Walter Mildmay
homme politique anglais
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Walter Mildmay (avant 1523 – ) est un homme politique anglais qui est chancelier de l'Échiquier de la reine Élisabeth Ire et fondateur de l'Emmanuel College de Cambridge.
| Membre du Parlement d'Angleterre | |
|---|---|
| Membre du parlement de 1571 Northamptonshire (d) | |
| Membre du parlement de 1563 à 1567 Northamptonshire (d) | |
| Membre du parlement d'Angleterre de 1572 à 1583 Northamptonshire (d) | |
| Membre du parlement d'Angleterre de 1584-1585 Northamptonshire (d) | |
| Membre du parlement d'Angleterre de 1586-1587 Northamptonshire (d) | |
| Membre du parlement de 1559 Northamptonshire (d) | |
| Membre du parlement d'octobre 1553 Peterborough (d) | |
| Membre du Parlement d'Angleterre (1545-1547) Lostwithiel (d) | |
| Membre du parlement de 1558 Northamptonshire (d) | |
| Membre du Parlement d'Angleterre (1547-1552) Lewes (d) | |
| Membre du parlement de mars 1553 Maldon (d) | |
| Membre du parlement d'Angleterre de 1589 Northamptonshire (d) |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Formation | |
| Activité | |
| Père |
Thomas Mildmay (d) |
| Mère |
Agnes Reade (d) |
| Conjoint |
Mary Walsingham (d) (à partir de ) |
| Enfants |
Anthony Mildmay Winifred Mildmay (d) Humphrey Mildmay (d) Christian Mildmay (d) Martha Mildmay (d) |
| Distinction |
|---|
| Sir |
|---|
Origines
Il est né à Moulsham dans l'Essex, quatrième et plus jeune fils de Thomas Mildmay, plus tard auditeur de la Cour des Augmentations sous Henri VIII, et de son épouse Agnes Read. En tant que commissaire chargé de recevoir la reddition des monastères lors de la Dissolution, son père Thomas fait fortune et acquiert en 1540 le manoir de Moulsham, près de Chelmsford dans l'Essex, où il construit une belle demeure.
Le frère aîné de Walter, Thomas Mildmay (mort en 1566), de Moulsham, est auditeur de la Cour des Augmentations, établie en 1537 pour répartir les biens confisqués par la Couronne aux monastères. Il est enterré dans l'église de Chelmsford, où son monument subsiste en 1878. Thomas Mildmay est le grand-père de Thomas Mildmay, 1er baronnet (mort en 1626), créé baronnet en 1611, et d'Henry Mildmay (mort en 1654), chevalier. Henry revendique, du droit de sa mère Frances Radcliffe, fille de Henry Radclyffe, 2e comte de Sussex, 3e baron FitzWalter (1507-1557), la baronnie de FitzWalter, et le 10 février 1670, son petit-fils Benjamin Mildmay, 17e baron FitzWalter (vers 1646-1679), est convoqué à la Chambre des lords sous ce titre. Il a deux fils, Charles Mildmay, 18e baron FitzWalter (1670–1728) et Benjamin Mildmay, 1er comte FitzWalter, 1er vicomte Harwich, 19e baron FitzWalter (1672–1756), ce dernier étant créé vicomte Harwich et comte FitzWalter en 1730. À la mort du comte FitzWalter en 1756, le comté s'éteint et la baronnie tombe en déshérence[1].
Carrière

Mildmay fait ses études au Christ's College de Cambridge, mais, comme c'est courant à l'époque, surtout pour ceux qui n'avaient pas l'intention d'entrer dans l'Église, il n'obtient pas de diplôme. Il devient plus tard étudiant en droit à Gray's Inn (1546), et y obtient un emploi auprès de son père à la Cour des Augmentations[2]. Lorsque la Cour des Augmentations est reconstituée, vers 1545, Mildmay devient l'un de ses deux arpenteurs généraux. Sous le règne d'Édouard VI, Mildmay étend ses positions officielles.
Le 22 février 1546/47, il est anobli et, le 14 septembre, il prépare, avec trois autres personnes, un inventaire de la garde-robe du défunt roi. Seize jours plus tard, il est nommé commissaire chargé de faire rapport sur les revenus de la Couronne. En 1548, il exerce des fonctions de commission pour la vente de terres (en mars) et pour l'entretien des écoles primaires ayant appartenu aux chantries dissoutes. Après l'arrestation du duc de Somerset, le Conseil privé lui ordonne, le 12 novembre 1549, d'inspecter le palais de Westminster, dont il a la garde, et, le 8 mars 1550/51, de prendre en charge les biens du duc à Syon House[2].
Pour ses services, il reçoit de nombreuses concessions de terres dans le Gloucestershire et le Berkshire, dont certaines sont échangées contre des manoirs dans l'Oxfordshire et le Northamptonshire ; d'autres terres suivent bientôt en Cornouailles, dans l'Essex et à Londres. Il fixe sa résidence de campagne au palais d'Apethorpe, dans le Northamptonshire, qui lui est concédé en 1552 et confirmé en 1556. À Londres, il réside dans la paroisse de Saint-Barthélemy-le-Grand[3].
Mildmay se révèle rapidement un financier habile. En 1550, il est chargé, avec le comte de Warwick et William Herbert, d'examiner les comptes des monnaies du roi et, en 1551, il supervise la création d'un nouvel atelier de monnaie à York. En décembre 1551, il est nommé commissaire chargé d'inspecter les tribunaux qui contrôlent les terres de la Couronne.
Mildmay est élu député de Lostwithiel en 1545, de Lewes en 1547, de Maldon le 1er mars 1553, puis de Peterborough le 5 octobre 1553. Bien que calviniste convaincu, l'accession au trône de la reine Marie ne nuit pas sensiblement à sa fortune et, avant sa mort, il est employé au gouvernement. Le 9 janvier 1558, il est nommé trésorier des forces envoyées au secours de Calais et est choisi comme chevalier du comté pour représenter le Northamptonshire au parlement de janvier 1557 ; il représente ensuite cette circonscription à huit reprises jusqu'à sa mort[2].
Sous la reine Élisabeth, avec laquelle il échange régulièrement des étrennes, son influence ne cesse de croître. À son avènement, il est immédiatement nommé trésorier de sa maison et membre d'un petit comité chargé de combler les besoins du Trésor public. Il est bientôt chargé de préparer un recensement des fermes des revenus royaux (22 décembre 1558), d'examiner les concessions de terres de la reine Marie, de conclure des accords avec ceux qui refusent la chevalerie (28 mars 1559), de diriger l'émission d'une nouvelle monnaie (29 octobre 1560) et de vendre des terres de la Couronne (mai 1563)[2].
Le 21 avril 1566, Richard Sackville, chancelier de l'Échiquier, meurt et Mildmay est nommé à sa place ; il est également nommé auditeur du duché de Lancastre. Occupé par ses fonctions jusqu'à sa mort, il se préoccupe peu de politique générale. Beau-frère de Francis Walsingham et ami de Lord Burghley, il est cependant toujours écouté avec attention au Conseil privé, à la Chambre étoilée et au Parlement. Il use de toute son influence pour protéger les puritains des attaques des évêques et exhorte souvent la reine à intervenir en faveur des protestants des Pays-Bas[4]. Dans ses discours au Parlement, il affirme qu'un octroi généreux de subventions impose au gouvernement l'obligation de redresser les torts, et s'identifie ainsi au parti populaire à la Chambre des communes[5].
En 1572, il participe à la préparation des preuves contre Thomas Howard, 4e duc de Norfolk, qui, après sa condamnation, lui offre néanmoins de riches bijoux. Son neveu, Christopher Peyton, est nommé auditeur général d'Irlande en 1584.
Les affaires de Marie, reine d'Écosse, retiennent aussi occasionnellement son attention. Lorsqu'elle arrive en Angleterre en 1567, il conseille vivement sa détention[6]. En octobre 1577, lui et Cecil lui rendent visite à Chatsworth, après qu'elle ait annoncé qu'elle avait d'importants secrets à révéler à Élisabeth.
En 1586, il se rend au château de Fotheringhay et l'informe de son prochain procès, auquel il participe comme commissaire spécial. En mars 1587, il demande la condamnation de William Davison devant la Chambre étoilée. Bien qu'il ait été nommé ambassadeur en Écosse à quatre reprises, en 1565, 1580, 1582 et 1583, il est à chaque fois retenu chez lui. Cependant, lorsque sa candidature est proposée pour ce poste en 1589, Jacques VI se montre très disposé à le recevoir. La maladie de Mildmay, cependant, met fin à cette proposition[5].

Mildmay meurt à Hackney le 31 mai 1589 et est enterré aux côtés de son épouse dans l'église Saint-Barthélemy-le-Grand de Londres, où un monument somptueux est érigé à sa mémoire. Les décorations sont héraldiques, mais l'épitaphe latine se limite à indiquer les noms et les dates. Le tombeau est restauré en 1865 par Henry Bingham Mildmay[7].
Fondateur de l'Emmanuel College, Cambridge

Mildmay manifeste avec beaucoup d'efficacité son intérêt pour l'éducation. Le 23 novembre 1583, il achète pour 550 £ le terrain de Cambridge Blackfriars, une maison dissoute de l'Ordre dominicain, située dans ce qui s'appelait alors Preachers Street, mais qui est aujourd'hui connu sous le nom de St Andrew's Street. Le 11 janvier 1584, il obtient de la reine l'autorisation d'y établir l'Emmanuel College[5].
L'architecte Ralph Symons construit le nouveau bâtiment en 1588, avec une cérémonie d'inauguration à laquelle Mildmay participe. Il installe au collège un maître, Laurence Chaderton, trois associés et quatre boursiers ; mais des dons ultérieurs portent bientôt le nombre de boursiers à quatorze et celui des bourses à cinquante. Selon Thomas Fuller, à son arrivée à la cour, après l'ouverture du collège, Mildmay est interpellé par la reine : « Sir Walter, j'ai entendu dire que vous avez érigé une fondation puritaine », ce à quoi Mildmay répond : « Non, Madame ; loin de moi l'idée de tolérer quoi que ce soit de contraire à vos lois ; mais j'ai planté un gland qui, une fois devenu chêne, Dieu seul sait quel en sera le fruit. »[5].
Ses statuts pour l'administration de l'Emmanuel College sont datés du 1er octobre 1585 et sont attestés par ses fils, Anthony et Humphrey, John Hammond, docteur en droit, William Lewyn, docteur en droit, Thomas Byng, docteur en droit, Timothy Bright, docteur en médecine, et Edward Downing. Mildmay déconseille les bourses perpétuelles et met en garde les boursiers contre toute vision du collège comme d'une « demeure perpétuelle », ils devaient se réjouir de diffuser à l'extérieur les connaissances acquises en ses murs[8].
Mildmay manifeste par ailleurs son intérêt pour l'éducation en étant l'un des premiers gouverneurs de la Chelmsford Chantry School, aujourd'hui King Edward VI Grammar School, fondée en 1550-1551 ; en versant une rente de 52 shillings au Christ's Hospital (10 avril 1556) ; et en accordant 20 livres sterling par an au Christ's College de Cambridge (10 mars 1568-1569), destinées à financer une chaire de grec, six bourses et un poste de prédicateur à pourvoir par un membre du collège. Il contribue également à la construction de la tour de la Great St Mary's Church de Cambridge et contribue à la fondation de l'école libre de Middleton, dans le Lancashire[9].
Il existe trois portraits de Mildmay à l'Emmanuel College ; l'un avec son épouse. Un quatrième tableau se trouvait à Moulsham Hall, démoli en 1809, près de Chelmsford, et un cinquième à Knole House, Sevenoaks. On trouve également des gravures de J. Faber et E. Harding, ainsi qu'une planche non signée[9].
Mariage et descendance
Mildmay épouse Mary Walsingham (décédée le 16 mars 1576), fille de William Walsingham et de son épouse Joyce (ou Joice), fille d'Edmund Denny, baron de l'Échiquier, et sœur de Francis Walsingham. De son épouse, il a notamment :
- Anthony Mildmay (mort en 1617), d'Apethorpe, fils aîné et héritier, ambassadeur en France, qui épouse Grace Sharington avec qui il a une fille, Mary Mildmay.
- Humphrey Mildmay de Danbury Place, Essex, père d'Henry Mildmay ;
- Winifred Mildmay, épouse de William Fitzwilliam de Gains Park, Essex ;
- Martha Mildmay, épouse de William Brouncker ;
- Christiana Mildmay, épouse successivement de Charles Barrett d'Aveley dans l'Essex, et de John Leveson, du Kent, chevalier[9].