Xanthippe (Sparte)

général spartiate From Wikipedia, the free encyclopedia

Xanthippe (en grec ancien Ξάνθιππος / Xánthippos) est un général spartiate qui vécut au IIIe siècle av. J.-C. Il entre au service de Carthage lors de la première guerre punique et réorganise l'armée des mercenaires. Il défait le consul romain Régulus et le fait prisonnier en 255 à la bataille de Tunis.

Faits en bref Origine, Allégeance ...
Xanthippe
Ξάνθιππος
Origine Sparte
Allégeance Carthage
Grade général carthaginois
Commandement Armée des mercenaires de Carthage
Conflits Première guerre punique
Faits d'armes Bataille de Tunis
Fermer

Selon Appien, ce sont les Carthaginois qui sollicitèrent Sparte pour obtenir un général car ils attribuaient leurs revers face aux Romains à l'incompétence de leur propre chef[1].

Dans le livre I de ses Histoires, l'historien grec Polybe propose une version bien différente. Selon lui l'arrivée de Xanthippe est plutôt fortuite : il serait venu avec d'autres mercenaires venus de Grèce :

32. Sur ces entrefaites (une défaite Carthaginoise) aborde un de ces racoleurs de mercenaires qu'on avait auparavant envoyé en Grèce, amenant une quantité de soldats parmi lesquels un certain Xanthippe, un Lacédémonien qui avait reçu l'éducation spartiate et possédait l'expérience correspondantes des opérations militaires. Apprenant la défaite précédente, les conditions et les circonstances où elle s'était produite, et considérant l'armement des Carthaginois et la quantité de leurs cavaliers et de leurs éléphants, il se prit à raisonner et déclara à ses amis que les Carthaginois n'avaient pas été vaincus par les Romains, mais par eux-mêmes à cause de l'incompétences de leurs chefs. POLYBE, I, 32, 1-3. (Trad. P. Pedech)

Bien vite les propos de Xanthippe se répandirent et les dirigeants décidèrent de le convoquer et après l'avoir écouté, ils lui remirent une armée pour le mettre à l'épreuve:

Les paroles de Xanthippe mettaient dans le public des rumeurs et des conversations optimistes; mais lorsque, conduisant la troupe hors de la ville, il rangea en bon ordre, se mit à faire manœuvrer les différents corps de troupes bien alignés et à les commander selon les règles, il produisit un tel effet de contraste, à côté de l'incompétence des généraux précédents, que les gens manifestèrent par des clameurs leur impatience de livrer bataille persuadés qu'ils n'auraient aucun échec sous le commandement de Xanthippe. La dessus, les généraux voyant le morale des troupes subitement réconforté, après leur avoir adressé les encouragements appropriés, partirent en campagne au bout de quelques jours. Cette armée comptait douze mille fantassins, quatre mille cavaliers et un nombre d'éléphants approchant de la centaine. POLYBE, I, 32, 6 - 9 (Trad. P. Pédech).

Convaincus, les Carthaginois décident donc de livrer bataille aux Romains et c'est ainsi que s'engagea la bataille de Tunis en 255 av. J.C.

Xanthippe commence la bataille par une charge des éléphants, qui immobilise la plus grande partie de l'infanterie romaine, tandis qu'il lance sa cavalerie contre les ailes de son adversaire. Au premier choc, la cavalerie romaine, largement inférieure en nombre, est rapidement défaite et mise en fuite par les cavaliers carthaginois. Les Romains obtiennent toutefois un succès limité sur leur aile gauche : deux mille hommes, peut-être des troupes alliées, repoussent les mercenaires qui leur font face et les poursuivent jusqu'au delà de leur camp.

Pendant ce temps, au centre, l'infanterie romaine résiste à l'attaque d'éléphants mais seules quelques unités isolées parviennent à attaquer la phalange carthaginoise mais elles sont facilement vaincues. Finalement, la cavalerie carthaginoise charge les Romains déjà malmenés des deux côtés à la fois, détruisant toute cohésion et annihilant l'armée romaine. Seuls les deux mille hommes de l'aile gauche, victorieux des mercenaires parviennent à s'échapper et sont rembarqués par la flotte romaine ; le consul Regulus lui, est fait prisonnier par les Carthaginois[2].

La fin de Xanthippe

La fin de Xanthippe est malheureusement mal connue et diffère selon les versions.

Appien raconte que, pour éviter qu'un exploit aussi éclatant ne soit attribué aux Lacédémoniens, les Carthaginois feignirent de l'honorer par une foule de présents et de le reconduire à Lacédémone à bord de trières, mais ils donnèrent l'ordre aux triérarques de le jeter par dessus bord, lui et ses compatriotes, au cours de la traversée[3].

La tradition de cette mort en mer est rapportée différemment par Diodore[4], qui évoque l'embarquement de Xanthippe sur un navire en mauvais état qui est ensuite intentionnellement coulé[5].

Polybe[6], quant à lui, nous dit seulement que Xanthippe quitta Carthage après cet éclatant succès pour ne pas s'exposer aux calomnies et à la jalousie. Il mentionne toutefois l'existence d'une autre version de ce départ, dont il annonce un récit à venir - récit qui ne nous est malheureusement pas parvenu[7].

Quant à Xanthippe qui avait apporté à la cause carthaginoise un si grand renfort et appoint, il se rembarqua peu de temps après, décision raisonnable et clairvoyante : car les actions éclatantes et extraordinaires font naître des jalousies profondes et d'âpres calomnies, que les gens du pays peuvent supporter parce qu'ils ont des parents et une foule d'amis, tandis que les étrangers ne tardent pas à succomber aux uns et aux autres et risquent leur vie. Il y a encore une autre version du départ de Xanthippe, nous l'exposerons en détail quand nous trouverons une meilleure occasion. POLYBE, I, 36, 2-4 (Trad. P. Pédech)

Le passage de Polybe renvoyant à un récit ultérieur, aujourd'hui perdu, suscité plusieurs conjectures de la part des historiens. l'une des hypothèses - contestée par Paul Pédech[8]- suppose qu'il s'agirait du même Xanthippe auquel Ptolémée Evergete aurait confié en 246/5 le gouvernement de plusieurs provinces au-delà de l'Euphrate. Ce Xanthippe aurait ainsi commandé l'armée lagide contre l'armée séleucide en Syrie durant la troisième guerre de Syrie et administré les territoires conquis par les Lagides en Asie. Ces conjectures reposent sur un passage du commentaire sur Daniel de Saint Jérome[9] mentionne un certain Xanthippe. En effet, il aurait été surprenant que Polybe soit revenu sur ce qui n'était qu'un fait divers si le personnage n'avait pas eu une certaine postérité. Peut-être devait-il réapparaître plus tard dans l'œuvre, où l'historien aurait repris cette anecdote. Toutefois, Paul Pédech observe que Polybe ne remontait pas si haut dans l'histoire de l'Égypte : dans le livre XIV, il résumait seulement les années de 216 à 205 avant J.C[8].

Source antique

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI