Wilhelm Jensen
écrivain allemand
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Wilhelm Jensen est un écrivain allemand né le à Heiligenhafen, dans le Holstein, et mort le à Munich.
Jensen était un écrivain « de son temps », c'est-à-dire que son œuvre très abondante (poésies, nouvelles, romans historiques) a marqué son époque et son pays (l'Allemagne bismarckienne), puis a rapidement été oubliée.
Son nom survit aujourd'hui essentiellement grâce à Sigmund Freud, qui livra en 1906 une étude portant sur sa nouvelle Gradiva, parue trois ans plus tôt : Le délire et les rêves dans la « Gradiva » de W. Jensen constitue la première approche psychanalytique de la littérature.
Biographie
Wilhelm Jensen est né à Heiligenhafen, dans le duché de Holstein (aujourd'hui dans le Schleswig-Holstein). Il est le fils naturel de Schwen Hans Jensen (de) (1795–1855), maire de Kiel et plus tard administrateur (Landvogt) de l'île dano-germaine de Sylt ; celui-ci était d'ancienne noblesse frisonne. Jensen est aussi le gendre du journaliste et écrivain Johann August Moritz Brühl (1819–1877), le beau-père de l'historien et journaliste Eduard Heyck et le grand-père du poète Hans Heyck.
Après ses études secondaires à Kiel et à Lübeck, Jensen a étudié la médecine à l'université de Kiel, à l'université de Wurtzbourg, à Iéna et à l'université de Breslau (aujourd'hui Wrocław). Il a cependant abandonné la profession médicale pour une carrière littéraire, après avoir pris plusieurs années des cours privés auprès d'hommes de lettres à Munich.
En 1864, il a rencontré sa future épouse Marie Brühl sur l'île de Frauenchiemsee. Ils se sont mariés à Vienne en 1865 et se sont établis à Stuttgart (1865–1869). Jensen y a dirigé un court moment un quotidien, le Schwabische Volkszeitung et y a noué une amitié durable avec l'écrivain Wilhelm Raabe. Les Jensen ont eu six enfants, dont quatre ont survécu. Leur plus jeune fille, Katharina a épousé morganatiquement le prince Ernest de Saxe-Meiningen (1859-1941).

Jensen est ensuite devenu rédacteur en chef du Norddeutsche Zeitung à Flensbourg. En 1872, il est revenu à Kiel, puis il a vécu de 1876 à 1888 à Fribourg-en-Brisgau, où il a fait la connaissance du peintre Emil Lugo. Dans cette ville, la famille a été atteinte de la coqueluche, qui a emporté leur deuxième-né[1]. En 1888, les Jensen sont allés s'installer en Bavière, accompagnés par leur ami Lugo. Ils y sont restés jusqu'à leur mort, l'hiver à Munich, et l'été à St. Salvator, près de Prien am Chiemsee, au bord du lac de Chiem. De 1892 à 1901, les Jensen et Lugo ont fait quatre voyages en Italie.
Whilhelm Jensen repose avec sa femme Marie († 1921) sur l'île de Frauenchiemsee, près de leur ami Lugo.
Œuvres (sélection)
- Magister Timotheus, nouvelle, 1866
- Die Juden von Cölln nouvelle, 1869
- Unter heißerer Sonne, nouvelle, 1869
- Gedichte. Kröner, 1869
- Nordlicht, recueil de nouvelles en 3 tomes, 1872 (dans le tome 1, Karin von Schweden est le livre de Jensen qui a remporté le plus gros succès, avec plus de 260 000 exemplaires)
- Eddystone, nouvelle, 1872
- Sonne und Schatten, roman, 1873 (roman par lettre présentant les mêmes événements selon trois perspectives différentes.)
- Nymphäa. nouvelle, 1874
- Aus wechselnden Tagen, 1874
- Um den Kaiserstuhl: ein Roman aus dem Dreissigjährigen Kriege, 1878 (se déroule à Waldkirch et dans la forteresse de Vieux-Brisach)
- Nach Sonnenuntergang, roman. Berlin: Silvester Frey, 1879
- Die Pfeifer von Dusenbach. Eine romantische Erzählung. Leipzig: Elischer, 1884
- Aus den Tagen der Hansa, trois nouvelles, 1885
- Aus stiller Zeit. recueil de nouvelles en 4 tomes, 1881–1885 (la nouvelle du tome 3 Jugendträume - Rêve de jeunesse - est une évocation de la mort de son amour d'enfance, comme Jensen l'a lui-même expliqué dans une lettre à Freud.)
- Am Ausgang des Reiches, 1886
- Der Schwarzwald, 1890 (livre sur la Forêt-Noire, avec des illustrations d'Emil Lugo et de Wilhelm Hasemann)
- In Zwing und Bann, roman, Dresde, Pierson, 1892
- Hunnenblut - Eine Begebenheit aus dem alten Chiemgau, Leipzig, 1892
- Übermächte 2 nouvelles, 1892 (contenant Der rote Schirm - L'Ombrelle rouge —, évocation mélancolique et autobiographique de son amour d'enfance décédé. Dans ce contexte, Jensen cite à plusieurs reprises Hölderlin. Freud et Jung ont cité spécifiquement cette nouvelle dans leur tentative d'interprétation.)
- Astaroth, Mentha, Breslau, 1893 (deux nouvelles situées dans l'Allemagne médiévale)
- Aus See und Sand, roman, Leipzig, 1897
- Nacht- und Tagesspuk. 2 nouvelles, 1900 (dont Der verwunschene Garten - Le Jardin enchanté -, qui annonce le motif de Gradiva)
- Heimat, roman, Dresde, Reißner, 1901
- Der Schleier der Maja, Leipzig, 1902
- Der Hohenstaufer Ausgang, histoire et poésie, Dresde et Leipzig, Reißner, 1902
- Gradiva, une fantaisie pompéienne, Dresde et Leipzig, Reißner, 1903
- Vor drei Menschenaltern, un roman sur le Holstein, Dresde, Reißner, 1904
- Die Nachfahren, roman historique. Leipzig, Elischer, 1909
- Deutsche Männer, roman de l'année 1809, Leipzig, Grethlein, 1909
- Fremdlinge unter den Menschen, roman, 1912 (comme dans L'Ombrelle rouge, références multiples à Hölderlin, qui avait ainsi nommé la Lune.)
Disponibles (au 21 mai 2012)
Outre Gradiva, sont disponibles dans des traductions françaises récentes :
- Dans la maison gothique, Paris, Gallimard, 1999, coll. "Connaissance de l'inconscient".
- L'Ombrelle rouge, Paris, Imago, 2011 (suivie d'un Essai de lecture freudienne, par Jean Bellemin-Noël).
En allemand, outre Gradiva, 14 volumes de Jensen ont été récemment réédités, et 15 volumes, ainsi que quelques poèmes, peuvent être lus sur internet : voir la page http://gutenberg.spiegel.de/autor/305
Il semble que redécouvrir Jensen soit possible, puisque l'on republie certaines de ses œuvres.