Élisabeth Stuart
reine de Bohème (1596-1662)
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Élisabeth Stuart, née à Falkland (Écosse) le et morte à Londres le 12 ou le , est, par mariage avec Frédéric V, électrice palatine et éphémère reine de Bohême. Élisabeth était à sa naissance Élisabeth d'Écosse. Elle est désignée par de nombreux auteurs sous le vocable d’Élisabeth Stuart, Stuart étant le nom de la maison occupant le trône d'Écosse et d'Angleterre, mais aussi après le couronnement de son mari comme Élisabeth de Bohême.
| Élisabeth Stuart | |
Gerrit van Honthorst National Portrait Gallery. | |
| Titre | |
|---|---|
| Reine de Bohême | |
| – (1 an et 4 jours) |
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| Prédécesseur | Anne d'Autriche |
| Successeur | Éléonore de Gonzague |
| Électrice palatine | |
| – (10 ans et 9 jours) |
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| Prédécesseur | Louise-Juliana d'Orange-Nassau |
| Successeur | Élisabeth de Lorraine |
| Biographie | |
| Dynastie | Maison Stuart |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Palais de Falkland (Écosse) |
| Date de décès | (à 65 ans) |
| Lieu de décès | Leicester House, Londres (Angleterre) |
| Sépulture | Abbaye de Westminster |
| Père | Jacques Ier d'Angleterre |
| Mère | Anne de Danemark |
| Conjoint | Frédéric V du Palatinat |
| Enfants | Henri-Frédéric Charles Ier Louis Élisabeth Rupert Maurice Louise-Hollandine Louis Édouard Henriette-Marie Jean-Philippe-Frédéric Charlotte Sophie Gustave-Adolphe |
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Elle est la grand-mère de George Ier, roi de Grande-Bretagne.
Jeunesse
Née en Écosse au palais de Falkland (ou au palais de Dunfermline, suivant les sources) le , la princesse Élisabeth d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, est le deuxième enfant et la fille aînée de Jacques Ier d'Angleterre et d'Anne de Danemark.
Lors de sa naissance, elle n'était encore que princesse d'Écosse, son père n'ayant ceint la couronne anglaise qu'en 1603, à la mort de la reine Élisabeth Ire.
Mariage et descendance
Elle épouse le , contre l'avis de sa mère, l'électeur palatin Frédéric V.
Le couple eut 13 enfants :
- Henri-Frédéric du Palatinat (1614-1629) ;
- Charles Ier Louis (1617-1680), électeur palatin et père de Élisabeth-Charlotte de Bavière, belle-sœur de Louis XIV ;
- Élisabeth de Bohême (1618-1680), amie et correspondante du philosophe René Descartes ;
- Rupert, duc de Cumberland (1619-1682) ;
- Maurice du Palatinat (1620-1654) ;
- Louise-Hollandine (1622-1709), abbesse de Maubuisson ;
- Louis (1624-1625) ;
- Édouard (1625-1663) ;
- Henriette-Marie du Palatinat (1626-1651) ;
- Jean Philippe Frédéric du Palatinat (1627-1650) ;
- Charlotte (1628-1631) ;
- Sophie de Bohême (1630-1714), épouse d'Ernest-Auguste (1629-1698), électeur de Hanovre et mère du roi George Ier de Grande-Bretagne ;
- Gustave Adolphe du Palatinat (1632-1641).
Règne et décès
En 1619, peu après la seconde défenestration de Prague, Ferdinand II, successeur choisi du roi Matthias de Bohême, est déposé par ceux qui l'avaient mis sur le trône. Ils proposent celui-ci à Frédéric V, qui bien que peu disposé à jouer ce rôle, accepte finalement ce qui précipite l'Europe dans la guerre de Trente Ans. Frédéric est sacré roi de Bohême le à Prague et Élisabeth couronnée reine trois jours plus tard, le 7 novembre. Connue pour son esprit et sa légèreté, elle charme ses sujets par sa beauté et sa grâce. On la surnomme la reine des cœurs.
Défait à la bataille de la Montagne Blanche un an après son sacre, le , Frédéric est mis au ban de l'Empire, dépouillé de ses États et de sa dignité électorale et contraint de s'exiler avec Élisabeth à La Haye où tous deux survivent tant bien que mal.
Frédéric meurt en 1632 et Élisabeth reste cependant en Hollande. C'est à cette époque qu'Antoine van Dyck fit son portrait. Entre 1652 et 1654, vivant à La Haye, elle a pour page Charles Cotterell. Elle ne retourne en Angleterre qu'en 1661, à la suite de la restauration de la monarchie britannique, et ce contre la volonté du roi Charles II, qui, malgré tout, lui alloue une pension.
Elle meurt l'année suivante, le 14 (ou le 12) février à Leicester House à Londres.
Descendance
Élisabeth de Bohême est l'ancêtre des grandes dynasties européennes tant protestantes que catholiques : elle est la grand-mère d'Élisabeth-Charlotte de Bavière épouse de Philippe de France, duc d'Orléans dit « Monsieur », frère de Louis XIV, et mère de Philippe, duc d'Orléans, régent de France de 1715 à 1723 et d'Élisabeth-Charlotte d'Orléans, la mère de l'empereur François Ier du Saint-Empire, de qui descendent tous les Habsbourg-Lorraine actuels.
Par l'Acte d'établissement de 1701, la couronne britannique fut réservée aux seuls descendants protestants de la feue Élisabeth de Bohême, ce qui permit à son petit-fils l'électeur de Hanovre, de devenir le roi George Ier de Grande-Bretagne.
Littérature
Élisabeth Stuart apparaît dans Le Roman de Tyll Ulespiègle (2017) de Daniel Kehlmann.
Bibliographie
- (en) Elizabeth Stuart, Nadine Akkerman, Lisa Jardine et Steve Murdoch, The correspondence of Elizabeth Stuart, Queen of Bohemia, vol. I, Oxford University Press, , 996 p. (ISBN 978-0-19-955107-1 et 978-0-19-955108-8, OCLC 940932978, BNF 44527106, lire en ligne).
- (en) Elizabeth, Nadine Akkerman, Lisa Jardine et Steve Murdoch, The correspondence of Elizabeth Stuart, Queen of Bohemia, vol. II, Oxford University Press, , 1201 p. (ISBN 978-0-19-955107-1 et 978-0-19-955108-8, OCLC 754151352, lire en ligne).
- (en) The Correspondence of Elizabeth Stuart, Queen of Bohemia, Vol. III: 1643–1662, ed. Nadine Akkerman (Oxford: Oxford University Press, À paraître).
- (en) Nadine Akkerman, Elizabeth Stuart, queen of hearts, Oxford University Press, , 581 p. (ISBN 978-0-19-966830-4 et 978-0-19-164528-0, OCLC 1233164453, lire en ligne)[1].
- (en) Amy Saunders, « Curating a Conduit: Elizabeth Stuart, Motherhood, and National Identity in Heritage Sites », dans Elizabeth Hodgson, Sarah Crover, Nationalism and Royal Women in Early Modern England. The Queen's Gambit, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-3-032-03385-7, DOI https://doi-org/10.1007/978-3-032-03386-4_15), p. 255-273.
- (en) Deanne Williams, « La Vie Boheme: The International Girlhood of Elizabeth Stuart », dans Elizabeth Hodgson, Sarah Crover, Nationalism and Royal Women in Early Modern England. The Queen's Gambit, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-3-032-03385-7, DOI https://doi-org/10.1007/978-3-032-03386-4_9), p. 147-165.
- (en) Georgianna Ziegler, « Queen without a country: Elizabeth of Bohemia 1596–1662, exile and the Esther story », dans Linda Levy Peck et Adrianna E. Bakos, Women in exile in early modern Europe and the Americas, Amsterdam, Amsterdam University Press, (ISBN 9781526175342, DOI https://doi.org/10.7765/9781526175342.00021), p. 196-214.