propriétaire du casino de Villerville. Après avoir vendu l'huile et la chair de la baleine, il utilise la peau pour y abriter un théâtre assez grand pour accueillir une petite centaine de spectateurs. Le caractère original de ce petit théâtre Baleine contribue à son succès. La baleine est déménagée au casino de Paris, mais elle y brûlera.
Le peintre Édouard Dantan y meurt accidentellement le : la voiture dans laquelle il se trouve heurte violemment le mur de l'église du village après que son cheval se fut emballé[30].
Politique et administration
La commune est un village fleuri (deux fleurs) au concours des villes et villages fleuris[31].
Le conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et quatre adjoints[34].
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[35]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[36].
En 2023, la commune comptait 620 habitants[Note 5], en évolution de −1,12 % par rapport à 2017 (Calvados : +2,22 %, France hors Mayotte : +2,36 %). Villerville a compté jusqu'à 1 091 habitants en 1901.
Économie
Tourisme
Villerville est labellisée « commune touristique » depuis [39].
Villerville est labellisée « village de caractère du Calvados » depuis 2018.
Anciens titres de presse
Journaux disparus, localisés à Villerville[40] :
- Villerville-Gazette (1928-1939).
Culture locale et patrimoine
Les lieux et monuments, notamment le patrimoine naturel, ont été décrits ou peints par de nombreux auteurs, peintres ou graveurs dont Valère Lefebvre, Gustave Nicolas Pinel et Émile Gaudrier (fin XIXe siècle).
La plage à Villerville,
par Eugène Boudin
(1864).Villerville par
Charles-Francois Daubigny
(1873).Villerville par
Carlos de Haes
(1877).Ramasseurs de moules à Villerville,
par Wilhelm von Gegerfelt
(vers 1920).
Contre toute attente, aucun des édifices de la commune n'est fiché sur Mérimée.
Lieux et monuments
- Église Notre-Dame (en partie du XIIe). Elle abrite quatre tableaux classés à titre d'objets monuments historiques[41].
- Château du Manoir (1875), dessiné par Charles Garnier, propriété de la famille Christofle à l'origine.
- Calvaire (1888).
- Château de Champ-Vert (XIXe siècle)
- Sémaphore.
- Hôtel Mahu (1928/1932)[42], « Grand Hôtel des Parisiens », rue du Maréchal-Foch, où séjournent, entre autres, Lord Alfred Bruce Douglas[43] et Oscar Wilde en 1897. Reconstruit en 1932 par l'architecte trouvillais René Morin, également à l'origine de l'hôtel Flaubert de Trouville. Deauvillais et Trouvillais s'y précipitent pour le « five o'clock » et s'attardent parfois jusqu'au dîner dans l'espoir de croiser Mistinguett ou un duc de Windsor en goguette[44].
- Lavoir.

Patrimoine naturel
- Promenade aménagée le long de la plage de sable et de rochers et dans les Graves.
- Point de vue sur Le Havre et le cap de la Hève.
- Parc des Graves.
Villerville dans les arts

- Un singe en hiver, film d'Henri Verneuil, y a été tourné en partie durant l'hiver 1961-1962. Villerville y apparaît sous le nom de Tigreville. Une association locale, créée en 2001, perpétue le souvenir du tournage. Depuis juin 2007, une grande photo du film représentant Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo, les deux vedettes du film, a été accrochée sur un mur à l'entrée de la rue principale. En bas de cette rue se trouve le Cabaret normand, restaurant utilisé pour le tournage.
Activités et manifestations
Jumelage
Hausen bei Würzburg (Allemagne) depuis 2001.
Sports
L'Union sportive villervillaise fait évoluer une équipe de football en division de district[45].
Personnalités liées à la commune
Naissances
- Thomas Jean Monsaint (1725-1792), prêtre canonisé en 1926.
- Ernest Deuve (1843-1900), officier de Marine français.
- Philippe Reynier (1898-1918) est l'un des 560 écrivains morts pour la France inscrits au Panthéon.
- Michel Legrand (1918-1955), résistant, compagnon de la Libération.
- Jeanine Bonvoisin (1926-1996), députée, y est née et y est enterrée.
- Pierre Jaubert (1929-2017), éditeur et producteur de musique.
- Francis Bayer (1938-2004), compositeur.
- Bertrand Bonvoisin (1951-1991), acteur.
Décès
- Joséphine-Blanche Bouchet (1833-1892), autrice de romans pour la jeunesse.
- Édouard Joseph Dantan (1848-1897), peintre, a peint la commune.
- Paul Jamot (1863-1939), historien d'art et peintre, a peint la commune.
- Fernand Ledoux (1897-1993), acteur de théâtre et de cinéma. Il repose dans le cimetière communal.
- Philippe Clévenot (1942-2001), acteur, repose dans le cimetière communal
- Bertrand Bonvoisin (1951-1991), acteur, né dans la commune et repose dans le cimetière communal
- Jean-Yves Dubois (1958-2003), acteur, repose dans le cimetière communal
- Maud de Belleroche (1922-2017), romancière, a vécu dans la commune et y repose dans le cimetière communal.
- Bruno de Keyzer (1949-2019), directeur de la photographie, vivait dans la commune
Autres

- Adolphe-Félix Cals (1810-1880), peintre, a peint la commune
- Charles-Francois Daubigny (1817-1878), peintre, a peint la commune
- Alexandre Thiollet (1824-1895), peintre, a peint la commune.
- Eugène Boudin (1824-1898), peintre, a peint la commune
- Carlos de Haes (1829-1898), peintre espagnol, a peint la commune
- Hector Malot (1830-1907), écrivain, évoque Villerville dans son roman Le Mousse
- Lord Alfred Douglas, poète anglais séjourne en juillet 1897 au Grand hôtel des Parisiens[43]
- Hippolyte Camille Delpy (1842-1910), peintre, a peint la commune
- Gabriel Fauré (1845-1924), estivant et cocompositeur de la Messe des pêcheurs de Villerville
- André Messager (1853-1929), estivant et cocompositeur de la Messe des pêcheurs de Villerville
- Georges Darien, (1862-1921), romancier, y a terminé Bas les cœurs (1889)
- Félix Fournery (1865- 1938), peintre, a peint la commune, lieu de villégiature et source privilégiée d'inspiration
- Édouard Vuillard (1868-1940), peintre, a peint la commune
- Louis Bascan (1868-1944), y fut professeur au cours de vacances de l'Alliance française. (1913)
- Mistinguett (1875-1956), chanteuse et actrice, résidente secondaire, près de la plage des Graves
- Paule Andral (1879-1956), actrice, y a possédé la villa Les Jasmins près de celle de Mistinguett
- Raoul Dufy (1877-1953), peintre, a peint la commune
- Lucien Coutaud (1904-1977), peintre, a vécu à Villerville de 1953 à 1977, dans sa propriété du Cheval de Brique.
- Sim (1926-2009), humoriste, résident secondaire
- François de Closets (1933), journaliste, possède une résidence dans la commune
- Jacques Séguéla (1934), publicitaire, propriétaire du château du Manoir de 2008 à 2017[46]
- Pierre Aubé (1944), médiéviste, y a passé une partie de son enfance.
- Patrick Grainville (1947), fils du maire de Villerville Jacques Grainville, écrivain, prix Goncourt, y a passé son enfance
- Brigitte Catillon (1951), comédienne, résidente secondaire
- Bérangère Bonvoisin (1953), comédienne, résidente secondaire
- Jean-Yves Dubois (1958-2003), comédien, résident secondaire, repose dans le cimetière communal[47]
- Sophie Davant (1963), animatrice télé, résidente secondaire
- Laurent Ruquier (1963), animateur télé, auteur, résident secondaire, propriétaire du château du Manoir depuis 2017[46]
- Marc Lavoine (1962), chanteur, acteur, résident secondaire
Héraldique
Les armes de la commune de Villerville se blasonnent ainsi : D'azur à la bande d'or chargée de trois crevettes du champ, accompagnée en chef d'un bateau contourné d'argent et en pointe d'une coquille de moule du même, au chef cousu de gueules chargé d'un léopard aussi d'or[48]. |
Voir aussi
Bibliographie
- Jacques Chegaray, L'étonnante histoire de Villerville, des origines à 1945
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel
- Archives conservées par : archives départementales du Calvados (667 EDT, 11d99609-7d05-4864-9e3e-7f744d9c2753)
- Ressources relatives à la géographie :
- Ressource relative à la musique :
- Site municipal
- Site du Bureau d'Information Touristique
- Villerville sur le site de la communauté de communes
- Résumé statistique de Villerville sur le site de l'Insee
- Inventaire des archives communales sur le site des Archives départementales du Calvados

