Yasse Tabuchi
peintre, lithographe et graveur japonais (1921-2009)
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Yasse Tabuchi, né Yasukazu Tabuchi (田淵 安一, Tabuchi Yasukazu) le à Kitakyūshū, au Japon, et mort le à Vauhallan, au sud de Paris, est un peintre aquarelliste, graveur sur cuivre, lithographe et céramiste japonais du XXe siècle. Il est actif en France de 1951 à sa mort.
Biographie
Yasukazu Tabuchi naît le à Kitakyūshū dans la préfecture de Fukuoka, au Japon[1].
Après avoir été mobilisé dans la marine et l'aviation, pendant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale, il suit comme étudiant, des études en histoire de l'art à l'université des arts de Tokyo de 1946 à 1951, tout en ayant commencé à peindre.
En 1951, il quitte sa famille et Yokohama en bateau en direction de Marseille puis refait sa vie à Paris, s'installant au 21, rue Gazan[2], où est situé l'atelier de Marie-Thérèse Auffray. En 1959, il achète une ferme à Vauhallan, dans l'Essonne, afin d'avoir plus d'espace pour travailler[3].
Il se lie d'amitié avec Shinkichi Tajiri par qui il fait la connaissance de Friedensreich Hundertwasser et Pierre Alechinsky, rencontre également grâce à ce dernier Karel Appel, Corneille et Asger Jorn[4], n'en étant pas moins reconnu comme initialement influencé par le surréalisme[5]. Ses œuvres tendent cependant à se rapprocher de l'abstraction, comme avec Femmes volantes[6].
Dans la deuxième moitié des années 1950, Tabuchi s'intéresse en particulier à l'abstraction lyrique et explore le clair-obscur pour réaliser des toiles ayant de très forts contrastes colorés[6].
En 1976, il écrit un article pour L'Œil intitulé « Art japonais contemporain »[7]
En 1988, il illustre un livre de Susanne Jorn, Det dansende æsel[8]
Tabuchi réalise également des décorations architecturales aux Pays-Bas et au Japon[6].
Yasse Tabuchi meurt le d'une bronchite dans sa propriété de Vauhallan[1],[5].
Œuvre
Analyse
En Europe, les œuvres de sa première période sont inconnues. Dans la première année de son installation à Paris, et notamment avec la série autour des Femmes volantes, de 1953-1954, les différents éléments de ses propositions plastiques, qu'il ne s'agisse d'espace, de plans, voire de personnages, sont réduits respectivement à leur signe symbolique minimum, constituant finalement des faits picturaux purement abstraits, aux masses orthogonalement équilibrées, aux harmonies des rouges les plus diversement travaillés en matière. Si les signes graphiques symboliques qui s'y tracent et s'inscrivent, peuvent justifier l'influence surréaliste qu'allègue Tabuchi, ce ne peut être que par une certaine parenté avec l'écriture elliptique d'un Matta. Dans une nouvelle période, qui dure environ de 1956 à 1960, Tabuchi se rapproche de l'abstraction lyrique[6], ce qui n'est guère étonnant quand on pense à ce que l'abstraction lyrique doit à la calligraphie et aux idéogrammes extrême-orientaux[9].
Entretenant des rapports variables avec la réalité, jouant avec des évocations de ciels, d'eau, de vent, de collines, de vastes graphismes impétueux, travaillés dans des matières recherchées, volontiers en contre-jour sombre sur fond clair, ou au contraire en clair-obscur de blancs violents sur fond sombre, envahissent la surface de la toile, s'enroulant sur eux-mêmes jusqu'à occupation totale ; ainsi du Ruisseau, de 1960, ou de Le Nuage noir surgit, de 1961. Après cette période de clairs-obscurs romantiques, dans un retournement total, Yasse Tabuchi repart de Matisse, ou plus précisément de ce que Matisse tient lui-même des Japonais du XIXe siècle, pour peindre, après la violence des éléments, la joie de vivre, d'être au monde et de regarder tout ce qui vit autour de soi, dans des toiles dont les titres sont révélateurs de ce changement radical de climat psychologique : Porte des femmes de 1962, La Fleur bleue de 1965, Coin intime de 1965, L'Érotique des choses de 1966, La Table abondante de 1966, La Mer et la table encore de 1966, À la mémoire des fleurs mortes de 1967[9].
Avec Fleurs et volcans de 1969, il divise la toile en deux, associant motifs figuratifs et abstraits. Il reprend cette structure en deux parties, l'une au-dessus de l'autre dans les séries de 1992 Émergence nocturne', Empreinte stellaire. Entretemps, il réalise les séries des Arbres (1977) où il réserve souvent une bande chromatique en bas, des Chinese Dream et de L'errance des nomades. D'entre les décorations architecturales que Tabuchi exécute, il faut citer l'important ensemble du hall du Centre Culturel Philips, à Eindhoven, Pays-Bas, le mur en céramique (66 mètres carrés) au 20th Century Art Museum d'Ikeda[10],[6].
Réception critique
- « Explosion végétale et chromatique où la souplesse des lignes et des formes se soumet spontanément à une composition à la fois dynamique et stable. » - Georges Boudaille[11]
- « Ce peintre oriental, occidentalisé depuis son installation à Paris en 1951, pratique une abstraction très personnelle : les éléments graphiques qui la composent évoquent, à la manière des idéogrammes japonais, une figuration symbolique. Viennent ensuite, entre 1956 et de début des années 1960, des œuvres plus lyriques, toujours abstraites, qui conservent néanmoins cette délicatesse mélangée de violence propre au Japon. Succède à cette période marquée d'angoisse et d'interrogations une peinture plus ouverte, plus colorée et sereine. » - Gérald Schurr[12]
Distinctions
- Officier des Arts et des Lettres, 1985[13].
Hommages
Tabuchi est qualifié d'« artiste important » ayant « l'amour du trait et de la spontanéité[3] », selon Anne le Diberder, conservatrice du musée Foujita.
Toshio Yamanashi, directeur du Musée d'Art Moderne de Kamakura évoque l'artiste ainsi : « Ce qui intéresse le plus le peintre Yasse Tabuchi, c'est la recherche des racines du monde[6] ».
Publications
Yasse Tabuchi a publié plusieurs ouvrages[6] :

- L'origine de l'image des Européens, 1976,
- L'Occident à nu. Le cœur de l'Europe, 1979,
- Le miroir à deux faces, 1982,
- L'enclos des idées, 1994,
- Kenneth White, Premières esquisses des îles de l'Amérique, poèmes enrichis de 5 lithographies originales de Yasse Tabuchi, 45 exemplaires numérités, Gazan, Paris, 1994,
- Bretagne des silences et du vent, 1996,
- Edmond Jabès, L'instant d'après, 3 gravures sur bois de Yasse Tabuchi, 70 exemplaiires numérotés, &ditions Folle Avoine, Bédée, 1997.
- Alain Kervern, Le livre des âmes abandonnées, poèmes enrichis de 3 gravures sur bois de Yasse Tabuchi, 50 exemplaires numérotés, éditions Folle avoine, Bédée, 1997,
- Yasse Tabuchi (traduction d'Alain Kervera), Ce grand vide lumineux, collection « L'univers et l'intime », La Part commune, 2006.
Expositions
Expositions collectives
- depuis 1953, Salon de mai et Salon des réalités nouvelles à Paris.
- 1954, Musée de Leverkusen.
- 1955, International Carnegie Institute de Pittsburgh.
- 1956, Exposition internationale d'art expérimental d'Anvers.
- 1957, Stedelijk Museum d'Amsterdam.
- Décembre 1957 - janvier 1958 : Petits formats : Jacques Busse, Jean Cortot, Jean Clerté, Pierre Dmitrienko, Michel Patrix, Key Sato, Yasse Tabuchi…, Galerie Jacques Massol, Paris.
- 1958 :
- 1959, IIe Prix Lissone, où il obtient un prix d'acquisition du Musée.
- 1961, VIe Biennale de São Paulo, avec dix peintures de grands formats.
- 1961, 1963, 1965, 1967 Biennale de Tokyo, où il obtient un prix national en 1966.
- Mai 1963 :
- Donner à voir n°3, Galerie 7, Paris.
- Exposition organisée à l'occasion des États généraux du désarmement, Cercle Volney.
- Juin 1964, Gérald Gassiot-Talabot, Jean-Jacques Lévêque et Raoul-Jean Moulin présentent neuf peintres, Galerie Argos, Nantes.
- 1965 :
- Prix Marzotto.
- Start!, Lefebre Gallery, New York[14]
- Promesses tenues - Robert Lapoujade, Pierre Fichet, Olivier Debré, Roger-Edgar Gillet, Yasse Tabuchi, Robert Wogensky, Gustave Singier, Kumi Sugaï, Mario Prassinos, Jean Messagier, Paul Rebeyrolle, Musée Galliera, Paris.
- 1969, L'Œil écoute, Festival d'Avignon.
- 1970, Wiener Secession à Vienne.
- 1971, Lumières de la main, Musée de Bayeux.
- 1972 : Exposition à Milan.
- 1972-1973 : Artistes japonais en Europe, Musée d'art moderne de Kyoto, octobre-novembre 1972 ; Musée national d'Art moderne de Tokyo, janvier-février 1973.
- 1973, Académie royale des beaux-arts du Danemark de Copenhague.
- 1975, Seibu Museum de Tokyo.
- 1981 :
- 1985, Musée d'Art contemporain de Dunkerque.
- 1986, Musée municipal de Taipei.
- 1987 :
- Foire artistique de Los Angeles, etc. En 1949 il obtient le prix Okada.
- Cinq peintres des années 50 à aujourd'hui : Jacques Busse, James Guitet, Gottfried Honegger, Jean Messagier, Yasse Tabuchi, Galerie d'art contemporain de Chamalières[17].
- Dix Japonais, centre d'art contemporain de Mont-de-Marsan.
- 1990, FIAC à Paris.
- 1992, De Bonnard à Baselitz - Dix ans d'enrichissements du cabinet des estampes, Bibliothèque nationale de France, 1992[2].
- 2005, Collection Jean Pollak - Cinquante ans de peinture en France : une galerie, une collection, Musée de Cahors Henri-Martin, Musée départemental Zadkine, Les Arques et Musée départemental Rignault, Saint-Cirq-Lapopie, 2005[18].
- Janvier 2006, Les soirées du Mercure - Shigao Shinjo, Isao Utsumiya, Takesada Matsutani, Yasse Tabuchi, Galerie Weiller, Paris.
- janvier-mars 2007, Collection 4, Musée national d'art, Osaka[19].
- Novenmre 2010 - février 2011, Collection 3 - Japanese Art, 1950-2010, Musée national d'art, Osaka[19].
- Mars-mai 2018, 186 feuilles, Galerie municipale Jean Collet, Vitry-sur-Seine[20].
- Mai-août 2019, Collection with Alberto Giacometti, Musée national d'art, Osaka[19].
- Mai 2021 : 10e Festival de l'histoire de l'art - invité : le Japon, château de Fontainebleau[21].
Expositions individuelles
- 1955, 1958, au Palais des beaux-arts de Bruxelles.
- 1956[11], 1957, 1960, à la galerie Lucien Durand à Paris.
- 1960, Galleria del Naviglio à Milan.
- 1961, à Tokyo.
- 1961, 1964, 1970 à Copenhague.
- 1963, 1964, 1970, à Malmö.
- 1964, à Aarhus.
- 1965[22], mars 1969[23], mars 1973[24], 1977[25], 1982, 1983 (Ombres d'or), 1984[26], 1985, 1988[27], 1992[28], Galerie Ariel à Paris.
- 1966 :
- 1967, Musée municipal de Verviers.
- 1969, City Museum de Yawata.
- 1970, 1982, à La Haye.
- 1971, Netsu-Seibu International, à Tokyo, dans plusieurs musées du Japon et à Zurich.
- 1973, Toulouse[30]
- 1978, Fuji Television Gallery, Tokyo[31]
- 1979, National Museum of Art d'Osaka.
- 1982, rétrospective au musée municipal de Kitakyūshū[32].
- 1983, Galerie Motte, Genève[33]
- 1984, Maison des Arts de Sochaux[34]
- 1985
- Galerie moderne de Silkeborg.
- « Chinese Dream », Grand Palais[35]
- Novembre 1985, « Chinese Dream », Fuji Television Gallery, Tokyo[36]
- 1987, Centre d'art contemporain de Rouen.
- 1988, Galerie moderne de Silkeborg.
- 1990, rétrospective au musée de Tokyo.
- 1991, rétrospective à l'abbaye des Cordeliers de Châteauroux[9].
- Janvier-mars 1992 : Yasse Tabuchi - Itinéraires croisés, Centre culturel Le Quartz, Best.
- 1996, Kamakura[37]
- 1999, Yasse Rabuchi - Suite des jardins suspendus, Maison des arts et loisirs de Sochaux[38]
- mars 2002, Musée municipal d'art (en), Kitakyūshū[19].
- Avril-mai 2006, Musée d'art moderne de Hayama (en)[39].
- 2011, propriété Caillebotte, Yerres[3],[40],[41].
- 2013, Yasse Tabuchi - Rétrospective, Galerie Birch, Copenhague[42].
- Juin-septembre 2014, The unknown world of Yasse Tabuchi, Musée d'art moderne (en), Kamakura[43].
- Janvier-février 2016, galerie des Tuiliers, Lyon[44].
Collections publiques
Une grande partie de son œuvre a été léguée au musée de Kamakura, au Japon[1]. Sa peinture est par ailleurs présente dans plusieurs collections publiques, dont :
Allemagne
- Leverkusen, Stadtmuseum.
Belgique
- Bruxelles (Musées royaux des beaux-arts de Belgique)[6] :
- Une légende d'origine, huile sur toile 114x146cm, 1955[45] ;
- Au loin de la mer, lithographie 48,5x66cm[46] ;
- L'été hilare, lithographie 48,5x66cm[47].
- 2e Suite Prisunic[48], lithographies de Pierre Alechinsky, Jean Dewasne, Jean Messagier, Yasse Tabuchi, Pierre Tal Coat, Bram van Velde[49].
- Verviers, musée municipal.
Danemark
France
- Paris[6] :
- Assemblée nationale, La cataracte, huile sur toile 201x201cm, 1981 (dépôt du Centre national des arts plastiques)[50].
- Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France[2].
- Fonds d'art contemporain - Paris Collections, L'été sauvage, lithographie 42x51cm[51].
- Musée d'art moderne de la ville de Paris :
- Musée national d'art moderne.
- Puteaux, Fonds national d'art contemporain, L'apparition de l'ombre, huile sur toile 195x130cm, avant 1960[54].
- Toulouse, Les Abattoirs, Les trois songes, huile sur toile 99x99cm (dépôt du Musée des Augustins)[55].
- Vitry-sur-Seine, Musée d'Art contemporain du Val-de-Marne[20].
Japon


- Fukuoka :
- Fukuoka Prefectural Museum of Art (en), treize œuvres[56].
- Musée d'art de Fukuoka, deux œuvres[56].
- Fukushima (Fukushima), Fukushima Prefectural Museum of Art (en), cinq œuvres[56].
- Gifu (Gifu), Musée des beaux-arts, quatre œuvres[56].
- Hakone, Open-Air Museum.
- Hekinan, Hekinan City Tatsukichi Fuji Museum of Contemporary Art, deux œuvres[56].
- Iwaki, Iwaki City Museum of Art, huit œuvres[56].
- Kamakura, Musée d'art moderne (en)[57].
- Kobe, Musée préfectoral d'art de Hyōgo, deux œuvres[56].
- Kōriyama, Kōriyama City Museum of Art (en), une œuvre[56].
- Kumamoto, Musée d'art contemporain, trois œuvres[56].
- Kyoto, Musée d'art moderne, cinq œuvres[56].
- Nagoya, Aichi Prefectural Museum of Art, sept œuvres[56].
- Niigata :
- Osaka :
- Musée des Beaux-Arts de Nakanoshima, une œuvre[56].
- Musée national d'art, cent vingt-deux œuvres[56] dont La plaine des trois éléments, huile et feuille d'or sur toile 146x97cm, 1984[19].
- Saitama, Musée d'art moderne (en), une œuvre[56].
- Sendai, Miyagi Museum of Art (en), deux œuvres[56].
- Shimonoseki, Shimonozeki City Art Museum (en), cinq œuvres[56].
- Shizuoka, Ikeda Museum of 20th Century Art (de) :
- Mur en céramique (66m2) ;
- Six œuvres[56].
- Takamatsu, City Art Museum six œuvres[56].,
- Tokyo :
- Musée d'Art contemporain de Tokyo, neuf œuvres[56].
- Musée national d'Art moderne, neuf œuvres[6],[56].
- Musée d'art métropolitain.
- Musée d'art Bridgestone.
- Nerima Art Museum, une œuvre[56].
- Toyama, Musée d'art moderne.
- Utsunomiya, Musée préfectoral des Beaux-arts de Tochigi, une œuvre[56].
- Wakayama, Musée d'art moderne (en)[56]
Pays-Bas
- Eindhoven, Philips Museum.


