Youki
inspiratrice et galeriste française
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Youki est le surnom sous lequel est connue Lucie Badoud, née le à Paris où elle est morte le [1],[2],[3]. Youki est une artiste du Montparnasse des années 1930[4], à la fois une inspiratrice et une galeriste. Son surnom lui est donné par son mari le peintre français d'origine japonaise Tsugouharu Foujita[5],[3] (yuki, 雪, signifie « neige »[6] en japonais et non « neige rose » comme Youki elle-même le pensait[5]).
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 63 ans) 15e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance |
Lucie Badoud |
| Nationalité | |
| Conjoints |
Biographie
Enfance et famille
Lucie Badoud naît le dans le 17e arrondissement de Paris. Sa mère est Joséphine née Bousez, cuisinière née à Tongre-Notre-Dame dans la campagne de Wallonie, en Belgique francophone. Son père est Célestin Badoud, valet de chambre suisse né le à Prévondavaux, dans le canton de Fribourg. Ses parents se trouvent placés comme majordome et femme de chambre dans la même famille de la Plaine Monceau[7].
Lucie Badoud est élevée par sa grand-mère maternelle Marie-Adolphine Lucas qui, veuve, quitte la ferme de l'Esquinterie, la vend et s'installe à Paris avec la fillette. Les détails de sa jeunesse sont relatés par Youki dans un ouvrage autobiographique paru en 1957.
Carrière
Peu après le décès de ses parents[8], Lucie Badoud rencontre par le poète Robert Salmon le milieu théâtral et journalistique[9]. En 1922, à 19 ans, elle devient le modèle de Tsugouharu Foujita[10] qui en a 37 et qu'elle épouse le 4 février 1929[8]. Il la rebaptise « Youki » qui signifie « neige rose » en japonais[9]. Ils visitent ensemble l'Egypte, l'Inde, la Corée, la Chine, les Etats-Unis, l'Italie, la Belgique. En 1926, il la représente avec Mado dans l'huile sur toile Les Deux Amies[8]. En 1929, ils partent réaliser une grande exposition au Japon et rencontrer la famille de Foujita, notamment pour éviter un redressement fiscal[11].
En 1928, elle côtoie les surréalistes, dont le poète surréaliste Robert Desnos qui devient son amant[4],[12]. Ils s'installent ensemble en décembre 1931 lorsque Foujita quitte Paris. Le 22 février 1944, il est dénoncé et arrêté pour faits de résistance. Youki entame alors multiple démarches pour lui éviter la déportation, mais il meurt du typhus au camp de concentration de Terezin en Tchécoslovaquie le 8 mai 1945[9].
Elle devient directrice artistique de la galerie Fontan, 137 boulevard Saint Germain, suite à une proposition de Raymond Cardonne, directeur de la Galerie Clauden. Elle y inaugure le 21 juin 1946 une exposition d'art moderne à succès[11].
En 1945, elle rencontre le peintre Henri Espinouze avec qui elle vit en vendant les œuvres laissés par ses anciens compagnons. Le divorce est prononcé en 1954 et elle l'épouse en 1966, avant de mourir cinq mois plus tard. Elle est inhumée à Belvès, en Dordogne[8].
En 1957, elle écrit ses mémoires Les confidences de Youki[9].
Œuvre
- Robert Desnos, Youki, Les Confidences de Youki, dessins originaux de Foujita et de Robert Desnos, Paris, Fayard, 1957.