Yasse Tabuchi

peintre, lithographe et graveur japonais (1921-2009) From Wikipedia, the free encyclopedia

Yasse Tabuchi, né Yasukazu Tabuchi (田淵 安一, Tabuchi Yasukazu?) le à Kitakyūshū, au Japon, et mort le à Vauhallan, au sud de Paris, est un peintre aquarelliste, graveur sur cuivre, lithographe et céramiste japonais du XXe siècle. Il est actif en France de 1951 à sa mort.

Décès
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VauhallanVoir et modifier les données sur Wikidata
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Nom dans la langue maternelle
田淵安一Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Yasse Tabuchi
Naissance
Décès
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VauhallanVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Nom dans la langue maternelle
田淵安一Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Yasukazu TabuchiVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Yasukazu Tabuchi naît le à Kitakyūshū dans la préfecture de Fukuoka, au Japon[1].

Après avoir été mobilisé dans la marine et l'aviation, pendant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale, il suit comme étudiant, des études en histoire de l'art à l'université des arts de Tokyo de 1946 à 1951, tout en ayant commencé à peindre.

21, rue Gazan, Paris

En 1951, il quitte sa famille et Yokohama en bateau en direction de Marseille puis refait sa vie à Paris, s'installant au 21, rue Gazan[2], où est situé l'atelier de Marie-Thérèse Auffray. En 1959, il achète une ferme à Vauhallan, dans l'Essonne, afin d'avoir plus d'espace pour travailler[3].

Il se lie d'amitié avec Shinkichi Tajiri par qui il fait la connaissance de Friedensreich Hundertwasser et Pierre Alechinsky, rencontre également grâce à ce dernier Karel Appel, Corneille et Asger Jorn[4], n'en étant pas moins reconnu comme initialement influencé par le surréalisme[5]. Ses œuvres tendent cependant à se rapprocher de l'abstraction, comme avec Femmes volantes[6].

Dans la deuxième moitié des années 1950, Tabuchi s'intéresse en particulier à l'abstraction lyrique et explore le clair-obscur pour réaliser des toiles ayant de très forts contrastes colorés[6].

En 1976, il écrit un article pour L'Œil intitulé « Art japonais contemporain »[7]

En 1988, il illustre un livre de Susanne Jorn, Det dansende æsel[8]

Tabuchi réalise également des décorations architecturales aux Pays-Bas et au Japon[6].

Yasse Tabuchi meurt le d'une bronchite dans sa propriété de Vauhallan[1],[5].

Œuvre

Analyse

En Europe, les œuvres de sa première période sont inconnues. Dans la première année de son installation à Paris, et notamment avec la série autour des Femmes volantes, de 1953-1954, les différents éléments de ses propositions plastiques, qu'il ne s'agisse d'espace, de plans, voire de personnages, sont réduits respectivement à leur signe symbolique minimum, constituant finalement des faits picturaux purement abstraits, aux masses orthogonalement équilibrées, aux harmonies des rouges les plus diversement travaillés en matière. Si les signes graphiques symboliques qui s'y tracent et s'inscrivent, peuvent justifier l'influence surréaliste qu'allègue Tabuchi, ce ne peut être que par une certaine parenté avec l'écriture elliptique d'un Matta. Dans une nouvelle période, qui dure environ de 1956 à 1960, Tabuchi se rapproche de l'abstraction lyrique[6], ce qui n'est guère étonnant quand on pense à ce que l'abstraction lyrique doit à la calligraphie et aux idéogrammes extrême-orientaux[9].

Entretenant des rapports variables avec la réalité, jouant avec des évocations de ciels, d'eau, de vent, de collines, de vastes graphismes impétueux, travaillés dans des matières recherchées, volontiers en contre-jour sombre sur fond clair, ou au contraire en clair-obscur de blancs violents sur fond sombre, envahissent la surface de la toile, s'enroulant sur eux-mêmes jusqu'à occupation totale ; ainsi du Ruisseau, de 1960, ou de Le Nuage noir surgit, de 1961. Après cette période de clairs-obscurs romantiques, dans un retournement total, Yasse Tabuchi repart de Matisse, ou plus précisément de ce que Matisse tient lui-même des Japonais du XIXe siècle, pour peindre, après la violence des éléments, la joie de vivre, d'être au monde et de regarder tout ce qui vit autour de soi, dans des toiles dont les titres sont révélateurs de ce changement radical de climat psychologique : Porte des femmes de 1962, La Fleur bleue de 1965, Coin intime de 1965, L'Érotique des choses de 1966, La Table abondante de 1966, La Mer et la table encore de 1966, À la mémoire des fleurs mortes de 1967[9].

Avec Fleurs et volcans de 1969, il divise la toile en deux, associant motifs figuratifs et abstraits. Il reprend cette structure en deux parties, l'une au-dessus de l'autre dans les séries de 1992 Émergence nocturne', Empreinte stellaire. Entretemps, il réalise les séries des Arbres (1977) où il réserve souvent une bande chromatique en bas, des Chinese Dream et de L'errance des nomades. D'entre les décorations architecturales que Tabuchi exécute, il faut citer l'important ensemble du hall du Centre Culturel Philips, à Eindhoven, Pays-Bas, le mur en céramique (66 mètres carrés) au 20th Century Art Museum d'Ikeda[10],[6].

Réception critique

  • « Explosion végétale et chromatique où la souplesse des lignes et des formes se soumet spontanément à une composition à la fois dynamique et stable. » - Georges Boudaille[11]
  • « Ce peintre oriental, occidentalisé depuis son installation à Paris en 1951, pratique une abstraction très personnelle : les éléments graphiques qui la composent évoquent, à la manière des idéogrammes japonais, une figuration symbolique. Viennent ensuite, entre 1956 et de début des années 1960, des œuvres plus lyriques, toujours abstraites, qui conservent néanmoins cette délicatesse mélangée de violence propre au Japon. Succède à cette période marquée d'angoisse et d'interrogations une peinture plus ouverte, plus colorée et sereine. » - Gérald Schurr[12]

Distinctions

Hommages

Tabuchi est qualifié d'« artiste important » ayant « l'amour du trait et de la spontanéité[3] », selon Anne le Diberder, conservatrice du musée Foujita.

Toshio Yamanashi, directeur du Musée d'Art Moderne de Kamakura évoque l'artiste ainsi : « Ce qui intéresse le plus le peintre Yasse Tabuchi, c'est la recherche des racines du monde[6] ».

Publications

Yasse Tabuchi a publié plusieurs ouvrages[6] :

Kenneth White
  • L'origine de l'image des Européens, 1976,
  • L'Occident à nu. Le cœur de l'Europe, 1979,
  • Le miroir à deux faces, 1982,
  • L'enclos des idées, 1994,
  • Kenneth White, Premières esquisses des îles de l'Amérique, poèmes enrichis de 5 lithographies originales de Yasse Tabuchi, 45 exemplaires numérités, Gazan, Paris, 1994,
  • Bretagne des silences et du vent, 1996,
  • Edmond Jabès, L'instant d'après, 3 gravures sur bois de Yasse Tabuchi, 70 exemplaiires numérotés, &ditions Folle Avoine, Bédée, 1997.
  • Alain Kervern, Le livre des âmes abandonnées, poèmes enrichis de 3 gravures sur bois de Yasse Tabuchi, 50 exemplaires numérotés, éditions Folle avoine, Bédée, 1997,
  • Yasse Tabuchi (traduction d'Alain Kervera), Ce grand vide lumineux, collection « L'univers et l'intime », La Part commune, 2006.

Expositions

Expositions collectives

Expositions individuelles

Collections publiques

Une grande partie de son œuvre a été léguée au musée de Kamakura, au Japon[1]. Sa peinture est par ailleurs présente dans plusieurs collections publiques, dont :

Drapeau de l'Allemagne Allemagne

Drapeau de la Belgique Belgique

Drapeau du Danemark Danemark

France

Drapeau du Japon Japon

Musée des beaux-arts de Gifu
Open-Air Museum, Hakone
Musée national d'art, Osaka

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas

Drapeau de la Suisse Suisse

Collections privées

Notes et références

Annexes

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