Ével
cours d'eau français
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L'Ével est une rivière française qui coule dans le département du Morbihan, en Bretagne. Long de 52,4 km[1], c'est le principal affluent du fleuve côtier le Blavet en rive gauche.
| l'Ével Ruisseau du Moulin de Radenac | |
L'Ével à quelques mètres de sa confluence avec le Blavet. | |
Cours de l'Ével. | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 52,4 km [1] |
| Bassin | 478 km2 [1] |
| Bassin collecteur | le Blavet |
| Débit moyen | 3,42 m3/s (Guénin) [2] |
| Nombre de Strahler | 5 |
| Régime | pluvial océanique |
| Cours | |
| Source | à proximité de Kerentrec'h |
| · Localisation | Radenac |
| · Altitude | 115 m |
| · Coordonnées | 47° 55′ 40″ N, 2° 42′ 55″ O |
| Confluence | le Blavet |
| · Localisation | Baud / Languidic |
| · Altitude | 26 m |
| · Coordonnées | 47° 52′ 58″ N, 3° 06′ 39″ O |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive gauche | Ruisseaux du moulin de Radenac, du Keropert, du Moulin du Fou, du Moulin la Motte, de Lambel, du Pont Raia et du Resto; le Tarun |
| · Rive droite | Ruisseaux le Passoué, de Coëthuan, de Frémeur et de Keraudreno; le Runio, la Belle Chère et le Kergouët |
| Pays traversés | |
| Département | Morbihan |
| Régions traversées | Bretagne |
| Principales localités | Pleugriffet, Radenac, Réguiny, Moréac, Évellys, Pluméliau-Bieuzy, Guénin, Baud, Camors, Languidic et Quistinic |
| Sources : SANDRE:« J56-0300 », Géoportail, Banque Hydro, OpenStreetMap | |
| modifier |
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Hydronymie
Géographie
Cours de la rivière
L'Ével possède plusieurs sources. En effet, le SANDRE indique une source situé à Réguiny. Néanmoins, le tracé du cours d'eau indique plutôt une source à la limite communal entre Réguiny et Pleugriffet[1]. Quant à OpenStreetMap, celui-ci considère le bras dénommé ruisseau du Moulin de Radenac par le SANDRE et ayant sa source sur la commune de Radenac, comme la branche mère[5].
Il adopte rapidement une direction allant d'est en ouest, puis son cours s'incline progressivement vers le sud à partir de Moréac et d'Évellys. Il passe à Guénin, où son cours est de façon générale, entièrement dirigé vers le sud mais présentant plusieurs méandres. Puis, son cours se redresse pour prendre une direction ouest-nord-ouest sur sa dernière partie à partir de sa confluence avec son principal affluent, le Tarun. Cette partie de son cours emprunte le sillon qui délimite l'extrémité nord-ouest des Landes de Lanvaux. Ceux-ci présentent un relief appalachien (Armorique appalachienne) et se caractérise par des alignements de crêtes peu élevées constituées de roches dures séparées par des sillons creusés dans les roches tendres suivant une direction est-ouest parallèle à la côte[6]. L'Ével passe enfin à Baud avant de rejoindre le Blavet aux limites communales entre Baud, Languidic et Quistinic au lieu-dit Pont-Augan à 26 m d'altitude, après un parcours de 52,4 kilomètres[1]. Dans son cours inférieur, le lit de l’Ével mesure une largeur moyenne de 8 à 10 m. Le faciès du cours d’eau est très varié, alternant radiers, plats courants, plats lents et zones plus profondes. Cette diversité d’habitats confère une certaine richesse piscicole[7].
Communes et cantons traversés
L'Ével traverse les communes de Pleugriffet, Réguiny, Radenac, Moréac, Évellys, Pluméliau-Bieuzy, Guénin, Baud, Camors, Languidic et Quistinic, toutes situées dans le département du Morbihan. Soit en termes de cantons, l'Ével traverse les cantons de Grand-Champ, de Moréac, de Pontivy, de Pluvigner, d'Hennebont et de Guidel le tout dans les arrondissements de Pontivy et de Lorient.
Bassin versant
L'Ével a un bassin versant de 478 km2[1]. Celui-ci est compris dans le plateau de l'Ével, une unité de paysage correspondant à la partie ouest du plateau de Pontivy-Loudéac et défini dans l'Atlas des paysages du Morbihan. Il s'agit d'un territoire nettement marqués par un paysage agricole moderne, constitué de grandes parcelles de cultures et ponctué de nombreux bâtiments d’élevage, de stockage et de transformation. Cela en fait un paysage de campagne ouverte et moderne[8].
Organisme gestionnaire
L'Organisme gestionnaire de l'Ével est le syndicat mixte Blavet Scorff Ellé-Isole-Laïta qui est divisé en trois SAGE : Blavet, Scorff et Ellé-Isole-Laïta. L'Ével fait donc partie du SAGE Blavet. Les quatre enjeux de ce dernier sont la co-construction d’un développement durable pour une gestion équilibrée de la ressource en eau, la restauration de la qualité de l’eau, la protection et restauration des milieux aquatiques et la gestion quantitative optimale de la ressource qui vise la protection contre les inondations et la gestion de l’étiage et le partage de la ressource entre les différents usages[9].
Affluents
Les affluents de l'Ével sont, de sa source à sa confluence avec le Blavet :
- Le Ruisseau du Moulin de Radenac (rg[note 1]) : 6,0 km
- Le Ruisseau le Passoué (rd) : 2,0 km
- Le Keropert (rg) : 7,0 km
- Le Runio (rd) : 15,4 km et ses affluents :
- Le Ruisseau d'Er-Ponto (rd) : 4,3 km
- Le Lézudan (rg) : 6,5 km
- Le Coëtdan (rd) : 6,6 km
- La Belle Chère (rd) : 20,9 km et ses affluents :
- Le Ruisseau du Guern (rg) : 3,0 km
- Le Ruisseau de Mengoët (rd) : 2,9 km
- Le Guénolay (rg) : 4,1 km
- Le Moulin du Fou (rg) : 7,0 km et son affluent :
- Le Moulin du Breuil (rg) : 4,9 km
- Le Ruisseau de Coëthuan (rd) : 9,5 km
- Le Kergouët (rd) : 11,9 km
- Le Frémeur (rd) : 5,9 km
- Le Tarun (rg) : 20,7 km et ses affluents :
- Le Signan (rd) : 2,9 km
- Le Ruisseau de Ponctuel (rg) : 7 km
- Le Ruisseau de Goyedon (rg) : 5,6 km
- Le Ruisseau de Tallené (rd) : 9,3 km
- Le Kervihan (rg) : 3,9 km
- Le Ruisseau du Moulin la Motte (rg) : 4,2 km
- Le Lambel (rg) : 4,2 km
- Le Ruisseau de Keraudreno (rd) : 1,6 km
- Le Pont Raia (rg) : 3,3 km
- Le Resto (rg) : 4,1 km
Rang de Strahler
L'Ével atteint un rang de Strahler 5 à partir de sa confluence avec le Tarun qui est de rang 4[10].
Hydrologie
Le régime hydrologique de l'Ével est dit pluvial océanique donc son bassin versant est affecté par un climat océanique[11]. C'est une rivière très irrégulière, à l'instar de ses voisines de la région du centre du massif armoricain.
L'Ével à Guénin
Son débit a été observé durant une période de 61 ans (1964-2025), à Guénin, localité du département du Morbihan située à une dizaine de kilomètres de son confluent avec le Blavet[2]. La surface ainsi étudiée y est de 315 km2, soit plus ou moins 66 % du bassin versant de la rivière qui s'étend sur 478 km2[1]. Les chiffres suivants ne comprennent pas les débits de son principal affluent, le Tarun.
Le module de la rivière à Guénin est de 3,42 m3/s[2].
L'Ével présente des fluctuations saisonnières de débit fort marquées, comme très souvent en Bretagne. Les hautes eaux se déroulent en hiver et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 5,83 m3/s à 8,88 m3/s, de décembre à mars inclus, avec un maximum très net en janvier (8,88 m3/s) puis en février (8,4 m3/s). À partir de la seconde partie du mois de mars, le débit baisse rapidement jusqu'aux basses eaux d'été qui ont lieu de début juillet à fin septembre, entraînant une baisse du débit mensuel moyen allant jusqu'aux planchers de 0,296 m3/s au mois d'août et de 0,305 m3/s au mois de septembre. Mais ces moyennes mensuelles occultent des fluctuations bien plus prononcées sur de plus courtes périodes ou selon les années.
Étiage ou basses eaux
Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 0,026 m3/s (26 litres), en cas de période quinquennale sèche, ce qui est très sévère, le cours d'eau étant alors réduit à quelques filets d'eau. Mais ce fait est fréquent parmi les rivières de la région coulant sur le vieux socle armoricain imperméable, où les eaux des pluies ne sont guère retenues longtemps.
Crues
Les crues peuvent être très importantes, compte tenu de l'exiguïté relative du bassin versant. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 28 et 43 m3/s. Le QIX 10 est de 52,5 m3/s, le QIX 20 de 62 m3/s, tandis que le QIX 50 se monte à 74 m3/s.
Le débit instantané maximal enregistré à Guénin a été de 63,6 m3/s le , tandis que la valeur journalière maximale était de 79,2 m3/s le même jour. Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, on constate que cette crue de était un peu plus que vicennale, et donc pas très exceptionnelle, car destinée à se répéter tous les 30 à 35 ans en moyenne.
Lame d'eau et débit spécifique
L'Ével est relativement abondant. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 343 millimètres annuellement, ce qui équivaut plus ou moins la moyenne d'ensemble de la France, mais est inférieur à la moyenne du bassin du Blavet (434 millimètres). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint 10,9 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Débit des cours d'eau du bassin de l'Ével
| Cours d'eau | Localité | Débits en m3/s | Côte
max(m) |
Max.
instant. |
Max.
journ. |
Lame
d'eau (mm) |
Surface
(km²) | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Module | VCN3
(étiage) |
QIX 2 | QIX 5 | QIX 10 | QIX 20 | QIX 50 | |||||||
| Ével | Guénin | 3,42 | 0,026 | 28,3 | 42,8 | 52,5 | 61,7 | 73,7 | 2,959 | 79,2 | 63,6 | 343 | 315,23 |
| Frémeur | Pluméliau-Bieuzy | 0,105 | 0,004 | 1,37 | 2,3 | 2,92 | 3,51 | 4,28 | 1,213 | 4,99 | 2,8 | 490 | 6,7 |
| Frémeur | Guénin | 0,241 | 0,017 | 4,27 | 7,51 | 9,66 | 11,7 | 14,4 | 1,379 | 15,3 | 10 | 491 | 15,5 |
Histoire et patrimoine
Une ancienne voie romaine franchissant le cours de l'Ével à Kergroix (Guénin) témoigne d'une présence humaine durant l'Antiquité[12]. Par ailleurs, plusieurs châteaux et manoirs situés sur les rives de l'Ével ou dans sa vallée témoignent d'une implantation seigneuriale au Moyen Âge et à l'époque Moderne. Citons par exemple l'ancien château de Quinipily à Baud et le manoir de Tenuel à Guénin[13]. La chapelle Notre-Dame-de-Manéguen[14] est situé à mi-pente de la colline du Manéguen (la "Montagne blanche"), massif granitique dont les deux sommets culminent à 155 mètres et dominent la vallée de l'Ével constituée de schistes briovériens. Sa singularité géologique lui vaut une réputation de mystère et de nombreuses légendes ont trait à ce site ; une christianisation s'est produite par la suite, chacun de ses deux sommets portant une chapelle[15]. L'ancienne gare de Baud sur la ligne d'Auray à Pontivy, est également construite sur les rives de la rivière sur la commune de Languidic.
- Les remparts de l'ancien château de Quinipily.
- La chapelle Notre-Dame-de-Manéguen à Guénin.
- La chapelle Saint-Michel au sommet du Manéguen.
- L'ancienne gare de Baud.
Qualité de l'eau
La qualité de l’eau de l’Ével fait l’objet d’un suivi régulier dans le cadre du SAGE Blavet, qui identifie cette masse d’eau comme l’une des plus dégradées du bassin versant. Les évaluations physico-chimiques récentes classent l’Ével en « mauvais » état pour plusieurs paramètres, en particulier les nitrates. Les mesures issues des rapports environnementaux indiquent des concentrations pouvant dépasser ou approcher le seuil de 50 mg/L (seuil pour l'eau potable). Les sources de ces nitrates sont majoritairement d’origine agricole, en lien avec l’usage d’engrais minéraux et organiques et le lessivage des sols bretons fortement mis en culture[16].
L’Ével est également marqué par des concentrations importantes en phosphore, ce qui en fait une masse d’eau prioritaire dans les objectifs du SAGE Blavet pour la réduction de ce paramètre. Les études hydrologiques montrent que les flux phosphorés y sont élevés, favorisant des phénomènes d’eutrophisation. Ce processus se traduit par une prolifération excessive d’algues et de végétation aquatique, entraînant une diminution de l’oxygène dissous et une altération globale des habitats aquatiques[17].
Les suivis de pesticides mettent également en évidence une contamination régulière par des molécules phytosanitaires. L’Ével fait partie des cours d’eau considérés comme prioritaires pour la réduction de la pollution issue de produits agricoles. Le nombre de substances détectées lors des campagnes de prélèvements est élevé, et plusieurs molécules dépassent les seuils réglementaires fixés par la directive-cadre européenne sur l’eau. Ces résultats témoignent de pressions chimiques persistantes, malgré l’évolution progressive des pratiques agricoles. Cela constituent un frein majeur au retour à un bon état écologique tel que visé par les politiques publiques de l’eau[18].
Aménagements et écologie
L'Ével à Camors constitue la limite nord de la Forêt de Camors - Bois de Quinipily qui est une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type II, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un site avec une diversité écologique, abritant une biodiversité patrimoniale[19].
La rivière abrite notamment la loutre d'Europe qui est une espèce protégée et d’intérêt communautaire[20]
Pêche
L'Ével est classé en première catégorie à Kerdéhel (Baud). On peut y pécher la truite commune, le chevesne, le brochet et la perche[7].
L'Ével fait également partie des derniers cours d'eau de France où le saumon atlantique fréquente encore régulièrement son cours pour s'y reproduire[21], bien que sa pêche y soit interdite afin de préserver la population[22].
