WV22
sépulture d'Amenhotep III
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Le tombeau WV22[note 1] dans l'aile occidentale de la vallée des Rois, dans la nécropole thébaine sur la rive ouest du Nil face à Louxor en Égypte, a été utilisé comme sépulture pour l'un des plus grands dirigeants du Nouvel Empire, Amenhotep III[1].
| WV22 Tombeau d'Amenhotep III | |
| Tombeaux de l'Égypte antique | |
|---|---|
Plan de la tombe | |
| Emplacement | Vallée des Singes |
| Coordonnées | 25° 44′ 33″ nord, 32° 36′ 37″ est |
| Découverte | 1799 |
| Découvreur | Jean-Baptiste Prosper JolloisÉdouard de Villiers du Terrage |
| Fouillé par | Theodore Monroe Davis Howard Carter Sakuji Yoshimura et Jirō Kondō |
| Dimensions | |
| Hauteur maximale | 4,98 m |
| Largeur minimale | 0,79 m |
| Largeur maximale | 8,42 m |
| Longueur totale | 126,68 m |
| Superficie totale | 554,92 m2 |
| Volume total | 1 485,88 m3 |
| Classement | |
| Vallée des Rois | - KV22 + |
| modifier |
|
Localisation et découverte
La tombe est située dans une baie à l'est de la vallée principale[1], dans ce qui est nommée la vallée des Singes, et plus précisément à deux kilomètres de l'entrée[2]. Contrairement aux tombes précédentes, elle n'est pas creusée dans la roche à la base de la falaise, mais dans le talus qui s'en éloigne[3]. À soixante mètres au sud de la tombe se trouve WVA qui, d'après les sceaux de jarres et les types de poteries découverts, servait probablement de réserve pour la tombe WV22[4].
La tombe a été signalée pour la première fois en par Édouard de Villiers du Terrage et Jean-Baptiste Prosper Jollois, ingénieurs de l'expédition napoléonienne ; il est possible qu'elle ait été connue du voyageur William George Browne plusieurs années auparavant. Ils ont cartographié la tombe et réalisé des dessins de certains des artefacts (ouchebtis) découverts, qui ont été publiés dans la Description de l'Égypte[5]. La tombe a été visitée en 1804 par un certain John Gordon qui a gravé son nom à l'entrée. Jean-François Champollion et Nestor L'Hôte s'y rendirent en 1828 dans le cadre de l'expédition franco-toscane de 1828-1829, laissant des graffitis à cet effet dans la chambre I ; Champollion fut le premier à identifier le propriétaire du tombeau comme étant Amenhotep III. Ils découpèrent des murs également plusieurs portraits du roi (ils se trouvent aujourd'hui au Louvre)[5]. Karl Richard Lepsius s'y rendit en 1849 et copia des parties de l'Amdouat dans la chambre funéraire[4]. Le tombeau fut visité par d'innombrables touristes au cours du XIXe siècle, dont beaucoup emportèrent des souvenirs de leur visite.
Fouilles
Fouilles anciennes
Les premières fouilles de la tombe furent réalisées pour le compte de Theodore Monroe Davis entre 1905 et 1914, mais les détails de ces fouilles sont inconnus[4].
Howard Carter examina la tombe pour le compte de Lord Carnarvon entre le et le [4]. L'intérêt de Carter pour la tombe naquit de son achat, sur le marché des antiquités en 1912, de trois plaques-bracelets portant les noms d'Amenhotep III et de Tiyi, probablement des vestiges des fouilles de Davis. Les fouilles commencèrent dans le cours d'eau en contrebas de la tombe, et révélèrent des fragments de faïence, de verre et le pied d'un ouchebti portant une inscription au nom de Tiyi[6]. À l'extérieur de l'entrée, Carter découvrit cinq dépôts de fondation intacts, placés dans des trous creusés dans la roche, deux de chaque côté et un au centre. Ces dépôts contenaient des têtes de veau (dont les crânes étaient encore visibles) posées sur des groupes de récipients miniatures en poterie et en albâtre contenant des restes de nourriture, des modèles d'outils tels que des ciseaux et des Herminettes, ainsi que des plaques de faïence bleue portant les noms de Thoutmôsis IV, le père d'Amenhotep III, indiquant que la construction avait été commencée pour ce roi[7].
À l'intérieur de la tombe, les travaux se sont concentrés sur des zones que Davis n'avait pas explorées, à savoir le remblai du profond puits de protection et la chambre du puits à sa base. Les découvertes de Carter dans le puits comprenaient le moyeu d'une roue de char en bois, une plaque de bracelet en faïence et des fragments de cercueils de la Troisième Période intermédiaire[8],[7]. Il a également examiné la chambre funéraire, où des fragments du coffre canope en calcite du roi ont été découverts[9].
Fouilles japonaises
En , la mission archéologique égyptienne de l'université Waseda a entrepris une nouvelle fouille afin d'établir un plan et une élévation précis de la tombe. À la recherche de traces du travail de Carter, des fouilles ont été menées à l'extérieur de l'entrée. Le terril de Carter a été localisé et la nouvelle fouille a permis de découvrir de nombreux petits objets, notamment des fragments d'un collier en forme de lotus provenant du même artefact que des fragments retrouvés dans le puits du château de Highclere par Carter, des étiquettes de jarres fragmentaires, des étiquettes en bois et un corps d'uræus en bois provenant d'une statue[7].
Bien que l'emplacement des dépôts de fondation n'ait pu être confirmé, un autre dépôt de fondation a été découvert à l'extérieur de l'entrée. Contrairement aux précédents, il ne se trouvait pas dans un trou creusé dans la roche, mais semblait avoir été placé à la surface. Il contenait de petits récipients en poterie, un nœud en bois sculpté et une bascule en bois, tous placés dans un panier en jonc ; une tête de veau (aujourd'hui décomposée en un simple crâne) était placée dessus. À l'intérieur de la tombe, des traces de fouilles antérieures ont été découvertes : des blocs de pierre ont été retrouvés empilés au fond du puits, et la chambre du puits ne contenait que des débris empilés provenant des fouilles de Carter[7].
L'antichambre était relativement dégagée, avec seulement cinquante centimètres de remblai ; elle contenait de petits fragments de poterie et de plâtre peint. La chambre latérale agrandie de Satamon contenait un autre important tas de déblais, cerné par un mur de pierre, provenant probablement des fouilles de Davis. Un tamisage minutieux a permis de découvrir des fragments de plâtre peint des murs et du plafond, des fragments de poterie et de vases en pierre, ainsi que des objets en bois. Le remblai provenant du dégagement de la chambre funéraire et des pièces latérales a également été déplacé dans cette chambre. Parmi les découvertes, on compte deux visages en faïence jaune provenant d'ouchebtis, des incrustations et des amulettes en lapis-lazuli, une tête d'uræus en lapis-lazuli aux yeux incrustés, sertis d'or, et des morceaux d'ouchebtis en bois et en pierre d'Amenhotep III[7].
Architecture
La tombe, longue de quatre-vingt-cinq mètres, suit globalement le même plan que KV43, la tombe de Thoutmôsis IV, bien qu'elle présente quelques modifications par rapport à ce plan de base[7],[10].
L'entrée A, orientée vers l'est, mène à un escalier creusé à flanc de colline, en contrebas d'une falaise, dans un talus, côté est, à mi-chemin de la vallée de l'Ouest. La partie supérieure de l'escalier est gravement endommagée. Il mesure 2,3 mètres de large pour 5,43 mètres de long. S'ensuivent deux couloirs en pente (B et D), séparés par des escaliers (C), menant à une chambre du puits (E). Le premier couloir B, non décoré, mesure 2,45 mètres de large pour 11,2 mètres de long et 2,76 mètres de haut[1]. Dans la salle non décorée de l'escalier C, deux niches trapézoïdales ont été creusées en haut ; la niche de gauche (nord) est moins bien taillée que celle de droite (sud). Les seize marches de l'escalier aboutissent à un palier plat devant la porte menant au couloir D. La face gauche de la cage d'escalier présente quelques dommages. La pièce mesure 3,36 mètres de large au niveau des niches pour 4,7 mètres de long et 4,85 mètres de haut au niveau du palier en bas des escaliers[1]. Le deuxième couloir D, non décoré également, mesure 2,64 mètres de large pour 8,42 mètres de long et 2,74 mètres de haut[1]. La salle du puits, décorée, mesure 4,38 mètres de large pour 3,64 mètres de long et 2,5 mètres de haut par rapport au niveau du couloir D précédent et de la chambre F suivante. Le puits, quant à lui, mesure 7,5 mètres de profondeur[1]. Une chambre (Ea) du puits s'ouvre à l'ouest depuis la base du puits. La pièce semble avoir été agrandie vers l'ouest, car les traces de ciseau dans cette section sont différentes de celles du reste de la chambre[11]. Cette pièce irrégulière, dont le sol est plus bas que la base du puits, mesure 5,11 mètres de large au maximum pour 6,27 mètres de long et 2,44 mètres de haut[1].
Dans la chambre (F) suivante, orientée nord-sud, deux piliers occupent le centre et sont alignés sur cet axe nord-sud. L'angle sud-ouest n'a pas été creusé jusqu'au plafond. Elle est non décorée et mesure 5,21 mètres de large pour 10,26 mètres de long et 2,46 mètres de haut[1]. Une descente d'escalier est creusée dans le sol à l'angle nord-ouest de la chambre ; elle mesure 2,53 mètres de large pour 3,65 mètres de long et descend sur trois mètres de profondeur[1]. Les escaliers débouchent sur un couloir (G), en pente, de 2,46 mètres de large pour 5,47 mètres de long et 2,57 mètres de haut[1]. S'ensuit un escalier H composé d'une volée de marches raides, ce qui a entraîné des ciselures au-dessus de la porte de l'antichambre (I), probablement pour permettre le passage du sarcophage. La pente du plafond est proche de celle du couloir G, et non de celle de l'escalier lui-même. L'absence de porte entre G et H est une particularité. Un palier initialement plat, situé en bas de l'escalier, devant la porte menant à l'antichambre I qui suit, a été percé de marches. Cet escalier mesure 2,5 mètres de large pour 3,88 mètres de long et 4,98 mètres de haut en bas des marches[1].
L'antichambre carrée est décorée ; c'est dans cette salle que se trouve un graffiti mentionnant un certain « an 3 ». Elle mesure 3,83 mètres de large pour 5,14 mètres de long et 2,64 mètres de haut[1]. Elle mène à la chambre funéraire à piliers (J) où se trouvait le sarcophage ; une fosse rectangulaire, probablement destinée à la boîte à canopes du roi, se trouve à l'extrémité sud de la chambre[12]. Cette chambre, décorée, est orientée est-ouest et mesure 8,14 mètres de large pour 15,4 mètres de long. Si le niveau du plafond est régulier, le niveau du sol ne l'est pas : après les piliers, le sol est plus bas ; on passe du niveau supérieur au niveau inférieur par une volée de cinq marches situées entre les deux piliers les plus orientaux. Ainsi, dans cette seconde partie de la chambre, où se trouvait le sarcophage et où se trouve la fosse pour la boîte à canopes, la hauteur du plafond est de 3,12 mètres[1]. La chambre funéraire comporte également onze niches magiques, dont cinq sont creusées dans les murs et les colonnes entourant l'emplacement du sarcophage. Deux de ces niches ont été découvertes avec la moitié du panneau de bois qui les fermait à l'origine encore en place. Elles auraient contenu des statues protectrices semblables à celles découvertes dans la tombe de Toutânkhamon[11].
Trois petites pièces latérales (Ja, Jd et Je) donnent sur la chambre funéraire et deux chambres plus grandes à un seul pilier (Jb et Jc) ; chacune possède une chambre latérale supplémentaire (respectivement Jbb et Jcc). La chambre latérale (Ja), s'ouvrant depuis la paroi nord de la chambre funéraire côté niveau supérieur, est une pièce rectangulaire de même orientation que la chambre funéraire ; le niveau du seuil de l'ouverture d'accès à la chambre est plus élevé que celui de la chambre funéraire et celui de la chambre latérale elle-même. Cette chambre mesure 2,59 mètres de large pour 3,69 mètres de long et 1,73 mètre de haut[1]. La chambre latérale (Je), s'ouvrant depuis la paroi sud de la chambre funéraire côté niveau supérieur, est une pièce rectangulaire orientée perpendiculairement à la chambre funéraire ; le niveau du seuil de l'ouverture d'accès à la chambre est plus élevé que celui de la chambre funéraire et celui de la chambre latérale elle-même. Cette chambre mesure 2,6 mètres de large pour 3,59 mètres de long et 1,69 mètre de haut[1]. La troisième chambre latérale (Jd) rectangulaire s'étend vers le sud et est accessible par une ouverture située à l'angle sud-est de la chambre funéraire, au niveau inférieur. Une fente horizontale pratiquée dans le mur avant (nord) au-dessus de la porte pourrait servir d'emplacement à une poutre supportant un pivot de porte. Cette pièce rectangulaire est de même orientation que la chambre funéraire ; le niveau du seuil de l'ouverture d'accès à la chambre est plus élevé que celui de la chambre funéraire et celui de la chambre latérale elle-même. Cette chambre mesure 2,62 mètres de large pour 4,52 mètres de long et 1,68 mètre de haut[1].
Concernant les deux chambres à un seul pilier, l'une (Jc) semble avoir toujours été destinée à l'enterrement d'une reine, en l'occurrence Tiyi, tandis que l'autre (Jb) semble avoir été une quatrième chambre latérale, agrandie seulement après coup, d'après les traces de ciseau et l'emplacement des niches magiques. Cet agrandissement est probablement dû à l'élévation de Satamon au rang de grande épouse royale à la fin du règne d'Amenhotep III. Cette situation est comparable à Malqata, où les chambres de Satamon étaient coincées entre celles de ses parents[11]. La chambre latérale Jb est accessible par une ouverture située à l'angle nord-est de la chambre funéraire, au niveau inférieur. Le niveau du seuil de l'ouverture d'accès à la chambre est plus élevé que celui de la chambre funéraire et celui de la chambre latérale elle-même ; par ailleurs, une fois ce seuil passé se trouve une marche permettant d'atteindre le niveau de la chambre, niveau qui est donc plus bas que le niveau inférieur de la chambre funéraire J. Cette chambre mesure 7,51 mètres de large pour 8,42 mètres de long et 2,96 mètres de haut[1]. L'ouverture dans le mur mène à la chambre latérale Jbb ; le niveau du seuil de cette ouverture est plus élevé que celui de la chambre Jb et celui de la chambre latérale Jbb elle-même. Cette chambre Jbb est d'orientation nord-sud et mesure 2,73 mètres de large pour 4,15 mètres de long et 1,87 mètre de haut[1].
La grande chambre Jc est rectangulaire et décorée ; elle s'étend à l'est de la chambre funéraire et un pilier unique se dresse au milieu. Tout comme pour la chambre Jb, le seuil de l'ouverture d'accès est plus élevé que celui de la chambre funéraire et celui de la chambre Jc elle-même et une marche suit cette ouverture, permettant ainsi d'atteindre le niveau de la chambre, niveau qui est donc plus bas de 0,65 mètre par rapport au niveau inférieur de la chambre funéraire J. Elle mesure 6,26 mètres de large pour 7,77 mètres de long et 2,9 mètres de haut[1]. Une chambre latérale (Jcc) est accessible par une porte dans l'angle sud-est. Ici aussi, le niveau du seuil de l'ouverture est plus élevé que celui de la chambre Jc et celui de la chambre Jcc elle-même ; le niveau du sol de Jcc est par ailleurs plus bas que celui de la chambre Jc. Orientée nord-sud, elle mesure 3,06 mètres de large pour 3,85 mètres de long et 2,01 mètres de haut[1].
Décoration

Les murs et les plafonds de la chambre funéraire J, de l'antichambre I et du puits E sont entièrement décorés ; la chambre de Tiyi Jc est partiellement ornée de frises de kheker. Dans la chambre du puits et l'antichambre, les peintures ont été réalisées au-dessus des portes enduites de plâtre[7]. Pour la première fois, le roi est accompagné de son ka et apparaît devant Hathor, désormais dissociée de son rôle de « maîtresse de l'Occident », et Nout[13].
Dans la chambre du puits, Amenhotep est accompagné du ka de son père Thoutmôsis IV, suggéré par Betsy Bryan pour montrer que le roi accordait de l'importance aux fondations de la tombe par son père[14]. Kondo y voit également des vestiges de décoration indiquant que la tombe était initialement destinée à Thoutmôsis[7].
La chambre funéraire est décorée de versions complètes et abrégées de l'Amdouat peintes sur un fond teinté de jaune (destinées à imiter un vieux papyrus). Les personnages sont dessinés comme de simples bonhommes allumettes (presque naïfs) et le texte est écrit à l'aide d'une écriture hiéroglyphique cursive, plus couramment utilisée pour les textes sacrés sur papyrus.
Malheureusement, depuis sa découverte, la décoration de la tombe est en mauvais état[13]. Lepsius, qui a visité et copié des sections de l'Amdouat sur les murs de la chambre funéraire, a décrit la tombe comme « …couverte de belles sculptures, bien que, hélas ! fortement mutilées par le temps et la main de l'homme[15]. » Les peintures sont endommagées par des efforescences salines, et des morceaux de plâtre se sont détachés de la roche sous-jacente, en particulier sur les parties inférieures des murs[7]. La tombe subit d'autres dommages lorsque des parties de la décoration furent découpées lors de l'expédition franco-toscane de 1828-1829, suivie par d'innombrables touristes emportant des souvenirs des murs au cours du XIXe siècle. Aujourd'hui, les têtes sont exposées au Louvre[5]. Dans le cadre des fouilles de l'équipe japonaise, la restauration des peintures restantes fut entreprise par une équipe d'experts japonais, égyptiens et italiens qui avaient précédemment travaillé à la restauration de QV66, la tombe de Néfertari[16].
Graffiti
Une inscription hiératique (graffiti) est située en haut du mur, dans l'embrasure de la porte menant à l'antichambre depuis la dernière volée de marches. On y lit : « An 3, troisième mois d'Akhet, jour 7 ».[17]. Elle semble contemporaine de l'époque de la tombe, bien que sa référence exacte reste floue. Elle pourrait indiquer la fermeture définitive de la tombe, l'« An 3 » faisant vraisemblablement référence au règne de son fils et successeur, Akhenaton[8], ou indiquer la date de l'inspection de la tombe pour la réinhumation de Tiyi, ou encore la date de sa réinhumation. Marianne Eaton-Krauss attribue le graffiti au règne de Smenkhkarê, tandis que Marc Gabolde suggère qu'il est contemporain du graffiti de Pawah, datant la réinhumation du règne de Ânkh-Khéperourê. Nozomu Kawai identifie la réinhumation comme ayant eu lieu au cours de l'année 3 du règne de Toutânkhamon[18].
Contenu
Après sa mort, survenue en l'an 38 ou 39 de son règne, Amenhotep III fut inhumé avec un mobilier funéraire similaire à celui de Toutânkhamon. Le roi fut vraisemblablement inhumé dans des cercueils en bois emboîtés, ornés de rishi (plumes) incrustés, et probablement muni d'un masque en or ; un tel cercueil ou masque serait à l'origine de la tête en lapis-lazuli découverte par l'équipe japonaise[14]. Les cercueils et la momie furent enterrés dans un grand sarcophage en forme de cartouche, en granit au lieu du quartzite habituel, première utilisation de cette pierre pour une sépulture royale sous la XVIIIe dynastie[19]. Seul le couvercle subsiste, long d'environ trois mètres, aujourd'hui brisé en deux parties principales[14]. Le couvercle est gravé d'une bande verticale centrale et de huit bandes horizontales ; le dessous est orné d'une figure ailée de Nout. La surface supérieure du couvercle était autrefois recouverte de feuilles d'or[14],[7]. Des fragments de bois suggèrent que le sarcophage était enfermé dans une série de sanctuaires en bois doré[14].
Le sanctuaire canope du roi était protégé par un sanctuaire doré orné des figures de quatre déesses protectrices, comme en témoignent les fragments de bois d'une tête portant la coiffe khat ; cette tête est à la même échelle que les figures du sanctuaire canope de Toutânkhamon. Des fragments du coffre canope en calcite révèlent des déesses ailées se tenant à cheval à chaque angle, et les bouchons reprenaient la forme de la tête du roi coiffé d'un némès.
Amenhotep était équipé de plus de quatre-vingts ouchebtis. Nombre des exemplaires subsistants sont en pierre comme la serpentine, la calcite, la granodiorite, et de grands exemplaires en granit rouge. Les ouchebtis en bois sont les plus nombreux parmi les ouchebtis survivants. Ils sont fabriqués à partir de bois importés comme l'ébène et le cèdre, et présentent des yeux, des couronnes ou des perruques incrustés, ainsi que des inscriptions pigmentées[18].
Malgré les préparatifs pour les funérailles de Tiyi et Satamon, il est douteux qu'ils aient jamais été inhumés dans les suites qui leur étaient destinées. Tous deux ont apparemment survécu à Amenhotep et ont été enterrés ailleurs, car leur placement dans la tombe aurait nécessité le démontage des portes obstruées et peintes de la chambre du puits et de l'antichambre. On ne sait rien de l'enterrement de Satamon, mais Tiyi a survécu une bonne partie du règne de son fils Akhenaton et a apparemment été enterrée dans la tombe royale d'Amarna. Carter a estimé que la présence d'ouchebtis nommant Tiyi indiquait qu'elle était bien inhumée en WV22, mais les ouchebtis portent les titres de « Grande Épouse Royale » et de « Mère Royale », indiquant qu'ils ont été préparés sous le règne d'Akhenaton. Cela pourrait étayer l'hypothèse d'une période de corégence entre Amenhotep III et Amenhotep IV/Akhenaton ; il pourrait également s'agir d'objets votifs[8]. Une autre théorie suggère que ces découvertes pourraient indiquer que Tiyi aurait finalement été ré-inhumée en WV22, après le retrait des sépultures royales d'Amarna[20]. La momie d'Amenhotep III, gravement endommagée, fut retirée de la tombe et restaurée en l'an 13 de Smendès Ier. Elle fut finalement découverte cachée dans KV35, la tombe d'Amenhotep II, avec d'autres momies de la XVIIIe dynastie, dont celles de Tiyi et de la momie nommée Younger Lady[14].
Les vestiges fragmentaires découverts par les fouilleurs montrent clairement que la tombe avait été minutieusement pillée durant l'Antiquité. Les ornements en or des cercueils avaient été dépouillés et vidés de leurs incrustations, dont quelques-unes ont été retrouvées dans la tombe, comme une coiffe de vautour en lapis-lazuli portée par une reine ou une déesse. Un amas d'incrustations et de feuilles d'or fut transporté dans la vallée principale et découvert, caché près de KV36, la tombe de Maiherpri, par Carter en 1902[14]. Le sarcophage a disparu et aucun fragment n'a été retrouvé lors des fouilles[14],[7]. Il a probablement été retiré pour être réutilisé lors du pillage officielle de la vallée royale à la Troisième Période intermédiaire[21].
Les fragments de sépultures intrusives découverts par Carter dans le puits, également de la Troisième Période intermédiaire, ont probablement été introduits après le retrait du corps et du sarcophage du roi. L'un des cercueils appartenait à un homme nommé Padihor, tandis que l'autre appartenait à une femme dont le nom est perdu, mais dont la mère était Tabesheribet[21].