Échauffour
commune française du département de l'Orne
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Échauffour est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie.
| Échauffour | |
L'entrée du village. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Orne |
| Arrondissement | Mortagne-au-Perche |
| Intercommunalité | CC des Vallées d'Auge et du Merlerault |
| Maire Mandat |
Didier Duvaldestin 2020-2026 |
| Code postal | 61370 |
| Code commune | 61150 |
| Démographie | |
| Gentilé | Échauffouriens |
| Population municipale |
717 hab. (2023 |
| Densité | 22 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 44′ 27″ nord, 0° 23′ 16″ est |
| Altitude | Min. 223 m Max. 331 m |
| Superficie | 33,14 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat très dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Rai |
| Législatives | 2e circonscription de l'Orne |
| Localisation | |
| modifier |
|
Géographie
Localisation
La commune est situé aux confins du pays d'Ouche et de la campagne d'Alençon. Son bourg est à 4,5 km au nord-ouest de Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe, à 9 km au nord-est du Merlerault, à 11 km au sud-est de Gacé et à 20 km à l'ouest de L'Aigle[1].
Elle se trouve dans la zone d'emploi et dans le bassin de vie de L'Aigle[I 1]
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont Champ-Haut, Merlerault-le-Pin, Orgères, Planches, Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois, Saint-Pierre-des-Loges et Sainte-Gauburge-Sainte-Colombe.
Géologie et relief
La superficie de la commune est de 33,14 km2 ; son altitude varie de 223 à 331 mètres[3].
Le territoire d'Échauffour est le plus étendu de l'ancien canton du Merlerault.
Hydrographie

La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Risle, la Touques, le ruisseau du Vieux Bourg[4], le fossé 02 de la commune de Echauffour[5], le fossé 03 de la commune de Echauffour[6], le fossé 04 de la commune de Echauffour[7], le fossé 05 de la commune de Echauffour[8], le ruisseau de la Vallée[9], le ruisseau de Tremont[10], le ruisseau du Bois Guimon[11], le ruisseau du Choisel[12] et le ruisseau du Mesnil Cher[13],[14],[Carte 1].
La Risle, d'une longueur de 145 km, prend sa source dans la commune de Planches et se jette dans la Seine à Berville-sur-Mer, après avoir traversé 52 communes[15].
La Touques, d'une longueur de 108 km, prend sa source dans la commune de Champ-Haut et se jette dans la baie de Seine en limite de Trouville-sur-Mer et de Deauville, après avoir traversé 42 communes[16].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[17]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[18]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré[19] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[20]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[21],[22].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 837 mm, avec 13,2 jours de précipitations en janvier et 8,3 jours en juillet[17]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Merlerault à 9 km à vol d'oiseau[23], est de 11,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 775,3 mm[24],[25]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,1 °C, atteinte le ; la température minimale est de −12,5 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Échauffour est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[26].
Elle est située hors unité urbaine[I 1] et hors attraction des villes[27],[28].
Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (94,5 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (69,1 %), terres arables (25,4 %), forêts (3,9 %), zones urbanisées (1,6 %)[29].
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Habitat et logement
En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 477, alors qu'il était de 474 en 2017 et de 452 en 2012[I 2].
Parmi ces logements, 94,9 % étaient des résidences principales, 2,8 % des résidences secondaires et 2,3 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 0 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 0 % des appartements[I 3].
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Échauffour en 2022 en comparaison avec celle de l'Orne et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (2,8 %) par rapport au département (19,5 %) et à la France entière (44,1 %).
Énergie
L'entreprise Voltalia a installé à Échauffour cinq éoliennes en 2019, dont une association et certains habitants se plaignent des nuisances[30].
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Escalfo en 1050[31],[32] et de Scalfou vers 1053[32].
Le toponyme serait lié à la présence de fours à chaux : ès chaufours (ancien français : « en les fours à chaux »)[33],[31]. Il peut également être issu de l'ancien français escalé (« fendu, éclaté ») et fou (« hêtre »)[32]. François de Beaurepaire propose d'y voir un « escale fou » au sens de « lieu où l'on abat des hêtres », du verbe vieux français escaler associé au dialectal fou, (hêtre).
Une légende, rapportée par Orderic Vital dans l'Histoire de Normandie, conte que le diable a été enfermé dans un four brûlant par Saint Évroult et que ses cris « Est chaud four ! Est chaud four ! » auraient fourni le nom du village[34].
Histoire
Moyen Âge
Échauffour restera pendant quelques siècles, jusqu'au XIVe siècle, l’une des forteresses les plus importantes de Normandie, propriété des seigneurs Giroie. Rendue presque imprenable par ses défenses naturelles sur son sommet, elle commandait les communications entre la Basse-Normandie, le Maine, le Perche et l’Ile-de-France. Lorsqu’elle fut reprise aux Anglais par Guillaume VIII du Merle en 1364 avec l’aide de du Guesclin, elle formait, aux dires de l'historien Léopold Delisle, le château non royal le plus puissant que les Anglo-Navarrais tenaient en France.
Temps modernes
Dans la première moitié du XVIe siècle, la paroisse a pour seigneur et baron Pierre Le Gris, mort vers 1522, et époux de Jeanne de Thieuville, dame châtelaine de Tollevast, Sainte-Croix, Montfiquet et Monfréville[35].
Époque contemporaine
La congrégation catholique des Sœurs de l'Éducation Chrétienne est fondée par l'abbé Louis Lafosse, curé d'Échauffour et Mère Marie-Anne Dutertre le [36]
Le chemin de fer dessert la commune avec la mise en service par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, en 1880, de la section de Sainte-Gauburge à Gacé de la ligne de Sainte-Gauburge à Mesnil-Mauger et, en 1881, de la ligne d'Échauffour à Bernay, facilitant les déplacements des personnes et le transport des marchandises. Le service voyageur de ces lignes cesse en 1938.
Politique et administration
Rattachements administratifs et électoraux
Rattachements administratifs
La commune se trouvait dans l'arrondissement d'Argentan du département de l'Orne[3]. Elle est intégrée à l'arrondissement de Mortagne-au-Perche[I 1] par un arrêté du préfet de région du [37].
Elle faisait partie depuis 1801 du canton du Merlerault[3]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.
Rattachements électoraux
Pour les élections départementales, la commune fait partie depuis 2014 du canton de Rai[I 1].
Pour l'élection des députés, elle fait partie de la deuxième circonscription de l'Orne.
Intercommunalité
Échauffour était membre de la petite communauté de communes de la Vallée de la Risle, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé en 1995 et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.
Conformément aux prescriptions de la loi de réforme des collectivités territoriales du , qui a prévu le renforcement et la simplification des intercommunalités et la constitution de structures intercommunales de grande taille, celle-ci a fusionné avec la communauté de communes du Pays du Merlerault pour former, le , la communauté de communes des Vallées du Merlerault.
Une nouvelle fusion intervient dans le cadre des dispositions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015, qui prévoit que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre doivent avoir un minimum de 15 000 habitants, cette intercommunalité a fusionné avec ses voisines pour former, le , la communauté de communes des Vallées d'Auge et du Merlerault, dont est désormais membre la commune[I 1].
Administration municipale
Compte tenu de la population de la commune, son conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et ses adjoints[38].
Liste des maires
Jumelage
La commune a été jumelée de 1977 à 2022 avec celle alsacienne de Engwiller[40]
Équipements et services publics
Population et société
Le gentilé est Échauffourien.
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[48]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[49].
En 2023, la commune comptait 717 habitants[Note 3], en évolution de −3,37 % par rapport à 2017 (Orne : −2,88 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Échauffour a compté jusqu'à 2 199 habitants en 1806.
Sports et loisirs
L'Union sportive d'Échauffour a fait évoluer une équipe de football en division de district jusqu'en 2012[51].
Économie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
La commune compte un monument historique :
- Les trois menhirs des Crouttes, datant du Néolithique, classés monuments historiques depuis 1927[52].
- Deux des trois menhirs des Crouttes.
On peut également signaler :
- les deux églises :
- Église Saint-André, ancien prieuré bénédictin de l'abbaye de Saint-Évroult, réédifiée dans la seconde moitié du XVe siècle et restaurée en 1826[53], dotée d'un orgue de 1870 du facteur Joseph Merklin[54].
- Église Saint-Germain
- Les deux édifices abritent de nombreuses œuvres classées ou inscrites au titre objets aux monuments historiques
- L'église Saint-André
L'église Saint-André en 2015. La nef de l'église Saint-André. L'église Saint-André en 2020 après le ravalement de façade. Le maître-autel. Tapisserie de l'Envoi des disciples en mission provenant de la cathédrale de Sées, inscrite à titre d'objet aux monuments historiques[55]. L'orgue Merklin-Schütze.
- L'église Saint-Germain
L'église Saint-Germain. L'église Saint-Germain vue depuis le cimetière.
- Le château fort construit vers l'an mil par Helgon après attribution du domaine par Richard II de Normandie et appartenant à la famille Giroie par mariage jusqu'au XIVe siècle est remplacé au XVe siècle par une maison forte. Le logis est remanié et agrandi au XVIIIe siècle. La ferme du XVIIIe siècle est remaniée au XIXe siècle. Chapelle du XVe siècle.
- Au lieu-dit Vieux bourg, le château du XVIIIe siècle où résida le marquis de Sade. Aucune plaque n'indique ce séjour.
- Manoir à La Beauvoisinière du XVIIe siècle et remanié au XIXe siècle, abritant un haras de trotteurs créé en 1925 par François Bertin et comprenant de nouveaux bâtiments construits à côté des anciens de 1925 à 1928[56].
- Mairie, construite au milieu du XIXe siècle en remplacement de l'ancienne, détruite par un incendie en 1815[57].
- La mairie
- Dolmen dit la Pierre Levée aux Brossettes[58].
- L'ancienne gare, devenue propriété privée.
- Ancienne école des Sœurs de l'Éducation Chrétienne fondé par Marie-Anne Dutertre dans sa maison familiale, édifiée en 1817 et 1853, fermée en juin 2011 et devenue propriété privée. La chapelle funéraire est construite en 1853, afin d'abriter le corps de l'abbé Lafosse, fondateur de l'ordre et curé de la paroisse[59],[36].
- La chapelle funéraire des Sœurs de l'Éducation Chrétienne
- Maisons et fermes datant des XVe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles[60].
- Auberge du Grand Saint-André, place de l'Église, maison datant du début du XIXe siècle et transformée en 1877 par l'écrivain Paul Harel, en auberge[61].
- Ancienne tréfilerie au Moulin de Launay, sur la Risle, construite en 1825 par Pierre Charles Gibory en amont de son moulin à blé. En 1841, avec ses 120 ouvriers, elle transformait 150 tonnes de fer cylindré et 100 tonnes de fil de fer en 145 tonnes de fil de fer tréfilé et cent tonnes de pointes et clous. L'entreprise cesse son activité vers 1870 et les locaux sont occupés par une scierie en 1943. Toutes les activités cessent vers 1963[62].
- Ancienne tréfilerie de Sainte-Colombe à La Farcière construite en 1824 pour Jacques François Fleury à l'emplacement d'un moulin à farine sur la Risle pour la production de cardes. En 1841, l'usine produisait 90 tonnes de fil à carder à partir de 80 à cent tonnes.de fil de fer tréfilé.
Vers 1904, les bâtiments sont achetés vers 1904 par la S.A. le Domaine du Tremblay qui y installe une laiterie-fromagerie, dont l'activité cesse après 1970. Elle employait environ vingt ouvriers en 1919[63].
- Croix de chemin en fer du XVIIIe siècle[64].
- Le dolmen de la Pierre levée.
- L'ancienne gare en 2015.
Personnalités liées à la commune
- En 1763, à la suite d'un premier scandale, l'affaire Jeanne Testard, le marquis de Sade est assigné à résidence pendant quatre mois au château d'Échauffour, propriété de son beau-père, Claude-René de Montreuil, président à la cour des aides de Paris. La marquise de Sade, Renée-Pélagie de Montreuil, après sa séparation avec le marquis en 1790, résidera au château avec sa fille la plus grande partie de l'année jusqu'à sa mort en 1810. On peut lire encore aujourd'hui leurs noms gravés sur la pierre tombale, dans le petit cimetière du village.
- Paul Harel (1854 - 1927), poète, aubergiste et homme de presse, y est né.
- Marie-Thérèse Auffray (1912-1990), artiste-peintre du courant expressionniste et héroïne de la Seconde Guerre mondiale[65],[66], et sa compagne Noëlle Guillou, également résistante à Échauffour, ouvrent après guerre dans la commune l'établissement Le Bateau ivre[67], complexe multiservice qui fait auberge, café, maison de la presse et dancing[68].
Pour approfondir
Bibliographie
- P. de Lesquen, « Histoire d'Échauffour », Au pays d'Argentelles – La revue culturelle de l'Orne, juillet– (en ligne).
- Marie-Aline Marcenat, Échauffour, paroisse normande : ses villageois et ses seigneurs, Versailles, MAM (chez l'auteur), , 295 p. (ISBN 978-2-7466-1861-9, BNF 42218988)
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives à la géographie :
- Échauffour sur le site BANATIC du ministère de l'Intérieur (DGCL).
- « Échauffour » sur Géoportail.
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.

