Wilhelm Wertheim

physicien autrichien From Wikipedia, the free encyclopedia

Wilhelm Wertheim (ou Guillaume Wertheim en France) est un physicien français d'origine autrichienne, né le à Vienne (Autriche) et décédé le à Tours (France)[1],[2],[3].

Nom dans la langue maternelle
Wilhelm WertheimVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres noms
Guillaume Wertheim
Wilhelm Wertheimer
Faits en bref Naissance, Décès ...
Wilhelm Wertheim
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Wilhelm WertheimVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres noms
Guillaume Wertheim
Wilhelm Wertheimer
Nationalité
autrichienne (1815 - 1848)
française (1848 - 1861)
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Distinction
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Après un doctorat de médecine, il devient spécialiste de l'élasticité des solides et réalise les premières mesures de leur déformation lors d'allongements ou de torsions. L'étude des vibrations le conduit à prédire l'existence des deux principales ondes produites par les séismes.

Biographie

Famille

Wilhelm Wertheim (ou Wertheimer selon d'autres sources) est né dans une famille juive installée en Autriche depuis plus d'un siècle, mais dont l'origine remonte à la ville de Wertheim en Allemagne au Moyen Âge. Sur son acte de naissance à Vienne, il porte le nom de Wolfgang[4]. Son père Wolf Wertheim (1778 – 1814), négociant viennois, est décédé trois mois avant sa naissance et sa mère Franziska Herzfeld (1775 – 1818) décède avant qu'il atteigne ses quatre ans. Il a cinq frères et soeurs. Wilhelm et ses frères et sœurs vécurent chez une tante puis chez leur frère aîné Bernhard Wertheim (1804 – 1854), directeur de l'entreprise de commerce en gros « Lazarus Herzfelders Enkel »[5].

Les Wertheim descendent en ligne directe de Samson Wertheimer (1775 – 1818), riche banquier et Juif de Cour, qui s'est implanté à Vienne en 1684. La famille Wertheimer figure au nombre des quelques grandes familles faisant partie de la haute bourgeoisie juive européenne, comme par exemple les Rothschild ou les Bischoffsheim[6].

Note : comme signalé par von Wurzbach[3], certaines sources contradictoires existent concernant la date de naissance de Wilhelm Wertheim et ses parents ou sa fratrie. Les actes d'état civil disponibles permettent d'élimininer ces incertitudes : Wilhelm Wertheim est né le 22 février 1815. Plusieurs auteurs le disent frère de Theodor Wertheim ; or l'acte de naissance de Theodor inqique qu'il est né le 25 décembre 1820[4], fils de Zacharias Wertheim et Johanna Baruch (en 1820, les parents de Wilhelm étaient déjà décédés depuis plusieurs années).

Formation

Il étudie la médecine à l'université de Vienne et obtient son doctorat en 1839. Mais il renonce à la médecine et se lance dans des études de physique et mathématiques, d'abord à Vienne, puis à l'université de Berlin vers 1839-1840. A Berlin il travaille au laboratoire du chimiste Eilhard Mitscherlich et fréquente le milieu scientifique.

Carrière en France

Il s'installe alors à Paris vers 1840 et commence des recherches en physique des solides, à titre privé. Rapidement, Wertheim est reconnu comme un spécialiste de « résistance des matériaux ». Naturalisé français le 19 décembre 1848, il publie de nombreux articles dans des revues scientifiques[7]. Il obtiendra son doctorat ès sciences physiques de la Faculté de Paris en 1854.

En 1850, il retourne à Vienne dans l'espoir d'obtenir un poste de professeur, mais c'est un échec dû aux restrictions liées à sa religion juive. Il rentre alors à Paris, où il obtiendra le poste d'examinateur à l'École polytechnique en 1855.

Après 1855, il se met en retrait, tout en continuant ses recherches scientifiques. Sans doute dépressif et atteint de mélancolie, il met fin à ses jours le 20 janvier 1861 en se jetant du haut d'une tour de la cathédrale Saint-Gatien à Tours[8],[9].

Décoration

Chevalier de la Légion d'honneur Chevalier de la Légion d'honneur (1855)

Travaux scientifiques

En quelques années après son arrivée à Paris en 1840, Wertheim devient le spécialiste de l'étude de l'élasticité des métaux et des alliages, ainsi que celle du bois, du verre et des tissus humains[10]. Il réalise des expériences minutieuses pour mesurer les caractéristiques des déformations des solides, principalement les allongements et les torsions[11]. Il réalise les premières déterminations expérimentales du coefficient de Poisson en 1848[12].

Wertheim s'est ensuite appliqué à étudier les vibrations des solides, ce qui l'a conduit à étudier la propagation du son, en particulier dans les gaz et les liquides. D'autres expériences lui ont permis d'étudier divers effets sur les solides, comme le magnétisme, la chaleur, la double réfraction, la capillarité, etc. Il a montré que des vibrations longitudinales et transversales devaient être produites lors des séismes (ondes P et S), ce qui ne sera observé qu'une cinquantaine d'années plus tard[13].

Relativement méconnu, en particulier du fait de sa mort prématurée à 45 ans, Wertheim a cependant obtenu des résultats scientifiques de premier ordre grâce à des travaux expérimentaux novateurs. Bell[14] dit de lui que « Guillaume Wertheim certainly was one of the finest, perhaps the most important 19th century experimentist in the continuum physics of solids » (Guillaume Wertheim fut l'un des plus brillants, voire le plus important expérimentateur du XIXe siècle dans le domaine de la physique des solides). Wertheim est aussi considéré comme un des précurseurs de l'invention du phonographe et du téléphone[15] grâce à son travail sur l'enregistrement d'un diapason sur une plaque de verre enduite de noir de fumée[16],[17].

Références

Liens externes

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