Xavier Grall

poète, écrivain et journaliste breton From Wikipedia, the free encyclopedia

Xavier Grall, né le à Landivisiau et mort le à Quimperlé, est un poète, écrivain et journaliste breton d'expression française[1].

Décès
Sépulture
Cimetière de Landivisiau
Nom de naissance
Xavier Marie GrallVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Xavier Grall
Monument Hommage à Xavier Grall sur la promenade éponyme sur la rive droite de l'Aven à Pont-Aven.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière de Landivisiau
Nom de naissance
Xavier Marie GrallVoir et modifier les données sur Wikidata
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Catholique
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Plaque commémorative au 58 rue du Théâtre à Paris.
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Biographie

Enfance et formation

La petite enfance

Il nait à Landivisiau, capitale historique du cheval de trait breton dans le Nord-Finistère, au nord-ouest de la Bretagne entre Léon et Cornouaille, dans une famille déjà nombreuse (ses parents se sont mariés en 1911, il est le neuvième d'une fratrie de dix enfants[2]) dont la mère, Marguerite Marie-Gabrielle David (1889-1977), assiste à la messe tous les matins[3], et le père, Joseph Jean François Grall (1886-1968)[4], maître-tanneur s'inscrivant dans une longue tradition familiale remontant au XVIe siècle et conseiller municipal puis maire de Landivisiau, est proche du catholicisme social prôné par Le Sillon[5], ce qui, malgré la piété très traditionnelle qui imprègne quotidiennement toute la vie de famille, vaut quelques ennuis au père de Xavier avec le clergé local[6].
Le grand père maternel, Jean-Marie David, que Xavier n'a pas connu, mais dont il entend sa mère en parler comme d'un « héros de légende »[7] est notaire et conseiller général[8].
Xavier reçoit une éducation catholique et française[9]. On ne parle pas le breton à la maison, alors que les parents, et la mère mieux que le père, eux, le parlent, mais son père juge que ses enfants auront bien le temps plus tard de l'apprendre[7].
Malgré l'atmosphère austère d'une piété omniprésente et d'une morale rigide, qu'il qualifie de gidienne[10], Xavier garde toute sa vie le souvenir d'une petite enfance un peu triste mais douce, aimé dans cette famille aimante, dans cette grande maison de la rue de Brest qui lui est un univers immense dans lequel il se sent libre, mais aussi en sécurité, rassuré par tout ce qui lui est familier, le grenier surtout et le jardin, les chambres de ses frères et sœurs et celle de ses parents.

L'adolescence

À 10 ans, on est au printemps 1940, Xavier vit ce qu'il appellera plus tard « une des plus grandes détresses » de sa vie : la défaite de la France et l'occupation de Landivisiau par les Allemands. C'est pour lui la « première et grave lézarde de la maison France ». La confiance dans les discours de ses maîtres d'école et de son père s'érode[11]. C'est déjà à cette époque que le jeune Grall commence à fumer, au moment du départ des Anglais en 1940, en cachette évidemment, en chapardant tabac ou cigarettes[12], ce qui lui vaut maintes punitions tout au long de sa scolarité[13], mais qui - surtout - le conduit au tabagisme qui obèrera définitivement sa santé.

Et quelques semaines plus tard, il est envoyé dans un collège catholique en internat, à l'Institution Notre-Dame de Kreisker, à Saint-Pol-de-Léon, ce qu'il envisage initialement avec confiance, car c'était « une sorte d'annexe de la maison familiale. Oncles, père, frères s'y étaient succédé. Mais c'était une annexe sans soleil et sans air. »[14]. En effet, très vite il vit cette situation comme un enfermement cruel loin de sa famille[15] ; il ne se fait pas à la discipline ni à la vision très sombre de la religion catholique qui lui est inculquée : « Régnèrent les prêtres noirs sur mes années. (...) À mes maîtres balourds les arts paraissaient coupables. Ils me prêchaient l'enfer à chaque heure du jour. (...) Nos âmes blafardes logeaient dans la trappe confessionnale. J'ai mangé quarante saisons de stupeur et de crainte »[16].

Le 12 juillet 1942, un incendie détruit complètement la maison des Grall, celle où il est né, rue de Brest[17]. C'est toute l'enfance de Xavier qui part en fumée ; il en garde sa vie durant le goût âcre des cendres fuligineuses d'une maison aimée[18]. La famille s'installe dans une autre maison, toujours à Landivisiau, 19 rue du Manoir[19],[20].

Il s'avère être un collégien plutôt rebelle et turbulent, aux résultats médiocres, il se fait renvoyer, continue sa scolarité à La Providence à Saint-Malo à partir de 1946, où les résultats scolaires s'améliorent, mais où, à l'occasion de la défense de son condisciple et ami Henri Boulard, selon lui injustement, pris à partie par leur professeur de sport, il trouve le moyen d'à nouveau se faire renvoyer en pleine année scolaire de terminale[21]. Il retourne au Kreisker où il passe et réussit son bac[22], puis sur le conseil de l'un de ses professeurs, part à Paris en 1950, faire ses études au tout jeune Centre de formation des journalistes, dont il sort diplômé en 1952.

Conséquences de son éducation sur son évolution

Selon Jean Rohou, Xavier Grall est issu d'« une bourgeoisie riche et bien pensante : d'un côté des patrons tanneurs "depuis des siècles", de l'autre un notaire conseiller général. Son père est maire de Landivisiau de 1941 à 1944. (...) Conséquence : à la fois favorisé et censuré par un milieu qui lui interdisait de jouir des possibilités qu'il lui offrait. C'était à la fois un privilégié et un révolté. (...) Prisonnier de l’hypocrite bigoterie d’une petite bourgeoisie provinciale, Grall s’est voulu un collégien subversif, puis un poète, journaliste et pamphlétaire parisien, adversaire des normes et dénonciateur de toute hypocrisie. »[8].

D'après Pierre-Jakez Hélias, il ne parle pas le breton, ce qu'Hélias souligne comme une critique[23]. Ce fait est confirmé par André Laude : « Incapable, par on ne sait quel barrage profond, d'apprendre la langue des siens, il fut autrement breton qu'un Théodore Botrel, qui n'hésitait pas à écrire, pour les beaux yeux de la Gueuse, la République bourgeoise : "Un Breton doit savoir mourir pour elle." »[24]. Et Grall lui-même le reconnaît dans l'un de ses billets hebdomadaires paru dans La Vie le et intitulé La langue : « C'est vrai. Je n'écris pas en breton. Je ne parle pas le breton. Beaucoup m'en ont fait le reproche. Je ne connais pas le parler maternel. Mon père n'y tenait pas. Et quand on est gosse, on n'en rajoute pas sur le chapitre. Aujourd'hui cette ignorance me gêne et parfois m'humilie. Les imbéciles en profitent qui suspectent la sincérité de mes opinions, la profondeur d'une identité longtemps quêtée dans les jours de ma vie, durement, âprement, obstinément. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Air connu ! Eh bien, si ! Cette langue, c'est le lait et le miel du premier âge. On l'apprend mal dans les livres. Elle est le chant du vent, la plainte de la pluie, la semence du blé. Elle est véritablement charnelle. Elle n'est pas le fait des docteurs, elle est concrète et vitale, pour ainsi dire végétale. Elle est la tige et l'algue. Par-dessus tout, elle est musique. Et plus ancienne que la langue française. Je la respecte trop pour la baragouiner. »[25]

Carrière

1952 : l'entrée en journalisme

Remarqué par le nantais Georges Hourdin, il entre en , à l'essai tout d'abord, à la rédaction de la Vie catholique illustrée[9],[26]. Il y devient un journaliste remarqué et même en le secrétaire général[27].

1953 : le service militaire au Maroc

En mai 1953, il arrive à Meknès au Maroc[11] pour les seize mois de son service militaire ; il est affecté au secrétariat du service social du district de Meknès[28] ; il s'y ennuie, et malgré une réelle amitié qui le lie à un soldat breton de Gourin, Jean Braban, il y souffre même d'une extrême solitude : entre lui et les autres soldats, aucun intérêt commun, car « ils détestent le silence et, plus largement, le sacré et le beau ». C'est ce qui le pousse à rechercher la « miséricorde du zinc», mais aussi ce qui affine sa sensibilité à la magnificence des paysages, du désert, de la lumière, splendeur qui lui permet de faire « l'expérience de l'éclatante beauté de l'univers »[29]. Lors de reportages à El Kbab dans le Moyen-Atlas sur les traces du Père Peyriguère, ou au Sahara, il est subjugué par la merveille qui l'enveloppe tout entier. Toute sa vie il en garde la nostalgie, le désir de concilier cette beauté et celle de sa Bretagne, qui transparaissent dans nombre de ses textes[30]. En 1977, vingt-trois ans plus tard, il écrit : « Je pris le soleil dans ma bouche. Le Maghreb fut ma clarté. Je humais les matins fleuris au bord des villes blanches. »[31].

1955 : le mariage

En février 1955, il épouse Françoise Jousse, originaire d'Ambrières en Mayenne[32]. Elle est la sœur d'un de ses amis d'adolescence, Michel Jousse, qu'il a rencontré au lycée de Saint-Malo et avec lequel il partage un petit deux-pièces à Paris, au 58 rue du Théâtre, durant ses études[33]. Ils ont cinq filles, Catherine, Geneviève, Isabelle, Véronique et Lucie qu'il appelle ses Divines[34],[15],[35],[36],[37].

1956 : la guerre d'Algérie et ses conséquences humaines et professionnelles

Puis à l'été 1956, il a 26 ans, journaliste déjà bien établi à La Vie catholique illustrée, il est rappelé du contingent en Algérie, où il passe quatre mois d'août à novembre à Médéa[n 1]. C'est un choc effroyable : il découvre les horreurs de la guerre, la torture et le traumatisme, ce qui ruine l'image qu'il a de la France des droits de l'homme et de sa prétendue vocation universelle[38], mais aussi qui imprègne pour toujours sa conscience et son cœur du remord de n'avoir rien fait, rien pu faire pour empêcher ces supplices inhumains. Ces quatre mois ont fait du « soldat français et du chrétien Grall »[39] un être dont « la rage et le chagrin »[16] sont inextinguibles, à la mesure de l'abîme sans fond creusé à Médéa[40]. Il surnomme les gens de sa génération la « génération du djebel »[41]. Le profond dégoût qu'il ressent s'appesantit quand, à son journal, La Vie, il lui est demandé en 1960 de faire un reportage sur les appelés qui reviennent d'Algérie. Il fera plus. Il enquête à l'aide d'un questionnaire dont beaucoup lui reviennent avec des lettres, des témoignages, des documents reçus par centaines et qu'il compile[42] et un numéro spécial supplémentaire de La Vie est publié le 25 janvier 1961 que Grall complète par un livre publié en 1962 : La génération du djebel[43]. Il y exprime son rejet des méthodes de l'armée française : « Quand un peuple accepte tacitement que la torture soit employée pour réduire ses ennemis, ce peuple-là ne mérite pas de vivre ». De son expérience au Maghreb naîtront, outre La Génération du djebel déjà cité, Africa blues et Cantique à Mélilla.

Décennie 60 : la vie en région parisienne et la redécouverte de son identité bretonne

Au cours des années 1960, son profond désarroi, paradoxalement, le pousse à une recherche identitaire et éveille chez lui une conscience bretonne. Le fil conducteur en est sa revendication du droit des peuples à la liberté et au respect de leur culture, alors il se redécouvre breton : « Tu te découvres breton comme il n'est pas permis de l'être (...) Tu te récupères, tu te regardes en face. Tu te décolonises. Tu es berbère, kabyle, breton. »[44]. Et par ses écrits il devient militant de la cause et de la culture bretonnes, proche des autonomistes ou fédéralistes bretons, tout en restant en région parisienne. Car c'est là qu'est son gagne-pain, vital pour sa nombreuse famille. Après avoir habité Paris, entre 1950 et 1960, leur deux-pièces de la rue du Théâtre, déjà très exigu à cinq devient invivable avec la naissance de leur quatrième fille, Véronique, en 1959. ils s'installent début 1960 à Sarcelles, au 60 route de Garges[45], dans un cinq-pièces en rez-de-chaussée d'un immeuble à la limite du vieux village et du Grand Ensemble. Mais, dès 1957, ils saisissent l'occasion des vacances pour retourner en Bretagne, dans la maison familiale de Landivisiau, ou chez sa sœur aînée à Trégunc, ou tout près à Pouldohan, à Saint-Philibert. En 1967, avec son épouse, ils achètent une petite maison de vacances à Tréhubert, ces trois derniers lieux-dits étant dans la commune de Trégunc[46].

En décembre 1961, il est hospitalisé un mois pour le traitement d'un pneumothorax spontané, conséquence de sa maladie pulmonaire, l'emphysème, marquant le début de ses ennuis de santé[45].

En 1966, il participe à la journée des écrivains de l'Ouest à Nantes[47].

A la fin des années 1960 il fonde, avec l'écrivain nationaliste Alain Guel et Glenmor, la maison d'édition Kelenn qui s'installe à Saint-Brieuc en 1972 qui publie plusieurs de ses livres[48] et des disques[44] jusque vers 1980. Au début des années 1970, il fonde le journal nationaliste breton La Nation bretonne avec Alain Guel et Glenmor, où il publie ses textes sous le pseudonyme de "Saint-Herbot"[49].

Son talent de chroniqueur lui ouvre les portes de la collaboration avec de nombreuses publications parisiennes ou bretonnes. Après son décès, ses billets sont réédités sous forme de plusieurs recueils (Voir infra). Il collabore au journal Le Monde où il a une chronique hebdomadaire à partir de 1973[50], à l’hebdomadaire Témoignage chrétien, au Matin, à Croissance des jeunes nations[24],[51], aux Nouvelles littéraires, au mensuel La Bretagne[49], à Ar Vro, à L'Avenir de la Bretagne et à Sav Breizh ; tous ces journaux bretons sont proches du mouvement autonomiste breton[52].

1973 : le retour en Bretagne

Chapelle N-D. de Kergornet en Nizon à 200 m de la maison de Bossulan

Xavier Grall redevient breton lorsqu'il quitte en 1973 Sarcelles où il habite plus de 12 ans avec sa famille, pour s'installer quelques mois provisoirement dans la maison familiale de Landivisiau, rue du Manoir où habite encore sa mère[53]. Puis après avoir acheté et restauré une maison ancienne en Nizon dans la commune de Pont-Aven, il s'installe dans le hameau de Bossulan (ou Botzulan, comme Xavier Grall l'a toujours écrit[54]) près de la chapelle de Notre-Dame-de-Kergornet[55]. C'est là qu'il écrit ses poèmes les plus bouleversants : La Sône des pluies et des tombes, Rires et pleurs de l'Aven, Solo, et qu'il commence Genèse qui reste inachevé[56].

À propos du Cheval d'orgueil, publié en 1975, il accuse Pierre-Jakez Hélias d'avoir une vision immobile et passéiste de la Bretagne, il lui reproche son localisme, ce qu'il appelle la « bigoudénie »[57]. En réaction, en 1977, Grall publie un ouvrage qui le met sous les feux de la notoriété : Le Cheval couché, où il fustige le « folklorisme fossilisant » de l'auteur et évoque le désir d'Hélias d'une « Bretagne préservée aux valeurs latines. »[58].« Le Cheval d'orgueil est un beau tombeau pour un peuple que l'on croit mort. J'ai essayé, pour ma part d'écrire une petite stèle à un peuple que je crois vivant. »[59] écrit Grall.
Selon Rohou, qui appuie la critique de Grall, au Cheval d’orgueil, il « a répliqué par Le Cheval couché (tel un chien asservi) (...). Sous-titré "Mémoires", Le Cheval d’orgueil se présente comme un authentique document sociologique. En fait, la réalité y est enjolivée par un habile conteur, digne héritier de ses grands-pères (…). Mais c’est bien une reconstruction idéalisée, et parfois du folklore nostalgique (...). Même si Hélias a bénéficié d’une enfance merveilleuse, dans une famille exceptionnelle, son témoignage n’est pas généralisable »[60].

À la suite de la publication du Cheval couché, Bernard Pivot invite les deux écrivains à débattre dans son émission Apostrophes diffusée le , sur le thème « Quelle Bretagne ? Quels Bretons ? ». Malgré l'énorme succès de son ouvrage, Hélias n'a jamais fait l'unanimité, notamment pas dans la mouvance bretonne et bretonnante - les militants de l'emsav - qu'il qualifie de « bourgeois » et d'« intellectuels » dans l'épilogue de son livre. Cette méfiance est clairement explicitée par Grall dans Le Cheval couché, qui est - pour l'une de ses parties - un véritable pamphlet qui atteste du talent de polémiste de Grall. L'émission de Pivot s'en fait l'écho[61]. « Le visage émacié, les yeux fiévreux, sa longue chevelure noire lui tombant sur les épaules, la cigarette aux lèvres »[62], il se montre très véhément, poussant maladroitement son « coup de gueule » contre un Jakez Helias, au sommet de sa gloire, tout en rondeur, placide dans son embonpoint, fumant tranquillement sa pipe. « Qu'il était tonique, ce Grall désemparé, démâté, tâtant un gouvernail qui ne répondait plus, mais en haute mer, et tenant la haute mer, vaille que vaille. » écrit Maurice Clavel dans Le Nouvel Observateur à propos de l'émission.
Les deux écrivains restent en froid des années, mais à l'été 1981, quelques mois avant la mort de Xavier, ils se réconcilient par les bons offices d'Étienne Manac'h. Hélias vient rendre visite à Grall à Bossulan, alors que celui-ci est déjà très malade[63].

Après le naufrage de l'Amoco Cadiz en 1978, Grall compose un poème sur la pollution engendrée sur le paysage et toute la nature[64]. La même année, il rend hommage à Georges Perros[65].

Décès

Il meurt le à 51 ans[66] à l'hôpital de Quimperlé[24], exténué, très affaibli, par un emphysème arrivé au bout de son évolution et lié à 40 ans de tabagisme et d'alcoolisme,[67],[68]. Il est inhumé au cimetière de Landivisiau[36].

Publications

Ouvrages et articles

Malgré sa disparition précoce, Grall est un écrivain prolifique : outre ses innombrables articles de presse qui sont le moyen de subvenir aux besoins de sa famille, et dont certains sont réunis après sa mort en ouvrages, il est l'auteur d'essais, de romans et surtout d'une poésie qui exprime au mieux son âme bretonne et qui l'a fait saluer comme l'un des grands poètes bretons. L'abondante bibliographie le concernant et les nombreux hommages posthumes, de différents types, qui lui sont rendus en attestent.

Par ordre chronologique de première parution :

De son vivant

Posthumes

Disques

Postérité

Bibliographie

Une longue bibliographie témoigne de l'intérêt posthume que suscite l'œuvre de cet auteur. On relève par ordre chronologique de première parution :

Ouvrages et monographies

Articles

Par ordre de parution

  • Thierry Glon, « Xavier Grall et la recouvrance », Plurial - Bretagne - L'autre et l'ailleurs, Presses universitaires de Rennes, no 8, , p. 57-75 (ISBN 9782868473998, lire en ligne, consulté le )
  • Bleunwenn Mevel, « Xavier Grall : d' Africa blues aux Vents m'ont dit : figures de l'altérité », Plurial- Bretagne - L'autre et l'ailleurs, Presses universitaires de Rennes, no 8, , p. 77-84 (ISBN 9782868473998, lire en ligne, consulté le )
  • Yasmina El Moummy, « Xavier Grall et le Maroc : l'harmonie des couleurs contrastées », Plurial- Bretagne - L'autre et l'ailleurs, Presses universitaires de Rennes, no 8, , p. 85-92 (ISBN 9782868473998, lire en ligne, consulté le )
  • Dominique Carlat, « L'alcool », Lire, Monographie sur Marguerite Duras, vol. 1, no 1, , p. 65–77 (lire en ligne, consulté le )[n 19].
  • Michel Kerninon, « Il a voyagé loin : Souvenir sur Xavier Grall », Hopala ! La Bretagne au monde, Quimper, no 44, décembre 2013-mars 2014, p. 91 (lire en ligne, consulté le )
  • Jean-Marc Pinson, « Bretagne. 40 ans après, le feu sacré de Xavier Grall brûle encore », Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
  • Christophe Dauphin, « Xavier Grall », Les hommes sans épaules, no 57 Poètes bretons pour une baie tellurique, (lire en ligne, consulté le )

Disques

Hommages

Un prix littéraire porte son nom

Plaque de la rue Xavier-Grall
à Rennes.
Plaque de la place Xavier Grall
à Landivisiau.
Plaque de la rue Xavier Grall
à Pencran.

Un prix littéraire est créé en 2006 en hommage à Xavier Grall par le Festival de la parole poétique du Pays de Quimperlé[75] dont les lauréats sont :

Voies ou places publiques à son nom

De nombreuses communes en Bretagne ont attribué son nom à une voie ou place publique ; toutes sont repérables sur OpenStreetMap ; ce sont par par ordre alphabétique :

Plusieurs lieux publics portent son nom

Médaillon de la stèle en hommage
à Xavier Grall à Pont-Aven.

Plaque, stèle et statue

  • Une plaque lui rend hommage 58 rue du Théâtre (15e arrondissement de Paris) (photo dans l'infobox, en haut à droite de cet article), où il vit de 1951 à 1960[n 22].
  • Un grand médaillon de bronze fixé sur une stèle en pierres de granit, sculpté en bas-relief par Françoise Trin, réalisé par Padrig Le Goarnig est érigé en 1985 en son honneur sur la promenade qui porte son nom, sur l'ile de l'Aven à Pont-Aven. En effet la ferme de Bossulan, où il vit à partir de 1973, se trouve en Nizon qui est depuis 1954 une partie de Pont-Aven[160],[161].
  • Une statue de Roger Joncourt (1932-2023) en métal est érigée près de la bibliothèque de Landivisiau en 1992[162].

Des événements lui rendent hommage

  • Le , jeudi de l'Ascension, quelques mois avant la mort de Grall, Yvon Le Men lit sur Radio-Armorique le poème Solo[163].
  • Le , un oratorio en cinq tableaux intitulé An dianav a rog ac'hanoun[n 23] créé en mémoire de Xavier Grall par Michel Chauvin, composée par Frédérique Lory, mis en scène par Jean-Michel Fournereau et reprenant le texte de son recueil L'inconnu me dévore est représenté la première fois à Auray au cours du festival Not’en Bulles avant de faire une tournée en Bretagne[165].
  • Le , Jean-Marie Borzeix évoque sa mémoire dans l'émission Les grandes voix sur France culture[166].
  • Le est diffusé sur France 3 un reportage de 52 minutes réalisé par Ariel Nathan, coproduit par Aligal (une société de production de Rennes) et France 3 Ouest, intitulé Xavier Grall, lettres à mes filles, où interviennent son épouse Françoise et ses filles, ainsi que son ancien confrère journaliste-chroniqueur et écrivain Alain Rémond[167]. La diffusion est précédée d'une avant-première aux Champs Libres à Rennes, que les organisateurs doivent réitérer du fait de l'affluence du public[168]. En novembre 2010 le film est projeté dans plusieurs cinémas en Bretagne dans le cadre du Mois du film documentaire[169]. Il est projeté à Paris, le dans la salle des fêtes de la mairie du XIVe, Rue Pierre-Castagnou, à l'instigation de l'association Mission Bretonne - Ti ar Vretoned[170]. Ce reportage est rediffusé par France 3 le 28 septembre 2012, en hommage à Ariel Nathan décédé quelques semaines auparavant[171].
  • Du 11 juillet au , un hommage est organisé par l'Université de Bretagne-Occidentale (UBO) à Camaret-sur-Mer pour le Mois de la poésie[172].
  • Du au est donnée une série de représentations au Théâtre du Temps à Paris de La Rimb, la pièce est mise en scène par Jean-Paul Zucca avec Mireille Paparella[173],[174].
  • Du 2 au , une exposition d’œuvres du peintre Matthieu Dorval nées à la lecture de la genèse du poème Solo est organisée à Paris, à la Galerie Françoise Livinec, au 29 avenue Matignon[175].
  • Les 10 et , pour les 30 ans de la mort du poète, sont organisées une série de manifestations à Pont-Aven : une exposition à l'Hôtel de ville, une autre de Hang'art au bar à vins Bazar Maniac, une projection du film de Ariel Nathan Xavier Grall, lettres à mes filles, un récital du poète Yvon Le Men, une conférence d'Annie Kerhervé avec un diaporama de Gusti Hervé[176].
  • Les 15 et , une exposition d’œuvres du peintre Matthieu Dorval nées à la lecture de la genèse du poème Solo est organisée à Rennes, au conseil régional de Bretagne, Hôtel de Courcy[175].
  • Du 17 au , une exposition d’œuvres du peintre Matthieu Dorval nées à la lecture de la genèse du poème Solo est organisée à la Maison du Lac, 11 rue du Général de Gaulle à Huelgoat[175].
  • Le , Isabelle Diverrez, conteuse et poétesse et Tiphaine Escarguel, harpiste, donnent un spectacle à la bibliothèque municipale de Châteaulin pour rendre hommage au poète Xavier Grall en mêlant à des textes de Grall, des poèmes d'Anjela Duval, et ses propres textes[177].
  • Les 9 et , dans le cadre du Festival international de Poésie Actuelle à Cordes-sur-Ciel, et suite à la parution du livre de Jacques Basse, un hommage est rendu à Xavier Grall avec une table ronde autour du livre collectif Xavier Grall parmi les siens, publié aux éditions Rafael de Surtis, avec la lecture publique de textes de Grall et avec l'exposition Visages de poésie des portraits au crayon réalisés par Jacques Basse des auteurs ayant participé à l'ouvrage en hommage à Grall[178].
  • Du 20 au , la bibliothèque de Concarneau organise, à l'occasion du 17e Printemps des poètes, avec la participation de Françoise Grall qui vit désormais à Concarneau[179], une exposition présentant des documents, des photos, des tableaux, un table d'écoute, ainsi qu'une lecture publique de textes et de poèmes de Grall, une conférence d'un universitaire (Alain-Gabriel Monot) et la projection du film Letttre à mes filles d'Ariel Nathan[180]. La bibliothèque édite à cette occasion une plaquette de huit pages d'une courte bibliographie classée par genre littéraire[181].
  • le , dans le cadre de l'Université du temps libre des pays de Châteaulin, Crozon, Le Faou, Olivier Macaux donne au Juvénat de Châteaulin une conférence pour présenter l'homme Xavier Grall et son œuvre[182].
  • Le , Holger Naujokat, le traducteur allemand de Grall, lit des passages de L'inconnu me dévore, en français et en allemand dans une crêperie, « P’Ti Breizh », dans le quartier de Karolinenviertel (de) à Hambourg[183] sous l’égide de l’Abban (Association des Bretonnes et Bretons d’Allemagne du Nord).
  • Le , lors du festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo, le poète Yvon Le Men rend hommage à Grall en lisant un poème de Joseph Ponthus intitulé l'Inconnue qui nous dévore, référence à L'inconnu qui me dévore de Grall, où il cite les dernières heures de vie de nombreux poètes, dont Grall ; ce poème de Ponthus se trouve dans l'ouvrage en hommage à Grall Ne vivent haut que ceux qui rêvent de chez Calligrammes p.35-40, et il a fait l'objet d'un enregistrement[184].
  • le , Jacques Gamblin lui rend aussi hommage en lisant des passages de l'Inconnu me dévore à Vannes, sur RCF Sud Bretagne[184].
  • Le , à l'occasion du 10è anniversaire du festival de poésie de Landivisiau « Moi Les Mots », est organisé un hommage à Xavier Grall à la librairie « Mots d’ici et d’ailleurs » et à la bibliothèque Xavier Grall, avec une table ronde et des lectures[185].
  • En , la troupe Ar Vro Bagan et la médiathèque de Plouguerneau organisent un hommage[186].
  • Le , Olivier Macaux donne une conférence à la médiathèque d'Erquy pour présenter l'homme Xavier Grall et son œuvre[187].
  • Le , organisé par les Préludes de Pont-Aven, Emmanuelle Le Cann au piano et Mathieu Lejeune au violoncelle accompagnent Malik Faraoun qui lit des textes de Grall (Solo, Le barde imaginé, L'inconnu me dévore) dans l'église Saint-Amet de Nizon[188].
  • Le , pour les 40 ans de la disparition de Grall, Dan ar Braz rechante des textes de Grall de son album de 1978 Allez dire à la ville, lors d'un concert donné à Locunolé[189],[190].
  • Le , dans le cadre de l'Université tous âges de Vannes, Olivier Macaux donne à Questembert à la salle Alan Meur une conférence pour présenter l'homme Xavier Grall et son œuvre[191]
  • Les 22, 23 et ont lieu trois représentations d'une lecture théâtralisée de L'inconnu me dévore à l'Espace Bernanos, Rue du Havre (Paris), avec les comédiens Pierre Devaux, Michel-Olivier Michel, Vianney Mallein qui fait aussi la mise en scène, accompagnés au piano par Jean-Luc Guyard[192].
  • Le , dans le cadre des Jeudis de l'Iliade Olivier François, journaliste à la revue Éléments, donne une conférence d'une trentaine de minutes intitulée « Xavier Grall, entre le cantique et l’imprécation » à la « Nouvelle librairie » rue de Médicis à Paris[193].
  • Le un hommage musical lui est rendu en la chapelle de la Madeleine à Penmarc'h, « Xavier Grall par Xavier Grall, de la révolte à l'épure », spectacle réalisé par Alain Ehkirch avec Michel Hervio, récitant, dans le rôle de Xavier Grall, Marie-Astrid Arnal au piano, Alain Ehkirch à la flûte et Hyacinthe Le Hénaff à l'accordéon[194].
  • Le l'actrice Ludmila Dabo dit le poème Les Déments, du recueil Genèse et derniers poèmes (Calligrammes, 1982), dans l'émission de France Culture L'instant de poésie présentée par Denis Lavant[195].
  • En , Radio Semnoz[196] diffuse, en deux épisodes d'un quart d'heure chacun, une émission de Poésie en Pays de Savoie consacrée à la lecture (par Laura Rucinska) et au chant (par Jean Boutry) de poèmes de Grall, entrecoupée de données biographiques (dites par Romain Brouard)[197].
  • Le un hommage musical lui est rendu en l'église Saint-Germain de Pleyben, à l'initiative du flûtiste Alain Ehkirch « Xavier Grall par Xavier Grall, de la révolte à l'épure »[198].
  • Le , une représentation intitulée Xavier Grall par Xavier Grall, de la révolte à l'épure est donnée dans le cadre des Nocturnes du Manoir du Stang à La Forêt-Fouesnant. Alain Ehkirch a regroupé des textes de Grall dits par Michel Hervio, accompagnés à la flûte par Alain Ehkirch et au piano par Marie-Astrid Arnal[199].

Une critique s'est élevée

En 2025, à l'occasion du cinquantenaire de la publication du Cheval d'orgueil de Pierre-Jakez Hélias, un collectif d'autrices bretonnes et bretonnantes relit l'œuvre de Xavier Grall Le Cheval couché et publie aux éditions Goater de Rennes un ouvrage bilingue breton-français intitulé Kezeg an Heol - Femmes effacées, féminismes occultés ?[200]. Selon elles, ces deux ouvrages, qui dialoguent entre eux, mettent en exergue une vision encore très masculine de la Bretagne[201],[202].

Si à l'époque de la sortie de ces livres, les femmes sont effectivement peu visibles, peu nombreuses à être publiées et diffusées, Xavier Grall manifeste beaucoup d'estime pour des autrices et artistes bretonnes dans ses écrits, des femmes telles qu'Angèle Vannier, Kristen Noguès ou encore Annkrist. Il parle longuement, et avec beaucoup d'affection, de Meavenn, dont il cite deux pages entières. Dans Le Cheval couché, il exprime aussi sa tendresse pour des femmes anonymes comme sa propre mère, Marguerite David, celle de Glenmor, Germaine Coutellec, un couple de paysans, Ervane et Olivane Guilcher et cite une chanteuse célèbre : Joan Baez[203].

Cependant, dans Kezeg an Heol, les autrices n'expriment pas de critique individuelle à l'égard de Pêr-Jakez Hélias ou de Xavier Grall, qu'elles ne citent jamais, mais assument l'objectif de faire écho à leur célèbre querelle en exposant, leurs regards et expériences spécifiques[204].

Notes et références

Voir aussi

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