Zwangendaba

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Zwangendaba (mort vers 1845) est un chef ngoni du clan Jele, connu pour avoir conduit une vaste migration et fondé plusieurs formations politiques ngoni en Afrique australe et orientale au XIXe siècle.

Décès
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Activité
Chef militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
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Zwangendaba
Biographie
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Biographie

À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, l’Afrique australe connaît de profondes transformations politiques, souvent désignées sous le terme de mfecane. De petits chefferies se transforment en États militaires centralisés à la suite de conflits, d’absorptions de populations et de réorganisations sociales. Dans ce contexte émergent de grandes confédérations, dont les Ndwandwe dirigés par Zwide, les Mthethwa sous Dingiswayo et les Ngwane de Sobhuza. Après la victoire de Chaka et de l’État zoulou sur les Ndwandwe vers 1819, plusieurs groupes ndwandwe se dispersent[1].

Zwangendaba, alors chef ngoni et ancien induna ndwandwe, fuit la défaite face aux Zoulous de Chaka avec un petit groupe de partisans. Il mène les Ngoni vers le nord à travers le sud du Mozambique, où ils incorporent de nombreuses populations, notamment thonga. Le groupe atteint la baie de Maputo en 1822, puis la haute vallée de la rivière Sabi vers 1826. Les Ngoni s’installent temporairement aux côtés d’autres groupes réfugiés ndwandwe, mais des conflits les poussent plus au nord, au cœur de l’ancien empire rozwi. Ils pillent notamment Grand Zimbabwe et Khami, puis battent le dernier souverain rozvi à Manyanga. Entre 1835 et 1839, les Ngoni vivent parmi les Nsenga, qu’ils soumettent et intègrent comme producteurs agricoles, tout en poursuivant des raids. L’épuisement des ressources les contraint à poursuivre leur migration vers les régions chewa et tumbuka, puis finalement vers la région de Maputo, entre les lacs Tanganyika et Rukwa, dans l’actuelle Tanzanie, où Zwangendaba meurt vers 1845[1],[2].

Organisation politique et sociale

Le succès de Zwangendaba repose sur sa capacité à assimiler des populations diverses. Les Ngoni incorporent captifs et alliés par l’adoption d’enfants, le mariage des femmes et l’intégration des hommes dans des régiments d’âge militarisés. Le groupe passe ainsi de quelques centaines à plus de 100 000 personnes au cours de la migration. L’État ngoni est organisé en segments territoriaux centrés sur des maisons royales, entourées de régiments d’âge et de foyers résidentiels. Des segments secondaires, dirigés par des indunas nommés, reproduisent cette structure. À la mort de Zwangendaba, environ 90 % des Ngoni sont d’origine non ngoni[1].

Après la mort de Zwangendaba, l’unité politique se désagrège à la suite de conflits de succession. Zwangendaba a écarté son fils aîné Mpezeni, accusé de sorcellerie, et nommé son frère Ntabeni comme régent. La mort de ce dernier provoque de nouvelles rivalités. Plusieurs chefs et groupes font sécession et fondent des entités distinctes en Tanzanie, au Malawi et en Zambie. Ces États ngoni successeurs, plus petits, ne dominent plus leurs voisins comme auparavant et s’installent durablement parmi des populations locales. Selon les régions, les Ngoni forment soit une élite politique dominante, soit un groupe progressivement assimilé culturellement. Il en résulte une diversité d’États et de sociétés ngoni en Afrique orientale et australe[1],[2].

Notes et références

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