Émile Copfermann
critique dramatique, éditeur et écrivain français (1931-1999)
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Biographie
Émile Copferman est le fils d’un couple roumain juif qui s'installe à Paris au début des années 1920 après avoir fui les pogroms dans leur pays d’origine ; leur fils naît en 1931 et passe son enfance à Paris ; il acquiert la nationalité française en 1937. Le , ses parents sont arrêtés et déportés[2] ; ils meurent à Auschwitz[3]. Le jeune Émile échappe à la rafle et jusqu'en 1944 vit à la campagne, chez une tante. Après la guerre, il est placé dans la maison de l’Œuvre de secours aux enfants « Champfleurs », où il découvre le théâtre[2]. Il enchaîne des petits métiers, adhère aux Jeunesses socialistes à l’âge de dix-sept ans, milite à l'Action socialiste et révolutionnaire et dans le mouvement des auberges de jeunesse ; il est moniteur aux Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA), où il dirige des colonies de vacances[2].
Après son service militaire, il s'oriente vers le journalisme ; passionné de théâtre, il est responsable de la délégation de l'association de spectateurs, les Amis du théâtre populaire, et fait la connaissance d'Antoine Vitez en 1955[3]. Il participe avec Vitez à la revue Théâtre populaire, est pigiste de 1956 à 1958 à France-Observateur pour la rubrique des spectacles[2].
En 1963, il devient rédacteur en chef de la revue Partisans, éditée par les éditions Maspero ; il y anime les rubriques sur la théâtre : il pilote ainsi le no 36 en 1967 qui a pour thème « Théâtre et politique » avec des textes de Bernard Dort et Erwin Piscator ; il publie en 1968 un numéro consacré au Mouvement de libération des femmes[4]. En 1964, il est nommé directeur littéraire des éditions Maspero, poste qu'il occupe jusqu'en 1978[3]. Il y dirige la collection « Malgré tout » axée sur les problèmes de société ; il y crée avec Philippe Madral la collection « Les Cahiers de la production théâtrale », consacrée au travail des auteurs, metteurs en scène, comédiens et scénographes ; il fait publier des textes du dramaturge brésilien Augusto Boal autour de son Théâtre de l'Opprimé, dont il soutient l'action durant l'exil du dramaturge en France dans les années 1970[3], .
Il fonde, avec Bernard Dort et Françoise Kourilsky, la revue Travail théâtral, qu'il dirige de 1970 à 1979[3].
Il est par ailleurs, jusqu'en 1972, chargé de la critique dramatique au sein des Lettres françaises[3].
En 1978, il quitte les éditions Maspero et devient éditeur chez Hachette puis dirige, en 1990, le secteur « documents », aux éditions Ramsay[5].
Archives
En 2012, les ayants droit d'Émile Copfermann font don à la Théâtrothèque Gaston-Baty, une des bibliothèques de l’université Sorbonne-Nouvelle – Paris 3, d'un ensemble comprenant 700 volumes et 150 titres de périodiques, ainsi que de photographies sur le théâtre du XXe siècle et sur les marionnettes françaises et étrangères.
Œuvres
- Ouvrages sur le théâtre
- Marionnettes, jeux et constructions, édition du Scarabée, 1960.
- Le Théâtre populaire, pourquoi ?, Paris, Maspero, collection « Cahiers libres », 1965 (Extrait en ligne sur Gallica de la réédition de 1969)[7].
- Roger Planchon, Lausanne, éditions La Cité, 1969, 315-24 p.
- édition remaniée et mise à jour : Théâtres de Roger Planchon, Paris, Union générale d'éditions, coll. « 10/18 » (no 1154), 1977, 445 p. (ISBN 2-264-00168-2).
- La Mise en crise théâtrale, Paris, éditions Maspero, collection « Cahiers libres » (no 230-231), 1972, 245 p. (Extrait en ligne).
- Vers un théâtre différent, Paris, éditions Maspero, collection « Petite collection Maspero » (no 168), 1976, 190 p. (Extrait en ligne).
- avec Antoine Vitez : De Chaillot à Chaillot, Paris, Hachette, coll. « L'échappée belle », 1981, 224 p.-[8] p. de pl. (Extrait en ligne sur Gallica)[8].
- l'ouvrage donne lieu à une adaptation théâtrale en 1999 par le Théâtre national de Chaillot :
- 13 - 17 juillet : Conversations avec Antoine Vitez, adaptation et mise en scène de Daniel Soulier et Jeanne Vitez, jardin du Lycée Saint-Joseph, dans le cadre du 53e Festival d'Avignon[9],[10]
- reprise le au Théâtre de Chaillot, Paris.
- l'ouvrage donne lieu à une adaptation théâtrale en 1999 par le Théâtre national de Chaillot :
- il est réédité sous le titre : Conversations avec Antoine Vitez, Paris, P.O.L, 1999.
- Romans
- Les Patries buissonnières. Roman, Lausanne, éditions L'Âge d'Homme, 1982, 237 p. (Extrait en ligne)[11].
- Mélodie. Roman, Lausanne, éditions L'Âge d'Homme, 1983.
- Pêcheurs d'ombres, Paris, éditions Ramsay, 1984[12].
- L'Arpenteuse. Roman, Paris, éditions Ramsay, 1986, 344 p (ISBN 2-85956-517-5) (Extrait en ligne sur Gallica)[13].
- L'Exposition de 1989, journal, Paris, éditions Ramsay, 1988, 231 p. (ISBN 2-85956-684-8) (Extrait en ligne sur Gallica).
- Le grand magasin de Monsieur Fourier, Paris, Seghers, coll. « Collection Mots », 1990, 225 p. (ISBN 2-232-10336-6).
- Schmildrake s'en va en guerre, Lausanne, éditions L'Âge d'Homme, 1995.
- Récits autobiographiques
- Le Petit homme de la jeunesse a cassé son lacet de soulier, Paris, éditions Maspero, coll. « Malgré tout », 1975, 211 p. (ISBN 2-7071-0765-4).
- Dès les premiers jours de l'automne, Paris, Gallimard, coll. « Haute enfance », 1997, 213 p. (ISBN 2-07-074783-2) : récit de son enfance et de sa jeunesse[4],[14].
- Essais
- La Génération des blousons noirs, problèmes de la jeunesse française, préface de Claude Bourdet, Paris, François Maspero, 1962, 229 p.
- réédition en 2003, Paris, La découverte[15].
- Problèmes de la jeunesse, éditions Maspero, 1967[16].
- avec David Rousset : David Rousset, une vie dans le siècle : fragments d'autobiographie, Paris, Plon, coll. « Collection biographique », 1991, 212 p. (ISBN 2-259-02158-1)[17].
- Articles
- « Les communistes, le goulag et la «salade confite» », Libération, (lire en ligne).