Ânkh
hiéroglyphe égyptien
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ansée, croix de vie, clé de vie, croix égyptienne, croix du Nil, est un hiéroglyphe représentant le mot ˁnḫ, qui signifie « vie ».
| Code | U+2625 |
|---|---|
| Nom |
Ânkh croix égyptienne |
| Bloc |
Symboles divers (U+2600 à U+26FF) |
| Symétrie | axiale |
|---|---|
| Trait | courbe et rectiligne |
| L'ânkh (en hiéroglyphes égyptiens : | S34), également connue sous les différentes appellations de croix |
Il était utilisé par les Égyptiens pour symboliser la vie. Ceux-ci pensaient que leur séjour sur Terre n'était qu'une partie d'une vie éternelle. La croix de vie symbolise donc non seulement l'existence mortelle sur la Terre, mais également leur existence immortelle dans l'après-vie. Ses origines et significations ne sont pas certaines.
Depuis la fin du XXe siècle, l'ânkh est de nouveau utilisée de façon décorative.
Représentation
L'ânkh est constituée d'une longue barre verticale, d'une plus petite horizontale et d'un ovale à leur intersection. Elle a donc une forme de croix latine, mais avec un anneau à la place de la barre verticale du haut. L'ânkh peut prendre diverses couleurs.
Dans l'art égyptien, l'ânkh est omniprésente comme attribut des divinités. Elles la tiennent par la boucle ou la portent dans chaque main avec les bras croisés sur la poitrine. Elle apparaît souvent au bout des doigts d'un dieu ou d'une déesse dans des images qui représentent les divinités de l'au-delà conférant le don de la vie à la momie de la personne morte. La croix est placée près de la bouche et du nez comme pour insuffler la vie. Placée près des pieds, elle offre une protection divine aux morts. Différentes divinités sont représentées avec l'ânkh: le plus souvent la déesse Isis, mais aussi Maât, déesse de la vérité, Atoum, dieu du soleil et Sekhmet, déesse guerrière. Le pharaon tient également l'ânkh, qui souligne ainsi sa nature divine : il le porte comme un accessoire que les dieux lui ont confié.
L'ânkh apparaît dans les tombes égyptiennes, sur les murs des temples, sur des stèles, sur des statues et sur des frises. Elle est utilisée à de nombreuses reprises dans l'art funéraire car elle est un symbole de force vitale impérissable. Elle est généralement peinte ou sculptée. Certains miroirs étaient aussi taillés en forme d'ânkh. Dans l'art amarnien, la croix ansée est portée par les rayons solaires (terminés par des mains), symbolique du soleil dispensant la vie sur Terre.
Apparitions
Origine inconnue
Dès le quatrième millénaire avant notre ère, la civilisation égyptienne s'impose avec son art, sa science, ses techniques agricoles, son organisation sociale et sa gestion des crues du Nil, facilités par la mise en place d'un système d'écriture. Ce dernier est composé de hiéroglyphes qui sont des images expressives et simplifiées d'éléments de la vie quotidienne et de divinités. Mais l'ânkh ne semble pas avoir de référence concrète, son origine est inconnue. Elle est utilisée par les Égyptiens dès le début de la période dynastique de 3150 à 2613 av. J.-C. Elle accompagnait toutes les cérémonies rituelles et servait de talisman protecteur.
Première croix copte

Les chrétiens d'Égypte, appelés chrétiens coptes, utilisaient une croix semblable à l'ânkh. Elle est nommée en latin crux ansata, « croix ansée », c'est-à-dire avec une poignée (ansa). L’auteur ecclésiastique Sozomène — mort vers 450 — rapporte que, quand l’évêque Théophile d’Alexandrie détruisit en 391 le grand temple du dieu Sarapis afin d’exalter la victoire du christianisme sur le paganisme, la croix égyptienne était présente sur les murs qui subsistèrent. Les chrétiens y virent la ressemblance avec la croix du Christ comme un instrument du triomphe de la vie sur la mort. Les Coptes choisirent alors une croix semblable à l'ânkh comme croix chrétienne, mais l'anneau ovale de l'ânkh y est remplacé par un cercle. Dans les premiers siècles des chrétiens d’Égypte, la croix ansée fut souvent représentée sur des tissus ou des stèles funéraires. Ce n’est qu’avec la paix établie par l’empereur Constantin Ier, au IVe siècle, que la croix commence à se développer comme symbole chrétien en dehors de l’Égypte. Mais avec la conquête arabe au VIIe siècle, son usage disparut progressivement.
L'ânkh est donc un symbole passé d'une religion à une autre.
Significations
Le mot ânkh, anokh, ou anok signifie « la vie » en égyptien. Les Égyptiens pensaient que leur séjour sur terre n'était qu'une partie d'une vie éternelle . La croix de vie symbolise donc non seulement l'existence mortelle sur la terre, mais également leur existence immortelle dans leur après-vie. Le copte, une langue liturgique chamito-sémitique descendant de l'égyptien ancien, comporte aussi le terme anokh. De même, l'hébreu biblique comporte le terme anokhy dans le premier commandement du Décalogue. Anokh et anokhy veulent alors dire « Je suis Dieu » et par conséquent « Je suis éternel »[réf. nécessaire].
La signification de l'ânkh peut varier selon sa couleur. Lorsque la croix est bleue, l'ânkh est associée aux divinités et au ciel ; or et jaune, elle est associée au Sud ; verte elle est liée au Nil Vert et au Nord ; argent brillant, elle correspond à la vie sur Terre, et enfin argent oxydé, elle évoque l'Ouest et le monde des morts[réf. nécessaire].
L'ânkh peut être symbole de vie éternelle. En se basant sur la forme de la croix latine, l’axe vertical de l'ânkh pourrait symboliser la dimension divine, et l’axe horizontal la dimension physique. L'ânkh marquerait alors la période de la création à la mort et jusqu'au-delà de la mort dans la vie éternelle. Les anciens Égyptiens associaient donc l'ânkh à la vie spirituelle de l'âme. Sa forme ovale pourrait symboliser l'éternité des divinités vivantes, et la croix qui en sort est un symbole de continuation et de l’extension. Mais l'ânkh fait aussi l'objet d'autres interprétations[réf. nécessaire].
L'ânkh pourrait être la combinaison entre le masculin et le féminin considérés comme les deux forces de la vie. Le masculin est associé à Osiris et le féminin à Isis. C'est l'union entre le ciel et la terre, Leur union a permis de sauver l'humanité grâce à la victoire d'Horus sur Seth. La partie ovale correspondrait au vagin ou à l'utérus (l'utérus stylisé peut également être symbole de fertilité), la ligne verticale à une forme phallique et les bras en extension les enfants créés par l'unification des deux sexes. L'ânkh symbolise encore une fois la vie, et plus spécifiquement la création de la vie par l'harmonie entre l'homme et la femme.[réf. nécessaire].
L'ânkh pourrait symboliser le Nil, source de vie pour les Égyptiens avec la barre verticale qui représente la vallée du Nil et donc la Haute-Égypte, et la barre horizontale le nœud d'Isis, qui réunit en un tout les deux parties du fleuve et, par extension, du pays, ainsi que son delta, la Basse-Égypte, qui est la boucle. Cette théorie serait corroborée par certaines représentations de l'ânkh sur lesquelles on peut distinguer des stries sur la branche horizontale, à l'image du plissé d'un nœud[réf. nécessaire].
L'ânkh pourrait symboliser la vertèbre d'un taureau. Andrew Gordon, égyptologue, et Calvin Schwabe, vétérinaire, affirment que l'origine de l'ânkh est reliée à deux autres signes qui apparaissent souvent ensemble : le sceptre, symbole de pouvoir et domination, et le pilier Djed symbolisant la stabilité. Selon cette hypothèse, la forme de chaque signe est dessinée d'après l'anatomie d'un taureau. L'ânkh serait la vertèbre thoracique, le pilier djed le sacrum et la vertèbre lombaire, et le sceptre le pénis du taureau. Le sperme est connecté à la vie et par conséquent, selon les croyances égyptiennes, au pouvoir. Des textes indiquent que les Égyptiens pensaient que le sperme était dans les os[réf. nécessaire].
Depuis l'antiquité l'ânkh a une signification magique. Symbole de vie, elle était d'ailleurs souvent portée comme amulette par les Égyptiens.
Sa forme hiéroglyphique signifiant « vie » se retrouve dans la formule d'eulogie égyptienne ˁnḫ(=w), wḏȝ(=w), snb(=w),
| , qui peut se traduire par « vie, prospérité, santé ». |
L'ânkh peut aussi représenter la clé de la connaissance cachée pour résoudre les mystères de la vie et de la mort. D'un point de vue spirituel, la boucle symbolise alors l'âme éternelle car elle n'a ni début ni fin et la croix représente la mort[réf. nécessaire].
L'ânkh pourrait être une courroie de sandale avec la boucle contournant la cheville, ce qui serait alors une métaphore pour la marche, le mouvement, et par conséquent la vie puisque vivre c'est bouger. Alan Gardiner pense que les courroies de sandale telles qu'on les représente durant le Moyen Empire ressemblent au hiéroglyphe. Le mot désignant la courroie de sandale s'écrit également ˁnḫ, même s'il se prononçait peut-être différemment. La boucle d'une sandale, c'est son nœud, qui permet d'y mettre l'orteil pour pouvoir avancer. « L’action de nouer, he, veut dire relier, mettre en rapport. C’est pour cela que ce mot va être en relation avec un mot fondamental : heka, qui veut dire magie ou art de relier les aspects distincts du monde dans une unité sympathique. »[1]. Sa liste de signification des hiéroglyphes qui place l'ânkh dans la catégorie des vêtements est encore d'actualité. James Peter Allen, dans son livre introductif sur le langage égyptien publié en 2014, affirme aussi que l'ânkh représente une courroie de sandale.
Victor Loret, égyptologue du XIXe siècle, pensait que l'ânkh était un miroir, mais il reconnaissait que les divinités portaient fréquemment l'ânkh en passant leurs mains au travers de l'anneau, ce qui était incompatible avec son interprétation[réf. nécessaire].
L'ânkh pourrait évoquer également un ange ou un religieux les bras ouverts[réf. nécessaire].
Utilisations modernes

Plus récemment, l'ânkh est devenue un symbole populaire en Occident, particulièrement en tant que bijou et tatouage[2].
Elle est également associée à la religion de Kemet, basée sur la religion de l'Égypte antique[3]. Cette croix resurgit avec le mouvement de contre-culture des années 1960 qui porte un grand intérêt aux anciennes religions. Au XXIe siècle, l'ânkh est reconnue comme l'affirmation d'une identité culturelle. De nombreux fans du style « New Age » et des néo-païens l'utilisent de manière plus générique en tant que symbole de la vie ou parfois de la sagesse. Le signe est aussi populaire dans la culture gothique où l'ânkh est associée aux vampires.
Actuellement, on rencontre couramment l'ânkh comme symbole rappelant l'Égypte antique. Elle est largement utilisée dans la culture populaire, comme moyen de communiquer instantanément avec une histoire lointaine, de mystérieuses forces vitales et/ou une magie spirituelle : elle se voit
- lors d'événements alternatifs tels que « Burning Man » ;
- portée comme collier, symbolisant le Sanctuaire, par un réseau de coureurs ou de fugitifs, tentant d'échapper à leur destin dans le film de science-fiction de 1976, L'Âge de cristal, d'après le roman de William F. Nolan du même titre ;
- souvent arborée en médaillon sur scène par Matthew Barlow, ex-chanteur du groupe de heavy metal américain Iced Earth ;
- portée par David Bowie et Catherine Deneuve ; la partie inférieure de la croix cache un couteau utilisé pour obtenir le sang à boire dans le film de vampires de 1983 Les Prédateurs, fondé sur le roman de Whitley Strieber du même titre ;
- dans la bande dessinée Le Mystère de la Grande Pyramide, où ce symbole permet à Mortimer d'éloigner un serpent ;
- portée par Phoebe dans la série Friends ;
- dans l'univers Vertigo (DC Comics), où Death porte une ânkh comme collier ;
- dans la trilogie du Cycle des dieux de Bernard Werber, où les personnages se servent d'une ânkh comme d'un outil ;
- comme emblème de la chanteuse neo soul américaine Erykah Badu ;
- arborée en tatouage sur le poignet de la chanteuse Aaliyah ;
- arborée entre autres symboles par le groupe de rock gothique finlandais The 69 Eyes ;
- arborée comme symbole par le groupe de Brutal death metal, Nile , notamment le guitariste Karl Sanders (en) ;
- comme objet magique du personnage de comics Doctor Fate, ainsi que dans le manga Yu-Gi-Oh! ;
- dans le jeu vidéo World of Warcraft[réf. nécessaire], où cet objet permet aux shamans de revenir à la vie d'eux-mêmes ;

- comme symbole des étudiants sages-femmes dans la faluche ;
- comme tatouage sur le torse du rappeur XXXTentacion.

