Évrecy
commune française du département du Calvados
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Évrecy est une commune française, située dans le département du Calvados et la région Normandie, peuplée de 2 066 habitants[Note 1].
| Évrecy | |
Une vue panoramique du bourg d'Évrecy. | |
Blason |
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| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Calvados |
| Arrondissement | Caen |
| Intercommunalité | Communauté de communes Vallées de l'Orne et de l'Odon (siège) |
| Maire Mandat |
Henri Girard 2020-2026 |
| Code postal | 14210 |
| Code commune | 14257 |
| Démographie | |
| Gentilé | Ébrocéen |
| Population municipale |
2 066 hab. (2023 |
| Densité | 249 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 05′ 59″ nord, 0° 30′ 12″ ouest |
| Altitude | Min. 58 m Max. 122 m |
| Superficie | 8,31 km2 |
| Type | Bourg rural |
| Unité urbaine | Évrecy (ville-centre) |
| Aire d'attraction | Caen (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton d'Évrecy (bureau centralisateur) |
| Législatives | Sixième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.ville-evrecy.fr |
| modifier |
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Géographie
Évrecy est située dans la plaine de Caen, entre Caen et Villers-Bocage, à mi-distance de ces deux villes. Elle se situe par la route à 15 kilomètres de Caen, à 13,5 kilomètres de Villers-Bocage et à 14,5 kilomètres d'Aunay-sur-Odon.
Au sud de la ville passent deux ruisseaux : la Guigne et le ruisseau de Verdun. Seule la Guigne traverse une zone urbanisée tout au sud de la ville à la jonction entre la rue d'Yverdon et la D 41 vers Amayé-sur-Orne.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Guigne et le ruisseau de Verdun[2],[3],[Carte 1].
La Guigne, d'une longueur de 11 km, prend sa source dans la commune de Vacognes-Neuilly et se jette dans l'Orne à Laize-Clinchamps, après avoir traversé huit communes[4].
- Réseau hydrographique d'Évrecy.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[7] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[8]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 2,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 766 mm, avec 12,5 jours de précipitations en janvier et 7,7 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Carpiquet à 11 km à vol d'oiseau[11], est de 11,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 740,3 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,1 °C, atteinte le ; la température minimale est de −19,6 °C, atteinte le [Note 2].
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[14], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme
Typologie
Au , Évrecy est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[15].
Elle appartient à l'unité urbaine d'Évrecy, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre[16],[17]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Caen, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[17]. Cette aire, qui regroupe 296 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[18],[19].
Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (93,3 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,3 %), prairies (23 %), zones urbanisées (12,7 %)[20].
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Urcei en 1035 et 1037[21], Evrecei en 1144[21], Obreceio en 1145[21] et Everceium en 1198[21],[22].
Le toponyme est issu d'un anthroponyme mal déterminé : il peut être roman tel qu'Eboricus[23], ou germanique tel qu'Eboric[22] ou Evericus[21].
Le gentilé est Ébrocéen.
Histoire
Moyen Âge
L'existence d'une communauté villageoise est attestée dès le Ve siècle. En 2014, une nécropole mérovingienne complète de plus de 300 sépultures, dont certaines contenant un mobilier riche, est mise au jour[24].
Au XIe siècle, l'honneur d'Évrecy appartient à l'évêque de Bayeux. Cette appartenance est attestée dès 1035, et l'on sait que les prélats le concèdent en fief à Hamon le Dentu[25], l'un des barons normands révoltés contre le jeune duc de Normandie, Guillaume le Bâtard, qu'il affrontera en 1047 à la bataille de Val-ès-Dunes, et où il trouvera la mort[26]. En 1133, Évrecy est toujours tenu en fief des mains de l'évêque de Bayeux. Par mariage avec une descendante d'Hamon le Dentu, c'est Robert de Gloucester qui est le détenteur de l'honneur. De même, c'est par mariage avec une descendante de Robert de Gloucester qu'Amaury de Monfort entre en possession d'Évrecy à la fin du XIIe siècle.
Les seigneurs d'Évrecy (XIe - XIIIe siècles)
Localement, depuis la fin du XIe siècle, c'est un petit lignage aristocratique qui contrôle Évrecy, au point d'adopter le nom du lieu comme anthroponyme, pratique commune au sein de l'aristocratie normande de l'époque. Ses membres étaient peut-être les représentants des évêques de Bayeux ou des descendants de Hamon le Dentu. Ils apparaissent dans les sources en tant que milites (chevaliers), et certains en tant que armiger (écuyer). Cela traduit la revendication par les seigneurs d'Évrecy d'une partie de l'exercice du pouvoir[25].
L'un d'entre eux se distingue, Guillaume Graverend (vers 1144-1180), qui apparait souvent dans les sources, et porte même le titre de vicecomes (vicomte) à quelques reprises. Il tire probablement son pouvoir de son rôle dans le prélèvement de la Graverie, un impôt annuel, dont il tient même son nom Graverench. Son sceau, conservé[27], possède un motif d'aigle étant pour le Moyen Âge un symbole de force et d'intelligence renvoyant à l'autorité. Il parvient donc à tirer profit de sa position, mais le titre de vicomte n'est plus porté par ses successeurs, signe d'un manque d'autonomie de son pouvoir[28].
Enfin, les seigneurs d'Évrecy semblent avoir un ancrage spatial assez restreint. Leurs donations sont destinées à quelques abbayes proches : celles du Mont-Saint-Michel, d'Aunay ou encore du prieuré du Plessis-Grimoult. Ce sont également dans ces établissements que certains membres de la famille prirent l'habit monastique à la fin de leur vie. Les liens avec les religieux alentours étaient essentiels pour donner au pouvoir du lignage une dimension sacrée. Leur réseau vassalique va dans le même sens d'un ancrage local, puisque Graverend semble être vassal de Robert de Trois Monts, du comte d’Arundel, et d'Herbert d’Arry. Croiser divers liens vassaliques permettait d'accroître les possessions du lignage. Les seigneurs de Gavrus et ceux d'Esquay semblaient être dans la vassalité des seigneurs d'Évrecy[29].
Sous l'Ancien Régime, la ville est le chef-lieu d'un doyenné, celui d'Évrecy, dépendant du diocèse de Bayeux[30].
Époque contemporaine
Le , une dizaine de jours après le débarquement de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale, un bombardement aérien allié détruit 86 % du village et tue 130 habitants sur 400[31],[32]. L'objectif des Alliés était une concentration de troupes allemandes et de dépôt de munitions dans la forêt à proximité et ou ils avaient même établi une piste d'aviation[33].
Un odonyme local (la rue du 15-Juin-1944) rappelle ce tragique événement.
Lors du second tour de l'élection présidentielle du , les résultats de la commune ont été invalidés par le Conseil constitutionnel car les électeurs étaient invités à signer la liste d'émargement avant d'introduire leur bulletin dans l'urne ce qui est contraire au code électoral (dernier alinéa de l'article L. 62-1)[34]. Le bureau de vote d'Évrecy a été l'un des trente-cinq bureaux de vote en France où le scrutin a été invalidé pour ce second tour[34].
Politique et administration
Liste des maires
Le conseil municipal est composé de dix-neuf membres dont le maire et cinq adjoints[35].
Jumelages

Au , Évrecy est jumelée avec[36] :
Gaukönigshofen (Allemagne) depuis le .
Équipements et services publics
La commune est un village fleuri (trois fleurs) au concours des villes et villages fleuris[37].
Enseignement
- L'école maternelle regroupe cinq classes accueillant les enfants de 3 à 6 ans des communes d'Évrecy, Gavrus et Maisoncelles-sur-Ajon.
- L'école primaire regroupe huit classes accueillant les enfants du CP au CM2 des communes d'Évrecy, Gavrus et Maisoncelles-sur-Ajon.
- Le collège Paul-Verlaine accueille les élèves de la 6e à la 3e des communes d'Amayé-sur-Orne, Avenay, Baron-sur-Odon, Bougy, Esquay-Notre-Dame, Évrecy, Feuguerolles-Bully, Gavrus, La Caine, Maisoncelles-sur-Ajon, Maizet, Montigny, Préaux-Bocage, Sainte-Honorine-du-Fay, Vacognes-Neuilly et Vieux.
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[38]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[39].
En 2023, la commune comptait 2 066 habitants[Note 4], en évolution de +2,89 % par rapport à 2017 (Calvados : +2,22 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Économie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Ancienne abbaye bénédictine du VIIe siècle.
- Église Notre-Dame des XIIIe – XVIe siècles, inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [42].
- Château de Champ Goubert.
- Vestiges d'une motte féodale, au sud-ouest du village, près de l'église, sur le bord du coteau dominant la rive gauche de la Guigne[43].
- Lavoir.
- L'église Notre-Dame.
- L'église Notre-Dame.
- Le lavoir.
Personnalités liées
- Édouard Lair de Beauvais (Évrecy, 1790 - 1851), architecte.
Héraldique
| Blason | De gueules au chevron d'or maçonné de sable dans le sens du chevron auquel est appendue la croix de guerre 1939-1945 au naturel, accompagné en chef dextre d'une crosse contournée et senestrée d'une mitre, à senestre d'une tour et en pointe d'une balance, le tout d'or[44]. |
|
|---|---|---|
| Détails | Création M Gaudin, 1947. |
Voir aussi
Bibliographie
- Évrecy - (brochure publiée par la commune à l'occasion du 40e anniversaire des bombardements)
- Collège Paul Verlaine d'Evrecy, Evrecy : mutations d'un bourg rural des origines à nos jours, Cabourg, éditions Cahiers du temps, , 151 p. (ISBN 978-2-911855-68-9).
- M. Lanfranc de Panthou, Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, t. 21 : Monographie de la commune d'Évrecy, Caen, Henri Delesques, (lire en ligne)
- Lucien Musset, « L'église d'Évrecy », Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, vol. 53, , p. 116-168.
- Lucien Musset, « L'église d'Évrecy », Annuaire des cinq départements de la Normandie, , p. 159-160.
- Aminte Thomann, Yves-Marie Adrian et Michel Kasprzyk, « La nécropole d'Évrecy au Bas-Empire (IVe – milieu Ve siècle) : population gallo-romaine et élite militaire « romano-germanique » », Annales de Normandie, vol. 72, no 2, , p. 307–329 (ISSN 0003-4134, DOI 10.3917/annor.722.0307, lire en ligne).
- Lucile Trân-Duc, « Contribution des actes de la pratique à l'histoire du lignage chevaleresque d'Évrecy au Moyen Âge central (XIe – XIIIe siècle) », Annales de Normandie, vol. 72, no 1, , p. 29–46 (ISSN 0003-4134, DOI 10.3917/annor.721.0029, lire en ligne).
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel
- Archives conservées par : archives départementales du Calvados (121 EDT, 11d99609-7d05-4864-9e3e-7f744d9c2753)
- Ressources relatives à la géographie :
- Inventaire des archives communales sur le site des Archives départementales du Calvados
