Ꜵ
lettre de l'alphabet latin
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Ꜵ (minuscule ꜵ) est une voyelle et un graphème utilisé en irlandais et vieux norrois au Moyen Âge, ainsi que dans la transcription phonétique Anthropos. C’est une ligature appelée « o dans l’a », « a o liés » ou « a o collés ».
| O dans l'a | |
Ꜵ ꜵ Ꜵ ꜵ |
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| Graphies | |
|---|---|
| Capitale | Ꜵ |
| Bas de casse | ꜵ |
| modifier |
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Utilisation
Au Moyen Âge, le o dans l’a est utilisé pour représenter l’umlaut u de /a/, c’est-à-dire une voyelle mi-ouverte postérieure arrondie [ɔ], aussi parfois transcrit ‹ ꜷ › ou ‹ ꜹ ›[1]. Selon Adolf Noreen, en vieux norrois, la voyelle courte [ɔ] et la voyelle longue [ɔː] ont d’abord été transcrites ‹ ǫ › ou ‹ ꜵ › et ‹ ǫ́ › ou ‹ ꜵ́ › dans les manuscrits les plus anciens, pour ensuite être transcrites ‹ o › ou parfois ‹ a ›, ‹ ao ›, ‹ au ›, ‹ ꜹ ›[2].
Dans le Deuxième traité grammatical du Codex Wormianus, la ligature ꜵ est utilisée distinctement de la ligature ꜷ (ou ꜹ), bien qu’elles soient très similaires et tendent à être confondues[3].
Dans le Dictionnaire classique sanscrit-français de 1866 et d’autres ouvrages, Émile Burnouf utilise l’ao ‹ ꜵ › (principalement avec la forme du oe culbuté ‹ ᴔ › en minuscule) comme translittération du औ[4],[5].
Adolf Noreen utilise la lettre ‹ ꜵ › comme symbole phonétique dans une analyse phonétique Fryksdalsmålets ljudlära publiée en 1877[6].

Charles de Harlez utilise l’o dans l’a circonflexe ‹ ꜵ̂ › pour transcrire 𐬃 dans le Manuel de la langue de l’Avesta publié en 1882[7] après avoir utilisé ‹ âo › dans la première édition de 1878[8].
Guilherme de Vasconcelos Abreu (pt) utilise l’o dans l’a dans son système de transcription notamment dans la transcription du sanskrit[9]. Aniceto Gonçalves Viana (en) l’utilise dans le système de transcription présenté en 1892[10] ou comme symbole de l’Alphabet phonétique international non standard dans une description du portugais de 1903[11].
Jacob Jacobsen utilise l’o dans l’a tréma ‹ ꜵ̈ › dans son dictionnaire étymologique norne de 1921[12],[13].
Dans l’alphabet Anthropos révisé de 1924, o dans l’a ‹ ꜵ › (avec une forme italique inclinée au lieu d’une forme italique cursive) représente une voyelle mi-ouverte postérieure [ɔ], par exemple le a du mot allemand méridional Vater ou le å du suédois år, ou une voyelle ouverte postérieure arrondie [ɒ], par exemple le o de l’anglais not[14].
Dans Linguistic survey of the northern Bantu borderland publié en 1957 et Linguistic analysis publié en 1966, Archibald Tucker (en) et M. A. Bryan utilisent le symbole ‹ ꜵ › pour représenter une voyelle ouverte postérieure arrondie [ɒ] (comme dans l’anglais cot) ou une voyelle postérieure variant entre une voyelle ouverte postérieure non arrondie [ɑ] et une voyelle mi-ouverte postérieure arrondie [ɔ] en langues kalenjin[15],[16].
En 1964, le symbole ‹ ꜵ › est proposé par George L. Trager pour une voyelle pré-ouverte antérieure arrondie, entre la voyelle mi-ouverte antérieure arrondie [œ] et la voyelle ouverte antérieure arrondie [ɶ], au lieu du symbole ‹ ω̈ › proposé par Bernard Bloch et George L. Trager en 1942[17],[18].
Federico Albano Leoni et Pietro Maturi utilise ‹ ꜵ › comme symbole non standard de l’alphabet phonétique international pour la voyelle ouverte centrale arrondie[19].
Représentations informatiques
L’o dans l’a peut être représenté avec les caractères Unicode (latin étendu D) suivants :
| formes | représentations | chaînes de caractères | points de code | descriptions |
|---|---|---|---|---|
| capitale | Ꜵ | Ꜵ | U+A734 | lettre majuscule latine ao |
| minuscule | ꜵ | ꜵ | U+A735 | lettre minuscule latine ao |