Émile Mathis
ingénieur automobile français
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Émile Mathis, né Emil Ernst Karl Mathis le à Strasbourg (Empire allemand) et mort le à Genève (Suisse), était un ingénieur automobile alsacien, pilote de course et fondateur de la marque de construction automobile Mathis.
| Naissance | |
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| Décès |
(à 76 ans) Genève |
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| Nom de naissance |
Emil Ernst Carl Mathis |
| Nationalité | |
| Formation |
Formation technique |
| Activités |
| Sport | |
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| Distinction |

Biographie
Fils d'hôtelier (Hôtel de Paris de Strasbourg), Emil Ernst Karl Mathis travaillait, à ses débuts, entre 1902 et 1904, pour le groupe De Dietrich en compagnie d'Ettore Bugatti. Bugatti était chargé de la conception de la voiture De Dietrich tandis qu’Émile Mathis était, lui, chargé de sa commercialisation. Lorsqu'en 1904 De Dietrich les remercia, il investit ses économies pour créer la société « Mathis et Cie » à Strasbourg et embaucha Ettore Bugatti à ses côtés. En parallèle, il créa une seconde société « EEC Mathis » en vue de devenir distributeur d'automobiles de diverses marques. En 1905, alors représentant des grandes marques de l'époque, comme Panhard et Levassor, FIAT ou Minerva, il fait construire un garage à Strasbourg, l'« Auto Mathis Palace », le plus grand garage d'Europe et le troisième du monde[1].
Son association avec Ettore Bugatti lui a permis de produire les véhicules Mathis Hermes Simplex de 40, 60, et 90 ch à l'usine de Graffenstaden. En 1906, au volant d'une F.I.A.T. 40 HP Corsa, Émile Mathis s'adjuge la Targa d'Oro lors de la Coppa Herkomer.
En 1907, les associés se séparèrent. Une Mathis aux mains d’Émile Mathis participe au Kaiserpreis en catégorie « course[2] ». En 1911, une Mathis, toujours pilotée par Émile, représente l'Allemagne à la Coupe de L'Auto pour voiturettes de Boulogne-sur-Mer, le [3], épreuve qu'il termina à la treizième place. Entre 1906 et 1911 il participe à d'autres compétitions, parfois sur FIAT et en courses de côte[4]. En 1912, trois Mathis Hermes Simplex s'imposent au Grand Prix Sport de l’Automobile Club Belge (ou GP du RACB)[2].
En 1911, Dragutin Esser, succédant à Bugatti, et Mathis font construire une usine à Strasbourg afin de développer leurs activités. Le , en premières noces, Émile Mathis épouse Marie-Jeanne-Alice Boyer.
En 1921, lors de son unique participation personnelle à l'épreuve de l'ACF, il doit rapidement abandonner lors du Grand Prix automobile de France, tout comme "Lahms"[5] mais remporta le Grand Prix de l'ACF des moins de 400 kg en 1923 (doublé de la marque), et 1924 (triplé)[6].
Dans l'entre-deux-guerres, il devient l'un des plus importants constructeurs d'automobiles français, le 4e par l'importance de sa production derrière Citroën, Renault et Peugeot avec des automobiles populaires et réputées par leur économie d'utilisation (le slogan de la marque Mathis était « Le poids, voilà l'ennemi »).

Pour faire face à la grande crise des années trente, en 1934 il s'associe avec Ford et fonde la société automobile Matford. L'association est dissoute en 1941 et la marque est rachetée par Ford.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, après que la France soit tombée aux mains de l'Allemagne nazie, il quitte la France pour les États-Unis, emportant les plans de son usine, qu'il transmet aux Américains pour qu'ils la bombardent aux points stratégiques afin de détruire la production de munitions et moteurs d'avions que les Allemands avaient lancée et créa une nouvelle société appelée Matam Corporation (Matam pour MAthis AMérique) afin de poursuivre l'effort de guerre auprès des Alliés en produisant du matériel de guerre, notamment une quantité importante d'obus pour la marine américaine, ce qui lui valut d'être décoré du fanion "E" à cinq étoiles.
De retour en France, en , il essaya de reconstruire et de remettre en marche ses usines, mais âgé, sans descendant et déçu par le refus d'aide de l'État français, il cesse peu à peu toutes ses activités. Le , en secondes noces, il épouse Jeanne-Marie-Marguerite Donnefort.
En 1953, les usines de Strasbourg sont vendues à Citroën.
Il meurt accidentellement le à Genève en tombant par la fenêtre de son hôtel[7]. Il est inhumé au cimetière de Passy, à Paris, le .
Hommage et postérité
- à Schiltigheim : un lycée - CFA porte son nom.
- à Strasbourg : une rue et un arrêt de tram portent son nom.

