Wang Changling

poète chinois de la dynastie Tang From Wikipedia, the free encyclopedia

Wang Changling (698-756)[note 1](chinois : 王昌齡 ; chinois traditionnel : 王昌龄 ; pinyin : Wáng Chānglíng ; Wade : Wang Ch'ang-ling) est un poète chinois majeur de la dynastie Tang, également connu sous le prénom de courtoisie de Shaobo (少伯). Originaire de Taiyuan (actuelle province du Shanxi) selon les éditeurs des Trois cents poèmes Tang[note 2], il occupe des positions de fonctionnaire du haut Tang[1]. Il est exilé à deux reprises dans le Sud. Il meurt de façon brutale durant la révolte d'An Lushan. La poésie de Wang Changling évoque la séparation d'amis ou de collègues, la vie aux frontières et celle des femmes recluses dans les gynécées[2]. Il est surnommé par la postérité le « maître des sept-syllabes parfaites » (七绝圣手) .

Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
王昌齡 (Wang Changling)
Nom de naissance
王昌齡 (Wang Changling)
Faits en bref 校书郎 (d), Xiancheng (d) ...
Wang Changling
Fonctions
校书郎 (d)
Xiancheng (d)
Xianwei (d)
Xianwei (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
王昌齡 (Wang Changling)
Nom de naissance
王昌齡 (Wang Changling)
Prénom social
少伯Voir et modifier les données sur Wikidata
Époque
Nationalité
Activités
Autres informations
Mouvement
Œuvres principales
Khuê oán (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Jeunesse

Jeune, Wang Changling vit dans la pauvreté et travaille dans l’agriculture[3]. En 720, il part de Chang'an et séjourne quelque temps au mont Song où il consulte des taoïstes pour apprendre l’alchimie et étudier les écrits taoïstes et le tao[note 3]. Puis, il voyage à travers le pays et en 725, il circule librement dans les régions frontalières du nord-ouest dans le but d’entrer dans le cadre militaire, mais cela ne donne aucun résultat, et il revient à l’automne 726[4] p. 135. C'est au cours de ce voyage qu'il acquiert une expérience profonde de la vie aux frontières et qu'il compose de nombreux poèmes de frontière[note 4],[5].

Réussite aux examens impériaux et carrière

En 727, Wang Changling passe les examens impériaux et obtient le titre académique de jinshi et l’année suivante il fréquente le poète de poésie rustique Meng Haoran venu à la capitale. Wang Changling est d’abord nommé fonctionnaire au secrétariat impérial[4] p. 136. Puis, après avoir réussi brillamment deux fois l’examen d’érudition et de grande rhétorique, il est nommé, en 734, sous-préfet (县尉, Xiàn Wèi) du district de Sishui (汜水县, Sìshuǐ Xiàn), dans le Henan (actuel Xingyang, province du Henan[6] vol. 140,[7]. L’année suivante, en 735, Wang Changling (王昌齡) est dégradé et exilé à cause de certaines affaires. En passant par la région de Jiangling, il accepte l’invitation du poète Meng Haoran et s’y installe pour un certain temps. Quatre ans plus tard, en 739, la cour impériale réaffirme l’ordre antérieur de sanction contre Wang Changling qui est exilé relégué dans le Lingnan[4] p. 139, 142, 144,[note 5],[8] p. 129. La même année, l’empereur Tang Xuanzong proclame une amnistie générale dont profite Wang. L’année suivante, Wang Changling retrouve Meng Haoran pour de joyeuses retrouvailles, mais peu après un banquet, Meng meurt soudainement. Wang Changling retourne à la capitale[4] p. 7.

C’est à cette époque que Wang Changling fait la connaissance du grand poète Li Bai et compose le poème Envoyant Li à Baling[5]. Puis, en 741, il est de nouveau rappelé au service officiel et est nommé magistrat adjoint du district de Jiangning (actuel Nanjing, Jiangsu)[3],[6], mais il n’est pas très satisfait de ce poste. Trois ans plus tard, il se rend temporairement pour affaires à Chang'an où il côtoie les poètes Xin Jian, Li Bai et Wang Wei. Après avoir passé plusieurs années à Jiangning, il est de nouveau sanctionné parce qu’il ne veille pas aux détails de sa conduite[9], qu’il ne respecte plus les règles et les usages liés à sa fonction. Il est rétrogradé au poste d’officier militaire local dans le Sud à Longbiao (actuel Qianyang, Hunan)[6],[1]. Après le déclenchement de la révolte d'An Lushan et de Shi Siming[note 6] en 755, au moment des guerres et incendies, Wang Changling remonte vers le Nord pour retourner dans sa région natale. L’année suivante, il est assassiné par le gouverneur régional Luqiu Xiao[1],[3].

* * *

À l’époque des Tang, les échanges amicaux entre lettrés sont très répandus et Wang Changling entretient une amitié très profonde avec le poète Li Bai. Il est aussi lié avec les poètes frontaliers Cen Shen, Gao Shi, Li Qi et Wang Zhihuan et d’autres poètes comme Wang Wei, Meng Haoran et Chang Jian[10] pp. 109-150. En tant que poète et homme politique célèbre de la dynastie Tang, Wang Changling connaît une carrière instable et une vie souvent mouvementée, témoignant du déclin progressif de la prospérité de la dynastie Tang. Comme il a occupé les postes de magistrat adjoint de Jiangning et d’officier de Longbiao, on l’appelait « Wang Jiangning » ou « Wang Longbiao » [6],[11] p. 303. Il est surnommé « maître poète Wang Jiangning » et « maître des sept syllabes parfaites » par la postérité.

Poésie

Wang Changling est un poète du grand Tang et il est surtout connu pour ses poèmes décrivant des batailles fictives dans les régions frontalières de l’ouest de la Chine. Ses poèmes montrent un style réaliste, décrivant en grande partie ses expériences personnelles et le contexte social de son époque. Ils sont denses et d’une pensée claire. « Sa poésie incarne à la fois puissance et raffinements. »[12]. Le style poétique de Wang Changling est vaste et majestueux, formant un style unique et sa théorie poétique a été influencée par le bouddhisme. Wang Changling est surtout reconnu pour ses poèmes en sept vers.

Catégories de poèmes

Ses poèmes peuvent être séparés en trois catégories :

  • poésie de frontière (边塞诗)

Ses poèmes de frontière reflètent l’esprit du grand Tang. Ils sont riches en émotions avec des images saisissantes et des scènes suggestives[13] p. 117. Ils reflètent à la fois l’ardeur héroïque et la joie de la victoire. Ils expriment aussi la nostalgie de ses proches sous le vent du désert ou à la lune de la Grande Muraille, avec un style subtil et profond, une fusion des sentiments et du paysage, des tonalités naturelles et fluides, et des rythmes harmonieux, faisant de ces œuvres des classiques encore chantés aujourd’hui. Il compose un grand nombre de poèmes de frontière, et les générations suivantes l’ont reconnu comme le fondateur et le pionnier du genre[14]. Ils reflètent le style de l’époque tout en dévoilant la pensée et l’âme du poète, possédant des qualités esthétiques riches et variées.

  • poésie de boudoir (闺怨诗) et de cour (宫词)

C’est la poésie ayant pour sujet des femmes recluses dans les gynécées[2] et les plaintes palatiales. Wang Changling excelle dans cette catégorie avec des vers remplis d’émotions sincères et simples de regret face à la séparation [10]: 162–163, 165. Ces poèmes décrivent souvent le paysage de la nuit sous la lune, et représentent fréquemment des scènes au bord de l’eau[15] p. 162-177 et démontrent son grand talent artistique pour décrire les émotions intimes des femmes sous le système féodal, incluant les ressentiments et les émotions des femmes de la cour et des épouses. Ses poèmes de plaintes palatiales expriment, avec un esprit de compassion, la tristesse et la douleur des concubines et servantes enfermées depuis longtemps dans le palais, exposant avec subtilité leurs vies et émotions, et révélant le sort tragique qu’elles subissent sous le cruel système palatial, critiquant objectivement les méfaits de la société féodale envers les femmes.

  • poésie d’adieu (送别诗)

La vie de Wang Changling est marquée par un vaste réseau de relations : il fréquente de nombreux lettrés, fonctionnaires, ermites ainsi que des moines bouddhistes et taoïstes. Dans les circonstances particulières de ses deux relégations et de ses longues années d’exil, il a d’autant plus besoin de la consolation de ses proches et de la chaleur de l’amitié. Par ses poèmes d’adieu, il offre son amitié fidèle et profonde à ses amis sincères et intègres. Il n’écrit pas sur la douleur de la séparation, mais utilise le poème comme moyen de réconfort. Il n’insiste pas sur la séparation immédiate, mais se concentre sur les scènes après le départ.

Oeuvres

  • 全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang) : cette anthologie comprend plus de cent quatre-vingts poèmes de Wang Changling réunis en quatre volumes (140-141-142-143)[6] vol. 198.

Poème de frontière

En passant la frontière, poème 1 (出塞二首•其一)

Chinois

秦时明月汉时关,
万里长征人未还。
但使龙城飞将在,
不教胡马度阴山。

Traduction libre

La lune des Qin brille encore sur les cols des Han,
Après dix mille lis d’expédition, nul soldat n’est rentré.
Si seulement le Général Volant de Longcheng était encore là[note 7],
Il ne laisserait jamais les chevaux barbares franchir le mont Yin.

Notes et références

Liens externes

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