Willow Run
usine aéronautique puis automobile
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Willow run ou plus formellement l'Air Force Plant 31 est une usine aéronautique de la seconde guerre mondiale, située à Ypsilanti dans le Michigan. Elle est construite spécifiquement pour la production en masse du bombardier lourd Consolidated B-24 Liberator. Elle appartient au gouvernement américain, mais Ford Motors en est l'opérateur.
| Type d'usine |
Fabricant aéronautique et spatial (en) |
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Origine
Le site avant l'usine
Henry Ford achète le terrain en 1931 et l'utilise pour un projet d'Ingénierie sociale, camp Willow run (qui doit son nom à une rivière qui la traverse). Ford, convaincu des vertus du travail manuel et de la proximité avec la terre, y installe un camp d'été où des garçons de 17 à 19 ans se familiaresnt avec le travail de la terre, tout en apportant un complément de revenus à leur famille. Ces garçons sont généralement de milieu urbain défavorisé, souvent fils de soldats tués ou blessés pendant la première guerre mondiale[1].
Projet d'une usine géante
Dans le contexte de réarmement massif précédent l'entrée en guerre du pays, Henry Ford prend l'initiative de proposer au gouvernement américain la construction d'une gigantesque usine destinée aux bombardiers lourds Consolidated B-24, transposant à l'aéronautique la logique de production à la chaîne qui a fait son succès dans l'automobile. Il se fait fort de pouvoir produire 24 bombardiers par jour dans une usine qui réunirait sous un même toit toutes les étapes de la production, de l'usinage des pièces jusqu'à l'assemblage final des avions. Au printemps 1941, le gouvernement décide de lancer ce projet, en même temps que deux autres usines dédiées au B-24 : une à Tulsa (Oklahoma), où Douglas produira sous licence l'avion conçu par Consolidated et une autre à Fort Worth, au Texas, qui sera directement régie par Consolidated Aircraft Company[2].
Construction
Production de masse
L'usine produit 6 791 B−24 assemblés entièrement sur le site, auxquels s'ajoutent 1 891 avions produits sous forme de lots complets de pièces, pour assemblage final dans une autre usine. Cela représente la moitié de la production totale du type. Les premiers avions finalisés ont quitté l'usine fin 1942. La cadence de production maximale est atteinte en aout 1944 : ce mois là, 428 avions quittent l'usine[3].
Avec une surface de 325 000 mètres carrés, il s'agit alors de la plus grande usine « sous un seul toit » existant dans le monde[4].
Les moteurs Twin Wasp utilisés par les B-24 sont produits par Buick dans une autre usine emblématique de l'effort de guerre, à Melrose Park dans l'état de L'Illinois[5].
- Installation d'un moteur.
- Deux ouvrières rivettent le fuselage.
Devenir du site et postérité
L'arrêt de la production de B-24 à Willow Run est annoncé en mai 1945 ; une cérémonie rend hommage à l'usine présentée comme un chef-d'oeuvre d'organisation industrielle. Cela marque, pour des milliers de salariés, la fin de leur emploi[6].
Kaiser-Frazer
Selon les termes de l'accord signé avant la guerre, Ford a la possibilité de racheter l'usine au gouvernement, mais il n'exerce pas ce droit. Au lieu de cela, l'usine de vendue à un autre groupe, Kaiser-Frazer, actif dans l'automobile et l'aéronautique. Kaizer-Frazer, créé par le magnat Henry John Kaiser (magnat de la construction navale, dont les entreprises ont notamment produit des Liberty ship) ambitionne de concurrencer Ford, Chrysler et General Motors, les trois géants de l'auttomobile américaine. Elle produit 739 000 voitures à Willow Run, de 1947 à 1953[7]. Elle y produit aussi sous licence l'innovant Fairchild C-119 Flying Boxcar, un avion-cargo destiné aux militaires, pendant la guerre de Corée.
- Kaiser-Frazer Henry J produite à Willow Run (1951).
- Kaiser Manhattan (1954).
- Fairchild C-119.
L'aéroport

L'aéroport attenant à l'usine, d'où partaient les B-24 construits, est ouvert aux opérations commerciales. Il devient, dès 1946, l'aéroport principal desservant Detroit, supplantant celui situé à Romulus. Cette situation est cependant de courte durée : l'aéroport n'est pas adapté à l'avènement des jets. Ainsi, à partir de 1958, les grandes lignes aériennes retournent à Romulus, site considérablement agrandi et modernisé. A partirr de 1966, il n'y a plus de vols réguliers à Willow Run, qui devient un aéroport secondaire, dédié à l'aviation privée, aux avions cargos, et utilisé comme aéroport de déroutement[8].
Rosie la riveteuse
Le personnage de Rosie the Riveter, figure emblématique de la participation des femmes américaines à l'effort industriel de la seconde guerre mondiale, a été construit comme figure allégorique mais a ensuite été interprétée par plusieurs ouvrières bien réelles. L'une d'elle est Rose Will Monroe. Originaire du Kentucky, elle travaillait à Willow Run, et interprête Rosie dans un court-métrage[9].
