Ꝫ
lettre de l'alphabet latin
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Et (capitale Ꝫ, minuscule ꝫ, prononcé comme le mot latin et [et]), est une lettre additionnelle de l’alphabet latin utilisée comme abréviation dans l’écriture du latin au Moyen Âge et au début de la Renaissance, et dans certaines autres langues comme le vieux norrois, le vieil espagnol, le moyen néerlandais ou le moyen haut allemand.
| Et | |
Ꝫ ꝫ Ꝫ ꝫ |
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| Graphies | |
|---|---|
| Capitale | Ꝫ |
| Bas de casse | ꝫ |
| modifier |
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Utilisation
- Texte de Laertius, 1475, avec la lettre et dans l’abréviation ‹ qꝫ › (lignes 4, 6 et 9).
L’abréviation et a initialement la forme d’un point-virgule ‹ ; ›[1],[2] comme simplification de et en fin de mot ou la forme d’un point-virgule renversé ‹ ⁏ › comme simplication de ue en fin de mot ; le e est simplifé en point, le t en virgule et le u en virgule renversée. La deuxième abréviation prend ensuite, elle aussi, la forme du point-virgule. En écriture rapide, le point-virgule est écrit sans lever la plume et prend sa forme ressemblant à un z gothique[2], un 3 ou un ʒ. Cette forme se retrouve dans l’abréviation de l’once ‹ ℥ › et celle du drachme ‹ ʒ ›, et est confondue avec un z et se retrouve encore comme cela en anglais dans les abréviations d’origines latines, par exemple : oꝫ, maintenant oz., pour oncia ou l’anglais ounce (« once ») ; viꝫ, maintenant viz. pour le latin videlicet (« c’est-à-dire »)[3].
Le ‹ ꝫ › est aussi utilisé comme simplification de est, dérivant plutôt de ‹ ÷ › plutôt que de ‹ ; ›[4],[5].
- Et dans ‹ ſcđaꝫ ›, l’abréviation de secundam, dans Bartolus de Saxoferrato, Super secunda parte Codicis, 1471, 68v.
- Et dans ‹ quoqꝫ ›, l’abréviation de quoque, dans Publius Vergilius Maro, Opera, 1475.
- Et dans ‹ uidelꝫ ›, l’abréviation de videlicet, dans Digna mihi res visa est communi omnium utilitate c. 1481.
- Et dans ‹ Sꝫ ego ›, dans l’abréviation de sed, dans Bartolus de Saxoferrato. In Primam ff. Novi Partem, 1585, 5v.
- Et dans ‹ Quando qꝫ ponitur ›, dans l’abréviation de que, dans Bartolus de Saxoferrato, In I. Partem Infortiati, 1588, p. 3.
- Et dans ‹ meiqꝫ ›, abréviation de ‹ meique ›, dans Cornelis Kiliaan, Etymologicum Teutonicae linguae, 1599.
- DEOMNIBꝪ (DE OMNIBUS) dans Expositiunculae duorum Evangeliorum (fragmentum) (BSB Clm 6434) de Arnobius Iunior, manuscrit du VIIIe siècle.
- MARCELLINUM EPISCOPUꝪ (MARCELLINUM EPISCOPUM) dans De Civitate Dei (NYPL, Spencer Collection MS 30), 1470.
La lettre et est utilisée au Moyen Âge comme abréviation du latin -et dans viꝫ pour videlicet ou habꝫ pour habet, -m dans abluͦneꝫ pour abluonem, -ue dans usqꝫ pour usque, -que dans quiꝯꝫ pour quicumque, -us dans aͥquibꝫ pour aiquibus, et -est dans potꝫ pour potest. Cette lettre est aussi utilisée en vieux norrois comme abréviation du eð médial ou final dans mꝫ pour með ou mꝫan pour meðan[6].
En vieil espagnol (castillan ancien), la lettre et est utilisée par exemple dans le Poème du Cid, la séquence ſꝫ est utilisée comme abréviation de ser- dans ſꝫyen (serién), au lieu du ẜ[7].
En moyen haut allemand, la lettre et est parfois utilisée pour -et mais aussi pour -er, -m, -es, par exemple dans les graphies waſſꝫ (wasser), zusaꝫ (zusam), rechꝫ (rechet), meyſtꝫ (meystes) dans Behende und hubsche Rechenung auff allen kauffmanschafft de Johannes Widmann[8] publié en 1489.
- waſſꝫ pour wasser dans Widmann 1489.
- rechꝫ pour rechet dans Widmann 1489.
- meyſtꝫ pour meystes dans Widmann 1489.
- zuſaꝫ pour zusam dans Widmann 1489.
En moyen néerlandais, la lettre et est utilisée, par exemple dans les poèmes de Jacob van Maerlant : hꝫ (het), ōtboꝫ (ontboet), dꝫ (dat), nꝫ (niet), schoenhꝫ (schoenheit), ontbꝫ (ontbijt)[9].
Représentations informatiques
L’et peut être représenté avec les caractères Unicode (latin étendu B, alphabet phonétique international) suivants :
| formes | représentations | chaînes de caractères | points de code | descriptions |
|---|---|---|---|---|
| capitale | Ꝫ | Ꝫ | U+A76A | lettre majuscule latine et |
| minuscule | ꝫ | ꝫ | U+A76B | lettre minuscule latine et |