Échafaudage
construction temporaire permettant l'accès des artisans et des matériaux pour les réparations de bâtiment
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Un échafaudage est une construction temporaire constituée de ponts, de passerelles ou de plates-formes soutenus par une charpente en bois, en acier ou en aluminium[1]. Il est destiné à permettre l'accès des artisans et du matériel en tous points d'un bâtiment à édifier ou à réparer.


Il existe trois catégories d'échafaudage : fixe, suspendu ou roulant.
Les échafaudages fixes sont eux-mêmes répartis en trois catégories :
- échafaudage de façade ;
- échafaudage multidirectionnel ;
- échafaudage de maçon.
L’ouvrier chargé de monter les échafaudages s’appelle « échafaudeur » ou « échafaudier ».
Les échafaudages ont connu de nombreuses évolutions techniques au cours des dernières années notamment du fait en Europe de l'évolution de la réglementation (Décret no 2004-924 du ) et la publication de nouvelles normes européennes.
Permettant d'accéder et de travailler en hauteur, l'échafaudage doit, selon les normes techniques et la réglementation, être conçu et monté afin d'éviter les chutes des utilisateurs.
En l'absence de directive européenne, le marquage CE n'existe pas pour les échafaudages. En revanche, en France, un référentiel MARQUE NF existe pour compenser cette absence.
Pour ce qui est du Québec, les travailleurs qui installent des échafaudages s'appellent des "monteurs d'échafaudage" Monte des échafaudages provisoires en métal ou en bois sur des chantiers de construction pour l'exécution de travaux de construction, de rénovation, de peinture extérieure et de travaux similaires; met en place les écoperches; assujettit aux écoperches les boulins qui doivent servir à supporter le plancher; pose des planchers en bois; fixe les garde-corps, les échelles et les autres installations similaires; modifie et agrandit l'échafaudage à mesure que le travail progresse; démonte les échafaudages lorsque l'ouvrage est terminé. Peut avoir à monter et à fixer des brayers, des échafaudages suspendus et des ponts volants[2].
Les monteurs d'échafaudage doivent comprendre la Norme CSA Z797-09 et le Code de sécurité pour les travaux de construction (S-2.1, r.4) ainsi que les principes de sécurité relatifs aux accès, travaux et déplacements en hauteur, et suivent des formations de la CCQ (commision construction Québec) comme : - Échafaudage à rosette - Échafaudage pour travaux d'envergure - Échafaudage tubulaire en porte-à-faux[3]
Types d'échafaudage et de plate-formes
Échafaudage cadre : Idéal pour les travaux linéaires et répétitifs, l'échafaudage à cadres se compose de structures préfabriquées qui s'emboîtent facilement. Rapide à monter et économique, il limite toutefois les configurations possibles et peut restreindre la circulation. Les briqueteurs l'apprécient particulièrement : ils peuvent entreposer briques et blocs directement sur les cadres ou échelles intégrées, minimisant ainsi les déplacements[4].

Échafaudage rosette : Ce système modulaire se connecte autour d'un point central appelé rosette, offrant une grande flexibilité pour s'adapter à presque n'importe quelle géométrie. Les planchers larges et sans obstacle facilitent la circulation et l'accès au mur. C'est le choix privilégié pour la réfection de façades nécessitant le transport de charges lourdes ou la manipulation de grosses pierres[4].
Échafaudage suspendu (swing) : Installation depuis le toit, libérant l'espace au sol pour les piétons ou la logistique. Solution économique à court terme, idéale pour les travaux légers sur un étage à la fois. Capacité de charge d'environ 1 000 livres. Limitation : sensible aux conditions venteuses qui peuvent faire balancer la plateforme[4].
Plateforme élévatrice sur mâts : Nécessite une base solide et de l'espace au sol, mais offre un espace de travail confortable et sécuritaire avec grande capacité de charge. Permet de travailler à plusieurs avec équipement et matériel. Rentable pour les projets de longue durée sur une même façade et changements d'étage faciles. Installation et déplacement plus longs, mais investissement payant pour les projets d'envergure[4].
Risques d'accidents
La moitié des accidents d'échafaudage sont des chutes de hauteur. L'emploi d'un échafaudage est strictement codifié par le Code du Travail.
Les ouvriers sont équipés, et les passants protégés avec des filets anti-chute, de la signalisation, des barrières.
La météo et la qualité du sol sont des facteurs aggravants des risques encourus[5]. En partenariat avec l’Assurance maladie et plusieurs organisations professionnelles du secteur, un site internet [6] qui sensibilise aux chutes en hauteur a vu le jour.
Histoire


Le travail d'amenée des matériaux à niveau pour qu'ils soient placés, surtout dans les pays dépourvus de bois de construction, s'est fait de temps immémoriaux au moyen de rampes, plan incliné, accumulation de briques crues. C'était ce moyen qui était utilisé en Égypte mais aussi du temps de la Rome antique.
Les échafaudages sont connus des Grecs sous le nom d’ikríon[7], généralement au pluriel : on le retrouve dans les ouvrages de Théophraste, qui recommande le figuier pour les échafaudages, comme pour tout support vertical au Livre V de son ouvrage Histoire des Plantes. Les Romains désignaient par machinae scansoriae les échafaudages. Ils furent appelés « chafauds » (du latin « catafalcum ») ou « échafauds », terme de sinistre mémoire, « échafaud » désignant aussi l'estrade où étaient placées la potence ou la guillotine dans les exécutions capitales. L'usage du terme échafaudage s'est généralisé au XIXe siècle à cause de l'association pernicieuse que faisait naître le mot échafaud dans les esprits ou pour oublier le désagréable souvenir des échafauds révolutionnaires[8]. Le terme « échafaud » est toujours usité au Québec.
Échafaud désignait alors « une espèce de plancher qu'on fait pour s'élever à la hauteur des endroits où l'on a à travailler »[citation nécessaire]. L'échafaud le plus ordinaire était celui qui est fait avec des boulins scellés dans les murs et écoperches debout, liés ensemble avec des cordages, sur lesquels on pose des planches[M 1]. Une terminologie se met en place autour du travail des échafaudages dont voici quelques termes :

- Baliveau - Grandes perches qui servent à faire plusieurs échafauds les uns sur les autres[M 2].
- Boulin - Morceau de bois rond que les maçons plaçaient dans des trous qu'ils font dans les murs, pour, avec les écoperches, faire des échafauds[M 2].
- Échafaud volant - Échafaud qui n'est composé que de boulins qui ont pour point d'appui ou le soubassement des croisées, ou suspendus par des cordages, sur lesquels boulins sont posées quelques planches[M 1].
- Écharpe - Cordage que l'on attache à l'œil de la louve ou au câble pour conduire une pierre que l'on monte avec une grue ou autre machine, pour empêcher qu'en vacillant, elle ne frotte le long des murs, ne s'accroche aux échafauds et ne s'épaufre[M 1].
- Échasse - Petit arbre de brin dont se servent les maçons pour faire leurs échafauds; il tient lieu d'écoperches[M 3].
- Écoperches - Pièces de bois de brin ou baliveaux qui servent à porter les échafauds et soutenir les boulins. On nomme aussi écoperche, une pièce de bois avec une poulie qu'on ajoute au bec d'une grue ou d'un engin pour lui donner plus de volée[M 3].
- Plat-bord - Anciennement, madrier provenant du déchirage de bateau servant aux échafauds[M 4].
- Remonter - Élever un mur plus haut qu'il n'était. C'est aussi assembler toutes les pièces d'un engin, d'une chèvre, d'un échafaud[M 5].
- Vingtaine - Moyen cordage dont on se sert pour faire les échafaudages et pour faire les verboquets[M 6].
Du haut de l'échafaudage, le brayeur, fort manœuvre affecté à cet ouvrage monte au moyen de cordes (appelées brayer) et de singes (machines composées d'un treuil qui tourne sur deux chevalets), les moellons, dans des espèces de civières appelées « bourriquet », ainsi que les baquets à mortier. (Voir l'usage des cordes dans la construction).
Échafaudage en bambou
Dans de nombreuses parties du monde, les échafaudages sont construits en bambou. Les bambous noirs, petits et bien droits servent pour les intérieurs. Les bambous vert longs et flexibles pour les extérieurs. Seuls des bambous de plus de trois ans sont autorisés pour garantir une solidité. Les tiges de bambous sont attachées entre-elles par des lanières en fibre de coco.
Galerie
- Échafaudage de bambous appelés 築棚, Hong Kong.
- Échafaudage de bambous, Hong Kong.
- Montage d'un échafaudage de bambou, Hong Kong.
- Église Saint-Sauveur de Berlin-Moabit avec échafaudage.
- Échafaudage suspendu permettant aux ouvriers de travailler sous le tablier du métro aérien sans que l'installation ne gène les activités citadines comme la tenue du marché de Grenelle.
- Échafaud construit sur le donjon de Coucy (d'après Viollet-le-Duc).
- Echafaudage roulant de la marque Echafaudages Stéphanois