ǀXam

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Le ǀxam (prononcé xam), ou ǀxam kaǃkʼe, est une langue khoïsan d'Afrique du Sud, éteinte de nos jours.

ExtinctionXXe siècle
ÉtendueLangue individuelle
Faits en bref Extinction, Région ...
ǀxam
Extinction XXe siècle
Région Afrique du Sud, Lesotho
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 xam
Étendue Langue individuelle
Type Langue vivante
WALS xam
Glottolog xamm1241
État de conservation
Éteinte
EXÉteinte
Menacée
CREn situation critique
SESérieusement en danger
DEEn danger
VUVulnérable
Sûre
NE Non menacée
Langue éteinte (EX) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde
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Elle est la langue de la devise nationale de l'Afrique du Sud : ǃke e: ǀxarra ǁke « L'unité dans la diversité » (bien qu'elle n'y soit désormais plus parlée).

Histoire

La langue |Xam était parlée par les membres de l'ethnie du même nom, aussi appelée San du Cap, dont le berceau historique s'étendait de la côte Ouest de l'actuelle Afrique du Sud jusqu'en bordure du Désert du Karoo. Lors de la colonisation de l'Afrique du Sud, au fur et à mesure de l'avancée des Trekboers vers l'intérieur du territoire, les violences de ces derniers envers les San du Cap contribuèrent à refouler progressivement les |Xam vers des régions de plus en plus arides. Pour échapper au génocide dont ils faisaient l'objet à partir des années 1770[1], une grande partie d'entre eux se retrancha dans une région connue sous le nom de Bushmanland, frontalière de la Colonie du Cap au 18e-19e siècles, et que les autorités britanniques avaient érigée en réserve. Malheureusement, les violences envers les |Xam et la destruction de leur environnement se poursuivirent, rendant les conditions de vie des |Xam précaires[1].

En 1863 puis 1866, le linguiste allemand Wilhelm Bleek, qui résidait au Cap, eut l'occasion de rencontrer plusieurs locuteurs de la langue |Xam, qui se trouvaient au Cap pour être jugés ou pour purger une peine de prison. C'est à cette occasion qu'il commença à compiler une liste de mots et de phrases en langue |Xam[2](p35). Ce travail prit de l'ampleur à partir de 1870, quand Bleek et sa belle-soeur Lucy Lloyd s'attelèrent à un immense projet de documentation de la langue et de la littérature orale des San[2](p83-376), hébergeant pendant plus de 10 ans des locuteurs de la langue, apprenant à la parler et à l'écrire, et recueillant leurs récits et témoignages sur leur culture et mode de vie. Les documents qu'ils ont recueillis pendant cette période ont été rassemblés sous la Collection Bleek & Lloyd, qui est classée sur la Liste Mémoire du monde de l'Unesco.

Vers la fin du 19e siècle, les |Xam qui avaient survécu aux massacres des commandos de Boers ou d'autres ethnies telles que les Griquas ou les Koranas, furent progressivement contraints de renoncer à leur mode de vie traditionnel et d'entrer au service de fermiers blancs, qui souvent leur interdirent de parler leur langue natale[1]. Les derniers locuteurs de |Xam sont morts dans les années 1910s[3].

Classification

La langue |Xam faisait partie de la famille linguistique des Langues tuu, une des familles des langues khoïsan. La sous-famille est celle des langues ǃkwi , classée comme moribonde. Au sein de cette sous-famille, une seule langue est encore pratiquée, le nǁng (et son dialecte principal, le nǀu), par moins d'une douzaine de personnes âgées.

Répartition géographique

Statut

Armoiries de l'Afrique du Sud, portant la devise nationale.

Ni la langue |Xam ni aucune des autres langues khoïsan n'a statut de langue officielle au sein de l'Afrique du Sud moderne. Toutefois, la langue de la devise nationale de l'Afrique du Sud est rédigée dans cette langue : ǃke e: ǀxarra ǁke « L'unité dans la diversité »

Dialectes

Au 19e siècle, Wilhelm Bleek avait identifié plusieurs dialectes de la langue, principalement le dialecte parlé par les 'Bushman de la plaine' et celui des 'Bushman des montagnes'.

Phonologie

Consonnes

Comparé aux autres langues tuu comme le taa, le ǀxam a un nombre plus restreint de consonnes, et notamment de clics, puisqu'il n'y a que 8 séries d’accompagnement, contre 18 pour le ǃxóõ (ǃxoon) oriental[4]. Le tableau ci-dessous présente un inventaire préliminaire des consonnes du ǀxam, incluant les occlusives, fricatives et affriquées égressives ainsi que les clics ingressifs.

Davantage d’informations Égressives, Ingressives ...
consonnes du ǀxam[4]
Égressives Ingressives
Labiales Alvéolaires Palatales Vélaires Glottales Labiales Dentales Alvéolaire Latérales Palatales
Occlusives simples ténues ([p])[t][k][ʔ] [ʘ] [ǀ] [ǁ] [ǃ] [ǂ]
sonores [b] [d][ɡ] [gʘ] [gǀ] [gǁ] [gǃ] [gǂ]
Affriquées glottalisées [tʼ]~[t͡sʼ][k͡x'] [ʘ'] [ǀ'] [ǁ'] [ǃ'] [ǂ']
aspirées [t͡sʰ] [k͡x] [ʘʰ] [ǀʰ] [ǁʰ] [ǃʰ] [ǂʰ]
Groupées ténue+/x/ [tx~t͡sx] [ʘ͡x] [ǀ͡x] [ǁ͡x] [ǃ͡x] [ǂ͡x]
ténue+/k'/~/kx'/ [ʘ͡kx'] [ǀ͡kx'] [ǁ͡kx'] [ǃ͡kx'] [ǂ͡kx']
ténue+/kʰ/~/kx/ [ʘ͡kʰ] [ǀ͡kʰ] [ǁ͡kʰ] [ǃ͡kʰ] [ǂ͡kʰ]
Nasalessonores [m][n][ŋ] [ʘ] [ǀ] [ǁ] [ǃ] [ǂ]
Fricatives sourdes [s][x][h]
Sonantes sonores [w] [ɾ] [j]
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Exemple

Première ligne du récit ǀXam "ǂKá̦gára", tel que publié par W.H.I. Bleek et L. Lloyd, Specimens of Bushman folklore, 1911
Première ligne du récit ǀXam "ǂKá̦gára", tel que publié par W.H.I. Bleek et L. Lloyd, Specimens of Bushman folklore, 1911

Le recueil de récits Specimens of Bushman folklore, publié en 1911 par W.H.I. Bleek et L. Lloyd, est la source la plus importante de textes en langue |Xam.

Locuteurs notables

Notes et références

Bibliographie

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